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Une ressource essentielle - Manquerons-nous d'eau un jour ?

Claude Lafleur   21 avril 2007  Environnement
On observe la baisse du niveau des lacs et des grandes rivières, dont celui du fleuve Saint-Laurent, ce qui engendrera des problèmes de navigation pour les navires de grande taille.
Photo : Jacques Grenier
On observe la baisse du niveau des lacs et des grandes rivières, dont celui du fleuve Saint-Laurent, ce qui engendrera des problèmes de navigation pour les navires de grande taille.
Nous avons tous conscience que le «cycle de l'eau» est à la base de la vie. Sans les précipitations régulières, sans les bienfaits de l'eau qui humidifie les sols, sans son écoulement à travers les sols, vers les rivières, les fleuves et les océans, et sans l'évaporation qui régénère les pluies, les terres immergées seraient à toute fin pratique des déserts. Or, ce cycle est non seulement fort complexe, mais il est tributaire des activités humaines — notamment de la culture des sols, de la pollution de toute nature ainsi que des changements climatiques que nous accentuons.

Quelles influences ont donc nos activités sur le cycle de l'eau et que nous réserve l'avenir en ce qui a trait à cette ressource essentielle? Voilà en résumé les questions que se posent les chercheurs du Centre Brace de gestion des ressources en eau et de l'environnement de l'université McGill. Ce centre rassemble une équipe de spécialistes de calibre international qui réalise des travaux à la fois pratiques et théoriques dans le but autant d'améliorer l'utilisation de l'eau que d'atténuer les conséquences que provoqueront les changements climatiques.

Diminution de la ressource ou pénurie ?

«Nous savons maintenant qu'on assistera à d'importantes diminutions des pluies et des précipitations à la suite des changements climatiques, rapporte Chandra Madramootoo, chercheur au Centre Brace. Or, d'après nos modèles mathématiques, nous calculons que cela provoquera de graves pénuries d'eau chez les populations et les agriculteurs, et ce, autant dans l'Ouest canadien qu'en Chine, en Inde, au Mexique et en Afrique.»

C'est dire que, alors qu'on prévoit l'élévation du niveau des océans, les spécialistes voient en même temps venir d'importantes baisses du niveau des réserves d'eau douce à l'intérieur des continents. «Au Canada, rapporte le chercheur, cette diminution aura de grands impacts. On observera notamment la baisse du niveau des lacs et des grandes rivières, dont celui du fleuve Saint-Laurent, ce qui engendrera des problèmes de navigation pour les navires de grande taille. De surcroît, les municipalités auront de plus en plus de difficultés à approvisionner leur population en eau. Et lorsqu'il y a moins d'eau dans un lac ou une rivière, les polluants qui s'y trouvent sont encore plus concentrés. Et bien sûr, on aura également des problèmes d'irrigation et de production des aliments...»

Or, M. Madramootoo, qui est également doyen de la faculté des sciences de l'agriculture et de l'environnement de McGill, est l'un des rares spécialistes mondiaux en irrigation. «Je m'intéresse à cette technique parce que, au Canada comme à l'étranger, il est essentiel de faire de l'irrigation pour augmenter les récoltes de légumes, de fruits, de céréales, etc. Je pense qu'à l'avenir, on devra augmenter de beaucoup nos capacités d'irrigation justement à cause des effets qu'entraîneront les changements climatiques. En fait, l'irrigation deviendra vitale si nous voulons continuer de produire, ici même au Canada, au Québec et partout ailleurs, les aliments dont nous avons besoin.»

Une nouvelle gestion s'impose

Par conséquent, les chercheurs du Centre Brace ciblent un certain nombre de domaines d'étude particulièrement critiques. «Tout d'abord, relate Chandra Madramootoo, nous travaillons sur un programme de recherches sur les quantités d'eau disponibles maintenant et dans l'avenir, compte tenu des effets des changements climatiques. Un autre volet de nos recherches porte sur l'étude des conséquences de différentes pratiques agricoles sur la qualité de l'eau en milieu rural. Nous nous intéressons également à la pollution générée par les fumiers et les engrais, en étudiant les concentrations de nitrate et de phosphore dans les rivières et les lacs du Québec, du Canada et dans le monde. Par ailleurs, un tout autre volet porte sur la gestion de l'eau; dispose-t-on des mécanismes de gouvernance, aux niveaux fédéral, provincial et municipal, qui nous permettent d'améliorer la gestion de l'eau? Nos structures politiques actuelles permettent-elles d'améliorer la préservation de l'eau et d'impliquer les populations dans les processus décisionnels? Enfin, on étudie aussi l'impact des bactéries, des pathogènes et des virus dans l'eau, et sur la santé humaine...»

Le Centre Brace réalise autant des travaux fondamentaux qu'appliqués. «Bien souvent, raconte le prof Madramootoo, nous mettons d'abord au point une solution dans nos laboratoires, puis nous l'essayons sur le terrain. Par exemple, nous pouvons chercher dans nos laboratoires une technique de conservation de l'eau, puis nous l'appliquons sur une ferme, dans une usine ou auprès d'une municipalité afin de vérifier si elle produit bien les résultats escomptés. Nous développons aussi en laboratoire des modèles mathématiques qui permettent de simuler différentes pratiques, pour finalement essayer des méthodes sur le terrain ou en usine...»

Irriguer autrement

Ainsi, les chercheurs de McGill se préoccupent autant de déterminer la quantité d'eau dont nous disposerons dans l'avenir que de trouver des solutions, par exemple, pour conserver l'eau afin de répondre aux besoins des populations ou développer des méthodes d'irrigation hautement efficaces.

«Personnellement, ajoute M. Madramootoo, je pense qu'à l'avenir on recourra davantage à l'irrigation à cause des changements climatiques. Cela deviendra très, très important si nous voulons produire suffisamment d'aliments au Québec, au Canada et dans le monde.»

Il souligne en outre que rares sont les chercheurs qui, comme lui, se spécialisent dans les techniques d'irrigation. «Or, j'estime qu'il est fort important de comprendre la nécessité de développer de nouvelles techniques d'irrigation ainsi que des méthodes de conservation de l'eau dans le sol en utilisant par exemple différents types de labours», indique-t-il.

Parmi les façons de faire face aux pénuries d'eau en agriculture, Chandra Madramootoo avance l'idée qu'on pourrait génétiquement modifier les plantes afin de réduire les quantités d'eau dont elles ont besoin. «Mais est-ce possible?, se demande-t-il. Pour le savoir, il est essentiel de développer nos connaissances sur la physiologie des plantes...»

C'est dire aussi que, si tout se passe comme on l'entrevoit au cours des prochaines décennies, on assistera paradoxalement à des pénuries d'eau sur les continents en même temps qu'à la montée des eaux des océans. Malheureusement, cette dernière étant salée, on ne pourra l'utiliser pour irriguer nos sol. «Dessaler de l'eau coûte extrêmement cher, d'indiquer M. Madramootoo. Par conséquent, il ne peut s'agir d'une solution viable. Il nous faut donc absolument apprendre à utiliser de façon très efficace toute l'eau [potable] dont nous disposerons!»

Collaborateur du Devoir






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  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 21 avril 2007 13h45
    La machine médiatique au service du GIEC
    « La machine médiatique est à la veille d'être hérétique car les études scientiques se multiplient contraires aux prétentions de l'article ci-haut. Prendre les communiqués du GIEC comme du vérédique sans se souciller avoir un esprit critique, n'est pas digne de la classe journalistique. Pourtant plusieurs scientifiques qui deviennent de plus en plus nombreux remettent en cause les édits du GIEC. Comment peut-on faire confiance à un résumé publié avant que les scientifiques n'aient eu le temps de le valider. À chaque rapport du GIEC, la conclusion a précédé la rencontre des savants comme si leur venue servaient de caution. Heureusement certains scientiques ont l'esprit critique et le comportement sceptique.

    Les chercheurs de Météo-France/CNRM, du CERFACS, de l'IPSL et du LGGE se sont associés dans le cadre du projet ESCRIME (Etude des Simulations Climatiques Réalisées par l'IPSL et MEtéo-France) et ont récemment produit un Livre blanc sur l'état des simulations climatiques.

    Le chapitre 5 a pour thème : Réponse du cycle hydrologique aux forçages anthropiques : Que nous disent les dernières simulations du GIEC ?. Les auteurs constatent des « divergences importantes entre les modèles », comme en témoigne ce graphique sur les précipitations et l'évaporation au-dessus des continents, hors Antarctique, telles que projetées par les modèles (anomalies en mm/j relatives à la moyenne 1971-2000 pour 1900-2100).

    Ils concluent ainsi : Il n'y a donc aucune « robustesse » dans les conclusions actuelles des modèles de circulation globale (GCM). Et moins encore bien sûr des les modèles de circulation régionale (RCM), puisque ces derniers sont couplés aux premiers pour effectuer leurs simulations.

    Ce constat est partagé par de nombreuses intercomparaisons modèles/observations parues ces dernières années (on peut consulter à cette page ces différents projets en cours, dont la lecture montre comment les modèles AR4 du GIEC se comportent réellement, hors langue de bois des Résumés aux décideurs). Voici une synthèse de quelques-unes de leurs conclusions récentes.

    Analyses globales : de sérieux progrès sont encore attendus

    Dai (2006) compare les caractéristiques des précipitations dans 18 modèles couplés de l'AR4 GIEC. Il constate que les modèles ne reproduisent pas de manière réaliste le comportement de la zone de convergence intertropicale, la plus importante pour les échanges énergétiques et hydrologiques de la planète.« Ces résultats montrent que des améliorations considérables dans la simulation des précipitations sont encore nécessaires pour la plus récente génération des modèles climatiques couplés ».

    Autre intercomparaison, cette fois sur 20 modèles de l'AR4 et sur les précipitations continentales, menée par Phillips et Gleckler (2006). Ils constatent eux aussi que si les moyennes s'accordent mieux aux statistiques d'observation, « beaucoup de modèles montrent encore des biais systématiques, déviant de manière importante de la variabilité spatiale ou de l'amplitude saisonnière observée ».

    Troisième intercomparaison globale, pour 18 modèles de l'AR4 GIEC, en vis-à-vis de données grille à grille provenant des stations météorologiques (Sun et al. 2006). Ses auteurs remarquent que « bien que les modèles examinés soient capables d'estimer correctement le niveau total des précipitations, la plupart d'entre eux sont incapables de reproduire les répartitions spatiales de fréquence et d'intensité ».
    Tristes tropiques pour les simulations des modèles

    - Kharin et al. (2007) proposent une analyse des changements de température et de précipitations extrêmes des modèles du GIEC. La faiblesse principale est la zone tropicale : « Les divergences très larges des modèles dans les Tropiques suggèrent que certains processus physiques associés avec les précipitations extrêmes ne sont pas bien représentés ». Et ils ajoutent : « Cela réduit la confiance que l'on peut placer dans les changements projetés de précipitations extrêmes ».

    Constat identique chez Douville et al. (2006), dans leur analyse de 8 modèles GIEC. Ils observent que « les principales incertitudes proviennent des Tropiques, où même le signe des précipitations zonales moyennes reste incertain ». Les téléconnexion entre l'ENSO (Oscillation australe El Nino) et le rythme des précipitations sont encore mal simulées. Et, conclusion assez désagréable puisque nous sommes censés confier notre avenir aux modèles : « Les incertitudes dans les changements de précipitations, comme les précipitations elles-mêmes, sont encore très inégalement distribuées sur le globe, les pays les plus vulnérables étant parfois ceux où les changements attendus sont les plus incertains ».

    COMME ON VOIT, LES HAUT-PARLEURS MÉDIATIQUES N'ONT PAS FINI DE NOUS DÉSINFORMER.

    D'ailleurs le principal chercheur dans ce domaine a claqué la porte du GIEC en 2001. Richard Lindzen est un spécialiste de l'atmosphère, titulaire de la chaire Alfred Sloan de météorologie au MIT. Il a démissionné du GIEC en 2001, considérant que les comptes rendus de cet organisme ne reflétaient plus la réalité des connaissances scientifiques, au moins pour sa partie (la validité des modèles océan-atmosphère). Dans une récente tribune du Wall Street Journal (12 avril 2006), il constate l'état de plus en déplorable du débat climatique. Ce spécialiste n'est plus climatologiquement correct depuis sa fracassante démission du GIEC en 2001. Il ne prétend pas sauver la Terre du désastre. Simplement rappeler quelques faits méconnus des dernières années et quelques vérités scientifiques de base.

    "Comment un petit degré à peine discernable de réchauffement depuis la fin du XIXe siècle peut-il être ainsi publiquement désigné comme le responsable des récentes catastrophes ?", se demande Lindzen. Il propose une première réponse assez simple : certains y ont grand intérêt. L'alarmisme nourrit le discours des politiques, qui nourrissent en retour les alarmistes. Les fonds fédéraux alloués chaque année à la recherche climatologique aux États-Unis atteignent 1,7 milliard de dollars contre quelques centaines de millions voici 15 ans.

    VOILÀ LE CLIMAT EST DEVENU UNE INDUSTRIE RENTABLE POUR CERTAINS »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 22 avril 2007 11h03
    Faudrait se mettre d'accord
    « Alors que le politicien véreux Al Gore prédit que la terre va être engloutie par l'eau; d'autres crient à la rareté de l'eau. Faudrait se mettre d'accord et arrêter de tirer dans tous les sens.

    Mais le réchauffement médiatique ne conduit qu'à des situations aberrentes comme ca quand les discours sont appuyés sur un consensus forcé par un organisme de l'ONU qu'est le GIEC. Comment expliquer autant de discordances dans ces propos des alarmistes ?

    Sont-ils en mal de sensations ou est ce que ce sont les journalistes qui manquent de nouvelles croustillantes, Comment savoir?

    De toute façon l'orchestre climatique ne joue pas en harmonie, la preuve est maintenant faite. Certains parlent d'inondations et d'autres de sécheresse. Qui dit vrai ???

    Pendant ce temps on essaye de nous vendre l'invendable : Kyoto... »

  • Claude Couture
    Abonné
    lundi 23 avril 2007 22h34
    Faut pas tout mélanger M. Trudel
    « Monsieur Trudel,comment pouvez vous dire que les propos des spécialistes sont discordants. Au contraire tous parlent à l'unisson, sauf ceux qui se refusent à voir l'évidence comme le gouvernement Harper...

    Résumons : la fonte des glaciers provoquera la montée des eaux des océans, ce qui provoquera le déménagement forcé de 200 millions d'individus, une vraie catastrophe ! Pendant ce temps, dans plusieurs régions, la chaleur de plus en plus intense (moyenne de + ou - 3°)provoquera des sécheresses de plus en plus prononcées; il y aura donc moins d'eau douce disponible dans nos lacs, rivières, nappes phréatiques, pour nos besoins. Et l'eau douce c'est la base de la vie sur terre.

    Vous n'avez pas l'air de vous rendre compte de l'urgence de la situation.

    France Gingras »

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