dimanche 22 novembre 2009 Dernière mise à jour 11h52


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Réchauffement climatique - L'ONU prévoit de 2°C à 4,5°C de plus au XXIe siècle

Louis-Gilles Francoeur   27 janvier 2007  Environnement
Les humains du XXIe siècle ont plus de deux chances sur trois de voir le climat de leur planète se réchauffer trois fois plus qu'au cours du XXe siècle, ce qui ferait augmenter la température moyenne du globe de 3 °C au-dessus du niveau de l'ère préindustrielle.

C'est une hausse de cette ampleur du climat moyen de la planète qui a fait fondre très lentement le glacier du Wisconsin, qui couvrait tout le nord de l'Amérique il y a 13 000 ans. Et il est certain à plus de 90 % que cette hausse anticipée du climat n'est pas d'origine naturelle: elle est donc attribuable pour l'essentiel aux émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine, indique le projet de rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC).

Ce quatrième bilan scientifique sur l'évolution du climat, dont Le Devoir a obtenu copie (version du 27 octobre adressée aux «décideurs» de la planète), sera débattu cette semaine à Paris par la communauté scientifique internationale avant d'être approuvé et divulgué officiellement vendredi prochain par l'ONU. Deux autres volets de cette synthèse scientifique quinquennale seront publiés par la suite, l'un en avril, portant sur les impacts de ce réchauffement, et l'autre en mai, sur les possibilités d'adaptation et de neutralisation des changements climatiques en cours.

Ce dernier bilan du GIEC confirme ce que Le Devoir publiait en septembre dernier, soit que la totalité des modèles mathématiques prédisent que la température de la planète devrait, au cours du présent siècle, être au minimum de 33 % plus élevée que le prédisait le dernier rapport de l'ONU, en 2001. En effet, le GIEC prévoit que la température mondiale augmentera au moins de 2 °C au XXIe siècle alors que le dernier rapport situait cette hausse minimale à 1,5 °C. La fiabilité des différents modèles mathématiques mis à contribution indique par contre que la hausse maximale ne devrait pas dépasser les 4,5 °C alors qu'on pensait qu'elle pourrait atteindre 6 °C, selon le rapport de 2001. Ce resserrement de la fourchette traduit surtout un accroissement de la précision des modèles.

L'intérêt de ce nouveau rapport réside aussi dans le fait que le GIEC détermine le degré de fiabilité ou la probabilité d'occurrence de plusieurs de ses constats et prévisions, un énorme progrès par rapport aux anciennes conclusions, souvent qualifiées de simples hypothèses par les détracteurs des changements climatiques. C'est ce qui permet par exemple au GIEC de conclure qu'il est certain à plus de 67 % de voir la hausse de la température du globe tripler au cours du XXIe siècle, passant de 1 °C pendant le XXe siècle à 3 °C au-dessus du niveau de l'ère préindustrielle (avant 1750).

De nouveaux constats

Le GIEC base ses prévisions d'évolution du climat sur des mesures empiriques confirmées par des centaines d'études et des milliers de chercheurs partout dans le monde.

- Les concentrations de dioxyde de carbone et de méthane dans l'atmosphère terrestre dépassent à ce point celles de l'ère préindustrielle qu'il faut remonter 650 000 ans en arrière pour en trouver l'équivalent. Ces concentrations sont passées de 280 parties par million à 379 ppm en 2005. Les émissions annuelles de dioxyde de carbone (CO2) sont quant à elles passées de 6,4 gigatonnes (Gt), ou milliards de tonnes, pendant les années 90 à 7,2 Gt au cours de la période 2000-05. Quant aux concentrations de méthane, 22 fois plus dangereuses pour le climat que le CO2, elles sont passées de 717 ppt (parties par trillion) à 1774 ppt en 2005. La croissance de ces émissions ralentit depuis 1993 mais l'essentiel demeure d'origine humaine. Quant aux oxydes d'azote, des GES qui contribuent aussi aux pluies acides, ils sont passés de 270 ppb (parties par milliard) à 319 ppb, le tiers étant attribuable aux humains et aux activités agricoles.

- L'impact des émissions humaines sur le réchauffement dépasse de cinq fois celui des variations solaires, ce qui clôt une querelle scientifique entretenue par le lobby du pétrole pour disculper les GES associés aux combustibles fossiles.

- Onze des douze dernières années se retrouvent parmi les 12 années les plus chaudes depuis 1850 mais l'effet d'«îlot urbain», un phénomène associé à la chaleur accrue des grandes métropoles, a un impact négligeable sur le réchauffement planétaire comparativement aux GES.

- La température moyenne des océans a augmenté jusqu'à des profondeurs atteignant les trois kilomètres, ce qui pourrait éventuellement atteindre les milliards de tonnes d'hydrates de carbone qui dorment à grande profondeur sur le lit de certains océans. Le GIEC se dit actuellement incapable d'évaluer la rétroaction qui proviendrait de la libération de ce méthane solidifié sur le fond des océans, tout comme aucune étude ne peut mesurer avec précision l'effet de rétroaction de la libération du méthane et du dioxyde de carbone emprisonnés dans le pergélisol, dont la température moyenne s'est accrue de 3 °C.

- Le réchauffement du climat a jusqu'ici gonflé la masse d'eau des océans de 1,8 mm par année entre 1961 et 2003 et, depuis la fin du XIXe siècle, ce réchauffement a gonflé les mers de 17 centimètres en moyenne. La fonte des glaciers et du couvert neigeux des régions nordiques a pour sa part contribué à relever le niveau des mers de 0,5 mm par an pendant cette période.

- Les températures de l'Arctique ont augmenté deux fois plus vite que celles des autres parties du globe. Les mers arctiques ont perdu 2,7 % de leur surface par décennie, avec des pics de fonte atteignant jusqu'à 7,4 % en été.

- Les précipitations se sont intensifiées globalement en Amérique du Nord et du Sud, dans le nord de l'Europe et de l'Asie ainsi qu'en Asie centrale. Par contre, de graves sécheresses ont frappé le Sahel, la Méditerranée, le sud de l'Afrique et certaines parties de l'Asie.

- Le nombre de journées et de nuits froides a diminué sur la planète alors que celui des journées et des nuits plus chaudes a sensiblement augmenté en fréquence. Les climatologues n'arrivent cependant pas à déterminer si les changements climatiques ont accru la fréquence des tempêtes et des ouragans tropicaux, un débat qui demeure ouvert. Par contre, leur intensité accrue semble liée au réchauffement du climat. Globalement, d'après ce qu'indiquent les études paléoclimatiques, le GIEC se dit certain à plus de 90 % que le dernier demi-siècle a été le plus chaud des 500 dernières années et affirme être sûr à plus de 67 % que ce demi-siècle est aussi le plus chaud des 1300 dernières années.

Dernières prévisions du GIEC

- Même si la planète revenait au niveau d'émissions de GES de l'an 2000 — ce qu'elle dépasse déjà allégrement —, le climat continuerait de se réchauffer pendant encore 20 ans au rythme de 0,1 °C par année en raison de l'énorme inertie des masses océaniques. Les prévisions du premier rapport du GIEC, en 1990, se sont d'ailleurs réalisées malgré l'imperfection des modèles prévisionnels de l'époque: alors qu'on prévoyait une hausse allant de 0,15 °C à 0,3 °C par décennie, les scientifiques ont enregistré une hausse du climat moyen de 0,2 °C par décennie. Mais si les émissions de GES continuent au rythme actuel, les modèles prédisent de façon extrêmement consensuelle qu'on doublera d'ici 2030 la hausse de 1 °C enregistrée au cours des 100 dernières années.

- Les émissions d'origine humaine prévues au cours du présent siècle contribueront activement à réchauffer le climat et à relever le niveau des mers pendant encore 1000 ans en raison de la lenteur du système climatique à éliminer ces gaz à effet de serre et à rétablir un nouvel équilibre planétaire.

- Les modélisateurs du climat estiment qu'il est «très probable» (plus de 90 % de probabilité) qu'on assiste à un ralentissement de 25 % des grands courants océaniques d'ici la fin du siècle. Mais les experts ne pensent pas qu'il en résultera un refroidissement — on pense généralement qu'il en sera ainsi en Europe — parce que le réchauffement global compensera, voire dépassera la perte de chaleur attribuable à l'arrêt de la grande «courroie» océanique, dont le Gulf Stream fait partie.

- L'accélération du réchauffement climatique pourrait entraîner une fonte des glaces accumulées sur le Groenland et l'Antarctique qui, si elle se produisait, pourrait forcer à la hausse de 10 à 25 % toutes les prévisions du GIEC.

- L'accumulation croissante de dioxyde de carbone dans les océans provoquera leur acidification, ce qu'aucune autre activité humaine n'avait réussi jusqu'ici, avec, on l'imagine, d'énormes impacts sur les organismes vivants qui en dépendent, comme les coraux, sans oublier les humains qui en tirent leur subsistance.

- Les surfaces actuellement enneigées de la planète seront réduites dans une proportion liée à l'intensité du réchauffement, tout comme les chercheurs prévoient un dégel progressif du pergélisol, du moins dans les couches supérieures, dans la plupart des pays de la couronne circumpolaire.

- En se raréfiant, les glaces des régions nordiques vont réduire la capacité réfléchissante de la planète, ce qui fera du même coup augmenter la température des océans, désormais exposés aux rayons solaires pendant de long mois.

- Les canicules extrêmes vont augmenter en nombre et en intensité, tout comme les précipitations vont devenir plus fréquentes et plus sévères, une prévision jugée certaine à plus de 90 %. Le nombre de cyclones tropicaux devrait par contre diminuer, mais leur intensité va augmenter. Les routes empruntées par ces tempêtes vont se déplacer vers le nord, ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour le Canada, qui est pour l'instant seulement touché par la queue de ces tempêtes.

- Plusieurs modèles mathématiques estiment qu'il faut absolument réduire les émissions cumulatives de GES au cours du siècle actuel si on veut éviter d'enclencher une rétroaction qui permettrait au climat de s'emballer et d'échapper à tout contrôle. Si les humains parvenaient à stabiliser le climat d'ici 2100, le GIEC prévoit que l'inertie du système engendrerait néanmoins une hausse additionnelle de 0,5 °C au cours du prochain siècle. Dans ce scénario de stabilisation, le niveau des mers s'élèverait quand même de 33 à 80 centimètres. Il faudrait plusieurs siècles pour qu'un abaissement contrôlé du climat permette de réduire progressivement ce gonflement des mers, surtout dans les couches profondes.

- Si la fonte du Groenland devait se poursuivre au-delà de 2100, ajoute le rapport de l'ONU, ce couvert de glace de près de deux kilomètres d'épaisseur en son centre provoquerait une hausse du niveau des mers de sept mètres étalée sur un millénaire. L'état de la planète ressemblerait alors à ce qu'il était il y a 125 000 ans, pendant ce qu'on appelle l'interglaciaire.

- L'Antarctique devrait conserver son couvert de glace, du moins pour l'essentiel, conclut le GIEC. On pense même que son couvert pourrait s'accroître en hauteur en raison de l'augmentation prévue des précipitations. Par contre, il pourrait y avoir une réduction de la masse nette des glaces antarctiques si la fonte dépassait les apports en surface.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Michelle Bergeron
    Abonné
    samedi 27 janvier 2007 02h01
    Différence entre les français et les québécois?
    « Pourquoi tant de différence entre les français et les québécois sur l'importance des problèmes environnementaux?
    Les Québécois fatalistes à l'égard des problèmes environnementaux et les français loin derrière.
    Les sondages révèlent que:
    Bien que 90% des Québécois se disent préoccupés par les problèmes environnementaux, dont 46% le sont fortement, près de la moitié (48%) croient que la race humaine ne réussira pas à les surmonter, alors que seulement 34% pensent le contraire, révèle une récente enquête en lien avec l'IRB

    Les français: Premièrement la lutte contre le chômage,dans l'ordre, la santé, l'éducation, la lutte contre les précarités, l'avenir des retraites et le droit au logement. Suivent la protection de l'environnement, la hausse des salaires et du pouvoir d'achat et la sécurité.
    Une sérieuse question se pose quand on connait que la France est la plus virtueuse en matière des problèmes environnementaux. A vous de répondre..J'ai ma petite idée... »

  • Érick Beaulieu
    Abonné
    samedi 27 janvier 2007 10h06
    De l'égologie à l'écologie
    « Eh bien, on continue de "dormir sur la switch" comme si tout alllait bien dans le meilleur des mondes. À quand une remise en question (la cause!) de l'inécologie humaine? Faut passer de l'égologie à l'écologie.. sans quoi, notre espèce disparaîtera, faute de n'avoir pu trouver son équilibre dans l'environnement...
    i.e. http://pages.videotron.com/erickbo/essai_poetique.html »

  • Robert C. Paradis
    Inscrit
    samedi 27 janvier 2007 11h20
    Des changements 'climatiques' aux changements 'cosmétiques'
    « Cette grande étude me semble avoir été faite avec beaucoup de précautions pour ne pas trop faire peur tout en ayant le maximum de crédibilité. Je m'interroge du pourquoi. Si on fait une projection à partir de la tendance des 20 dernières années, il m'apparaît évident que les catastrophes nous attendent non pas dans 50 ou 100 ans, mais plutôt dans les années qui viennent. Déjà, nous avons connu les effets néfastes du réchauffement climatiques avec les longues canicules, les cyclones plus violents, les orages torrentiels, etc. Il est remarquable que cette étude nous porte à voir les effets néfastes comme étant reportés dans le futur, 20, 50, 100 ans en avant. De plus, on laisse les effets de rétroactions, tel celle de la fonte du pergélisol engendrant la libération de méthane, de côté dans l'étude à cause des difficultés de prévision, de modélisation.

    Alors, quoi penser? Hé bien! Mon opinion est que nous allons tout droit à la catastrophe et que les effets néfastes se feront sentir dès les prochaines années, pour ne pas dire, continueront de se faire sentir et de s'amplifier. On va nous habituer tranquillement aux désastres naturels excessifs, et on ne fera pas grand chose pour vraiment renverser la tendance à la croissance de la production des gazes à effet de serre et aussi, à l'utilisation et la destruction honteuse du capital de ressources biologiques et géologiques terrestres. Ce sera aux très proches générations futures à payer le prix démesuré des conséquences. C'est très laid, c'est irresponsable et même criminel.

    NOTRE MODE DE VIE BASÉ SUR 'UNE AUTOMOBILE POUR CHACUN' ET L'UTILISATION LIBRE DES ÉNERGIES FOSSILES, EST INSUPPORTABLE POUR NOTRE MONDE TERRESTRE LIMITÉ.

    LA croissance ÉCONOMIQUE SANS TENIR COMPTE DE LA DESTRUCTION DES RESSOURCES EST UNE BÊTISE INNOMMABLE.

    CE SONT LES petits, LES PLUS faibles ET SURTOUT LES non-responsables QUI DEVRONT PAYER les premiers PAR DES SOUFFRANCES ET MÊME DE LEURS VIES, POUR LES CONSÉQUENCES DU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE basé sur la croissance.

    Un gars dit à sa blonde: "J'ai entendu à la radio que la banquise nordique fond rapidement et que d'ici quelques années, il n'y en aura plus." Et la fille de répondre: "Vite, planifiions un voyage le plutôt possible pour aller au pôle nord. MOI, JE VEUX ABSOLUMENT VOIR LA BANQUISE."

    LES GENS N'ONT ENCORE RIEN COMPRIS!

    Et ce sont les plus riches et les plus influents qui en profitent. CROYEZ-VOUS encore au PÈRE NOËL ou AU MIRACLE, vous? Croyez-vous que nos gouvernements vont agir pour faire le nécessaire ou même un minimum. NON! SEULEMENT des changements COSMETIQUES INSUFFISANTS. »

  • oneil bouchard
    Inscrit
    samedi 27 janvier 2007 11h24
    environnement et milieu ambiant
    « En France comme en Grande Bretagne, à Québec comme à Calgary ou à New-York, "Environnement" se dit "environnement". Personne ne voit, personne ne veut ni voir, ni entendre, ni comprendre ce que tout chacun dit en disant le mot environnement... Ce qui m'environne. Le sable, l'eau, les autres, tout sauf MOI. L'environnement, c'est ce qui m'environne, mais c'est pas moi! On est une belle gang de "panous". Quelle perception détraquée.....

    Aller demander à n'importe lequel traducteur en ligne: como se dice, Environnement, en Italien, en Espagnol, en Portugais. Ces trois langues parlent crument du mot: médio ambiante, le milieu ambiant, ce dans quoi je baigne. Ah! dirait Languirand; Ah! Ah! dirait Famili-Prix!

    Oneil Bouchard

    J »

  • Pierre Terrien
    Abonné
    samedi 27 janvier 2007 11h26
    Un Hummer pour aller avec ça
    « Qu'attendent les gouvernements terrestres pour légiférer MAINTENANT en vue de réduire nos rejets de dioxyde de carbone et de méthane? La course effrénée aux chevaux-vapeur de l'industrie automobile mondiale n'est qu'un exemple de l'inconscience crasse du capitalisme. Combiné à l'étalement urbain, un sous produit de la vision à court terme (4 à 5 ans) de tous les gouvernements, on obtient la recette parfaite pour un cocktail mortel. »

  • Yvon Dionne
    Inscrit
    samedi 27 janvier 2007 20h05
    C'est qui les «décideurs»?
    « Ce matin, il faisait -23°C chez moi. Ça faisait «crouch, crouch» en marchant. J'enviais ceux, et surtout celles, qui s'envolent vers le Sud mais ai dû me satisfaire du Canal Évasion... Ces migrateurs doivent bien rire du réchauffement climatique. En lisant le compte rendu de Louis-Gilles Francoeur à la une du Devoir, sur le prochain rapport de l'ONU, et en voyant la foi qu'il y met, j'ai commencé à douter... de mes doutes. Mais ce ne fut qu'un bref moment de faiblesse.

    Ce résumé d'une dizaine de pages n'est qu'une version bêta du résumé «pour décideurs» qui paraîtra le 2 février, avec tambours et trompettes. «The full Working Group I report will be available online from May 2007. It will also be published by Cambridge University Press and is expected to be available in book form by late June 2007.» (Source: http://ipcc-wg1.ucar.edu/). Le tout est un exercice de propagande organisé par cette autorité suprême en matière de climat, le GIEC. Comme la religion, il s'agit de faire peur pour convaincre. Moi je ne marche pas. Il suffit de consulter l'organigramme de préparation des rapports du GIEC pour constater que les scientifiques sont loin à l'arrière-plan de ce qui est présenté au public.

    Je remarque déjà quelques «difficultés»:

    1. Louis-Gilles écrit: «Il faut remonter de 650 000 ans pour trouver un niveau de GES comme maintenant». Comment se fait-il que la glaciation d'il y a 500 000 ans se serait produite malgré une teneur en CO2 14 fois supérieure à celle d'aujourd'hui? Il faudrait préciser que le niveau actuel de GES serait principalement dû au méthane. Ah!

    2. Je cite: «C'est une hausse de cette ampleur du climat moyen de la planète qui a fait fondre très lentement le glacier du Wisconsin, qui couvrait tout le nord de l'Amérique il y a 13 000 ans» (la hausse prédite serait de 3 °C). S'il s'agit d'une hausse de la même ampleur mettant fin à la glaciation du Wisconsinien (et non du Wisconsin) alors il n'y a pas de raison de s'énerver. En effet, c'est grâce à ce réchauffement que nous existons. Il faisait aussi chaud, sinon plus, en l'an mille qu'aujourd'hui. Imaginez si les premiers habitants de la Nouvelle-France avaient connu notre climat... Voltaire avait raison; le climat était rude et froid. Nos ancêtres étaient des héros, du point de vue climatique...

    3. Il semble que l'on ne tienne pas compte dans ce rapport, tout novice ou néophyte que je suis, de la relation entre la fonte des glaces, la hausse des températures de l'eau et l'évaporation qui va s'ensuivre. Cette évaporation en effet, même si elle est un facteur important d'effet de serre lorsqu'on considère ce facteur en vase clos, conduit à un refroidissement. Non seulement l'évaporation absorbe la chaleur, les nuages réfléchissent les rayons solaires. Ou il se pourrait que ce soit l'inverse! En effet, car la chaleur monte (le froid ne descend pas comme dans le film The Day after Tomorrow); ainsi, s'il y a moins de nuages la chaleur s'échappe dans l'espace.

    4. Il est vrai qu'il y a une corrélation entre les cycles des taches solaires et les variations du climat mais ce serait faux de l'associer à une manoeuvre du «lobby du pétrole», comme le fait Louis-Gilles. Le débat est loin d'être clos. Voir la page de climat-sceptique.com «En défense de Milankovitch» http://www.climat-sceptique.com/categorie-589615.html.

    Salutations,

    Yvon Dionne
    St-Damase-de-L'Islet (Québec)
    G0R 2X0
    http://pages.globetrotter.net/yvon_dionne »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 28 janvier 2007 12h05
    Devrons-nous nous excuser d'exister ???
    « Même si ce rapport sonne l'alarme encore une fois, il n'apporte aucune solution concrète et l'on devra attendre en mai, pour que le GIEC se penche sur les possibilités d'adaptation et de neutralisation des changements climatiques en cours. Le GIEC agit de plus en plus en propagandiste «politiquement correct» au lieu d'être scientifiquement rigoureux. C'est vrai que quand ce sont les gouvernements qui nous alimentent en fonds on est moins critique et plus d'emblée à faire les commandes de l'ONU. Ces nombreuses conférences du GIEL partout dans le monde sont à la solde des gouvernements. Selon le Dr Lindzen : «L'alarmisme nourrit le discours des politiques, qui nourrissent en retour les alarmistes.» Et il continue «Seuls les scientifiques âgés peuvent désormais se dresser face à la "tempête alarmiste", conclut amèrement Lindzen. Ceux qui commencent leur carrière ont un choix assez simple entre le conformisme réchauffeur ou la fraîcheur d'un placard.»

    Un tel tas d'inepties en même temps de la part d'un organisme qui se veut crédile me semble suspect. Affirmer que la croissance des émissions ralentit depuis 1993 et du même coup multiplier les niveaux de réchauffement du triple relève de la même acrobatie qui a fait se tromper de 10 degré «Environnement Canada», l'organe de propagande de Kyoto, sur ses prévisions à 48 heures à l'avance en décembre dernier. Ce sont les mêmes ordinateurs qui fournissent des données erronées à court terme dont on se sert pour nous annoncer la catastrophe climatique dans... 50 ans. Y a de quoi être sceptique...

    Un de vos lecteurs soulignait à juste titre que et je le cite : «Il suffit de consulter l'organigramme de préparation des rapports du GIEC pour constater que les scientifiques sont loin à l'arrière-plan de ce qui est présenté au public.».

    Le GIEC se sert des études scientifiques qu'il veut bien se servir. Le GIEC se comporte de plus en plus en propagandiste politique qu'en rassembleur scientifique. On n'hésite même plus à se contredire entre les attendus et les conclusions, pourvu que ces dernières flattent le public dans le sens du poil hérissé par la catastrophe à venir.

    Ainsi le Dr Richard Lindzen , spécialiste de l'atmosphère, titulaire de la chaire Alfred Sloan de météorologie au MIT, a démissionné du GIEC en 2001, considérant que les comptes rendus de cet organisme ne reflétaient plus la réalité des connaissances scientifiques, au moins pour sa partie (la validité des modèles océan-atmosphère).

    Plus récemment Nir Shaviv, chercheur de l'Université de Jérusalem, conteste la théorie du réchauffement anthropique et suggère d'approfondir l'influence du rayonnement cosmique dans la variabilité de notre climat.

    Initialement convaincu de l'influence prépondérante du CO2 dans le réchauffement climatique actuel, Nir Shaviv a repris les arguments du GIEC. En constatant d'abord que, contrairement à l'idée universellement répandue, l'hypothèse anthropogénique restait une suggestion, commode certes, mais non une évidence. Ensuite, en se fondant toujours sur les publications de cet organisme, Nir Shaviv constate que l'on ne connaît ni l'amplitude des forçages anthropiques et de leurs rétroactions (tous mécanismes confondus), ni même son signe (± 0,8 W/m2) Concernant la relation entre la teneur en CO2 de l'atmosphère et la température, la simple comparaison de la courbe de croissance régulière du CO2 de l'atmosphère avec celle des températures permet d'émettre un doute sérieux sur la solidité de la corrélation. Nir Shaviv devient alors sceptique. Le CO2 aurait-il choisi comme premier facteur causal du réchauffement parce que c'était le seul candidat connu ? Pourtant ce chercheur arrive à une conclusion toute autre. Pour lui, l'influence des différents gaz à effet de serre d'origine anthropique sur la température du globe terrestre paraît minime par rapport à celle du couplage rayonnement solaire / rayonnement cosmique.

    Voilà le GIEL a mal fait ses devoirs et en remets pour nous alarmer davantage. Ici, à la veille d'élections imminentes, il est de bon ton de voir des politiciens enfourcher le cheval de bataille climatique et agir comme "Don Quichotte" en sapoudrant allègrement l'argent de nos taxes dans ces chinoiseries kyotistes au grand plaisir des écolos. Les piastres vertes de vos gouvernements volent de toutes part...

    Et nous les humains dont notre activité est la principale cause du dérèglement de l'atmosphère selon le GIEC, devrons-nous nous excuser d'exister ? ? ? »

  • Réjean Benoit
    Inscrit
    dimanche 28 janvier 2007 23h52
    Les faibles prix de l'essence : une occasion rare d'imposer une taxe Kyoto de 5 ¢
    « 28 jan - Le prix de l'essence est 27¢ plus bas que le prix moyen de 1,15$ enregistrer en juillet 2006. L'actuel faible prix est une occasion inespérée pour les gouvernements d'intégrer une taxe Kyoto. Rappelons que chaque fois que nous brûlons un litre d'essence, 5¢* devrait être dédié à des projets de réduction des gaz à effet de serre. Environ 500 millions $ pourraient être ainsi recueilli avec cette mesure pour offrir des alternatives aux automobilistes en transport collectif.
    * 5¢ à un prix de 20 $ / tonne de carbone
    Plus de détail sur www.transportdurable.qc.ca »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
8 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009