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Québec ratera de 50 % la cible de Kyoto

Louis-Gilles Francoeur   13 janvier 2007  Environnement
Claude Béchard
Claude Béchard
Le plan québécois de lutte contre le réchauffement du climat, présenté à huis clos hier à une dizaine d'organismes québécois, rate l'objectif de Kyoto d'environ 50 %, ce qui en fait un plan sensiblement en deçà de sa réputation à travers le pays. Il demeure néanmoins un des plus ambitieux au Canada. Selon les chiffres dévoilés hier aux bureaux de la Commission de coopération environnementale (CCE) de l'ALENA par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Claude Béchard, le Québec parviendra, mais progressivement et plus tard que l'an prochain, à réduire ses rejets de gaz à effet de serre (GES) de dix millions de tonnes, ou mégatonnes (Mt), d'ici 2012. À cette date, soit à l'échéance officielle de la première phase de Kyoto, le Québec devrait plutôt avoir réduit ses émissions de 14 Mt.

La règle du protocole, qui s'applique en réalité au Canada mais que le Québec a appuyée, impose de réduire les émissions de 6 % pendant cinq ans (2008-12) sous leur niveau de 1990. Or, en 1990, le Québec émettait précisément 85,3 Mt de GES. Il doit donc ramener ses émissions des cinq prochaines années à 80,2 Mt. Toutefois, sans plan de réduction, nos émissions devraient s'élever à 94 Mt en 2012.

Avec une réduction limitée à 10 Mt, confirmée hier, c'est donc 84 Mt que le Québec émettra en 2012 alors que l'atteinte des objectifs du protocole exigerait de ramener ces rejets à 80,2 Mt.

On se souviendra que le Québec s'est dit prêt à atteindre l'objectif officiel de Kyoto si Ottawa finançait en partie le plan provincial, à hauteur de 328 millions de dollars. Québec attend toujours cette somme, qu'il a ratée de peu en passant à deux doigts de conclure une entente avec l'ex-ministre fédéral de l'Environnement, Stéphane Dion, pendant la Conférence internationale sur le climat, en décembre dernier à Montréal.

Si le plan québécois n'atteint pas sa cible en 2012, il rate encore davantage son objectif sur l'ensemble de la période de réductions car les réductions planifiées par Québec seront à peu près nulles en 2008 et 2009 à cause de l'instauration très progressive des mesures envisagées.

Si on cumule les dépassements de l'objectif de 80,2 Mt entre 2008 et 2012, c'est environ 40 Mt que le Québec rejettera en trop. Compte tenu des échéances dévoilées hier lors de la rencontre de Montréal, Québec aura plutôt réduit de seulement 20 Mt ses émissions pendant la «période Kyoto, ce qui signifie qu'il rate en réalité son objectif de 50 %», selon une des deux sources du Devoir présentes à cette rencontre à huis clos.

Des mesures tardives

Selon la dernière version du plan présenté hier par le ministre Béchard, le ministère des Transports obtiendra 71 % des 200 millions que Québec prévoit obtenir pour financer son plan de réductions.

En guise de comparaison, l'Environnement n'obtiendra que 4 % de cette somme, que Québec obtiendra par l'imposition d'une taxe de 1,5 ¢ sur chaque litre d'essence. On se rappellera que les pétrolières québécoises font actuellement l'objet d'un recours collectif pour avoir présumément commencé à percevoir cette taxe avant son entrée en vigueur. Cette taxe, très inférieure aux hausses de prix imposées par les pétrolières selon les aléas de l'actualité internationale, ira dans une proportion de 26 % à d'autres organismes comme le ministère de la Santé et des Services sociaux, l'Agence de l'efficacité énergétique et des programmes de sensibilisation du public par des groupes environnementaux, notamment.

Pour réduire la consommation d'énergie, Québec entend modifier son Code du bâtiment, mais en 2010, même si cette réforme est en préparation depuis des années. L'obligation faite aux pétrolières d'incorporer 5 % d'éthanol dans l'essence n'entrera en vigueur qu'en 2012 elle aussi, soit à la fin de la période Kyoto, ce qui réduit son effet bénéfique sur le climat. Toutefois, a promis Claude Béchard, cet éthanol ne sera pas produit avec du maïs-grain, soit la production céréalière la plus consommatrice d'engrais et de pesticides, des produits qui aboutissent en grande partie dans les cours d'eau. Le ministre n'a toutefois pas précisé ce qu'il adviendra de l'éthanol produit à l'usine de Varennes, qui s'approvisionnera auprès des producteurs de maïs-grain.

L'objectif le plus ambitieux du plan québécois prévoit de hausser de 8 % pour 2012 l'achalandage des transports en commun au Québec, ce qui explique sans doute que ce secteur obtienne la part du lion des 200 millions.

Par ailleurs, le ministre Béchard a commencé par dire qu'il imposerait d'ici 2010 les normes californiennes au parc automobile québécois. Cependant, interrogé sur le pourcentage de véhicules à émissions zéro qu'il exigera des constructeurs, soit la principale norme californienne, le ministre a fait marche arrière en répondant que le Québec s'inspirera des normes californiennes, qu'il s'orientera sur ces normes au lieu de les appliquer. Par ailleurs, le plan québécois ne prévoit aucune mesure qui placerait le Québec au niveau de ses voisins en matière d'inspection des véhicules automobiles.

Enfin, Québec entend imposer à tous les camions de son parc roulant des «limitateurs de vitesse», comme en réclament les propriétaires de grandes flottes, la plupart étant équipées de ces appareils que n'adoptent pas les indépendants, ce qui confère à ces derniers une plus grande rapidité, assimilée à une concurrence déloyale par les majors. Les limitateurs seront plafonnés à 105 km/h, soit cinq km/h de plus que la vitesse maximale permise, ce dont Québec ne s'est pas expliqué. Aucune restriction ne sera toutefois imposée aux automobilistes.

Quant aux patrons et gestionnaires d'entreprises, Québec entend leur offrir des cours de préparation au marché des crédits d'émissions de carbone pour qu'ils soient fin prêts le jour où le Canada entrera dans la danse. Ou, à tout le moins, pour qu'ils prennent la mesure de ce qu'ils perdent en étant soustraits à ce marché international for lucratif pour les plus performants en matière de décarbonisation des procédés de production. Le ministre Béchard a aussi promis d'appuyer les villes, comme Montréal, qui voudraient créer des plans de réduction de leurs émissions globales. Mais dans ce domaine, Québec attend des propositions.

Priorité aux transports

Le plan peaufiné par l'Environnement prévoit que la principale réduction des émissions de GES proviendra des transports. Ainsi, les mesures toujours secrètes que Québec entend adopter dans ce domaine devraient réduire de 4,7 Mt le bilan québécois d'émissions de GES.

La deuxième mesure la plus efficace du plan devrait permettre d'améliorer le bilan québécois de 3 Mt. Cette réduction sera obtenue par le captage des biogaz émis par les sites d'enfouissement de déchets. La décomposition des déchets dans le sol génère du méthane, un GES 22 fois plus «efficace» que le gaz carbonique. Des représentants du monde municipal ont souligné qu'Hydro-Québec ferait la fine bouche lorsqu'on lui propose des kilowatts produits par la combustion de ce méthane. Trop cher, dit-on chez Hydro, même si elle achète sans sourciller à plus de 10 ¢ chaque kilowatt produit par la centrale thermique privée de Bécancour, aurait noté le même représentant.

Quant au secteur industriel, il sera mis à contribution pour 1,6 Mt. Le secteur agricole sera appelé à réduire ses émissions de 0,3 Mt. De son côté, le secteur énergétique sera invité par diverses mesures à réduire ses émissions de 0,7 Mt. La cible, ici, pourrait être Hydro-Québec et sa centrale au mazout de Tracy. Enfin, le gouvernement provincial entend faire sa part avec une réduction de 0,2 Mt grâce à l'amélioration énergétique de ses édifices et de son parc roulant. Le grand public sera très modestement invité à contribuer à hauteur de 0,1 Mt.

Devant quelques critiques timides de la part de certains organismes présents, le ministre Béchard aurait accepté que les groupes écologistes lui soumettent des propositions pour muscler davantage son plan.






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  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 12 janvier 2007 23h32
    Le respect des limites de vitesse S.V.P.
    « "Aucune restriction ne sera toutefois imposée aux automobilistes".
    Peut-être que le respect des limites de vitesse aiderait certainement à réduire la consommation d'essence ainsi que les accidents. ¨Ca coûte rien Monsieur le ministre ce programme! »

  • Robert Henri
    Inscrit
    samedi 13 janvier 2007 07h59
    Le plan québécois de lutte contre le réchauffement du climat, trop peu, presque trop tard
    « Le Québec n'a aucun plan environnemental crédible, seulement un plan électoral Libéral. Il faut metttre dèes aujourd'hui des normes environnementales comme la californienne, obliger les pétrolières à unclure au moins 50% d'éthanol dans leur essence, améliorer la fromation de tout le monde qui travaille comme employé ou pour un sous-contractant de l'Agence en Efficacité Énergétique et leur donner plus de moyuens et moins de paperasse. Il faut nationaliser toute le production éolienne, démanteler notre centrale au charbon et les centrales nucléaires... Il faut y aller et drastiquement, ici et ailleurs. Sinon, nous serons des criminels, laissant mourrir notre planète et nos enfants... »

  • David Prince
    Abonné
    samedi 13 janvier 2007 08h11
    Pas suffisant
    « On apprend que l'on atteindra pas les les cibles que l'on s'est fixées autant au Québec qu'au Canada. Pourtant, il faudra réduire par 12 notre production de GES pour seulement stabiliser le climat. Il semble bien qu'on n'y arrivera pas. »

  • David Prince
    Abonné
    samedi 13 janvier 2007 08h13
    Pas suffisant
    « On apprend que l'on atteindra pas les les cibles que l'on s'est fixées autant au Québec qu'au Canada. Pourtant, il faudra réduire par 12 notre production de GES pour seulement stabiliser le climat. Il semble bien qu'on n'y arrivera pas. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 13 janvier 2007 09h45
    Enfin la vérité commence à poindre
    « Je l'ai déja exprimé que le plan vert du Ministre Béchard était un ramassis de voeux pieux tout comme les exigences des environnementalistes pour obliger le nouveau Moinistre Baird à adopter Kyoto... J'ai même osé dire que 60% irait au renouvellement de la flotte de wagons du métro de Montréal. Vous arrivez à 71%. Donc, 11% pour le reste de la province...

    Si on se trompait de cible quand on sait que l'évaporation de l'eau cause 10 fois plus de gaz à effet de serre et que l'on a construit d'immenses étendues d'eau à la Baie de James et que l'on annonce une suite sur la Rupert. Pas étonnant du silence de Stephane Guilbault et du Ministre Béchard lors de l'annonce de la mise en chantier du projet hydroélectrique car eux privilégie Kyoto qui n'en parle pas.

    J'ai regardé les exigences des environnementalistes envers Ottawa et la principale demande ce sont des $$$ pour des études et de l'éducation de la population, autremnent dit de la propagange écolo... Pourtant dans le plan vert du Ministre Béchard 45 millions est prévu pour ca.

    Le Ministre Baird a réagi en disant qu'en respectant toutes les exigences des environnementalistes, le Canada ne parviendrait pas à atteindre les objectifs de Kyoto pour 2012. Pas étonnant que l'europe annonce un plan avant gardiste mais réalisable en 2020 seulement...

    La réponse fut immédiate des lobbyistes écolos. Utilisez la formule du programme d'échanges internationaux de crédits prévus dans le protocole de Kyoto pour le faire. Alors j'ai immédiatement écrit au «Réseau Action Climat Canada» pour m'enquérir qu'est ce que c'était cette bibitte là. Eh bien après une troisième intervenante, j'attends encore une réponse. Par contre, un de mes amis a risqué une réponse car il avait ramassé un article du «National Post» du 27 décembre dernier qui en traitait. Voici la réponse de mon ami qui est économiste et a travaillé dans le domaine géologique:

    «Si une compagnie émet 100 tonnes de carbone et que sa limite est fixée à 50, elle doit acheter 50 tonnes de carbone d'une compagnie qui en émet zéro (celle-ci a un crédit de 50).

    C'est la théorie. Il faut réaliser dans cette échange, qui n'est pas un vrai marché et qui nécessite des fonctionnaires pour surveiller tous les "pollueurs", appauvrit financièrement la compagnie qui doit acheter des crédits pour "polluer". Sinon elle doit fermer ses portes. De toutes façons, elle ne sera pas en mesure d'investir pour réduire sa pollution...

    En pratique, sous Kyoto, c'est pire car un pays comme la Chine peut bénéficier de la vente de crédits sans avoir à en acheter! Dans le National Post du 27 déc. il y avait cet article «Western firms pay millions to Chinese factories to avoid cleaning un their own plants--China warms to gas profits.» L'auteur donne l'exemple d'une usine de produits chimiques dans le sud de la Chine dont les émissions annuelles équivalent à un million d'automobiles roulant 12,000 milles. Pour un incinérateur coûtant 5 millions US$, les compagnies de l'Ouest doivent verser 500 millions de $US. La différence va aux intermédiaires, dont le gouvernement chinois! Voilà Kyoto.»

    Alors les $$$ des surplus fédéraux fondront comme neige au soleil pour garder nos industries et nos jobs ici d'autant plus que l'on efface le problème sous le tapis sans le traiter et les écolos sont contents les poches pleines. Déjà plusieurs industries envisagent de transférer leur production en Chine et je ne serais pas surpris que Goodyear soit du nombre.

    Bon forum... »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 13 janvier 2007 12h46
    Et pourquoi pas, on n'est pas si pollué qu'on le dit...
    « La mesure la plus importante écologiquement dans ce plan vert est le captage du biogaz des sites d'enfouissement. Pourquoi pas récupérer les flatulences des animaux de ferme tant qu'à y être. C'était hilarant de lire cette nouvelle rapportée sérieusement sur le site internet de la Coalition, sauvons Kyoto : «Les gaz intestinaux des bovidés d'Australie et de Nouvelle-Zélande produiraient trop de méthane. Les autorités des deux pays ont donc décidé d'investir des millions de dollars pour réduire les flatulences de leurs vaches en créant une race à "haut rendement énergétique"».

    Oui le plan vert déçoit car le Canada est le moins pollué de la planète quoiqu'en disent les lobbys environnementalistes. J'ai déjà dit que ce plan était un ramassis de voeux pieux. Ce plan finance un plan d'économie d'énergie à la place d'Hydro Québec. Ca doit être que l'Hydro a besoin de marges de manoeuvre car on ne fait pas assez de profits.

    Je regarde le rapport de captage du CO2 du GIEC et en voyant les cartes géographiques démontrant où étaient les principales sources de CO2, on s'aperçoit que le Canada, l'Afrique et l'Amérique du sud sont quasi inexistants de la carte. Les principales sources de pollution sont les États-Unis, l'Europe, la partie nord du Moyen-Orient, l'Inde, la Chine et le Japon. Quand on regarde ca globalement, on s'aperçoit que tous ces pays sont dans un niveau de longitude à peu près semblable formant une ceinture autour du globe.

    Il est vrai, comme le constate Monsieur Francoeur, que le plan vert dédie 71% du budget aux transports. J'ai déjà avancé que 60% irait au remplacement des wagons du métro de Montréal sans que personne ne me contredise, laissant seulement 11% aux autre projets dans toute la province.

    Quant aux exigences des environnementalistes envers Ottawa ca devient un enjeu de plus en plus politique. Surtout que leurs principales demandes est de leur fournir des fonds pour la recherche et pour l'éducation du public ( autrement dit: propagande écolo). Or, le plan vert du Ministre Béchard consacre 45 millions à ce chapitre. Faut dire que ces environnementalistes sont frugaux...

    Quand le Ministre Baird leur répond qu'en respectant toutes leurs exigences, il ne pouvait atteindre les objectifs fixés par le protocole de Kyoto pour 2012, ils répondent ceci: Vous n'avez qu'à utiliser le programme d'échanges internationaux de crédits. Qu'est-ce que c'est cette bibitte la. J'ai écrit au «Réseau Action Climat Canada» pour savoir à quoi consistait ce programme. Après une troisième intervenante, j'attend toujours une réponse...

    J'ai un de mes amis qui est économiste et a aussi travaillé dans le domaine géologique. Il m'écrit ceci comme réponse car il est nullement surpris de l'absence de réponse de ceux qui exigent des choses sans savoir ce que c'est. Voici son commentaire:

    «En théorie, le gouvernement fixe des objectifs de réduction des polluants (pour Kyoto, le CO2 est un polluant). Ceci peut être arbitraire car, pour n'importe quel "pollueur", les objectifs peuvent être fixés en valeur absolue ou relative: nombre de tonnes de carbone ou nombre de tonnes de carbure en % de la valeur de la production, etc. Pour Kyoto, le "gouvernement" c'est le Protocole et il faut lire tous les rapports pour le savoir.

    Si une compagnie émet 100 tonnes de carbone et que sa limite est fixée à 50, elle doit acheter 50 tonnes de carbone d'une compagnie qui en émet zéro (celle-ci a un crédit de 50).

    C'est la théorie. Il faut réaliser dans cette échange, qui n'est pas un vrai marché et qui nécessite des fonctionnaires pour surveiller tous les "pollueurs", appauvrit financièrement la compagnie qui doit acheter des crédits pour "polluer". Sinon elle doit fermer ses portes. De toutes façons, elle ne sera pas en mesure d'investir pour réduire sa pollution...

    En pratique, sous Kyoto, c'est pire car un pays comme la Chine peut bénéficier de la vente de crédits sans avoir à en acheter! Dans le National Post du 27 déc. il y avait cet article «Western firms pay millions to Chinese factories to avoid cleaning un their own plants--China warms to gas profits.» L'auteur donne l'exemple d'une usine de produits chimiques dans le sud de la Chine dont les émissions annuelles équivalent à un million d'automobiles roulant 12000 milles. Pour un incinérateur coûtant 5 millions US$, les compagnies de l'Ouest doivent verser 500 millions de $US. La différence va aux intermédiaires, dont le gouvernement chinois! Voilà Kyoto.»

    Pas étonnant que l'Europe qui vient s'annonce un plan audacieux de réduction des GES vient de repousser les échéances du protocole de 2012 à 2020 sans que personne ne le remarque.

    Oui, il y a des $$$ derrière tout ca. Pour qui et pourquoi ??? Va t'on déshabiller Pierre pour habiller Paul. Où autrement dit, va t'on accélérer le départ de nos usines et de nos jobs vers l'orient ??? Est-ce que c'est la raison du départ précipité de Goodyear ??? Bonne réflexion à tous... »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 13 janvier 2007 15h07
    Enfin la vérité commence à apparaître
    « La mesure la plus importante écologiquement dans ce plan vert est le captage du biogaz des sites d'enfouissement. Pourquoi pas récupérer les flatulences des animaux de ferme tant qu'à y être. C'était hilarant de lire cette nouvelle rapportée sérieusement sur le site internet de la Coalition, sauvons Kyoto : «Les gaz intestinaux des bovidés d'Australie et de Nouvelle-Zélande produiraient trop de méthane. Les autorités des deux pays ont donc décidé d'investir des millions de dollars pour réduire les flatulences de leurs vaches en créant une race à "haut rendement énergétique"».

    Oui le plan vert déçoit car le Canada est le moins pollué de la planète quoiqu'en disent les lobbys environnementalistes. J'ai déjà dit que ce plan était un ramassis de voeux pieux. Ce plan finance un plan d'économie d'énergie à la place d'Hydro Québec. Ca doit être que l'Hydro a besoin de marges de manoeuvre car on ne fait pas assez de profits.

    Je regarde le rapport de captage du CO2 du GIEC et en voyant les cartes géographiques démontrant où étaient les principales sources de CO2, on s'aperçoit que le Canada, l'Afrique et l'Amérique du sud sont quasi inexistants de la carte. Les principales sources de pollution sont les États-Unis, l'Europe, la partie nord du Moyen-Orient, l'Inde, la Chine et le Japon. Quand on regarde ca globalement, on s'aperçoit que tous ces pays sont dans un niveau de longitude à peu près semblable formant une ceinture autour du globe.

    Il est vrai, comme le constate Monsieur Francoeur, que le plan vert dédie 71% du budget aux transports. J'ai déjà avancé que 60% irait au remplacement des wagons du métro de Montréal sans que personne ne me contredise, laissant seulement 11% aux autre projets dans toute la province.

    Quant aux exigences des environnementalistes envers Ottawa ca devient un enjeu de plus en plus politique. Surtout que leurs principales demandes est de leur fournir des fonds pour la recherche et pour l'éducation du public ( autrement dit: propagande écolo). Or, le plan vert du Ministre Béchard consacre 45 millions à ce chapitre. Faut dire que ces environnementalistes sont frugaux...

    Quand le Ministre Baird leur répond qu'en respectant toutes leurs exigences, il ne pouvait atteindre les objectifs fixés par le protocole de Kyoto pour 2012, ils répondent ceci: Vous n'avez qu'à utiliser le programme d'échanges internationaux de crédits. Qu'est-ce que c'est cette bibitte la. J'ai écrit au «Réseau Action Climat Canada» pour savoir à quoi consistait ce programme. Après une troisième intervenante, j'attend toujours une réponse...

    J'ai un de mes amis qui est économiste et a aussi travaillé dans le domaine géologique. Il m'écrit ceci comme réponse car il est nullement surpris de l'absence de réponse de ceux qui exigent des choses sans savoir ce que c'est. Voici son commentaire:

    «En théorie, le gouvernement fixe des objectifs de réduction des polluants (pour Kyoto, le CO2 est un polluant). Ceci peut être arbitraire car, pour n'importe quel "pollueur", les objectifs peuvent être fixés en valeur absolue ou relative: nombre de tonnes de carbone ou nombre de tonnes de carbure en % de la valeur de la production, etc. Pour Kyoto, le "gouvernement" c'est le Protocole et il faut lire tous les rapports pour le savoir.

    Si une compagnie émet 100 tonnes de carbone et que sa limite est fixée à 50, elle doit acheter 50 tonnes de carbone d'une compagnie qui en émet zéro (celle-ci a un crédit de 50).

    C'est la théorie. Il faut réaliser dans cette échange, qui n'est pas un vrai marché et qui nécessite des fonctionnaires pour surveiller tous les "pollueurs", appauvrit financièrement la compagnie qui doit acheter des crédits pour "polluer". Sinon elle doit fermer ses portes. De toutes façons, elle ne sera pas en mesure d'investir pour réduire sa pollution...

    En pratique, sous Kyoto, c'est pire car un pays comme la Chine peut bénéficier de la vente de crédits sans avoir à en acheter! Dans le National Post du 27 déc. il y avait cet article «Western firms pay millions to Chinese factories to avoid cleaning un their own plants--China warms to gas profits.» L'auteur donne l'exemple d'une usine de produits chimiques dans le sud de la Chine dont les émissions annuelles équivalent à un million d'automobiles roulant 12000 milles. Pour un incinérateur coûtant 5 millions US$, les compagnies de l'Ouest doivent verser 500 millions de $US. La différence va aux intermédiaires, dont le gouvernement chinois! Voilà Kyoto.»

    Pas étonnant que l'Europe qui vient s'annonce un plan audacieux de réduction des GES vient de repousser les échéances du protocole de 2012 à 2020 sans que personne ne le remarque.

    Oui, il y a des $$$ derrière tout ca. Pour qui et pourquoi ??? Va t'on déshabiller Pierre pour habiller Paul. Où autrement dit, va t'on accélérer le départ de nos usines et de nos jobs vers l'orient ??? Est-ce que c'est la raison du départ précipité de Goodyear ??? Bonne réflexion à tous... »

  • Sébastien Collard
    Inscrit
    samedi 13 janvier 2007 16h03
    Économique d'atteindre la cible selon la commission de l'économie et du travail du Québec
    « L'utilisation du moteur/roue d'Hydro-Québec par l'entremise de la Cleanova (http://www.cleanova.com) et ceci, par 25% des automobilistes du Québec permettrait de réduire les émissions de GES de 3,4 million de tones par années (cf. http://www.bibliotheque.assnat.qc.ca/01/mono/2006/09/913881.pdf), éventualité qui permettrait aux québécoises et québécois d'atteindre les objectifs de Kyoto.

    En plus d'atteindre Kyoto, les québécois contriburaient à leur économie en achetant un véhicule dont la composante princiale, le moteur, serait produite au Québec avec les retombés qui en découlent. L'énergie qui l'alimenterait serait produite ici, avec un plein retour à la société par l'entremise de la société d'état qu'est HQ.

    Cette éventualité entraîne aussi une économie en essence de plus de 1300$ par année pour chaque propriétaire de Cleanova. C'est donc 1,3 milliard de dollars que ce million de québécoises et québécois éconnomiseraient aux dépens des compagnies pétrolières étrangères.

    La Cleanova n'est plus un prototype, c'est une voiture commercialisée en France à partir de 2007 et dont HQ possède déjà 5 exemplaires. Son autonomie atteint plus de 200 Km en tout électrique et peut être dotée d'un prolongateur (une génératrice à essence) ajoutant 300 Km d'autonomie à chaque plein d'essences de 20 litres. Son prix et ses performances sont comparables à celle des voitures à essences actuellement commercialisée, moins le bruit!!!

    Kyoto?! En transport en commun bien sûr et pourquoi pas, en voiture! »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 13 janvier 2007 16h37
    Enfin la vérité commence à paraître...
    « La mesure la plus importante écologiquement dans ce plan vert est le captage du biogaz des sites d'enfouissement. Pourquoi pas récupérer les flatulences des animaux de ferme tant qu'à y être. C'était hilarant de lire cette nouvelle rapportée sérieusement sur le site internet de la Coalition, sauvons Kyoto : «Les gaz intestinaux des bovidés d'Australie et de Nouvelle-Zélande produiraient trop de méthane. Les autorités des deux pays ont donc décidé d'investir des millions de dollars pour réduire les flatulences de leurs vaches en créant une race à "haut rendement énergétique"».

    Oui le plan vert déçoit car le Canada est le moins pollué de la planète quoiqu'en disent les lobbys environnementalistes. J'ai déjà dit que ce plan était un ramassis de voeux pieux. Ce plan finance un plan d'économie d'énergie à la place d'Hydro Québec. Ca doit être que l'Hydro a besoin de marges de manoeuvre car on ne fait pas assez de profits.

    Je regarde le rapport de captage du CO2 du GIEC et en voyant les cartes géographiques démontrant où étaient les principales sources de CO2, on s'aperçoit que le Canada, l'Afrique et l'Amérique du sud sont quasi inexistants de la carte. Les principales sources de pollution sont les États-Unis, l'Europe, la partie nord du Moyen-Orient, l'Inde, la Chine et le Japon. Quand on regarde ca globalement, on s'aperçoit que tous ces pays sont dans un niveau de longitude à peu près semblable formant une ceinture autour du globe.

    Il est vrai, comme le constate Monsieur Francoeur, que le plan vert dédie 71% du budget aux transports. J'ai déjà avancé que 60% irait au remplacement des wagons du métro de Montréal sans que personne ne me contredise, laissant seulement 11% aux autre projets dans toute la province.

    Quant aux exigences des environnementalistes envers Ottawa ca devient un enjeu de plus en plus politique. Surtout que leurs principales demandes est de leur fournir des fonds pour la recherche et pour l'éducation du public ( autrement dit: propagande écolo). Or, le plan vert du Ministre Béchard consacre 45 millions à ce chapitre. Faut dire que ces environnementalistes sont frugaux...

    Quand le Ministre Baird leur répond qu'en respectant toutes leurs exigences, il ne pouvait atteindre les objectifs fixés par le protocole de Kyoto pour 2012, ils répondent ceci: Vous n'avez qu'à utiliser le programme d'échanges internationaux de crédits. Qu'est-ce que c'est cette bibitte la. J'ai écrit au «Réseau Action Climat Canada» pour savoir à quoi consistait ce programme. Après une troisième intervenante, j'attend toujours une réponse...

    J'ai un de mes amis qui est économiste et a aussi travaillé dans le domaine géologique. Il m'écrit ceci comme réponse car il est nullement surpris de l'absence de réponse de ceux qui exigent des choses sans savoir ce que c'est. Voici son commentaire:

    «En théorie, le gouvernement fixe des objectifs de réduction des polluants (pour Kyoto, le CO2 est un polluant). Ceci peut être arbitraire car, pour n'importe quel "pollueur", les objectifs peuvent être fixés en valeur absolue ou relative: nombre de tonnes de carbone ou nombre de tonnes de carbure en % de la valeur de la production, etc. Pour Kyoto, le "gouvernement" c'est le Protocole et il faut lire tous les rapports pour le savoir.

    Si une compagnie émet 100 tonnes de carbone et que sa limite est fixée à 50, elle doit acheter 50 tonnes de carbone d'une compagnie qui en émet zéro (celle-ci a un crédit de 50).

    C'est la théorie. Il faut réaliser dans cette échange, qui n'est pas un vrai marché et qui nécessite des fonctionnaires pour surveiller tous les "pollueurs", appauvrit financièrement la compagnie qui doit acheter des crédits pour "polluer". Sinon elle doit fermer ses portes. De toutes façons, elle ne sera pas en mesure d'investir pour réduire sa pollution...

    En pratique, sous Kyoto, c'est pire car un pays comme la Chine peut bénéficier de la vente de crédits sans avoir à en acheter! Dans le National Post du 27 déc. il y avait cet article «Western firms pay millions to Chinese factories to avoid cleaning un their own plants--China warms to gas profits.» L'auteur donne l'exemple d'une usine de produits chimiques dans le sud de la Chine dont les émissions annuelles équivalent à un million d'automobiles roulant 12000 milles. Pour un incinérateur coûtant 5 millions US$, les compagnies de l'Ouest doivent verser 500 millions de $US. La différence va aux intermédiaires, dont le gouvernement chinois! Voilà Kyoto.»

    Pas étonnant que l'Europe qui vient s'annonce un plan audacieux de réduction des GES vient de repousser les échéances du protocole de 2012 à 2020 sans que personne ne le remarque.

    Oui, il y a des $$$ derrière tout ca. Pour qui et pourquoi ??? Va t'on déshabiller Pierre pour habiller Paul. Où autrement dit, va t'on accélérer le départ de nos usines et de nos jobs vers l'orient ??? Est-ce que c'est la raison du départ précipité de Goodyear ??? Bonne réflexion à tous... »

  • Yvon Dionne
    Inscrit
    samedi 13 janvier 2007 19h33
    Kyoto: osez révéler les coûts!
    « Comme disait feu Fernand Séguin, vulgarisateur scientifique, il y a une «joie de connaître». Il faudrait préciser qu'en matière de politiques gouvernementales, cette joie de connaître devient plutôt une absence de connaissances, une censure de l'information, et il n'y a de jubilation que pour les bénéficiaires de l'État. Ces bénéficiaires sont les nouveaux exploiteurs créés par l'État dit solidaire... mais ignorant les conséquences de ses actes. Claude Béchard peut se dire solidaire. C'est facile. Mais ce n'est pas lui qui paie. Ni Greenpeace.

    C'est nous tous qui allons payer pour les fantaisies de la bureaucratie et des activistes de Kyoto.

    Pourquoi cette réunion organisée par Béchard a-t-elle été tenue à huis clos le 12 janvier en présence, écrit Louis-Gilles, «d'une dizaine d'organismes québécois»? Le gouvernement a-t-il peur de la population?

    Pourquoi cette insistance, dans l'article de Louis-Gilles Francoeur, sur les objectifs de Kyoto, sans parler aucunement des coûts que cela va occasionner? Et même sans parler des impacts sur le climat que ces mesures vont générer! Or, cet impact va être d'une insignifiance à la mesure des partisans de Kyoto. Ce n'est pas vrai que le «grand public sera très modestement invité à contribuer à hauteur de 0,1 Mt ». Ce grand public va «contribuer» (en langage clair: être volé) sur le coût du carburant, sur le coût des automobiles, du chauffage, etc. L'éolien va devoir se payer. Y compris l'impact de la production d'éthanol sur les prix des autres produits agricoles. Il suffit de voir ce qui ce passe aux États-Unis dans la production d'éthanol pour se poser des questions.

    Curieux qu'on ne parle pas des coûts. Moi j'ai hâte de connaître. Sans doute qu'à ce moment on va s'activer moins en faveur de Kyoto.

    Ah! La cerise sur le gâteau c'est que, relate Louis-Gilles, 26% du budget de la taxe sur le carburant ira à d'autres organismes comme le MSSS (...) «et des programmes de sensibilisation du public par des groupes environnementaux, notamment». Dégueulasse. Est-ce la récompense de Béchard (sous-entendu: Charest) à Greenpeace?

    Ça promet car le dernier prestidigitateur climatique en lice, Stéphane Dion, ne sait même pas que c'est le prix du pétrole, et non l'amortissement fiscal accéléré, qui a justifié les investissements dans les sables bitumineux!

    Yvon Dionne
    St-Damase-de-L'Islet (Québec)
    http://pages.globetrotter.net/yvon_dionne »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 13 janvier 2007 20h47
    Kyoto n'est pas la bonne cible pour le Canada
    « Beau reportage et ca corrobore ce que j'ai déja dit, le plan vert du Ministre Béchard est un ramassis de voeux pieux pour courrir après les $$$ d'Ottawa après avoir vomi sur eux à Naïrobi.

    Si le plan est si peu étoffé c'est que le problème n'est pas au Canada. J'ai lu le le rapport de captage du CO2 du GIEC et en voyant les cartes géographiques démontrant où étaient les principales sources de CO2, on s'aperçoit que le Canada, l'Afrique et l'Amérique du sud sont quasi inexistants de la carte. Les principales sources de pollution sont les États-Unis, l'Europe, la partie nord du Moyen-Orient, l'Inde, la Chine et le Japon. Quand on regarde ca globalement, on s'aperçoit que tous ces pays sont dans un niveau de longitude à peu près semblable formant une ceinture autour du globe.

    Quant aux exigences des environnementalistes envers Ottawa ca devient un enjeu de plus en plus politique. Surtout que leurs principales demandes est de leur fournir des fonds pour la recherche et pour l'éducation du public ( autrement dit: propagande écolo). Or, le plan vert du Ministre Béchard consacre 45 millions à ce chapitre. Faut dire que ces environnementalistes sont frugaux... »

  • Ginette Caron
    Abonné
    lundi 15 janvier 2007 13h27
    Réponse à Fernand Trudel
    « La "propagande écolo" ? Non mais, franchement.
    Je travaille pour un OSBL en éducation relative à l'environnement. Chaque année, nous donnons plus de 300 formations sur des grands enjeux environnementaux (changements climatiques, eau, déchets, transport, énergie, etc.) en milieu scolaire. Des formations ou l'on parle des sources des problèmes, de leurs conséquences sur l'environnement et sur la santé, mais aussi des solutions individuelles et collectives qui peuvent changer la donne.

    Nous avons aussi mis sur pied divers programmes touchant les institutions scolaires pour qu'ils adoptent des modes de gestion intégrant les dimensions environnementales. Ces programmes entraînent ces institutions à réellement intégrer des politiques environnementales, changer leurs politiques d'achats, intégrer la collecte des matières recyclables, imprimer recto-verso, etc.

    Nous implantons, avec des jeunes, divers autres projets mobilisateurs et qui ont un impact positif mesurable sur l'environnement et notre bien-être. Pourtant, de tous les groupes communautaires, nous sommes (les groupes reliés au ministère de l'environnement) les seuls qui n'avons aucun soutien financier. Depuis 2005, aucune aide n'est faite par le ministère de l'environnement. L'entente qui s'est achevée n'a jamais été renouvellée. Donc, un organisme comme le notre, qui monte de vrais projets avec les jeunes de 12-25 ans en milieu scolaire et qui est loin de faire de la "propagande écolo" sommes tranquillement voués à mourir.

    Peut-être considères-tu que l'éducation et la sensibilisation environnementales de la génération montante ne sont pas importantes, c'est ton droit, mais cela va à l'encontre de 90% de la population québécoise.

    Cela fait 27 ans que l'organisme existe; c'est la première fois qu'il fait face à une telle situation. Alors s'il te plaît, ne laisse pas sous-entendre que nous sommes gourmands alors que nous crevons de faim, littéralement. C'est parler à travers son chapeau.(D'ailleurs tu dis que les environnementalistes sont "frugaux", et bien je suis d'accord avec toi ! Va voir la définition, cela veut dire exactement le contraire que ce que tu souhaites illustrer...). »

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