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Les écolos pirates

Alexandre Shields   30 décembre 2006  Environnement
Le vieux Farley Mowat et son équipage. Le navire de la Sea Shepherd Conservation Society fait actuellement route vers l’Antarctique.
Le vieux Farley Mowat et son équipage. Le navire de la Sea Shepherd Conservation Society fait actuellement route vers l’Antarctique.
L'activiste écologiste Paul Watson a été parmi les premiers à risquer sa vie pour sauver celle des grands cétacés en s'interposant, à bord d'un Zodiac, entre le baleinier et l'animal. En trois décennies, la Sea Shepherd Conservation Society, le groupe qu'il a fondé, a même revendiqué le sabotage de quatre bateaux qui servaient à cette chasse. Ennemi juré des baleiniers japonais, le capitaine Watson fait actuellement route avec deux vaisseaux pour traquer leurs navires pendant deux mois dans les eaux hostiles autour de l'Antarctique.

Leur objectif? Interrompre leur chasse, quitte à foncer droit sur les navires, à tout faire pour briser leurs hélices ou à sectionner les câbles qui servent à hisser les carcasses des animaux. Et les écologistes ont prévu tout un arsenal pour y parvenir. On a notamment fixé de chaque côté du Farley Mowat — un bateau noir sur lequel flotte un drapeau de pirate — des armatures de métal aiguisées, utilisées pour tenter d'endommager la coque des baleiniers auxquels on se frottera. L'équipage surnomme ces armes, longues de plus de deux mètres, les «ouvre-boîtes».

Trois Zodiac sont aussi du voyage afin de déployer des câbles de métal fixés à des bouées et largués près des baleiniers afin que leurs hélices s'y bloquent. Sur le bateau au pont encombré, on trouve en fait tout le nécessaire pour cette poursuite, dont deux motomarines et des canons à eau. On concocte également des bombes fumigènes, «au cas». Les écologistes embarquent aussi un hélicoptère. Cet appareil servira à localiser plus aisément les bateaux «ennemis» sur cette vaste étendue d'eau.

Pour Paul Watson — à qui l'on doit aussi des interventions pour défendre les phoques dans le golfe du Saint-Laurent —, ces actions perturbatrices donnent des résultats. «L'année dernière, les Japonais ont tué 85 baleines de moins que le quota qu'ils s'étaient fixé. Nous avons protégé 85 baleines et nous les avons empêchés de chasser pendant 15 jours», affirmait-il au Devoir peu de temps avant de lever l'ancre à partir du port australien de Melbourne, le 24 décembre. «Nous n'essayons pas de faire comprendre aux gens ce qui se passe en Antarctique. Nous essayons simplement de faire appliquer la loi. Notre but est d'empêcher les Japonais de tuer des baleines, que les gens aiment ça ou non.»

Avant de barrer la route aux baleiniers, le capitaine Watson interpelle les navires par radio et les invite à quitter la zone, arguant qu'ils contreviennent aux règles internationales de conservation des espèces. Selon lui, le Japon viole le moratoire sur la chasse commerciale. Le capitaine Watson fait aussi valoir que le pays s'en prend à des animaux pourtant protégés par la Convention sur le commerce des espèces menacées et qu'il enfreint les lois australiennes sur la protection de cette portion des eaux de l'Antarctique. «Nous devons faire le travail que les États devraient normalement faire», juge le capitaine, originaire du Nouveau-Brunswick.

Lors des deux premières campagnes, le vieux Farley Mowat, entré en service en 1956, n'a cependant pas pu atteindre une vitesse suffisante pour rattraper les puissants navires japonais. Les 43 personnes qui composaient son équipage l'an dernier ont tout de même eu droit à trois sérieux affrontements avec la flotte japonaise, dont un avec l'Oriental Bluebird, qui sert à transporter la viande des baleines au Japon. Le Farley Mowat a en effet foncé droit sur le navire japonais, et celui-ci n'a pas pu l'éviter, malgré un sérieux coup de barre. Les deux bateaux n'ont pas subi de graves dommages, mais celui des écologistes aurait pu être sérieusement endommagé par ce bâtiment deux fois plus gros que lui. Et les côtes les plus proches étaient à une semaine de navigation parfois pénible.

Pour les membres de la Sea Shepherd Conservation Society (SSCS), le jeu en vaut la chandelle. «Je ne vois pas pourquoi il serait anormal de risquer sa vie pour protéger des baleines. Après tout, il y a beaucoup de gens qui sont prêts à mourir pour leurs convictions, explique M. Watson. Et d'ailleurs, je fais des choses dangereuses depuis trois décennies et je suis toujours vivant. Jamais un membre de mon équipage n'a été blessé et nous n'avons jamais blessé personne.» Il ajoute que son groupe est «non violent» et que son action se limite à s'attaquer «à de l'équipement utilisé pour des activités criminelles».

Le gouvernement japonais considère quant à lui que la SSCS est une organisation «dangereuse et criminelle» et a souvent demandé à l'Australie d'intervenir militairement pour la chasser de la zone, mais en vain. Les Australiens sont en fait farouchement opposés à toute forme de chasse à la baleine, même celle dite scientifique, pratiquée par les Japonais.

Retour à la chasse

Cette année, la partie risque par ailleurs d'être plus corsée dans les eaux bordant l'Antarctique puisque la SSCS s'est dotée d'un deuxième navire, plus rapide, le Leviathan. En tout, 60 membres d'équipage, tous bénévoles, ont levé l'ancre pour un voyage de plus de 4000 kilomètres dans des eaux glaciales et souvent houleuses. M. Watson qualifie lui-même ses équipages d'«armée internationale de défense des baleines» puisque les membres proviennent d'une trentaine de pays différents.

De son côté, le Japon a déployé cinq bateaux destinés à la chasse, dont trois servant au harponnage. Un navire-usine, le Nisshin Maru, un monstre d'acier de 130 mètres faisant 8000 tonnes, sert à recueillir les prises, ensuite dépecées à bord et expédiées au Japon sur un autre bâtiment.

Après avoir de nouveau échoué cette année à faire faire lever le moratoire sur la chasse commerciale à la dernière réunion de la Commission baleinière internationale (CBI), les Japonais ont annoncé leur intention de doubler leurs prises de cétacés, les faisant passer de 440 à 850. Il s'agit essentiellement de petits rorquals, mais deux espèces menacées de disparition figurent également au tableau de chasse, soit une cinquantaine de rorquals communs et autant de baleines à bosse.

La zone où les baleiniers pêchent comprend le «sanctuaire de l'hémisphère Sud» décrété par la CBI. Plusieurs espèces de baleines vont y passer l'été austral, essentiellement pour se nourrir dans ces eaux riches en plancton. Pour le capitaine Watson, l'illégalité de cette chasse ne fait aucun doute. «Ce que les baleiniers japonais font dans le sanctuaire antarctique des baleines est tout simplement diabolique, affirme-t-il. Les actions du Japon sont illégales, immorales, et représentent un crime contre l'humanité, la Terre et les générations futures.»

Bisbille entre écologistes

Si la SSCS et Greenpeace ont toutes deux mené des actions contre la chasse aux cétacés, ces organisations sont pourtant de véritables frères ennemis. Paul Watson est lui-même très critique à l'endroit de cet autre groupe d'écologistes. «Notre intention est de stopper cette chasse criminelle. Nous ne sommes pas une organisation de protestation. Nous sommes ici pour faire respecter les règles internationales de protection des espèces. Nous ne brandissons pas d'affiches, nous intervenons», lance-t-il.

Le capitaine du Farley Mowat est pourtant un des cofondateurs de Greenpeace, en 1972. Il a quitté cette organisation pour fonder la Sea Shepherd Conservation Society en 1977. L'activiste a même déjà qualifié les membres de Greenpeace de «dames Avon» de l'écologisme. Ironie du sort, les deux groupes se rendent à la même période en Antarctique pour protester contre la chasse à la baleine. Comme Greenpeace désapprouve les méthodes de la SSCS, ses militants refusent d'informer le capitaine Watson et son équipage de la position des baleiniers japonais.

«La SSCS est différente de Greenpeace parce que nous n'organisons pas de manifestations, nous intervenons contre les activités illégales, soutient-il. Greenpeace a un bateau suffisamment rapide pour arrêter les baleiniers, mais ils ne le font pas. Moi, je ne pourrais pas regarder les baleines être torturées et agoniser alors que je ne ferais que filmer et photographier la scène.»

Et il n'a que faire des critiques. «Trouvez-moi une seule baleine qui soit en désaccord avec nos actions et je promets que je ne recommencerai plus!», lance-t-il. Son organisation a par ailleurs reçu l'appui de plusieurs personnalités, notamment les acteurs Martin Sheen, Pierce Brosnan et Christian Bale.

L'oeil de la baleine

C'est en 1975, au large des côtes californiennes, que le capitaine des pirates verts a décidé de se consacrer à la protection de la vie marine. Filant à bord d'un Zodiac de Greenpeace, il s'est interposé entre un baleinier soviétique et un cachalot. Le navire a alors tiré son harpon à tête explosive juste au-dessus de sa tête, frappant la baleine. «Le cachalot criait et le son ressemblait à celui d'un être humain, se souvient-il. Et ce que j'ai vu a changé ma vie pour toujours. Alors que la baleine sortait sa tête, au milieu d'une mare de sang, j'ai vu de la compréhension dans son regard. La baleine, qui devait peser 60 tonnes, aurait pu réduire en miettes notre petit bateau, mais elle a compris que le harpon ne venait pas de nous et elle a évité notre bateau. Je me suis toujours senti redevable à cette baleine, qui a épargné ma vie. Alors, j'ai décidé de consacrer ma vie à protéger les cétacés.»

Et il a déjà démontré la fermeté de sa volonté: il avoue candidement que des membres de la SSCS ont coulé deux baleiniers amarrés au port islandais de Reykjavik en novembre 1986. À cette occasion, ils ont aussi détruit une usine de transformation de viande de baleine en Islande. «Ce n'était pas illégal parce que la chasse était illégale», martèle-t-il. Cette année-là, le moratoire sur la chasse commerciale est entré en vigueur. «En 1988, je suis retourné en Islande pour demander à être arrêté. J'ai même reconnu les actes que j'avais commis, rappelle le militant. Après m'avoir gardé en prison pendant une nuit, les policiers m'ont reconduit à l'aéroport et m'ont expulsé du pays. Ils savaient que le fait de m'intenter un procès leur ferait subir un procès à eux aussi.» Les autorités l'ont effectivement expulsé, mais pour avoir enfreint les règles de la circulation maritime. La SSCS a alors perdu son statut d'observateur à la Commission baleinière internationale.

L'infatigable pourfendeur des chasseurs de cétacés a en outre revendiqué le sabotage du baleinier portugais Sierra, en 1980. Le bateau avait été coulé à l'aide de mines-ventouses. La Norvège a aussi exigé en vain son extradition des États-Unis, en 1997, pour le sabotage du baleinier Morild. Son organisation a également été tenue responsable d'avoir endommagé, en mer, un autre baleinier norvégien et un bateau de pêche néerlandais.

Le capitaine Watson, aujourd'hui âgé de 57 ans, entend bien poursuivre son action. «Nous sommes au XXIe siècle et la chasse à la baleine n'a plus de raison d'être. Nous avons mené une véritable guerre contre les baleines depuis beaucoup trop longtemps. Ce sont des créatures qui ont une structure sociale élaborée et une intelligence très complexe. Nous avons beaucoup à apprendre de ces animaux.» Il estime d'ailleurs que «si nous ne sommes pas capables de protéger les baleines et les océans, je ne vois pas comment nous pourrions nous-mêmes survivre. C'est pour cela que nous contestons le mode de vie de l'humanité, qui mise sur la surconsommation et la destruction des ressources naturelles. Bref, des choses dont on préfère bien souvent ne pas parler».
Le vieux Farley Mowat et son équipage. Le navire de la Sea Shepherd Conservation Society fait actuellement route vers l’Antarctique. Le capitaine Paul Watson. «Nous devons faire le travail que les États devraient normalement faire.»
 






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  • Michaël Lachance
    Inscrit
    samedi 30 décembre 2006 03h17
    Romantisme, où es-tu?
    « S'il pouvait vivre en ce bas monde autant d'âme aussi engagée et volontaire pour ce type d'action, notre monde se porterait, peut-être, enfin!, un peu moins pire... »

  • Sébastien Gagnon
    Inscrit
    samedi 30 décembre 2006 04h36
    Nécessité ?
    « Quelle action tout de même que celle du capitaine Watson. Difficile d'approuver à tout prix, mais quel dévouement! Au sens plus large du terme, ceci démontre bien que les appareils politiques internationaux en place répondent mal aux attentes de la majorité des groupes écologistes. Dans des cas semblables, plusieurs questions peuvent se poser face à ce problème : l'intervention revient-elle aux hommes ou aux gouvernements? Pour le citoyen, sur quoi faire pression, les gouvernements ou directement sur les contrevenants?

    Ce genre d'action est-il vraiment légitimé, légal? Et s'il y avait dérapage? Le plus important est probablement de faire prendre conscience à la majorité des actes commis à l'encontre de la planète pour demander son appui. Je crois que c'est une des choses que l'action du SSCS peut faire tout en empêchant (le plus possible) la mort de baleines.

    Ceci étant dit, félicitations à Alexandre Shields pour l'article et au Devoir pour le choix, en effet, ceci vaut une première page. Et pour terminer avec autre chose qu'une question, je crois que des organisations comme l'ONU et l'OTAN devraient s'occuper des questions écologiques et avoir des appareils efficaces. Il vaut mieux prévenir que guérir, l'action écologique est un moyen de prévoir la paix à long terme... À long terme? peut-être pas finalement! »

  • Henri-Bernard Boivin
    Abonné
    samedi 30 décembre 2006 09h17
    Risquer sa vie pour des baleines
    « Je ne suis pas d'accord avec le fait de risquer sa vie pour sauver celle d'animaux, qu'ils soient ou non en danger d'extinction. Par contre, je ne puis faire autrement qu'admirer le courage et la détermination de ceux qui le font, d'autant plus que j'exècre, moi aussi, cette chasse aux baleines.

    Henri-B. Boivin »

  • Langis Gagnon
    Abonné
    samedi 30 décembre 2006 10h54
    Approuve a 100%
    « J'admire le courage et les convictions de cette homme et de son groupe. Si on avait plus de ce genre de personne probablement que notre planète ne serait pas dans l'état lamentable qu'elle est en ce moment.Si nos élus avait plus de couilles pour défendre la vie que de faire la guerre l'on ne foncerait pas dans le mur comme en ce moment. il se passe un peu la même chose avec les dauphins et les japonais qui mange tout ce qui est mangeable en tuent aussi lorsqu'il ne les emploie pas dans les parcs aquatique.

    Comme a dit un jour un sage indiens " Le jour ou l'homme aura couper le dernier arbre et pêcher le dernier poisson , la seulement il se rendra compte que l'on ne se nourit pas d'argent" »

  • Mayra Dionne
    Abonnée
    samedi 30 décembre 2006 13h33
    Il en faut plus
    « Qu'ils continuent leurs actions... C'est merveilleux. »

  • Louis-Félix Tessier
    Abonné
    samedi 30 décembre 2006 15h58
    Inspirant
    « L'action du Capitaine est tout simplement inspirante, et nous force à relativiser les actions que chacun de nous prenons pour essayer de sauvegarder la diversité de la vie sur terre.

    À notre niveau de citoyen (consommateur), que nous soyons militant environnementaliste, ou "bon recycleur", de telles actions sont éclairantes, et nous poussent à nous demander ce que chacun de nous peut faire de plus; au travail, à l'école, dans son quartier...

    Nécéssité? Oui.
    Car une vision à long terme nous indique que nous devons nous responsabilisé rapidement face à la perte de biodiversité en cour.

    Le bon moyen? Si il est utilisé en combinaison avec la diversité de tactiques des autres groupes environnementalistes, c'est un moyen qui à sa place et qui est nécéssaire pour contribuer à l'obtention de résultats. »

  • Dindorf Michel
    Inscrit
    samedi 30 décembre 2006 16h03
    Éradication ?
    « Je "sais" de source sûre, que si les Baleines n'éradiquent pas le seul animal nuisible à tous les autres, l'homme, c'est parce que Paul Watson existe !
    Michel »

  • Jayson Proulx
    Abonné
    dimanche 31 décembre 2006 05h43
    La compassion, tout simplement
    « Vous vous attaquez illégalement à de pauvres baleines sans défenses ?

    Accrochez vous à votre flotte car le Capitaine Watson et son équipe se fera un plaisir importun d'accrocher à votre ligne un gros poisson d'avril.

    Un an après la projection du documentaire révélateur "Les sushis sans soucis", le festival des films pour la sauvegarde de la faune marine présenteront en première samedi au cinéma Beaubien: "Les pêcheurs empêchés".

    Un scénario inédit. Les héros tragiques - le Capitaine Watson et son équipe - sont animés par une compassion sans scrupules. Les vilains - des baleiniers japonais - sont dévorés par une cupidité sans faim. Les premiers ouvrent leur coeur aux baleines. Les deuxièmes, oubliant par mégarde qu'ils ont un coeur, se voient contraints d'ouvrir celui des baleines. Préoccupés à ne pas gaspiller, ceux-ci harponnent vaillamment les derniers morceaux de viande rouge qui flottent dans leur fondue japonaise.

    Souvenons nous que le documentaire "sushi sans soucis" souleva déjà l'an passé une question pour le moins juteuse:

    Comment s'empêcher d'empêcher sans pécher un pêcheur d'empocher son péché de surpêche?

    "Le surprendre et suspendre le suspense à ceux qui ne pensent qu'à se remplir la panse!" S'exclamait un auditeur du documentaire « sushis sans soucis », visiblement sur le coup de l'émotion.

    Lectures connexes :
    POSTILLON, François. Exercices de bouche insensés

    Risqueriez vous votre vie pour votre frère ou votre soeur? L'équipe du capitaine Watson le fait pour sauver celle de quelques baleines. Car dans la souffrance, humain ou baleine, nous sommes tous des frères et soeurs.

    Venez en grand nombre et maquillez vous sur place gratuitement avec nos nouveaux cosmétiques "AMImaux".

    Quand diffusera-t-on ce documentaire choc qui financera un sous-marin ouvre-boîte au Capitaine Watson?

    Jayson, un admirateur anonyme jusqu'à il y a 2 secondes »

  • Michel Leclaire
    Abonné
    dimanche 31 décembre 2006 12h07
    Se servir des mêmes armes
    « Si tout ceux qui aiment la nature et tiennent à la préserver n'achetaient plus aucun produit venant de ces pays ou en contenant une part, l'impacte de ce geste arrèterait ce comportement que l'on doit qualifier de ''crime contre la vie'' »

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