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Mont Orford: André L'Espérance se plaint des médias

Si l'opinion publique est aussi défavorable à la privatisation du domaine skiable à l'intérieur du parc du Mont-Orford, c'est parce que les adversaires du projet usent de «désinformation», notamment en agitant le spectre des expropriations des résidences voisines, et que les médias jouent leur jeu.
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  • Josée Lefebvre
    Inscrite
    mardi 14 mars 2006 18h55
    Sortie remarquée
    « Monsieur André Lespérance en a lourd sur le coeur. Sa compagnie est dans le trou et certaines mauvaises langues osent en douter. Pire encore, la vaste majorité des Québécois s'opposent à son beau projet de 1 000 condos de luxe dans le parc protégé du Mont Orford. Monsieur Lespérance a une explication pour cela : les méchants journalistes ont fait peur au monde en osant penser tout haut qu'ils ne sont pas tout à fait convaincus que le gouvernement puisse doubler la surface du parc sans exproprier qui que ce soit.

    Alors vite, monsieur convoque une conférence de presse. Au fait, pourquoi une conférence de presse ? André Lespérance n'est-il pas un soumissionnaire potentiel parmi d'autres dans cet insensé projet de privatisation ? À moins qu'il ait des entrées spéciales qu'on ne connaît pas (hum).

    Sa sortie larmoyante ne fait que confirmer ce que tout le monde sait. Il y a une grande chance que les dés soient pipés en faveur des amis du parti libéral dont il fait certainement partie, malgré sa pudeur à admettre qu'il ait jamais été intime avec Jean Charest. (Son copain, Claude Boulay, disait la même chose à propos de Paul Martin il n'y a pas si longtemps.)

    Non mais, quelle prétention a ce gars de se présenter devant les journalistes en présence de son avocat et ...de ses vérificateurs ! Pourquoi ? Pour prouver au Québec tout entier, livres ouverts et vérificateurs à l'appui, qu'il est tellement con comme investisseur et poche comme gestionnaire qu'il a décidé d'engloutir des millions de dollars dans une entreprise déficitaire depuis 50 ans qui, (savait-il déjà à l'époque), n'avait aucune chance de redressement en dehors de l'adoption d'un projet de développement immobilier qui avait déjà été rejeté par tous les gouvernements successifs depuis près de 20 ans !!

    Wow ! Fallait le faire !

    Mais ne jugez pas trop vite monsieur Lespérance pour ses talents discutables d'investisseur et de gestionnaire, car derrière cette façade se cache peut-être un grand visionnaire. Oui, il fallait être vraiment visionnaire pour décider d'investir dans le Mont Orford en juin 2003, deux mois après qu'un autre grand visionnaire, Jean Charest, eut pris le pouvoir. On comprend mieux maintenant l'affinité qui peut exister entre ces deux personnages plus grands que nature.

    Cependant, il est un peu dommage que ces grands messieurs aient manqué juste un petit peu de la vision supplémentaire qui leur aurait permis de pressentir la débâcle annoncée du groupe Intrawest au Mont Tremblant. Il paraît que ces dieux du développement (durable) s'apprêtent à plier bagage maintenant, parce que leur xxxmillième condo ne trouve pas acheteur et qu'ils ne font plus assez d'argent à leur goût. Tout cela après avoir travesti cette belle région du Québec en putain de luxe, dégradé sa montagne et ses rivières, fait grimper la valeur des terrains et les comptes de taxes foncières des citoyens, dont certains ne peuvent même plus se permettre de vivre là où leurs parents et leurs enfants sont nés.

    Mais où ai-je la tête ? On ne peut pas comparer Tremblant et Orford. Tremblant n'était pas un parc national protégé.

    Revenons à monsieur André Lespérance. C'est vrai qu'il fait pitié, dans le fond, monsieur Lespérance. Tellement qu'on a presque envie de le croire, juste pour ne pas le voir pleurer. On a envie de croire que le rouge de ses livres, brandis fièrement devant tout le monde, est vrai, vrai, vrai. La preuve, c'est que le sympathique monsieur envoie des mises en demeure à quiconque ose prétendre le contraire.

    Pourtant c'est simple : revenus - dépenses = perte, si dépenses plus grandes que revenus. Seulement, on peut comprendre d'où viennent les revenus, mais où vont les dépenses au juste ?? Qui nous dit que le pleurnichard ne s'en met pas plein les poches en salaires et dépenses extravagantes ?? Et puis, ça coûte cher le lobbying à la longue.

    Non, je dois divaguer puisque les comptables attestent que les pertes sont vraies. Et on le sait, les comptables sont des êtres surhumains incapables de mensonge, de stupidité et de conflits d'intérêts. On l'a vu, notamment, dans l'affaire Enron.

    C'est pas comme les journalistes qui eux, disent n'importe quoi juste pour faire peur au pauvre monde qui gobe tout comme une gang d'épais. C'est vrai, j'en suis moi-même la preuve vivante. Je l'avoue : je suis contre la privatisation du Mont Orford parce que j'ai peur de me faire exproprier mon condo de l'Île-des-Soeurs. Le projet du gouvernement Charest d'agrandir le Parc Orford est tellement flou que je préfère ne pas prendre de chance.

    Merci messieurs et mesdames les journalistes de m'avoir fait peur. Sans vous, je courais un sérieux risque de n'être qu'une inconsciente de plus sacrifiée sur l'autel du développement sauvage..... pardon.... durable.



    Josée Lefebvre
    Montréal »

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