Aux portes de Paris, Vincennes peut sembler, à première vue, un endroit plutôt improbable pour une célébration de l’Amérique. Avec son magnifique...
Aux portes de Paris, Vincennes peut sembler, à première vue, un endroit plutôt improbable pour une célébration de l’Amérique. Avec son magnifique château dont le donjon hébergea le marquis de Sade, son bois bien aéré où se rencontrent le chien, le joggeur, l’escargot et le hérisson, son marché où, trois fois par semaine, fleurissent à pleins trottoirs les parfums et les saveurs des plus beaux terroirs du monde, avec sa densité de 25 000 habitants au kilomètre carré (contre trois en Abitibi), avec, bref, cet art de vivre millénaire qu’on appelle une civilisation et dont l’aura imprègne jusqu’au verre de Brouilly sifflé debout au comptoir du bistro, Vincennes nous entraîne d’abord bien loin du vide existentiel qui paraît guetter, sur les affiches, les espaces déshabités d’outre-Atlantique et leurs vieux pick-up rouillés.