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Fonds d'investissement: Le grand mythe de l'immobilier

Michel Marcoux   17 janvier 2005  Finances personnelles
Le placement dans l'immobilier connaît une popularité incroyable. Le prix des résidences a constamment augmenté au cours des dernières années. Enviant cette expansion, plusieurs investisseurs mettent de côté leur plan d'investissement dans les REER et optent plutôt pour le secteur immobilier. On s'achète des condos, des bungalows et des cottages en pensant effectuer un meilleur choix qu'un placement dans un portefeuille équilibré...

Les données concernant les rendements du marché immobilier dépeignent une réalité bien différente de ce que pensent beaucoup d'investisseurs. En effet, une recherche faite récemment par la famille de fonds AIM-Trimark a comparé la performance sur 23 ans du marché immobilier à celle de deux de ses produits: le fonds Trimark et le Trimark canadien.

Le rapport, bien que simple, montre que les deux fonds ont généré des rendements de beaucoup supérieurs à ceux du marché immobilier, et ce, pour toutes les principales villes au Canada. À Montréal, pour le secteur Mont-Royal, le prix des «maisons individuelles à deux étages, de catégorie luxe» est passé de 220 000 $ au 30 septembre 1981 à 430 000 $ pour le mois de mars 2004. Pour la même période, un investissement de 220 000 $ aurait généré une somme totale de 5 245 462 $ pour le fonds Trimark et de 2 687 257 $ pour le fonds Trimark canadien. Le rendement des deux fonds en question éclipse ainsi de façon importante la performance du marché immobilier pour ce secteur de Montréal.

De plus, la différence de rendement entre une résidence et celui des deux fonds offerts par Trimark aurait encore été plus grande si on avait considéré les frais divers associés à la possession d'un bien immobilier. Je parle ici des taxes, des assurances, des commissions prises par les agents immobiliers ainsi que des coûts de réparation et d'entretien. Tous ces aspects diminuent de façon importante le profit associé à l'achat et à la vente d'un bien immobilier.

Et, ce qui est encore plus surprenant, c'est de constater que le marché immobilier n'a même pas été en mesure, pour la période en question, de surpasser l'augmentation du coût de la vie, ou autrement dit, l'inflation. Pour égaler le rythme d'expansion du coût de la vie, il aurait fallu que le prix moyen des résidences passe de 220 000 $ en 1981 à 451 073 $ en mars 2004.

Il y a donc un mythe important qui entoure le placement dans l'immobilier. Plusieurs investisseurs mettent de côté le placement dans un REER pour financer l'achat d'habitations. Et, la réalité? L'achat d'une résidence n'est pas ce qui va vous rapporter le plus à long terme. Je ne dis pas là qu'il ne faut pas procéder à une telle acquisition. L'achat d'une résidence constitue une décision intelligente si elle est bien planifiée et s'il est toujours possible de continuer à épargner.

Ceux qui ne jurent que par l'immobilier oublient souvent que le REER offre des avantages considérables. Vous obtenez de généreux retours d'impôt, et vos placements évoluent à l'abri du fisc tant et aussi longtemps qu'ils demeurent à l'intérieur d'un tel régime. Les fonds permettent quant à eux de participer, de façon simple, et avec un montant minime, à la croissance du marché boursier et obligataire.

Un marché de vendeur

On le sait, le marché immobilier actuel ne favorise pas l'acheteur. Les prix sont élevés, et les vendeurs possèdent le gros bout du bâton. Pas facile de trouver actuellement une habitation à un prix raisonnable.

Et, attention, le marché immobilier n'est pas non plus à l'abri d'éventuelles corrections. Les mises en chantier sont nombreuses: au Québec, pour les centres urbains de 10 000 habitants et plus, elles sont en hausse de 17 % pour le mois de décembre 2004 comparativement au même mois de l'année précédente, ce qui a pour effet d'augmenter l'offre d'habitation de façon importante. De plus, une augmentation des taux d'intérêt pourrait aussi venir compliquer la situation dans l'immobilier. Un phénomène qui se traduirait certainement par un ralentissement ou par une baisse des prix, du moins pour certains types d'habitations.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.






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Vos réactions

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  • Gilles Martin
    Inscrit
    lundi 17 janvier 2005 09h22
    Placement versus propriété
    « La réalité, dans ce genre d'analyse, on ne tient jamais compte du loyer économisé
    en devenant propriétaire, drôle de monde. »

  • Jeannot Vachon
    Inscrit
    lundi 17 janvier 2005 23h56
    Une analyse très boiteuse
    « Il manque une grande variable à la comparaison de rendement entre un fonds équilibré et un achat d'immeuble: le revenu. Si j'achète un commerce, l'augmentation de sa valeur est un facteur à considérer, mais le revenu tiré du commerce est un facteur tout aussi important. Or l'immobilier est aussi un commerce lorsqu'il procure des revenus locatifs et une dépense personnelle lorsqu'il est utilisé à des fins de logement personnel. La valeur qu'on tire de l'immeuble doit entrer dans le calcul. Gageons que le rendement des fonds est considèré après réinvestissement de tous les revenus alors qu'on a totalement oublié le revenu des immeubles (ou sa valeur locative pour les gens qui l'habitent)

    Quant à la comparaison avec le taux d'inflation, c'est aussi boiteux. Les chiffres sont assez proches pour les juger équivalents puisque des fluctuations dans le temps donnent sans doute l'immobilier gagnant sur l"inflation de temps à autres.

    Il y a aussi un aspect abri fiscal dans une maison. L'exonération du gain sur la résidence principale alors que l'impôt sur les reer est à remettre un jour ou l'autre. De plus, si on juge que la maison vaut le prix qu'on y met pour vivre dedans, la journée où la dette est payée, la valeur locative qu'on sauve est nette d'impôt alors qu'un rendement équivalent en placement financier devrait être imposé au retrait.

    Trimark est en conflit d'intérêt et ne semble pas avoir fait une comparaison honnête mais seulement tape-à-l'oeil pour vanter son produit. Bien sûr la clef de l'immobilier est toujours de ne pas payer trop cher, sans quoi le rendement est affecté dès le départ et pour toute la durée de la possession.

    Qui à la retraite, ne peut pas profiter grandement d'un logement payé pour lequel seulement le coût des dépenses reste à défrayer? »

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