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Fonds d'investissement: La jalousie

Michel Marcoux   15 novembre 2004  Finances personnelles
La jalousie est un vilain défaut. Je devrai donc vous l'avouer: je suis jaloux. Jaloux d'André Gosselin, chroniqueur aux revues Affaires-Plus et Finance et Investissement. André Gosselin, qui vient de publier un livre instructif sur l'investissement, Lettre ouverte aux investisseurs irresponsables aux éditions Transcontinental. Un livre que j'aurais voulu écrire, mais n'ayant pas le talent de M. Gosselin, je le remercie de l'avoir fait pour moi... Cette chronique en fait, ne sera qu'un copier-coller de certaines phrases que j'ai trouvées absolument stimulantes.

Des exemples
- «Les statistiques recueillies au cours des 20 dernières années sont incontestables: les rendements réalisés par ces investisseurs, autant sur le marché des actions que sur celui des obligations, sont pitoyables, pour ne pas dire catastrophiques. [...]De 1984 à 2002, le rendement annuel moyen du détenteur de fonds d'actions, aux États-Unis, n'a été que de 2,57 %. [...]Pourtant, le rendement annuel de l'indice S&P 500 durant cette période a été de 12,2 % et le rendement moyen des fonds d'actions s'est élevé à au moins 10 %.»
- «Vous pouvez vous consoler si, depuis 20 ans, votre portefeuille d'actions n'a donné qu'un rendement annuel de 3 %. Vous êtes dans la moyenne, et il y a pire que vous. Mais ne comptez pas sur moi pour pleurer sur votre sort. Le premier responsable de tout ce beau gâchis, car c'en est un, c'est vous-même.»
- «Comment, direz-vous, peut-on encaisser des pertes avec des fonds qui réalisent des gains? La réponse est simple: en agissant comme un mouton et non comme un investisseur. Attiré par des rendements mirobolants, vous achetez les fonds après qu'ils ont connu une forte hausse et vous les vendez après qu'ils ont subi une glissade.»
- «Le gestionnaire se voit forcé d'acheter des titres quand ils sont chers. Mais quand ils sont à prix d'aubaine, vous ne voulez plus lui confier votre argent tellement vous êtes déçu des performances passées. Bref, il n'y a pas métier plus frustrant que celui de gestionnaire de fonds communs de placement.»
- «Si je n'étais pas un farouche défenseur des libertés individuelles, j'interdirais aux petits investisseurs de détenir autre chose que des fonds généralistes, bien diversifiés dans tous les secteurs de l'économie.»
- «Si je n'accordais pas une aussi grande valeur à l'autonomie personnelle, je modifierais la loi pour obliger tout investisseur à avoir un conseiller financier diplômé et reconnu par une association professionnelle.»
- «L'évolution récente de l'industrie des FCP et sa propension à offrir des produits de plus en plus spécialisés (des fonds sectoriels, par exemple) et de plus en plus souples (transactions à moindres frais) ont créé des effets pervers dont elle mesure encore très mal les conséquences.»
- «Il faut toutefois éviter de tout mettre sur le dos de l'industrie des fonds communs, car cela vous conduit bien souvent à nier votre responsabilité et à faire jouer votre réflexe psychologique de l'autocomplaisance.»
- «FNB [fonds négociés en Bourse] est en train de devenir un autre traquenard dans lequel l'investisseur va s'enliser en multipliant les mauvaises transactions, comme acheter au sommet et vendre une fois rendu dans la cave.»
- «En devenant plus automnes grâce à Internet, les investisseurs ont multiplié les transactions sans aucune stratégie cohérente. Le prix à payer? Une baisse de rendement du portefeuille.»
- «Résumons-nous. L'investisseur individuel est une catastrophe pour lui-même et pour les autres (sa famille, ses héritiers, son conseiller, les gestionnaires de fonds, les chefs d'entreprise, les gouvernements, etc.). Sauf qu'il ne le sait pas.»

Ces citations disent le style direct qu'adopte André Gosselin: il va droit au but et vient confirmer ce que ma pratique quotidienne m'enseigne. En effet, en investissement, il y a des vertus à acquérir, et l'auteur ne se gêne pas pour les souligner. Son travail a le grand mérite de stimuler la réflexion et, dans ce sens là, il s'agit d'une lecture profitable.

Comme copier un livre n'est pas très éthique et que je ne voudrais pas que l'auteur m'accuse de profiter de son talent à peu de frais, je vais remettre le cachet de cette chronique à une oeuvre de charité qui aide à prévenir le décrochage scolaire, Projet 80 du Centre-Sud de Montréal.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
 
 
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