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Fonds d'investissement: Tomber amoureux!

Michel Marcoux   8 novembre 2004  Finances personnelles
La grande différence entre l'investisseur et le gestionnaire professionnel, quoi que vous en pensiez, ce n'est pas leur formation universitaire, ni leur expérience, ni même leur capacité à analyser le marché. Non, la grande différence entre les deux se situe dans la gestion de l'affectif. En effet, la réussite des gestionnaires repose le plus souvent sur un meilleur contrôle des sentiments.

Le détachement émotif par rapport au marché et aux titres, voilà l'attitude qui permet au gestionnaire professionnel de se démarquer. Pour la grande majorité des investisseurs, la plus grande erreur, et souvent il la commettra toute sa vie, c'est de tomber amoureux. Expliquons-nous: toute sa vie, l'investisseur tombera amoureux d'une maison, d'un titre bien en vue, d'une auto, et tous ces achats ne seront souvent que la résultante d'une poussée affective intense.

L'investisseur est en fait à la merci de son comportement trop souvent axé sur le seul désir. Il pourra tomber amoureux de tout; malheureusement, je n'en vois pas souvent tomber amoureux d'un portefeuille équilibré, et pourtant... ils devraient.

Le premier exemple de coup de foudre qui me vient à l'esprit? Nortel. Évidemment, après coup, l'analyse est facile, me direz-vous. Probablement, mais demandons-nous pourquoi une grande majorité d'entre vous, de même que certains gestionnaires, pourrait-on ajouter, vous avez fait l'acquisition d'actions de Nortel à 50, 75, 100 et presque à 125 fois les profits. On sait que la moyenne du marché des entreprises publiques se situe entre 15 et 20 fois, ce qui, à mon avis, est déjà beaucoup trop. La situation était donc invraisemblable. Comment expliquer que les investisseurs aient continué à acquérir des actions supplémentaires, en refusant même de vendre un titre qui, pour la plupart des investisseurs, aurait signifié un profit plus qu'intéressant? Vous étiez tombé amoureux! Ça arrive, c'est même humain. Mais quelle erreur dans le domaine de l'investissement, il faut l'avouer.

Le prochain Nortel?

Et, si l'on s'amuse à jouer au devin, on pourrait se demander quel sera le prochain Nortel. Prenons un risque. Regardez un peu votre entourage: où croyez-vous qu'une grande majorité de Québécois concentrent actuellement une somme astronomique en épargne, et sur marge en plus? Quel est le titre le plus surévalué? Le plus abondamment vendu actuellement dans le marché du placement? Le titre pour lequel les investisseurs sont même prêts à remettre en question leur contribution REER de la prochaine année? La répons : le «fameux» bungalow!

Selon un sondage effectué en septembre dernier par Télé Vox, commandé par le groupe Investors, auprès de plus de 2000 Canadiens, près de 60 % des répondants sont convaincus que leurs biens immobiliers prendront plus de valeur que leur portefeuille, et ce, pour les dix prochaines années.

La réalité? La Bourse a toujours fait mieux que l'immobilier comme placement à long terme comme l'indique le communiqué du Groupe Investors: «Au cours des 20 dernières années, le rendement annuel moyen de l'indice composé du S&P/TSX a été de 9,35 % au 30 septembre 2004. Selon les données du service SIA fournies par l'association canadienne de l'immeuble, l'augmentation annuelle moyenne des biens immobiliers au Canada au cours des 20 dernières années s'est établie à 5,1 %.»

Prêt pour une correction

Évidemment, si le rendement moyen a été de 5,1 % au cours des 20 dernières années, il suffit de constater l'augmentation de valeur de votre maison ou de vos autres biens immobiliers pour arriver à la conclusion que le marché est plus que prêt pour une bonne correction. C'est une question simple: le marché doit revenir à un niveau normal, un retour inévitable à la moyenne. En effet, de 1997 à 2004, le marché a augmenté de 67 %! Pour ramener la croissance à un niveau normal, soit celle de sa moyenne, la baisse devra être draconienne...

De plus, chaque hausse de taux d'intérêt, aussi faible soit-elle, n'a rien d'une bonne nouvelle. Enfin, le taux d'endettement moyen des ménages pour l'acquisition de ces biens immobiliers vient fragiliser la capacité de payer: en 10 ans, l'endettement moyen des consommateurs a augmenté de 30 %, alors que les revenus n'ont presque pas bougé.

Je sais qu'il est toujours plus facile de tomber amoureux avec un bien tangible, comme une auto, une maison — c'est d'ailleurs la plus belle qualité de l'immobilier, toujours plus tangible qu'un état de compte de son portefeuille... Cependant, seule une dose plus grande de titres, d'obligations, en plus de l'immobilier, vous permettra d'atteindre les objectifs de croissance de votre patrimoine.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
 
 
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  • Jeannot Vachon - Inscrit
    11 novembre 2004 23 h 31
    Un marché de l'immobilier surchauffé
    Mme Lessard insulte M. Marcoux et le flatte en même temps. D'abord elle ignore ses arguments pour laisser entendre qu'il écrit subjectivement de façon à influencer le marché, mais là où elle le flatte, c'est en lui donnant suffisamment de poid pour influencer un marché aussi vaste que celui de l'immobilier.

    On n'achète pas et on ne vend pas une maison parce que M. Marcoux a dit que c'était le temps de le faire. Une multitude de facteurs influencent ce choix, dont la vigueur de l'économie, l'inflation, la démographie et les bas taux d'intérêts.

    L'immobilier est aussi un secteur cyclique qui a ses hauts et ses bas. Lorsqu'il est à son bas, des occasions en or se présentent, mais lorsqu'il est surchauffé, on paie trop cher pour ce qu'on achète. Je suis aussi de cette opinion que le marché est présentement surchauffé.

    Une maison sert avant tout à se loger. Quand on engloutit tout ce capital et tous les intérêts qui viennent avec, on sait qu'on en récupérera une bonne partie en épargne forcée, mais surtout la portion intérêts payés (et intérêts renoncés sur le capital grevé) sera en grande partie perdue à jamais.

    Ceux qui paient aujourd'hui des prix de fou auront une mauvaise surprise lorsqu'il voudront se départir de leur bien, dans un moment peut-être moins propice, lors d'une récession ou lorsque les taux d'intérêts auront grimpé ou simplement quand le marché se sera essoufflé.

    Quand on se met à sonner ce genre d'alarme, les gens qui sont emballés prennent un certain temps à réfléchir, mais lorsqu'ils le font sur le tard et que le marché est parti à la baisse, ils paniquent tous et amplifient le mouvement. Les prophètes de malheur ne créent pas le mouvement (dans des secteurs aussi importants), mais ils aident à l'accélérer.
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