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Rembourser son hypothèque ou investir dans un triplex?

Claude Chiasson   23 octobre 2004  Finances personnelles
Mon conjoint et moi avons respectivement 45 et 41 ans. Nous n'avons pas d'enfant. Nous disposons actuellement de 40 000 $ en liquidités. Je suis présentement aux études à temps plein. J'ai perdu mon emploi en décembre 2003. J'ai fait un retrait de 10 000 $ de mon REER à travers le REEP (Régime d'encouragement à l'éducation permanente). Je compte refaire la même chose cette année. Je prévois être travailleur autonome en 2005 et réaliser un revenu annuel de 30 000 $. J'ai 65 000 $ dans mon REER.

Mon conjoint a un revenu de plus de 65 000 $ par année avec fonds de retraite indexé au coût de la vie qui paie actuellement 35 000 $ annuellement aux retraités. Il sera admissible à sa retraite dans 14 ans. Il a 25 000 $ dans un REER.

Nous avons déjà possédé un immeuble à revenus. Présentement, nous nous questionnons pour savoir s'il serait plus rentable de faire l'acquisition d'un triplex qui se couvre à peine (265 000 $ — revenus: 19 000 $ par année; taxes: 5000 $ par année) ou de rembourser notre hypothèque et placer ensuite de l'argent. Nous envisageons aussi l'idée de nous financer nous-mêmes par nos REER.

Notre maison vaut 225 000 $. Nous avons une hypothèque de 64 000 $ renouvelable en mai 2005. Pour l'achat du triplex, il nous faudrait accroître de 35 000 $ l'hypothèque actuelle de notre maison afin de respecter le ratio d'emprunt de 75 % du prix payé du triplex.

Merci d'avance pour vos bons conseils.

G. G.

Vous avez déjà possédé un immeuble à revenus. Et — rien de plus normal — vous désirez tabler sur cette expérience (un point fort pour vous) pour réaliser un pas de plus dans votre quête d'éléments d'actif pour préparer votre éventuelle retraite.

L'avenue du triplex m'apparaît certainement un choix plausible. Ce type d'immeuble vous permet d'accélérer votre marche vers une retraite aisée essentiellement de deux façons. La première: en vous permettant de posséder une valeur d'actif élevée grâce au recours à la dette sans encourir de risques indus (les revenus d'un petit immeuble sont fort prévisibles et, à ce titre, permettent d'établir avec assez de précision les besoins futurs de liquidités pour faire face aux versements hypothécaires).

La seconde: un petit immeuble à revenus, une fois libre d'hypothèque, rapporte autant qu'un actif après impôt, et ce, aussi longtemps qu'il n'est pas vendu. Je m'explique. À la retraite, c'est à partir de l'épargne accumulée après avoir versé vos impôts que vous parviendrez à générer des revenus réguliers de placement qui, eux, seront imposables. Or le petit immeuble à revenus (une fois libre d'hypothèques) générera des revenus réguliers en pourcentage de sa valeur tout aussi élevés que ceux tirés de l'épargne investie dans les certificats de dépôt, les obligations négociables et autres titres à revenus fixes. Il en sera ainsi tant que vous conserverez l'immeuble en question. La raison: vous n'avez pas à payer les impôts sur la plus-value tant que celle-ci n'a pas été réalisée en vendant ledit immeuble. L'achat d'un petit immeuble à revenus s'avère donc une avenue permettant d'accumuler plus rapidement de la richesse que celle de l'épargne systématique provenant d'un salaire imposable.

Cela dit, voyons maintenant la question du financement. Vous dites dans votre lettre vouloir recourir à vos REER pour financer une partie du coût d'achat. Je suppose ici que vous voudriez créer un REER hypothèque (dans ce cas, votre REER devient votre créancier en vous octroyant une hypothèque sur la propriété convoitée). Les frais associés à la création d'un REER hypothèque sont très élevés, trop élevés. De surcroît, en recourant ainsi à vos REER pour financer l'achat du triplex, vous vous privez d'importantes liquidités pour faire face aux imprévus. La meilleure option reste à mon avis de négocier une hypothèque plus élevée sur votre résidence. Vous pourriez ainsi lever un montant additionnel de 45 000 $ qui, couplé à un montant de 20 000 $ tiré de vos liquidités hors REER (elles s'élèvent à 40 000 $), vous permettrait de disposer du comptant requis pour acquérir la propriété. Le cas échéant, vous pourriez effectuer des ponctions de vos REER pour éponger les déficits d'exploitation annuels du triplex. Les impôts dus sur les ponctions du REER seront en quelque sorte annulés par les économies d'impôt provenant des déficits d'exploitation qui sont, eux, déductibles de votre revenu imposable.

Reste maintenant un dernier point (et non le moindre) à traiter: le prix payé pour le triplex. Pour qu'un placement soit rentable, il faut en payer le juste prix. Rien ne sert de vous lancer dans l'achat d'un triplex si vous devez payer un prix si élevé que vous cédez au propriétaire actuel la plus grande partie des gains potentiels futurs pouvant être réalisés en exploitant ledit immeuble. Au prix demandé de 260 000 $, le propriétaire actuel du triplex exige un prix correspondant à 13,7 fois les revenus annuels de location de 19 000 $ (je présume ici que tous les logements sont loués, y compris le logement principal). Ce multiple est beaucoup trop élevé, à moins que les revenus de location puissent être augmentés sensiblement, et ce, assez rapidement. Cela est possible si les loyers exigés sont passablement sous ceux généralement demandés dans le quartier pour des logements comparables. Généralement, vous ne devriez pas payer plus de neuf fois les revenus de location potentiels de l'immeuble convoité (à vous ici d'évaluer correctement les revenus potentiels). Autre point de repère: le coût annuel de l'habitation du logement principal du triplex par le propriétaire. Ce coût devrait être comparable ou quelque peu supérieur à celui d'habiter un bungalow moyen du quartier. Cela vaut pour la première année d'exploitation du triplex. Ce coût ira cependant en diminuant au fil des ans, alors que les revenus de location augmenteront au moins aussi rapidement que l'inflation. Et il devrait correspondre tout au plus à 65 % du montant payé pour habiter un bungalow à la sixième année d'exploitation du triplex. Il vous faut donc établir le prix à payer du triplex de façon à respecter ce critère en fonction des revenus de location prévus pour cet immeuble.

Reste maintenant un dernier point (et non le moindre) à traiter: le prix payé pour le triplex. Pour qu'un placement soit rentable, il faut en payer le juste prix. Rien ne sert de vous lancer dans l'achat d'un triplex si vous devez payer un prix si élevé que vous cédez au propriétaire actuel la plus grande partie des gains potentiels futurs pouvant être réalisés en exploitant ledit immeuble. Au prix demandé de 260 000 $, le propriétaire actuel du triplex exige un prix correspondant à 13,7 fois les revenus annuels de location de 19 000 $ (je présume ici que tous les logements sont loués, y compris le logement principal). Ce multiple est beaucoup trop élevé, à moins que les revenus de location puissent être augmentés sensiblement, et ce, assez rapidement. Cela est possible si les loyers exigés sont passablement sous ceux généralement demandés dans le quartier pour des logements comparables. Généralement, vous ne devriez pas payer plus de neuf fois les revenus de location potentiels de l'immeuble convoité (à vous ici d'évaluer correctement les revenus potentiels). Autre point de repère: le coût annuel de l'habitation du logement principal du triplex par le propriétaire. Ce coût devrait être comparable ou quelque peu supérieur à celui d'habiter un bungalow moyen du quartier. Cela vaut pour la première année d'exploitation du triplex. Ce coût ira cependant en diminuant au fil des ans, alors que les revenus de location augmenteront au moins aussi rapidement que l'inflation. Et il devrait correspondre tout au plus à 65 % du montant payé pour habiter un bungalow à la sixième année d'exploitation du triplex. Il vous faut donc établir le prix à payer du triplex de façon à respecter ce critère en fonction des revenus de location prévus pour cet immeuble.

Si vous n'êtes pas capable de dénicher un triplex à un prix convenable selon les critères précédents, il vaut mieux alors pour vous d'accélérer le remboursement de votre hypothèque actuelle sur votre résidence principale.

cchiasson@proplacement.qc.ca






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  • Jeannot Vachon
    Inscrit
    lundi 25 octobre 2004 07h44
    Je propose une analyse plus précise
    « J'ai mon propre modèle pour analyser des investissements immobiliers et votre analyse présente la réalité financière différente de la mienne. Grâce à un chiffrier informatique, je peux lister année par année tous les revenus et toutes les dépenses estimées ainsi que les versements de capital et l'impôt à payer. Un calcul de rendement interne me donne finalement le rendement net d'impôt du capital investi, non pas du rendement sur le coût de l'immeuble, mais sur les déboursés effectués.

    Il va sans dire qu'une telle analyse est beaucoup plus précise que vos "règles du pouce" de 9 fois les revenus estimés ou d'un loyer propriétaire un peu supérieur à celui d'un bungalow. On a l'impression que votre modèle relève d'une époque où des calculs précis étaient trop difficiles et qu'on devait se contenter de règles simples qui donnaient une juste idée de valeur marchande convenable à l'acheteur comme au vendeur.

    Dans un modèle plus précis, il est néanmoins important de faire des estimations prudentes du futur puisqu'un profit espéré peut facilement se traduire en une perte ou, ce qui est équivalent, en un rendement minime pour le capital et les efforts investis.

    La valeur réelle d'un immeuble est intimement liée à plusieurs facteurs conjoncturels, comme les taux d'intérêts présents et estimés pour le futur, l'inflation prévue dans les revenus immobiliers et dans les dépenses d'opérations et, très important chez les acheteurs, de leurs capacités de financement et de leur taux d'imposition.

    Ainsi, les valeurs actuelles des immeubles sont extrêmement différentes de ce qu'elles étaient il y a 10 ou 20 ans alors que les taux d'inflation et d'intérêts étaient beaucoup plus élevés.

    De plus, les facilités actuelles d'accession à la propriété pour des logements en indivis ou en condos provoquent une concurrence sévère contre les investisseurs en faisant monter artificiellement le prix des immeubles à revenus. En effet, des acheteurs d'unité de logement prennent des décisions mal éclairées et paient trop cher pour ce que le logement vaut, tout en bénéficiant de programmes gouvernementaux généreux, comme le rap et le financement par la SCHL, pour les aider à commettre leur erreur et à fausser les justes valeurs marchandes. Déjà un acheteur de logement n'a pas le problème de l'impôt à payer sur le bénéfice qu'il tire de la propriété et n'a pas le risque de mauvaise gestion de son bien par un tiers.

    J'ai placé les chiffres soumis par Mme GG dans mon modèle en y ajoutant des dépenses d'opérations minimes au niveau des assurances et des réparations. Les résultats seraient différents si l'immeuble était en piètre état ou que le chauffage était à la charge du proprio.

    Comme ils sont propriétaires d'une belle maison, je ne vois pas pourquoi vous les mettez locataire propriétaire d'un logement qui vaudrait environ 1/3 de la maison qu'ils habitent. Il me semble qu'ils veulent faire un investissement et non sacrifier leur qualité de vie pour aller vivre dans un logement qui vaut 500$ par mois.

    Mon analyse me donne un rendement intéressant de tri net d'impôt de 7% s'ils paient 200,000, soit 10.5 fois les revenus. J'obtiens même 7.4% en prenant 25 ans au lieu de 20 ans. J'ai mis un taux d'intérêt stable à 6% et une inflation à 2.5% et, par mesure de prudence, j'indexe les revenus à seulement 75% de l'inflation (les vôtres augmentent à 100%). Cela compense le fait qu'à certains moments, des réparations majeures doivent être faites pour rattraper la valeur des logements comparables ou alors qu'au bout de 20 ans l'immeuble est un peu défraîchi.

    Dans mon modèle, le loyer proprio est compté selon sa valeur marchande. La seule différence est que l'impôt n'est pas applicable sur cette portion. (Pas dans le cas de Mme GG qui n'habitera pas l'immeuble)

    Avec ces critères qui sont plus prudents que les vôtres, sauf pour le prix qui est plus élevé (le vôtre est à 171,000), il y a du profit dès la 1ière année, puisque le capital investi de 50,000 se doit de rapporter un rendement décent. Comme les versements à la banque contiennent une partie du capital, il y a un léger déficit de caisse dans les toutes premières années. Je vois donc difficilement comment avec un cost de 171,000, vous leur voyez des pertes nécessitant de retirer des reer pour les combler.

    D'ailleurs je trouve cette suggestion un très mauvais conseil financier tout comme celle de dire que le reer est une source de liquidité en cas d'imprévus. L'argent placé dans un reer devrait être sacré, sauf pour des retraits permis par la loi et remboursables, comme les RAP ou les retraits pour études. Suggérerait-on à quelqu'un qui s'est amassé un fonds de pension de piger dedans pour différentes dépenses ou investissements ? La technique de l'emprunt garantie par un REER est aussi une méthode d'usage de ces fonds en cas d'urgence, sans affecter l'état abri fiscal de ces épargnes. Pensez-vous que mon banquier refuserait de me prêter si mon capital reer consistait en une hypothèque consentie ? Sûrement pas et bien au contraire.

    De même votre argument que l'impôt du retrait reer est compensé par la perte d'exploitation est bassement profane, faisant appel à un mythe que de n'avoir aucun impôt à payer en fin d'année est signe de bonne décision financière. Qu'est-ce donc qui compensera le fait que cet argent sorti du reer n'est plus à l'abri de l'impôt pendant les 30 prochaines années et peut-être plus ?

    D'ailleurs votre argument en faveur des investissements immobiliers à titre d'abri fiscal est un peu boiteux. Si mon plan de retraite est basé sur mes reer, je pourrai accumuler un actif qui sera toujours à l'abri de l'impôt. En transformant mon REER en rente viagère, le revenu produit sera toujours à partir d'un capital qui n'aura jamais été imposé. Par contre, pour un immeuble, l'argent que j'y investis à titre de capital est après impôt, on ne peut donc considérer cet investissement comme totalement avant impôt. La plus-value sur les immeubles n'est plus ce qu'elle était lorsque l'inflation était élevée. L'accumulation "rapide" de la richesse n'est alors pas aussi évidente, d'autant plus que la conjoncture pourrait être défavorable au moment où on voudrait liquider l'actif. Il y a aussi l'amortissement qui est une espèce d'abri fiscal. Mais l'immobilier n'est pas un abri fiscal aussi complet que le reer.

    Par ailleurs, votre suggestion d'augmenter les revenus de location de façon plus élevée que l'inflation frise l'illégalité et présume que l'acheteur s'adonne à la spéculation pour bousculer les locataires actuels. Tout locataire a le droit de contester des augmentations trop élevées et a aussi le droit de connaître le loyer payé avant lui (pour contester une augmentation trop forte entre les 2 je présume). Le meilleur moyen est d'éjecter un locataire pour prendre le logement à titre de propriétaire occupant.

    Vous avez aussi fait une erreur technique de calculer leur besoin de financement à 25% du prix demandé tout en leur suggérant de payer 34% moins que le prix demandé, ce qui change tout le calcul.

    Pour finir, votre attente de revenus pour l'immobilier "aussi élevés que les titres à revenus fixes" est très faible et ne tient pas compte du facteur suivant : les investissements immobiliers sont souvent un paquet de troubles et l'élément risque commande un rendement beaucoup plus intéressant que celui qu'on peut espérer de placements passifs. »

  • Philippe KRIES
    Inscrit
    dimanche 15 octobre 2006 11h37
    Question
    « Je ne souhaite pas reagie acet article.
    Mais j ai quelques questions , car je suis français et j aimerai investir dans un immeuble a revenus au Quebec.
    Pour une tranche de 100.000,00 $ je souhaiterai savoir quel est est l apport mini qu il me faudrait , comment et sous quelles conditions une banque canadienne me pourrait me suivre dans ce projet et egalement connaitre apres deduction faite des charges de fonctionnement quel est le montant de l impot sur le revenu resant provenant des loyers.
    Cordialement
    Philippe Kries »

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