Fonds d'investissement: Une grande déception?
Souvenons-nous, le début de la nouvelle décennie a été ressenti comme un dur coup de poing pour les investisseurs, eux qui avaient connu l'euphorie de la fin de la décennie 90 et des premiers mois de 2000. Le choc a été brutal et sans appel. Évidemment, les investisseurs se sont promis que jamais plus le marché ne les y reprendrait... Mais il fallait bien investir quelque part. Les obligations ne semblaient pas plus intéressantes, compte tenu du faible taux d'intérêt pratiqué. Le désir n'y était pas. C'est à ce moment que les investisseurs ont commencé à être courtisés par d'autres classes d'actif.
La dégringolade de plus de 45 % dans le marché des actions créait une ouverture à des produits n'ayant aucune corrélation, donc à un secteur que l'on croyait être à l'abri des mouvements à la hausse ou à la baisse: les produits alternatifs. Ces derniers venaient de connaître des rendements annuels de plus de 10 % au cours des dernières années.
Autre aspect intéressant: plusieurs fonds alternatifs offerts aux investisseurs comportaient une garantie de capital à l'échéance de même qu'un rendement minimal. Le produit miracle! Cependant, pour certains, le produit miracle s'est rapidement transformé en deuxième catastrophe. Les pertes ont varié de 10 à 12 % en moyenne au cours des derniers mois. La raison? Le marché des contrats à terme connaît de sérieuses difficultés.
Les produits alternatifs font en grande partie appel à la gestion de contrats à terme. Les contrats à terme constituent des accords contractuels dont la valeur est dérivée d'actifs sous-jacents tels que l'or, l'argent, le blé, le maïs, le pétrole et le gaz naturel et les devises.
Mais rétablissons les faits sur la situation actuelle. Primo, rien n'a changé pour les produits vendus sous forme de billets garantis: peu importe le rendement cumulatif actuel de votre produit alternatif, vous retrouverez votre capital et les revenus rattachés à l'échéance. Pas de quoi paniquer. Secundo, malgré tous les espoirs que les investisseurs ont mis dans ce produit, les hausses comme les baisses existent bel et bien dans ce secteur. Cependant, rappelons-nous que dans le secteur des actions, le début de la décennie a fait subir à l'investisseur des pertes de plus de 45 % trois ans plus tard, l'écart n'est toujours pas comblé... Le secteur des produits alternatifs est lui aussi victime des marchés. Il subit à l'occasion ses effets, mais on note que les fluctuations de ce secteur sont historiquement moins importantes.
La grande surprise des investisseurs a été de constater que même si un fonds alternatif est géré, dans certains cas, par plus de 50 gestionnaires, des baisses peuvent quand même survenir. Eh oui! Et il n'y a aucune raison pour qu'il en soit autrement. Chacun de ces gestionnaires travaille avec le même marché et utilise des modèles similaires de suivi des tendances. Selon M. Pierre Normandin, CFA chez BluMont Capital, ce type de produit «se nourrit» principalement de la volatilité des marchés, et plus les fluctuations à la hausse et à la baisse sont importantes, meilleurs sont les résultats générés. Et, c'est tout à fait le contraire d'un marché volatil que nous avons connu au cours des six derniers mois, le S&P ayant fluctué entre 1075 et 1150 points. Le marché obligataire a été tout aussi anémique, et il en a été de même pour le marché des devises et celui des métaux. En fait, le seul marché dans les contrats à terme qui a réussi à maintenir une certaine croissance de volatilité a été celui du pétrole, et nous avons tous été en mesure d'en évaluer les effets sur notre quotidien.
De façon générale, c'est l'indice VIX, celui-là même qui mesure la volatilité de l'indice S&P 500, qui peut nous aider à comprendre la situation du marché des contrats à terme. Au cours des derniers mois, il s'est situé à environ 15 %, alors que sa moyenne des dernières années a été de 20 à 25 %. Pour ce genre de marché, la gestion de contrats à terme est plus difficile.
L'investisseur doit comme toujours, peu importe le produit financier, garder le cap et surtout contrôler son «facteur patience». Les produits alternatifs sont d'excellents produits financiers s'ils ont été acquis pour les bonnes raisons, et les investisseurs doivent maintenir en tout temps les répartitions de leur plan d'investissement sans se laisser influencer par les fluctuations à court terme. À cet égard, l'investisseur doit rééquilibrer son portefeuille régulièrement et acquérir de nouvelles unités dans un marché à la baisse, comme c'est le cas actuellement.
question@avantages.com
L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
La dégringolade de plus de 45 % dans le marché des actions créait une ouverture à des produits n'ayant aucune corrélation, donc à un secteur que l'on croyait être à l'abri des mouvements à la hausse ou à la baisse: les produits alternatifs. Ces derniers venaient de connaître des rendements annuels de plus de 10 % au cours des dernières années.
Autre aspect intéressant: plusieurs fonds alternatifs offerts aux investisseurs comportaient une garantie de capital à l'échéance de même qu'un rendement minimal. Le produit miracle! Cependant, pour certains, le produit miracle s'est rapidement transformé en deuxième catastrophe. Les pertes ont varié de 10 à 12 % en moyenne au cours des derniers mois. La raison? Le marché des contrats à terme connaît de sérieuses difficultés.
Les produits alternatifs font en grande partie appel à la gestion de contrats à terme. Les contrats à terme constituent des accords contractuels dont la valeur est dérivée d'actifs sous-jacents tels que l'or, l'argent, le blé, le maïs, le pétrole et le gaz naturel et les devises.
Mais rétablissons les faits sur la situation actuelle. Primo, rien n'a changé pour les produits vendus sous forme de billets garantis: peu importe le rendement cumulatif actuel de votre produit alternatif, vous retrouverez votre capital et les revenus rattachés à l'échéance. Pas de quoi paniquer. Secundo, malgré tous les espoirs que les investisseurs ont mis dans ce produit, les hausses comme les baisses existent bel et bien dans ce secteur. Cependant, rappelons-nous que dans le secteur des actions, le début de la décennie a fait subir à l'investisseur des pertes de plus de 45 % trois ans plus tard, l'écart n'est toujours pas comblé... Le secteur des produits alternatifs est lui aussi victime des marchés. Il subit à l'occasion ses effets, mais on note que les fluctuations de ce secteur sont historiquement moins importantes.
La grande surprise des investisseurs a été de constater que même si un fonds alternatif est géré, dans certains cas, par plus de 50 gestionnaires, des baisses peuvent quand même survenir. Eh oui! Et il n'y a aucune raison pour qu'il en soit autrement. Chacun de ces gestionnaires travaille avec le même marché et utilise des modèles similaires de suivi des tendances. Selon M. Pierre Normandin, CFA chez BluMont Capital, ce type de produit «se nourrit» principalement de la volatilité des marchés, et plus les fluctuations à la hausse et à la baisse sont importantes, meilleurs sont les résultats générés. Et, c'est tout à fait le contraire d'un marché volatil que nous avons connu au cours des six derniers mois, le S&P ayant fluctué entre 1075 et 1150 points. Le marché obligataire a été tout aussi anémique, et il en a été de même pour le marché des devises et celui des métaux. En fait, le seul marché dans les contrats à terme qui a réussi à maintenir une certaine croissance de volatilité a été celui du pétrole, et nous avons tous été en mesure d'en évaluer les effets sur notre quotidien.
De façon générale, c'est l'indice VIX, celui-là même qui mesure la volatilité de l'indice S&P 500, qui peut nous aider à comprendre la situation du marché des contrats à terme. Au cours des derniers mois, il s'est situé à environ 15 %, alors que sa moyenne des dernières années a été de 20 à 25 %. Pour ce genre de marché, la gestion de contrats à terme est plus difficile.
L'investisseur doit comme toujours, peu importe le produit financier, garder le cap et surtout contrôler son «facteur patience». Les produits alternatifs sont d'excellents produits financiers s'ils ont été acquis pour les bonnes raisons, et les investisseurs doivent maintenir en tout temps les répartitions de leur plan d'investissement sans se laisser influencer par les fluctuations à court terme. À cet égard, l'investisseur doit rééquilibrer son portefeuille régulièrement et acquérir de nouvelles unités dans un marché à la baisse, comme c'est le cas actuellement.
question@avantages.com
L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

