Vos placement$ - Pas de double dip en vue
Plusieurs économistes craignent que l'actuelle relance de l'économie nord-américaine ne soit qu'un faux départ. D'où la fameuse expression double dip qui signifie qu'après être brièvement sortie de la récession, l'économie y retombe quelques trimestres plus tard. Une telle trajectoire arrive souvent à la sortie d'un fort ralentissement de l'économie comme celui connu en 2001 (plus particulièrement après les événements du 11 septembre dernier).
Une crainte renforcée la semaine dernière par la divulgation du taux de chômage aux États-Unis. Au lieu de descendre comme plusieurs s'y attendaient, il a au contraire grimpé à 6 % en avril contre 5,7 % pour le mois précédent. Déjà l'économie s'essouffle, ont vite conclu certains experts.
Certes, la hausse du taux de chômage confirme ce scénario voulant que la croissance de l'économie nord-américaine soit anémique en 2002. Toutefois, de là à croire qu'elle tombera en récession, il y a un pas à ne pas franchir. Car les probabilités d'un tel scénario demeurent faibles. D'abord parce que, si le taux de chômage a grimpé au sud de notre frontière, c'est essentiellement à cause de 500 000 nouveaux arrivants à la recherche d'un emploi qui se sont ajoutés à la population active. Si la population active à la recherche d'un emploi augmente de la sorte, c'est que les espoirs d'en trouver un sont maintenant plus élevés. La hausse de la population active indique donc que le contexte général de l'emploi s'est amélioré et non détérioré.
Par ailleurs, plusieurs facteurs militent en faveur de la croissance, bien que faible, de l'économie. D'abord parce que la reprise amorcée au premier trimestre (reprise basée surtout sur le redressement des stocks) de 5,8 % (sur une base annuelle) du PIB américain est conforme à celles enregistrées par le passé à la sortie de tels ralentissements. Ensuite, tout indique que le consommateur américain répond très positivement aux faibles taux d'intérêt. Les mises en chantier qui demeurent à des niveaux très élevés ainsi que les ventes d'automobiles qui surclassent toutes les attentes en sont une preuve flagrante.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que nous sommes maintenant dans cette phase du cycle où la croissance économique repose essentiellement sur la croissance du revenu disponible. Or ce dernier affiche toujours une solide progression. Au cours des deux derniers mois, il a enregistré des hausses mensuelles consécutives de 0,6 % et de 0,4 % qui sont fort respectables.
Dans l'une de ses récentes lettres sur l'économie, Clément Gignac, le stratège et économiste en chef de la Financière Banque Nationale, énumère d'autres facteurs de nature à renforcer la relance actuelle de nos économies. L'un d'eux et non le moindre: les analystes ont commencé à réviser leurs prévisions de bénéfices à la hausse. Forte poussée de la productivité et hausse des prix industriels contribueront à accroître les marges d'exploitation. Cela est particulièrement vrai pour les secteurs cycliques comme l'a fait valoir le stratège de la Financière Banque Nationale. Les firmes de ces secteurs n'ont pas eu l'accès facile aux capitaux comme ce fut le cas pour les firmes de haute technologie et de télécommunications. Aussi sortent-elles d'une longue période de consolidation. C'est le cas notamment des firmes des secteurs des mines et métaux, des produits forestiers, de la pétrochimie, du ciment et de la sidérurgie. Ces entreprises sont dorénavant bien placées pour décréter des hausses de prix de leurs produits.
Bien sûr, on ne doit pas tabler sur une forte relance de l'économie nord-américaine en 2002. L'excédent de capacité de production (le taux d'utilisation de la capacité de production n'est que de 75 % environ) rend impossible à court terme un retour en force des dépenses d'investissement des entreprises. Il faudra attendre encore quelques trimestres pour que cet excédent s'amenuise et revienne à un niveau plus acceptable (Il le sera lorsque le taux d'utilisation de la capacité repassera le cap du 80 %). Chose qui surviendra alors que la relance actuelle sera soutenue par les faibles taux d'intérêt, une création d'emplois plus dynamique et la hausse des dépenses gouvernementales.
Donc: pas de double dip en vue à moins d'un grave accident de parcours.
Les lecteurs qui désirent poser des questions à notre chroniqueur peuvent lui écrire à l'adresse suivante: claude.chiasson@globetrotter.net.
On peut retrouver cette chronique sur le site www.globetrotter.net.
Une crainte renforcée la semaine dernière par la divulgation du taux de chômage aux États-Unis. Au lieu de descendre comme plusieurs s'y attendaient, il a au contraire grimpé à 6 % en avril contre 5,7 % pour le mois précédent. Déjà l'économie s'essouffle, ont vite conclu certains experts.
Certes, la hausse du taux de chômage confirme ce scénario voulant que la croissance de l'économie nord-américaine soit anémique en 2002. Toutefois, de là à croire qu'elle tombera en récession, il y a un pas à ne pas franchir. Car les probabilités d'un tel scénario demeurent faibles. D'abord parce que, si le taux de chômage a grimpé au sud de notre frontière, c'est essentiellement à cause de 500 000 nouveaux arrivants à la recherche d'un emploi qui se sont ajoutés à la population active. Si la population active à la recherche d'un emploi augmente de la sorte, c'est que les espoirs d'en trouver un sont maintenant plus élevés. La hausse de la population active indique donc que le contexte général de l'emploi s'est amélioré et non détérioré.
Par ailleurs, plusieurs facteurs militent en faveur de la croissance, bien que faible, de l'économie. D'abord parce que la reprise amorcée au premier trimestre (reprise basée surtout sur le redressement des stocks) de 5,8 % (sur une base annuelle) du PIB américain est conforme à celles enregistrées par le passé à la sortie de tels ralentissements. Ensuite, tout indique que le consommateur américain répond très positivement aux faibles taux d'intérêt. Les mises en chantier qui demeurent à des niveaux très élevés ainsi que les ventes d'automobiles qui surclassent toutes les attentes en sont une preuve flagrante.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que nous sommes maintenant dans cette phase du cycle où la croissance économique repose essentiellement sur la croissance du revenu disponible. Or ce dernier affiche toujours une solide progression. Au cours des deux derniers mois, il a enregistré des hausses mensuelles consécutives de 0,6 % et de 0,4 % qui sont fort respectables.
Dans l'une de ses récentes lettres sur l'économie, Clément Gignac, le stratège et économiste en chef de la Financière Banque Nationale, énumère d'autres facteurs de nature à renforcer la relance actuelle de nos économies. L'un d'eux et non le moindre: les analystes ont commencé à réviser leurs prévisions de bénéfices à la hausse. Forte poussée de la productivité et hausse des prix industriels contribueront à accroître les marges d'exploitation. Cela est particulièrement vrai pour les secteurs cycliques comme l'a fait valoir le stratège de la Financière Banque Nationale. Les firmes de ces secteurs n'ont pas eu l'accès facile aux capitaux comme ce fut le cas pour les firmes de haute technologie et de télécommunications. Aussi sortent-elles d'une longue période de consolidation. C'est le cas notamment des firmes des secteurs des mines et métaux, des produits forestiers, de la pétrochimie, du ciment et de la sidérurgie. Ces entreprises sont dorénavant bien placées pour décréter des hausses de prix de leurs produits.
Bien sûr, on ne doit pas tabler sur une forte relance de l'économie nord-américaine en 2002. L'excédent de capacité de production (le taux d'utilisation de la capacité de production n'est que de 75 % environ) rend impossible à court terme un retour en force des dépenses d'investissement des entreprises. Il faudra attendre encore quelques trimestres pour que cet excédent s'amenuise et revienne à un niveau plus acceptable (Il le sera lorsque le taux d'utilisation de la capacité repassera le cap du 80 %). Chose qui surviendra alors que la relance actuelle sera soutenue par les faibles taux d'intérêt, une création d'emplois plus dynamique et la hausse des dépenses gouvernementales.
Donc: pas de double dip en vue à moins d'un grave accident de parcours.
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