Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Chronique

    Vos finances - Pour plus de femmes dans les C.A.

    L’OIRPC en fera un cheval de bataille. Le plus important régime de retraite au Canada selon l’actif entend militer activement pour augmenter le nombre de femmes élues dans les conseils d’administration. La diversité entraîne de meilleures décisions d’affaires, dit l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada. Et génère de meilleurs rendements, aurait-il pu ajouter.

     

    « C’est une haute priorité pour nous », a déclaré le chef de la direction Mark Machin lors d’un entretien à La Presse canadienne suivant la publication des résultats du deuxième trimestre de l’OIRPC.

     

    Il faut dire que la présence des femmes au sein des conseils et dans la haute direction avance à pas de tortue au Canada. Les autorités en valeurs mobilières ont adopté des mesures relatives à l’information sur la représentation féminine aux conseils d’administration et à la haute direction des entreprises inscrites en Bourse, en vigueur depuis le 31 décembre 2014. L’approche retient la formule « se conformer ou s’expliquer ». Dans leur dernier bilan, après trois ans, on constate que, chez les entreprises inscrites en Bourse, le pourcentage total des postes d’administrateur occupés par des femmes est passé de 11 % la première année à 14 %. Pour sa part, le pourcentage d’émetteurs comptant au moins une femme à la haute direction passe de 60 % la première année à 62 %.

     

    « Nous croyons que la diversité favorise la prise de meilleures décisions et je crois qu’une quantité croissante de preuves académiques et pratiques mènent à cette [conclusion] », souligne l’OIRPC. Le gestionnaire aurait également pu parler de rendements accrus pour les entreprises inscrites en Bourse. Voici un petit survol, à ne pas trop prendre trop au sérieux.

     

    Revenons à cette étude européenne, dévoilée en 2008, soulignant que les entreprises dirigées par des équipes mixtes ont comptabilisé entre 2003 et 2005 un résultat d’exploitation moyen supérieur de près de 50 % à celui des entreprises de leur secteur dirigées par des hommes seulement. Le rendement moyen sur fonds propres a été de 10 % supérieur et cette direction mixte a offert à ses actionnaires un taux de rendement de 34 % supérieur.

     

    Des études un peu plus récentes pointent dans la même direction. Dans son rapport publié en 2007, le cabinet-conseil McKinsey & Company concluait que les entreprises européennes ayant la plus forte mixité dans les postes de direction ont enregistré, de « façon incontestable », de meilleures performances en matière de rentabilité financière, de résultat d’exploitation et de croissance boursière sur la période 2003-2007, peut-on lire dans Le Figaro.

     

    Croissance accrue

     

    Une autre firme-conseil, Women Equity, a passé au crible quelque 40 000 PME. Celles dirigées par des femmes sont plus nombreuses à connaître une croissance de leur chiffre d’affaires sur l’année 2013, soit 70 % contre 67 % pour celles dirigées par des hommes (pour des PME de tailles semblables). Sans référence à la taille de l’entreprise, le cabinet Global Contact disait que les équipes dirigeantes mixtes affichaient des résultats de 23 % supérieurs aux équipes composées uniquement d’hommes en 2016, et ce, à l’échelle mondiale. Mais ces deux observations ne couvrent qu’une année.

     

    Selon une lecture publiée par Crédit Suisse en 2014, les entreprises comptant le plus de femmes au sein de leur conseil d’administration ou de leur haute direction affichent de meilleures performances tant dans la capitalisation boursière que dans l’évolution du versement en dividendes. Le rendement sur fonds propres s’est accru de 14,1 % entre 2005 et 2014 pour les entreprises comptant au moins une femme au sein de leur conseil, contre 11,2 % pour les conseils uniquement masculins. Sur la même période, le dividende avait augmenté, en moyenne, de 38 % dans le premier cas, de 32 % dans le second. L’étude de Crédit Suisse couvrait 3000 entreprises réparties dans une quarantaine de pays et couvrant tous les grands secteurs économiques.

     

    Cet écart se vérifie sur une base plus individuelle. Face à leurs finances personnelles, la finance comportementale a déjà fait ressortir que les femmes sont moins spéculatrices en matière d’investissement. Cette meilleure gestion du risque de leur part se traduit par des rendements plus réguliers et explique pourquoi, à long terme, elles ont réalisé des gains boursiers supérieurs de 2 % à ceux des hommes.

     

    Quand on sait tout l’impact du jeu des rendements composés…













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.