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    Chronique

    Vos finances: mélange des genres dans les fonds d’investissement

    Les pressions à la baisse sur les frais forcent l’industrie des fonds d’investissement à réinventer la formule. Les uns empruntent parfois au modèle des autres, et vice versa.

     

    Dernière nouveauté, l’industrie des fonds d’investissement frapperait à la porte des frais de gestion variables, liés à la performance. Empruntant à la formule des fonds alternatifs, mais sans frais minimums, les promoteurs pensent que l’investisseur est prêt à payer pour l’« alpha » selon une approche ascenseur liée à l’écart de performance avec l’indice de référence. Le pari est d’autant plus risqué que la gestion active a toujours mauvaise presse et que les marchés sont à leur sommet historique. Mais bon…

     

    Dans sa dernière édition, le journal spécialisé Finance et investissement indique que, fin juin, le géant américain AllianceBernstein a mis en marché AB FlexFee. Si la performance du fonds d’actions américaines AB FlexFee ne dépasse pas celle du S&P 500, les frais s’établiront à 0,1 %. Si les rendements dépassent l’indice d’au moins 140 points de base, les frais atteindront 0,6 %. Et s’ils le surclassent d’au moins 280 points de base, ils seront d’au plus 1,1 %. Le géant américain, coiffant un actif sous gestion de 515 milliards, affirme craindre de plus en plus la poussée des fonds négociés en Bourse (FNB) qui, avec leur gestion passive ou indicielle, apporte à l’investisseur performance et frais minimes, établis à une fraction des frais sur les fonds d’investissement traditionnels.

     

    Fidelity International, avec ses 258 milliards d’actif sous gestion, est entré dans la danse en octobre, ajoute le mensuel. « Nous nous éloignons d’un modèle de tarification forfaitaire en raison des attentes des clients et des autorités réglementaires », a déclaré la direction du manufacturier de fonds d’investissement.

     

    Les pressions sont similaires ici, tant sur l’abaissement des frais que sur les enjeux réglementaires. Mais l’on se contente, ici, d’observer ce qui se passe au sud de la frontière et de prendre des notes.

     

    Les FNB traversent la ligne

     

    Les FNB aussi traversent la ligne. Ils sont de plus en plus nombreux à ne pas se limiter à reproduire un portefeuille ou un indice et à s’ouvrir à une approche plus stratégique. Là également les attentes consistent à ne pas reproduire, mais plutôt à surpasser la performance d’un secteur ou d’un indice de référence.

     

    Les FNB à gestion active peuvent compter aujourd’hui pour le quart de l’industrie canadienne des FNB, pour 15 % selon l’actif sous gestion. Leur approche est généralement plus défensive, l’accent étant mis sur la protection du rendement contre la volatilité. Une particularité que l’on retrouve aussi chez les hedge funds, ou fonds dits alternatifs, qui se nourrissent généralement de cette volatilité.

     

    Ces FNB commandent évidemment des frais plus élevés venant altérer le rendement à long terme. Selon les manufacturiers et la stratégie appliquée, les frais peuvent varier de 0,3 à 0,8 % en gestion active, un écart passant du simple au double par rapport à un FNB indiciel comparable. Les coûts peuvent même être multipliés par cinq chez les FNB à bêta intelligent ou à faible volatilité et par dix dans la catégorie des titres à revenu fixe. Un différentiel que le gestionnaire de fonds va vouloir justifier par un rendement potentiellement accru, a-t-on pu lire dans le magazine spécialisé Conseiller. À quand un FNB à gestion active à frais variables ?

     

    Le mois dernier, l’Institut canadien des fonds d’investissement publiait les résultats de l’étude de Strategic Insight faisant ressortir une diminution plus accélérée des frais des fonds communs de placement au Canada au cours des dernières années. Le coût des fonds à gestion active pour les investisseurs qui bénéficient de conseils — 80 % de l’actif sous gestion de l’industrie entre dans cette catégorie — s’est replié de six points de base de 2014 à la fin de 2016. Pour ces investisseurs, le coût total atteint les 2,14 %. Encore du travail à faire !

     

    D’autant que l’éternel débat entre l’indiciel ou gestion passive et la gestion active persiste, un débat évidemment teinté par ce long cycle haussier en Bourse. Une comparaison toutefois plus brouillée au Canada compte tenu du poids des pétrolières dans l’indice de référence. Mais face au S&P 500 de la Bourse de New York… L’agence de notation Moody’s concluait en décembre que, frais de gestion pris en compte, la performance de la gestion active a continué à décevoir. Ce fut plus marquant encore dans l’industrie des fonds alternatifs, dont l’indice de rendement ne parvient pas à battre le S&P 500 depuis la crise de 2008. En 2017, après neuf mois, l’indice HFRI (actions) est en hausse de près de 8 %, contre un rendement total de 14,2 % pour le S&P 500.













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