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Fonds d'investissement - Investir à l'étranger

Le contexte de reprise économique mondiale aidant, l'intérêt des investisseurs envers les pays émergents s'est accru considérablement. Le rendement des fonds spécialisés dans ce secteur a été en moyenne de 25,9 % pour 2003. Et, depuis le début de l'année, ils obtiennent une solide moyenne de près de 8,8 %, comparativement à environ 3,6 % pour le principal indice boursier canadien.

Si l'on analyse les 15 dernières années, on constate que les marchés émergents ont offert, à l'occasion, des performances vertigineuses. Pour chacune des années, 1989, 1991 et 1994, le rendement de l'indice MSCI marchés émergents a dépassé la barre des 50 %.

Cependant, les données montrent bien que les rendements positifs n'ont pas constitué la règle. Sur dix ans, l'indice MSCI marchés émergents affiche un mince rendement annualisé de 0,4 %...

Il faut comprendre que les problèmes rencontrés ont été aussi nombreux que variés: ainsi, au cours de la dernière décennie, on a assisté à une crise en Asie (1997), en Russie (1998), en Argentine (2001) ainsi qu'en Turquie (2001) et au Brésil (2002). Difficile, dans ce contexte, de justifier un investissement dans des pays aussi fragiles.

Arguments favorables

On mise surtout sur la croissance élevée des pays émergents pour attirer les investisseurs vers ces fonds spécialisés.

La globalisation des marchés a pour effet de réduire l'écart économique entre les pays développés et les nombreux pays émergents. D'après le Fonds monétaire international, la croissance des pays émergents devrait être le double de celle des pays industrialisés au cours de la présente décennie. De plus, les réformes économiques mises de l'avant dans les pays émergents contribueront à la création d'un environnement davantage propice à l'investissement.

Un exemple probant: celui de la Chine. En effet, son PIB devrait surpasser celui des États-Unis aux alentours de 2020, selon les prévisions de la Banque mondiale.

Et, c'est toute la région asiatique qui profitera de la croissance chinoise. Selon The Economist, la Thaïlande, la Malaisie et l'Indonésie connaîtront des croissances respectives de 6,6 %, 5,7 % et 4,6 % pour 2004. Des niveaux, il va sans dire, beaucoup plus élevés que ceux prévus pour le Canada, les États-Unis, l'Europe ou le Japon.

Les investisseurs sont de plus en plus attirés vers les pays en émergence non seulement en raison de leur forte croissance, mais également des valorisations attrayantes. En d'autres termes, vous êtes en mesure de payer moins cher pour investir dans une entreprise pouvant se rapprocher de ce que vous retrouvez sur les Bourses canadiennes.

Deux fonds d'intérêt

Parmi les fonds spécialisés dans les pays émergents, celui de la firme Brandes retient particulièrement mon attention. Pour ceux qui ne connaissent pas cette firme, sachez qu'elle existe depuis 1974 et que son actif sous gestion atteint pas moins de

75 milliards $US. Le succès de cette firme de San Diego tient aux excellents rendements à long terme générés par sa gestion d'approche valeur.

Le fonds Brandes actions pays émergents a été créé en juillet 2002. Sur un an, il obtient le meilleur rendement de sa catégorie: 62,5 %. Le fonds devrait contenir, en moyenne, entre 45 et 75 titres. Quant à la période de détention des titres, elle se maintiendra entre trois et cinq ans, confirmant ainsi l'application d'une véritable gestion valeur issue des enseignements de Benjamin Graham et de David Dodd.

Les frais de gestion, généralement élevés pour ce genre de placement, sont raisonnables pour le fonds de Brandes: 2,7 %.

Un autre fonds à ne pas oublier: le Templeton marchés émergents, géré par Mark Mobius. M. Mobius est reconnu comme l'un des meilleurs gestionnaires dans le domaine. Il est notamment l'auteur de quelques très bons ouvrages sur le placement. Malheureusement, les frais de gestion trop élevés de 4,07 % affectent les résultats du fonds.

Il est certain que l'investissement dans les pays émergents continuera à amener son lot de risques supplémentaires. Certains manques vont persister, notamment du côté de la transparence financière, du respect des brevets, de la corruption et des interventions non appropriées du secteur politique. Ces risques, les gestionnaires peuvent les réduire et non pas les éliminer... L'investisseur conservateur pourrait jeter un coup d'oeil du côté des fonds internationaux, où la pondération dans les pays émergents est moins importante.

questions@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
 
 
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