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    Vos finances

    Cette bulle techno qui refuse toujours d’éclater

    Le spectre de la bulle des valeurs technologiques a la vie dure, et les stigmates de son éclatement en 2000 demeurent toujours bien ressentis. Or, l’univers des technos n’est plus le même 17 ans plus tard.

     

    On croyait le temps venu, le 9 juin dernier. Le segment Technologie du S&P 500 reculait de 2,7 % pour encaisser sa plus grosse perte en séance cette année. Le recul s’est poursuivi le lundi suivant, de moindre ampleur. Cette expression de faiblesse n’aura été, finalement, qu’un épisode de prise de profits comme tant d’autres. Cet indice sectoriel est en hausse de quelque 17 % depuis le début de l’année, doublant la progression de l’indice plus large du S&P 500.

     

    La composante Technologique explique une part importante du S&P 500, qui atteint les 2433 points. Dire qu’en décembre dernier nombre d’analystes voyaient cet indice de référence de Wall Street terminer 2017 à 2300-2350 points. Évidemment, une correction est toujours une potentialité. D’autant plus qu’il est désormais acquis que le gonflement des valeurs technologiques est insoutenable, même si cette fièvre spéculative n’est pas irrationnelle, a déjà écrit Bank of America Merrill Lynch dans une note à ses clients. L’institution avait ajouté que, si le S&P 500 touche les 2630, le rapport entre la capitalisation boursière mondiale et le PIB mondial dépassera les sommets enregistrés en 1999 et 2007, qui dans les deux cas avaient précédé une correction sévère de l’indice.

     

    Si l’on parle de « techmania », la comparaison avec la bulle de 2000 tient difficilement. D’autant que le sommet des valeurs technologiques atteint en mars 2000 a été suivi d’une série de secousses, avec la faillite de géants comme Nortel, la déconfiture de la fusion AOL-Time Warner et les attaques terroristes de septembre 2001. Sur le plan boursier, Bank of America rappelait que le ratio cours-bénéfice de l’indice Technologie du MSCI mondial est à 18 fois, loin des 50 fois observées avant l’éclatement de la bulle. Pour le S&P 500, l’indice sectoriel multiplie les bénéfices par 21 aujourd’hui, ce ratio touchant les 68 lors de l’éclatement. Dans un texte de l’Associated Press, il est indiqué que les investisseurs évaluent présentement les titres de ce secteur à 5000 milliards $US. Corrigée de l’inflation, cette valeur atteignait l’équivalent de 6400 milliards en mars 2000. Toujours sur la même base et selon l’agence, les trois géants « techno » de 2000, soit Microsoft, Cisco et Intel, cumulaient alors des revenus de 113 milliards. Aujourd’hui, Apple à elle seule en dégage le double.

     

    Profits au rendez-vous

     

    Et les entreprises de ce secteur font généralement des profits, de gros profits. Alors qu’il y a 17 ans les analystes tentaient encore de déterminer comment le modèle d’affaires de la plupart d’entre elles allait faire ses frais. La croissance moyenne attendue de leurs bénéfices cette année oscille entre 13 et 16 %, soit une progression supérieure à celle prévue pour le S&P 500 dans son ensemble.

     

    « Le secteur livre aujourd’hui la marchandise que l’on attendait de lui durant la bulle », a résumé un analyste dans un texte de l’Associated Press. Et désormais, l’on s’attend à ce que la montée de l’automatisation, de l’intelligence artificielle et de l’Internet des objets modifie en profondeur la nature et la structure du travail au cours des 25 prochaines années.

     

    Cela dit, et au-delà du potentiel à long terme, il est devenu évident que « nous sommes dans les premières phases d’une surchauffe des marchés selon la valorisation, le mouvement des liquidités et le lien entre le marché des actions et celui des obligations », écrivait Bank of America dans sa note.

     

    Sans compter que le mouvement de hausse des taux déclenché par la Réserve fédérale américaine, combiné au début de réduction de son bilan quelque part cette année, pourrait brasser les cartes. La Fed a commandé une deuxième hausse cette année — une troisième depuis les élections — de son taux directeur. Elle prévoit toujours une autre augmentation cette année, et trois en 2018.













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