Vos placements: Sauvé par le pétrole
En cette période de mondialisation, l'industrie manufacturière nord-américaine subit de fortes pressions déflationnistes. Heureusement, au Canada, nous pouvons compter sur notre secteur des ressources. La mondialisation se traduit par l'émergence de nouvelles grandes économies dont, en particulier, la Chine. De nouvelles économies de plus en plus gourmandes en matière de ressources naturelles dont le pétrole.
Or, le Canada est l'un des rares pays au monde à afficher une croissance de sa production pétrolière. En 2003, notre pays a produit l'équivalent de 2,5 millions de barils par jour, soit 8,7 % de plus qu'en 2002. Cela tranche avec l'ensemble des pays producteurs non membres de l'OPEP dont la production a depuis longtemps plafonné. En fait, 60 % des 93 pays producteurs de pétrole dans le monde ont déjà amorcé leur déclin. Et, depuis la fin des années 90, 14 d'entre eux accusent un déclin équivalant à 500 000 barils par jour chaque année.
Les États-Unis, l'Angleterre, la Norvège, l'Australie, l'Inde, la Libye, l'Indonésie, le Venezuela, la Colombie sont au nombre des pays dont la production de pétrole décline.
Cette croissance de sa production, le Canada la doit à ses gisements en haute mer et surtout à ses sables bitumineux. Des réserves estimées à 175 milliards de barils. Des réserves qui deviennent de plus en plus stratégiques pour nos voisins, les Américains. Ces derniers doivent absolument réduire leur dépendance au pétrole du Moyen-Orient. D'autant que les pays membres de l'OPEP encore capables de hausser rapidement leur production, question de répondre instantanément à un rebond de la demande tout en évitant une flambée des prix, sont de plus en plus rares. Seulement trois pays producteurs ont encore cette flexibilité: l'Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats arabes. Advenant une rupture de leur production, le prix de l'or noir s'enflammera à coup sûr.
Par ailleurs, les découvertes d'importants gisements pétroliers sont devenues extrêmement rares. Conclusion: en admettant que la croissance économique mondiale se poursuive, le prix de l'or noir demeurera très élevé, probablement au-dessus de 30 $US le baril de pétrole. À ce prix, même avec ses dépassements de coûts actuels, le pétrole des sables bitumineux sera très rentable pour le Canada et il signifie des milliards de dollars d'investissement pour les Canadiens. Des Canadiens qui doivent remercier Dame nature d'avoir doté leur pays de réserves de pétrole non négligeables. Car sans le pétrole...
Sans le pétrole
Sans le pétrole et son prix plus élevé, nos exportations se portent plutôt mal, comme en font foi les plus récentes statistiques sur nos exportations et importations. Les premières ont reculé de 4,7 % en janvier; les secondes, de 5 %. Le seul secteur de l'automobile a vu la valeur de ses exportations plonger de 11,5 %.
En volume, le déclin de nos exportations est encore plus prononcé à 5,6 %. Un déclin généralisé à tous les secteurs sauf un, l'énergie. La valeur totale de nos exportations, en reculant à 31,8 milliards de dollars en janvier dernier, se retrouve au niveau d'octobre 1999.
En fait, en excluant l'énergie, la valeur de nos exportations a presque sans cesse reculé depuis dix mois. Une tendance assez surprenante qui, normalement, ne survient que lorsque les États-Unis sont en récession ce qui n'est pas le cas.
Si on ajoute à cela une économie interne chancelante (faible croissance des ventes au détail, faible création d'emplois, faible croissance du PIB en 2003) et des pressions déflationnistes persistantes — jamais a-t-on vu une faiblesse généralisée des prix se manifester à la fois au niveau des importations, des exportations, des prix à la production et de l'indice de base des prix à la consommation —, l'économie canadienne inquiète.
C'est pourquoi la Banque du Canada n'a pas d'autre choix que d'abaisser son taux directeur. Depuis juillet dernier, elle l'a fait passer de plus de 3 % à 2,25 %. Et, elle devra encore le réduire, question d'empêcher notre devise de s'apprécier sur le marché des devises. Car, une bonne partie de ses maux actuels, le Canada le doit à la montée vertigineuse de sa devise survenue depuis un an.
cchiasson@proplacement.qc.ca
Or, le Canada est l'un des rares pays au monde à afficher une croissance de sa production pétrolière. En 2003, notre pays a produit l'équivalent de 2,5 millions de barils par jour, soit 8,7 % de plus qu'en 2002. Cela tranche avec l'ensemble des pays producteurs non membres de l'OPEP dont la production a depuis longtemps plafonné. En fait, 60 % des 93 pays producteurs de pétrole dans le monde ont déjà amorcé leur déclin. Et, depuis la fin des années 90, 14 d'entre eux accusent un déclin équivalant à 500 000 barils par jour chaque année.
Les États-Unis, l'Angleterre, la Norvège, l'Australie, l'Inde, la Libye, l'Indonésie, le Venezuela, la Colombie sont au nombre des pays dont la production de pétrole décline.
Cette croissance de sa production, le Canada la doit à ses gisements en haute mer et surtout à ses sables bitumineux. Des réserves estimées à 175 milliards de barils. Des réserves qui deviennent de plus en plus stratégiques pour nos voisins, les Américains. Ces derniers doivent absolument réduire leur dépendance au pétrole du Moyen-Orient. D'autant que les pays membres de l'OPEP encore capables de hausser rapidement leur production, question de répondre instantanément à un rebond de la demande tout en évitant une flambée des prix, sont de plus en plus rares. Seulement trois pays producteurs ont encore cette flexibilité: l'Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats arabes. Advenant une rupture de leur production, le prix de l'or noir s'enflammera à coup sûr.
Par ailleurs, les découvertes d'importants gisements pétroliers sont devenues extrêmement rares. Conclusion: en admettant que la croissance économique mondiale se poursuive, le prix de l'or noir demeurera très élevé, probablement au-dessus de 30 $US le baril de pétrole. À ce prix, même avec ses dépassements de coûts actuels, le pétrole des sables bitumineux sera très rentable pour le Canada et il signifie des milliards de dollars d'investissement pour les Canadiens. Des Canadiens qui doivent remercier Dame nature d'avoir doté leur pays de réserves de pétrole non négligeables. Car sans le pétrole...
Sans le pétrole
Sans le pétrole et son prix plus élevé, nos exportations se portent plutôt mal, comme en font foi les plus récentes statistiques sur nos exportations et importations. Les premières ont reculé de 4,7 % en janvier; les secondes, de 5 %. Le seul secteur de l'automobile a vu la valeur de ses exportations plonger de 11,5 %.
En volume, le déclin de nos exportations est encore plus prononcé à 5,6 %. Un déclin généralisé à tous les secteurs sauf un, l'énergie. La valeur totale de nos exportations, en reculant à 31,8 milliards de dollars en janvier dernier, se retrouve au niveau d'octobre 1999.
En fait, en excluant l'énergie, la valeur de nos exportations a presque sans cesse reculé depuis dix mois. Une tendance assez surprenante qui, normalement, ne survient que lorsque les États-Unis sont en récession ce qui n'est pas le cas.
Si on ajoute à cela une économie interne chancelante (faible croissance des ventes au détail, faible création d'emplois, faible croissance du PIB en 2003) et des pressions déflationnistes persistantes — jamais a-t-on vu une faiblesse généralisée des prix se manifester à la fois au niveau des importations, des exportations, des prix à la production et de l'indice de base des prix à la consommation —, l'économie canadienne inquiète.
C'est pourquoi la Banque du Canada n'a pas d'autre choix que d'abaisser son taux directeur. Depuis juillet dernier, elle l'a fait passer de plus de 3 % à 2,25 %. Et, elle devra encore le réduire, question d'empêcher notre devise de s'apprécier sur le marché des devises. Car, une bonne partie de ses maux actuels, le Canada le doit à la montée vertigineuse de sa devise survenue depuis un an.
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