Fonds d’investissement: Les obligations sont encore utiles
L’amélioration des conditions économiques, particulièrement aux États-Unis, a nettement ralenti les ardeurs du secteur obligataire. Plusieurs investisseurs se demandent s’il est maintenant temps d’éviter les fonds d’obligations dans ce contexte de taux d’intérêt bas. Tout à fait logique? Pas autant qu’on aimerait le croire...
Tout d’abord, l’apport des obligations pour assurer la diversification est indéniable. Se départir ou réduire la partie obligataire de son portefeuille sous le seul prétexte d’une perception d’augmentation de taux d’intérêt serait une grave erreur: l’incertitude économique et financière dans laquelle nous évoluons toujours nous en empêche.
De plus, les données passées indiquent clairement que les obligations sont porteuses de stabilité. La pire période du secteur obligataire canadien est survenue au premier trimestre 1994 avec une perte de 11,1 %, rien de comparable avec le recul boursier que nous avons récemment connu... Or, le temps nécessaire pour récupérer cette perte obligataire n’a été que de 15 mois. Jeff Moore, gestionnaire de portefeuille chez Fidelity, souligne qu’il est pratiquement impossible de trouver trois années consécutives où le rendement des obligations s’est avéré négatif au sein du G7. Cette situation ne se serait produite qu’une seule fois au Canada au cours des 100 dernières années.
Si une augmentation de taux se concrétise au Canada ou aux États-Unis, elle risque fort bien de se faire de façon graduelle. De plus, la probabilité de voir une augmentation rapide et prononcée des taux est plutôt improbable dans le contexte actuel. L’inflation, facteur principal pour la politique monétaire, demeure maîtrisée tant au Canada qu’aux États-Unis. Et au pays, la Banque du Canada tente tant bien que mal de tenir en échec les effets d’un dollar canadien fort en abaissant les taux. Soulignons également le fait qu’une tendance de près de 20 ans dans la direction des taux, ça ne se change pas du jour au lendemain. Les investisseurs peuvent donc garder confiance dans ce secteur.
Fonds ou obligations?
Nombreux sont les investisseurs qui se demandent quels sont les avantages de détenir un fonds d’obligations. En fait, les fonds d’obligations possèdent plusieurs atouts qui les rendent souvent supérieurs à la détention directe d’obligations.
Comme pour tous les autres types de fonds communs de placement, l’accessibilité constitue l’un des principaux attraits des fonds d’obligations. Plus de 400 fonds d’obligations sont offerts aux investisseurs canadiens, et il est possible d’y investir vos épargnes pour aussi peu que 200 $.
En possédant un fonds, l’investisseur s’épargne tout le travail qu’exige la gestion d’un portefeuille composé d’obligations. C’est un professionnel qui s’occupe de la gestion. Pas besoin de faire la lecture des prospectus, d’évaluer le risque, de réinvestir les intérêts et de mettre en place une gestion active efficace.
Un autre avantage, et il peut vous sembler étonnant, est relatif aux frais. D’une part, les frais exigés par les fonds sont clairement établis tandis que ceux rattachés à l’achat individuel d’obligations ne sont pas toujours évidents à déterminer au moment de l’achat. De plus, les coûts engendrés par la détention directe d’une obligation peuvent s’avérer élevés, surtout pour ceux qui investissent des montants inférieurs à 10 000 $.
Des suggestions
Les fonds d’obligations à haut rendement, composés d’obligations d’entreprises, sont toujours en mesure d’offrir de bonnes performances. La raison? Au fur et à mesure que l’économie prendra de la vigueur, la qualité des sociétés émettrices devrait s’accroître, ce qui aura un effet bénéfique sur le prix de ces titres à revenus fixes. Pour les investisseurs désireux de participer à ce segment du marché tout en ne voulant pas trop prendre de risques, certains fonds, entre autres le Fidelity obligations canadiennes géré par Jeff Moore, permettent d’accéder à la fois aux obligations gouvernementales et aux obligations à haut rendement. Le fonds a obtenu un rendement annualisé de 6,9 % pour les trois dernières années.
Pour les plus prudents, ma suggestion s’arrête encore une fois sur FISQ. Les deux produits proposés par cette firme établie au Québec sont FISQ municipal–profil Québec et FISQ zéro coupon–profil Québec. Ces fonds obtiennent des rendements annualisés respectifs sur quatre ans de 7 % et de 8,7 %. L’actif est investi principalement dans des titres de municipalités, du gouvernement et d’organismes gouvernementaux québécois. Je suggère de combiner ces deux fonds qui se complètent plutôt bien.
questions@avantages.com
L'auteur est conseiller en placement et président de la société de courtage Avantages Services Financiers.
Tout d’abord, l’apport des obligations pour assurer la diversification est indéniable. Se départir ou réduire la partie obligataire de son portefeuille sous le seul prétexte d’une perception d’augmentation de taux d’intérêt serait une grave erreur: l’incertitude économique et financière dans laquelle nous évoluons toujours nous en empêche.
De plus, les données passées indiquent clairement que les obligations sont porteuses de stabilité. La pire période du secteur obligataire canadien est survenue au premier trimestre 1994 avec une perte de 11,1 %, rien de comparable avec le recul boursier que nous avons récemment connu... Or, le temps nécessaire pour récupérer cette perte obligataire n’a été que de 15 mois. Jeff Moore, gestionnaire de portefeuille chez Fidelity, souligne qu’il est pratiquement impossible de trouver trois années consécutives où le rendement des obligations s’est avéré négatif au sein du G7. Cette situation ne se serait produite qu’une seule fois au Canada au cours des 100 dernières années.
Si une augmentation de taux se concrétise au Canada ou aux États-Unis, elle risque fort bien de se faire de façon graduelle. De plus, la probabilité de voir une augmentation rapide et prononcée des taux est plutôt improbable dans le contexte actuel. L’inflation, facteur principal pour la politique monétaire, demeure maîtrisée tant au Canada qu’aux États-Unis. Et au pays, la Banque du Canada tente tant bien que mal de tenir en échec les effets d’un dollar canadien fort en abaissant les taux. Soulignons également le fait qu’une tendance de près de 20 ans dans la direction des taux, ça ne se change pas du jour au lendemain. Les investisseurs peuvent donc garder confiance dans ce secteur.
Fonds ou obligations?
Nombreux sont les investisseurs qui se demandent quels sont les avantages de détenir un fonds d’obligations. En fait, les fonds d’obligations possèdent plusieurs atouts qui les rendent souvent supérieurs à la détention directe d’obligations.
Comme pour tous les autres types de fonds communs de placement, l’accessibilité constitue l’un des principaux attraits des fonds d’obligations. Plus de 400 fonds d’obligations sont offerts aux investisseurs canadiens, et il est possible d’y investir vos épargnes pour aussi peu que 200 $.
En possédant un fonds, l’investisseur s’épargne tout le travail qu’exige la gestion d’un portefeuille composé d’obligations. C’est un professionnel qui s’occupe de la gestion. Pas besoin de faire la lecture des prospectus, d’évaluer le risque, de réinvestir les intérêts et de mettre en place une gestion active efficace.
Un autre avantage, et il peut vous sembler étonnant, est relatif aux frais. D’une part, les frais exigés par les fonds sont clairement établis tandis que ceux rattachés à l’achat individuel d’obligations ne sont pas toujours évidents à déterminer au moment de l’achat. De plus, les coûts engendrés par la détention directe d’une obligation peuvent s’avérer élevés, surtout pour ceux qui investissent des montants inférieurs à 10 000 $.
Des suggestions
Les fonds d’obligations à haut rendement, composés d’obligations d’entreprises, sont toujours en mesure d’offrir de bonnes performances. La raison? Au fur et à mesure que l’économie prendra de la vigueur, la qualité des sociétés émettrices devrait s’accroître, ce qui aura un effet bénéfique sur le prix de ces titres à revenus fixes. Pour les investisseurs désireux de participer à ce segment du marché tout en ne voulant pas trop prendre de risques, certains fonds, entre autres le Fidelity obligations canadiennes géré par Jeff Moore, permettent d’accéder à la fois aux obligations gouvernementales et aux obligations à haut rendement. Le fonds a obtenu un rendement annualisé de 6,9 % pour les trois dernières années.
Pour les plus prudents, ma suggestion s’arrête encore une fois sur FISQ. Les deux produits proposés par cette firme établie au Québec sont FISQ municipal–profil Québec et FISQ zéro coupon–profil Québec. Ces fonds obtiennent des rendements annualisés respectifs sur quatre ans de 7 % et de 8,7 %. L’actif est investi principalement dans des titres de municipalités, du gouvernement et d’organismes gouvernementaux québécois. Je suggère de combiner ces deux fonds qui se complètent plutôt bien.
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L'auteur est conseiller en placement et président de la société de courtage Avantages Services Financiers.
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