Fonds d'investissement: Le placement en trois temps
Même si prédire l'avenir a toujours été une «science» réservée à une élite suspecte (druides, gourous, voyants, etc.), il reste que, dans le domaine financier, certaines pistes peuvent aider l'investisseur à suivre les différents courants de l'économie et à améliorer, dans certains cas, le rendement final de son portefeuille.
Au cours des années 80 et 90, le vieillissement des baby-boomers était un thème fréquemment abordé. Les titres boursiers qui pouvaient être en mesure de profiter de cette tendance, ceux du secteur de la santé par exemple, étaient qualifiés de «très prometteurs» par le simple fait qu'ils allaient bénéficier directement des dépenses d'une population vieillissante imposante.
Aujourd'hui, c'est la croissance spectaculaire de la Chine qui retient l'attention. Avec 1,29 milliard d'habitants, soit 250 millions de plus que le deuxième pays le plus populeux, les yeux des investisseurs sont rivés sur ce pays. Évidemment, malgré les nombreuses analyses sérieuses très documentées et fort valables, investir dans secteurs qualifiés «d'avenir» comporte des risques très importants qui très rarement valent la peine qu'on les prenne.
Mais l'humain étant ce qu'il est, son excitation à croire qu'il pourra anticiper l'avenir demeure une grande préoccupation. Il est important de souligner que je ne suis pas un adepte de cette pratique et qu'au contraire il a toujours été plus facile et rentable de se laisser porter par le vent que d'y s'opposer, mais comme humain la satisfaction que pourrait apporter une petite réussite prédictive, si petite soit-elle, n'est pas dépourvue d'intérêt. Et, tant qu'à s'amuser à deviner quelle sera la prochaine combinaison gagnante de la loterie, autant travailler à prédire l'avenir: la mise de fonds ne devrait pas s'envoler en fumée...
Le passé
Trois secteurs particuliers ont attiré mon attention au cours des dernières années : les ressources naturelles, les obligations et les fiducies de revenu. Ces trois secteurs ont connu des rendements nettement au-dessus de leur moyenne historique pendant cette période. Les fonds du secteur des ressources naturelles ont montré un rendement annualisé de 29,5 % sur un an, alors que sur une période de 15 ans, le rendement annualisé a été de 7,5 %.
Le secteur obligataire a pour sa part connu une hausse importante des rendements à la suite de la longue baisse des taux d'intérêt que l'on connaît depuis 1982, mais il y a là danger. Et que dire du secteur des fiducies de revenus, dont on sent également le danger en raison de l'éventuel retournement des taux d'intérêt?
Ces trois secteurs vont tôt ou tard connaître une baisse importante pour finalement procurer à l'investisseur un rendement qui s'approchera de leur moyenne historique. Ces secteurs ne sont peut-être pas à fuir, mais n'augmentez pas vos pondérations. N'achetez pas les rendements passés.
Le présent
Le marché des actions canadiennes montre, depuis le creux historique d'octobre 2002, une reprise intéressante et soutenue. Sur une période de 3 ans, le rendement annualisé est seulement de -1,9 %, mais la hausse est de 17,5 % pour les 12 derniers mois. Nous vivons donc actuellement un rattrapage normal qui devrait se poursuivre encore plusieurs mois. Le noeud, c'est que l'amplitude des cycles et leur durée demeurent les facteurs les plus difficiles à évaluer, mais la règle de la moyenne favorise l'investisseur. L'épargnant plus audacieux pourra assouvir ses besoins de «sensations fortes» en acquérant des unités de fonds de petites capitalisations, l'un des secteurs les plus rentables mais avec une volatilité plus élevée que les grandes capitalisations. Le rendement annualisé sur 15 ans des fonds d'actions des petites capitalisations est de 11,9 % et seulement de 4,3 % sur trois ans. Mais je demeure confiant que le secteur possède toujours un potentiel de croissance intéressant.
Le futur
Les fonds qui entrent dans cette catégorie sont à mon avis ceux qui sont actuellement les plus délaissés par les investisseurs. L'investisseur qui adhère à cette catégorie sera considéré comme de style contrarian, c'est-à-dire qu'il mise sur les secteurs les plus déprimés, ceux qui par contre recèlent les meilleures opportunités de gains. Il m'apparaît que, de façon générale, tous les fonds internationaux comportent un potentiel très important pour les prochaines années, en particulier, les fonds américains, européens et ceux d'Asie/Pacifique. Mais il est plus simple pour l'investisseur de faire l'acquisition d'un seul fonds international qui regroupe ces trois régions importantes. De plus, ce même investisseur devrait y aller d'une infime pondération quand il est question de fonds internationaux.
En fait, la même prudence est de mise par rapport à tout ce qui concerne les prédictions.
questions@avantages.com
L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
Au cours des années 80 et 90, le vieillissement des baby-boomers était un thème fréquemment abordé. Les titres boursiers qui pouvaient être en mesure de profiter de cette tendance, ceux du secteur de la santé par exemple, étaient qualifiés de «très prometteurs» par le simple fait qu'ils allaient bénéficier directement des dépenses d'une population vieillissante imposante.
Aujourd'hui, c'est la croissance spectaculaire de la Chine qui retient l'attention. Avec 1,29 milliard d'habitants, soit 250 millions de plus que le deuxième pays le plus populeux, les yeux des investisseurs sont rivés sur ce pays. Évidemment, malgré les nombreuses analyses sérieuses très documentées et fort valables, investir dans secteurs qualifiés «d'avenir» comporte des risques très importants qui très rarement valent la peine qu'on les prenne.
Mais l'humain étant ce qu'il est, son excitation à croire qu'il pourra anticiper l'avenir demeure une grande préoccupation. Il est important de souligner que je ne suis pas un adepte de cette pratique et qu'au contraire il a toujours été plus facile et rentable de se laisser porter par le vent que d'y s'opposer, mais comme humain la satisfaction que pourrait apporter une petite réussite prédictive, si petite soit-elle, n'est pas dépourvue d'intérêt. Et, tant qu'à s'amuser à deviner quelle sera la prochaine combinaison gagnante de la loterie, autant travailler à prédire l'avenir: la mise de fonds ne devrait pas s'envoler en fumée...
Le passé
Trois secteurs particuliers ont attiré mon attention au cours des dernières années : les ressources naturelles, les obligations et les fiducies de revenu. Ces trois secteurs ont connu des rendements nettement au-dessus de leur moyenne historique pendant cette période. Les fonds du secteur des ressources naturelles ont montré un rendement annualisé de 29,5 % sur un an, alors que sur une période de 15 ans, le rendement annualisé a été de 7,5 %.
Le secteur obligataire a pour sa part connu une hausse importante des rendements à la suite de la longue baisse des taux d'intérêt que l'on connaît depuis 1982, mais il y a là danger. Et que dire du secteur des fiducies de revenus, dont on sent également le danger en raison de l'éventuel retournement des taux d'intérêt?
Ces trois secteurs vont tôt ou tard connaître une baisse importante pour finalement procurer à l'investisseur un rendement qui s'approchera de leur moyenne historique. Ces secteurs ne sont peut-être pas à fuir, mais n'augmentez pas vos pondérations. N'achetez pas les rendements passés.
Le présent
Le marché des actions canadiennes montre, depuis le creux historique d'octobre 2002, une reprise intéressante et soutenue. Sur une période de 3 ans, le rendement annualisé est seulement de -1,9 %, mais la hausse est de 17,5 % pour les 12 derniers mois. Nous vivons donc actuellement un rattrapage normal qui devrait se poursuivre encore plusieurs mois. Le noeud, c'est que l'amplitude des cycles et leur durée demeurent les facteurs les plus difficiles à évaluer, mais la règle de la moyenne favorise l'investisseur. L'épargnant plus audacieux pourra assouvir ses besoins de «sensations fortes» en acquérant des unités de fonds de petites capitalisations, l'un des secteurs les plus rentables mais avec une volatilité plus élevée que les grandes capitalisations. Le rendement annualisé sur 15 ans des fonds d'actions des petites capitalisations est de 11,9 % et seulement de 4,3 % sur trois ans. Mais je demeure confiant que le secteur possède toujours un potentiel de croissance intéressant.
Le futur
Les fonds qui entrent dans cette catégorie sont à mon avis ceux qui sont actuellement les plus délaissés par les investisseurs. L'investisseur qui adhère à cette catégorie sera considéré comme de style contrarian, c'est-à-dire qu'il mise sur les secteurs les plus déprimés, ceux qui par contre recèlent les meilleures opportunités de gains. Il m'apparaît que, de façon générale, tous les fonds internationaux comportent un potentiel très important pour les prochaines années, en particulier, les fonds américains, européens et ceux d'Asie/Pacifique. Mais il est plus simple pour l'investisseur de faire l'acquisition d'un seul fonds international qui regroupe ces trois régions importantes. De plus, ce même investisseur devrait y aller d'une infime pondération quand il est question de fonds internationaux.
En fait, la même prudence est de mise par rapport à tout ce qui concerne les prédictions.
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L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
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