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    Du RAP au REEP

    Les sommes déposées dans un REER facilitent l’achat d’une maison et un retour aux études

    Tout montant retiré devra être réinvesti pour prévenir une pénalité

    8 février 2014 |Claude Lafleur | Finances personnelles
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    RAP ou REEP : dans ces deux cas, il est possible de « piger » dans un REER. Mais il faudra remettre ces montants qui auront permis d’acquérir une première résidence ou de favoriser un retour aux études.

     

    « C’est fou comment on peut se préparer une belle retraite simplement en versant 10 $ par semaine dans un REER ! », lance Carole Durand, CPA et conseillère financière. Elle cite en exemple son fils de 19 ans, qui va dès cette année commencer à cotiser à un REER. « Je lui ai expliqué qu’en ne déposant que 500 $ par année dans un REER, rendu à 60 ans, il ne le croira tout simplement pas lorsqu’il verra la somme qu’il aura accumulée. »

     

    En fait, explique la comptable, on peut raisonnablement espérer que, tous les huit à dix ans, ce montant aura doublé ; ce qui, à raison de 500 $ par année accumulés durant 40 ans, devrait constituer un montant impressionnant (mais difficilement calculable, puisque tout dépend des rendements). « Et, à 10 $ par semaine, lui ai-je dit, tu ne t’en rendras même pas compte !, a fait valoir Mme Durand à son fils. Mais tu vas te constituer un super-beau fonds de pension ! »

     

    D’après les calculs effectués par Carole Durand, quelqu’un qui mettrait 50 $ par mois dans un REER dès l’âge de 20 ans aurait accumulé, 40 ans plus tard, 36 700 $, et ce, moyennant un rendement de seulement 2 %.

     

    Tout compte fait, ce que nous propose la conseillère financière, c’est qu’il est facile de se constituer un bon fonds de retraite, même lorsque ses revenus ne sont pas très élevés ; il s’agit de commencer tôt dans la vie et de toujours faire un (petit) effort constant. Et, si on n’a pas commencé dès 19 ans, on peut très bien le faire à 30, 35 ou 40 ans (en y mettant un effort un peu plus soutenu).


    Le RAP pour acheter sa première maison

     

    Il existe en fait plusieurs stratégies pour se constituer un bel avenir financier, dont l’utilisation d’une partie des REER comme mise de fonds pour l’achat d’une première maison. On recourt alors au RAP (régime d’accès à la propriété) en faisant ce que les experts appellent « rapper ».

     

    Il faut savoir qu’il est en tout temps permis de piger dans ses REER, sans même avoir à attendre sa retraite. Toutefois, à ce moment-là, le montant qu’on retire des REER s’ajoute au revenu imposable. Si, donc, une année, les revenus personnels sont particulièrement faibles, on peut piger dans ses REER pour compenser. Toutefois, on hypothèque alors sa retraite…

     

    Par contre, le RAP permet de retirer de son REER, sans avoir à payer de l’impôt, jusqu’à 25 000 $ (50 000 $ pour un couple) en vue d’acquérir une première résidence (par « première résidence », on entend le fait de ne pas avoir été propriétaire au cours des quatre années précédentes). On doit cependant remettre ensuite dans le REER les fonds qui en ont été retirés, et ce, sur 15 ans, à raison de 1/15 par année (en commençant au plus tard le 31 décembre de la deuxième année civile qui suit le retrait, plus 60 jours).

     

    Si, par exemple, on décidait de retirer 10 000 $, 15 000 $ ou le maximum de 25 000 $ de son REER, on serait alors tenu de rembourser 337 $, 1000 $ ou encore 1667 $ par année dans les REER. Et, si on ne le fait pas une année, la somme due sera ajoutée aux revenus.

     

    Voilà qui arrive d’ailleurs assez fréquemment, rapporte Carole Durand. Lorsqu’on doit payer l’hypothèque, les taxes et les autres dépenses, il est très possible qu’on ne dispose plus d’argent pour rembourser ses REER. « Ce n’est pas la fin du monde, constate la conseillère financière. J’ai déjà fait le calcul pour quelqu’un qui rembourse son RAP ou qui le rajoute à son revenu, et l’impact n’est pas énorme. »

     

    Par contre, le fait d’emprunter dans ses REER lors de l’achat d’une propriété peut être très avantageux, constate la comptable. « Souvent, dit-elle, les gens utilisent le RAP, car cela leur permet d’avoir un bon remboursement d’impôt qui les aide à faire la mise de fonds pour leur maison ou encore acquitter les coûts de démarrage : le notaire, la taxe de bienvenue, etc. »

     

    Mme Durand estime d’ailleurs que, pour un jeune qui veut investir en vue de s’acheter une propriété, « il est toujours mieux de prendre des REER [plutôt qu’un CELI], puisque l’économie d’impôt que cela génère en retour peut être investie dans un CELI. Ça rapporte toujours plus en bout de ligne », conclut-elle. On dit qu’il vaut toujours mieux maximiser les cotisations au REER puisque, avec le remboursement reçu, on peut ensuite cotiser dans un CELI. « Si on imagine investir 5000 $ dans un REER et que le remboursement d’impôt est de 2000 $, on peut par la suite investir celui-ci dans un CELI, ce qui génère une économie de 7000 $! »

     

    Le seul avantage qu’il y aurait de cotiser dans un CELI pour acheter une maison, c’est dans le cas où il ne s’agit pas de la première maison.


    Le REEP pour financer un retour aux études

     

    De même, on peut emprunter dans ses REER pour retourner aux études. Il s’agit du Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP).

     

    Grâce au REEP, une personne ou son conjoint peut retourner aux études et retirer de son REER, sans payer d’impôt, jusqu’à 10 000 $ par année d’études (maximum de 20 000 $ pour quatre années d’études consécutives). La formation prévue doit être acquise à temps plein (10 heures ou plus par semaine), être de niveau postsecondaire et durer au moins trois mois consécutifs.

     

    Comme dans le cas du RAP, on doit cependant remettre dans son REER les montants retirés (selon un échéancier différent). Il y a en outre un certain nombre de modalités à respecter.

     

    Toutefois, de l’avis de Carole Durand, ce programme paraît plus ou moins intéressant puisqu’il y a une grande quantité de conditions à respecter. « Il me semble, dit-elle, qu’il est préférable de se doter d’un CELI, dans lequel on pourrait piger pour n’importe quelle raison, y compris pour financer les études de ses enfants, plutôt que de recourir au REEP. Remarquez que c’est là une opinion personnelle », souligne-t-elle.

     

     

    Collaborateur












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