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    Investissements

    REER, CELI ou les deux ?

    « On n’investit dans un CELI que lorsqu’on a épuisé ce qu’on peut déposer dans un REER »

    8 février 2014 |Claude Lafleur | Finances personnelles
    « Ce qui importe avant tout, c’est de préparer sa retraite — de penser à ce que seront ses revenus lorsqu’on sera âgé — et non pas seulement de réduire l’impôt. »
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir « Ce qui importe avant tout, c’est de préparer sa retraite — de penser à ce que seront ses revenus lorsqu’on sera âgé — et non pas seulement de réduire l’impôt. »
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Voici venu le temps de l’année où on nous invite à placer une partie de nos revenus afin de réduire l’impôt à payer. On nous sollicite donc de toutes parts pour investir dans un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) ou dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI). Lequel alors retenir comme formule d’investissement en vue de la retraite ?

     

    Comme le constate Carole Durand, CPA et conseillère financière depuis 20 ans, bon nombre d’entre nous font l’erreur de ne voir les divers REER ou simples CELI que comme autant de moyens de diminuer l’impôt à payer. « Ce qui importe avant tout, dit-elle, c’est de préparer sa retraite — de penser à ce que seront ses revenus lorsqu’on sera âgé — et non pas seulement de réduire l’impôt. » Or, d’après son expérience, il n’y a pas tellement de gens qui y songent. Pour preuve, rapporte-t-elle, « bien des gens ne veulent rien savoir des REER ! »

     

    Cependant, il ne faut surtout pas se fier sur les pensions publiques pour s’assurer d’une retraite confortable. Comme le relatent maints fiscalistes, les régimes publics ne prévoient que de faibles rentes pour les personnes retraitées. Ainsi, le travailleur qui prend sa retraite avec pour seuls revenus, à 65 ans, la pension de la Sécurité de la vieillesse et les prestations du Régime des rentes du Québec ne recevra qu’au mieux 18 800 $ par année. C’est dire qu’il subira probablement une baisse marquée de son niveau de vie.

     

    Aussi, conseille-t-on à tous ceux et celles qui travaillent, qu’ils ou elles soient des employés ou des travailleurs autonomes, de contribuer le plus tôt possible et tout au long de la vie active à un régime fiscalement très avantageux : le REER.

     

    Différences entre REER et CELI

     

    Le CELI étant une façon récente d’économiser de l’impôt, puisque le programme a été proposé en 2009, une certaine confusion existe entre celui-ci et un REER. Autrement dit, si on a quelques milliers de dollars à placer afin d’économiser de l’impôt, lequel choisir ? L’un ou l’autre ou un peu des deux ? Précisons d’abord les différences entre un REER et un CELI.

     

    Premièrement, les sommes qu’on place dans un REER sont déductibles de ses revenus, ce qui n’est pas le cas de ce qu’on place dans un CELI. Placer de l’argent dans un REER permet donc de réduire d’autant son revenu imposable et donc l’impôt à payer. Par exemple, si le revenu imposable est de 30 000 $ et qu’on place 5000 $ dans un REER, ce revenu imposable tombe à 25 000 $ (dans le cas où on place 5000 $ dans un CELI, le revenu imposable demeure à 30 000 $).

     

    Ce n’est que lorsqu’on retire un montant du REER que celui-ci devient imposable, ce qui n’est pas le cas d’un CELI. Les économies déposées dans un REER devant en principe être utilisées à la retraite, on paie l’impôt à ce moment-là, c’est-à-dire lorsque les revenus seront probablement moindres qu’actuellement (notons qu’on peut retirer des sommes de ses REER avant de prendre sa retraite, et celles-ci s’ajouteront alors aux revenus imposables).

     

    Dans le cas d’un REER, on parle donc d’un report d’impôt — l’impôt n’est pas éliminé — car on en retarde le paiement jusqu’à un moment de la retraite. Dans le cas du CELI, ce sont les revenus d’intérêt qui ne seront jamais imposés, d’où son appellation de « compte d’épargne libre d’impôt ».


    Le REER préférable au CELI ?

     

    De l’avis de bon nombre de fiscalistes, il est généralement préférable de placer ses économies dans un REER plutôt que dans un CELI, puisqu’on diminue d’autant ses revenus imposables. Comme le relate d’ailleurs Carole Durand : « On n’investit dans un CELI que lorsqu’on a épuisé ce qu’on peut déposer dans un REER. C’est vraiment pour ceux qui ont des liquidités en surplus. Ce que procure un CELI, c’est le fait que l’intérêt généré à l’intérieur de celui-ci est exempt d’impôt et ne sera jamais imposable, même au retrait » (alors que tout retrait d’un REER s’ajoute normalement aux revenus et est donc imposé).

     

    Il faut aussi savoir qu’on ne peut pas mettre tout l’argent qu’on veut dans un REER ou dans un CELI : il y a des maximums. Pour le REER, on a droit à un montant maximal en fonction de ses revenus. Toutefois, si, les années précédentes, on n’a pas comblé au maximum son REER, les sommes restantes sont cumulatives (les montants auxquels on a droit sont indiqués dans les relevés d’impôt).

     

    Les contributions au REER, pour être déductibles une année donnée, doivent être faites dans l’année ou dans les 60 jours suivant la fin de celle-ci. Ainsi, une contribution effectuée au plus tard le 28 février 2014 pourra être réclamée en 2013 ou en 2014.

     

    Quant au CELI, le gouvernement fédéral a instauré, le 1er janvier 2009, une nouvelle mesure afin d’encourager l’épargne. On pouvait ainsi placer 5000 $ par année dans un CELI, somme qui a été portée à 5500 $ en 2013. Comme ces contributions maximales sont cumulatives, c’est dire que quelqu’un qui n’a jamais utilisé un CELI pourrait y mettre jusqu’à 25 500 $.

     

    Par contre, attention, il ne faut pas utiliser un CELI comme un compte courant. En effet, les retraits et les dépôts réalisés durant une même année ne s’annulent pas. Ainsi, un contribuable qui aurait fait, au cours d’une même année, trois dépôts de 3000 $ suivi de trois retraits de 3000 $ serait considéré comme ayant fait des contributions de 9000 $ (alors qu’il n’avait droit qu’à 5500 $). Les contributions en trop sont sujettes à une pénalité de 1 % par mois du montant versé en trop.

     

    On ne peut pas non plus posséder deux ou trois CELI et verser dans chacun jusqu’à 5500 $. Mme Durand relate d’ailleurs le cas de l’une de ses clientes. « C’est le cas d’une dame âgée qui a pris un CELI de 5000 $ à la banque et un autre de 5000 $ dans une caisse, dit-elle. Les établissements financiers ne se parlant pas, les deux ont vendu un CELI à la dame… Mais nous avons expliqué le cas à l’Agence du revenu du Canada. Heureusement, celle-ci s’est montrée très compréhensive et n’a pas imposé une pénalité à la dame. On lui a fait comprendre l’erreur et ç’a été correct. »



    Collaborateur

     













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