Fonds d'investissement: L'avenir et les indices de référence
Pendant que le gestionnaire de portefeuilles collige des données, qu'il les analyse sous toutes les coutures, qu'il visite des entreprises, qu'il évalue des rapports comptables, de trop nombreux investisseurs s'amusent à prédire l'avenir. Y a-t-il moyen d'arrêter cet enfantillage? Si seulement je pouvais trouver ce moyen.
À certains égards, les études récentes du Groupe Investors et de la Financière Manuvie nous ramènent à cette réalité navrante. Si vous désirez prendre connaissance de ces études, lisez la chronique de Gérard Bérubé du lundi 20 octobre.
Mais pourquoi «réalité navrante»? Quand 66 % des répondants à un sondage n'ont pas constaté que le marché canadien, l'indice S&P/TSX, avait augmenté de 22 % depuis la fin mars, il y a lieu de s'interroger sur les perceptions des investisseurs. Pendant que le gestionnaire profite de cet élan, le petit investisseur tente de prévoir l'avenir. Il se réveillera quand la machine s'emballera: trop tard.
Travailler à deviner l'avenir est un exercice futile. Lors du krach de 1929, le gouvernement américain avait créé une commission sénatoriale pour essayer de comprendre et de prévenir une telle situation dans l'avenir. La seule conclusion acceptable du comité quant à l'avenir se résumait ainsi: la Bourse allait continuer à fluctuer. En clair, dans le domaine boursier, ne laissons pas intervenir la boule de cristal.
Prévoir l'avenir du marché boursier est même dangereux. Qu'on se rappelle une étude de la firme Dalbar qui démontre que, de 1984 à 2003, l'investisseur n'a obtenu qu'un rendement par année de 2,57 %, alors que le S&P 500 avait produit un rendement de 12,2 % pendant cette même période. Tout ça à cause de son entêtement à vouloir prévoir l'avenir: c'est ce que l'on appelle la détermination du moment propice ou en anglais le market timing.
À propos des indices
Tant qu'à s'intéresser aux travers de l'investisseur, allons-y de conseils sur les indices. En effet, les investisseurs ont souvent tendance à comparer les rendements de leur portefeuille à certains indices utilisés pour mesurer la performance des principaux titres d'un marché. Un exemple: les investisseurs vont souvent comparer leurs résultats à l'indice S&P/TSX, qui remplace le bon vieux TSE 300. C'est là une comparaison fort boiteuse.
L'indice S&P/TSX est un indice qui est le reflet de la valeur d'environ 70 % de la capitalisation des entreprises inscrites à la Bourse de Toronto, alors qu'en principe, un portefeuille bien équilibré contient des actions de grandes et petites capitalisations, des actions étrangères, des obligations de différentes échéances, des produits alternatifs et des liquidités. Aucune ressemblance avec notre indice de la Bourse de Toronto qui, lui, ne contient que des actions. C'est comme comparer une pomme et une orange. Ce sont deux fruits: c'est la seule caractéristique qui leur soit commune.
En fait, même s'il n'existe pas d'indice de référence idéal, puisque chaque investisseur a des besoins différents et un portefeuille personnalisé. Mais des firmes comme Morningstar cumulent certaines informations sur des portefeuilles-modèles en faisant varier le pourcentage du portefeuille en obligations, en actions canadiennes et étrangères et en liquidités.
Sur une longue période, dix ans par exemple, un portefeuille avec 37,5 % d'obligations canadiennes, 37,5 % d'actions canadiennes, 20 % d'actions étrangères et 5 % de liquidités aurait procuré un rendement annualisé de 8,3 % comparativement à 8,4 % pour l'indice. Sur trois ans, le même portefeuille a présenté un rendement annualisé de -2,3 contre -9 % pour l'indice.
De plus, l'indice de référence S&P/TSX pour une période de dix ans présente une volatilité équivalant au double du portefeuille-modèle de Morningstar. Une autre preuve que l'investisseur ne devrait jamais allouer 100 % de son portefeuille à des actions, et ce, malgré le fait qu'un portefeuille présent dans plusieurs classes d'actifs ne profite pas autant des marchés boursiers haussiers.
Finalement, avec un portefeuille mieux diversifié, mais moins excitant, j'en conviens, votre portefeuille comporte la moitié moins de risques que l'indice de la Bourse de Toronto, et le rendement sur dix ans est pratiquement le même que celui de l'indice. Moins de risque, même résultat. Que demander de mieux?
questions@avantages.com
L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
À certains égards, les études récentes du Groupe Investors et de la Financière Manuvie nous ramènent à cette réalité navrante. Si vous désirez prendre connaissance de ces études, lisez la chronique de Gérard Bérubé du lundi 20 octobre.
Mais pourquoi «réalité navrante»? Quand 66 % des répondants à un sondage n'ont pas constaté que le marché canadien, l'indice S&P/TSX, avait augmenté de 22 % depuis la fin mars, il y a lieu de s'interroger sur les perceptions des investisseurs. Pendant que le gestionnaire profite de cet élan, le petit investisseur tente de prévoir l'avenir. Il se réveillera quand la machine s'emballera: trop tard.
Travailler à deviner l'avenir est un exercice futile. Lors du krach de 1929, le gouvernement américain avait créé une commission sénatoriale pour essayer de comprendre et de prévenir une telle situation dans l'avenir. La seule conclusion acceptable du comité quant à l'avenir se résumait ainsi: la Bourse allait continuer à fluctuer. En clair, dans le domaine boursier, ne laissons pas intervenir la boule de cristal.
Prévoir l'avenir du marché boursier est même dangereux. Qu'on se rappelle une étude de la firme Dalbar qui démontre que, de 1984 à 2003, l'investisseur n'a obtenu qu'un rendement par année de 2,57 %, alors que le S&P 500 avait produit un rendement de 12,2 % pendant cette même période. Tout ça à cause de son entêtement à vouloir prévoir l'avenir: c'est ce que l'on appelle la détermination du moment propice ou en anglais le market timing.
À propos des indices
Tant qu'à s'intéresser aux travers de l'investisseur, allons-y de conseils sur les indices. En effet, les investisseurs ont souvent tendance à comparer les rendements de leur portefeuille à certains indices utilisés pour mesurer la performance des principaux titres d'un marché. Un exemple: les investisseurs vont souvent comparer leurs résultats à l'indice S&P/TSX, qui remplace le bon vieux TSE 300. C'est là une comparaison fort boiteuse.
L'indice S&P/TSX est un indice qui est le reflet de la valeur d'environ 70 % de la capitalisation des entreprises inscrites à la Bourse de Toronto, alors qu'en principe, un portefeuille bien équilibré contient des actions de grandes et petites capitalisations, des actions étrangères, des obligations de différentes échéances, des produits alternatifs et des liquidités. Aucune ressemblance avec notre indice de la Bourse de Toronto qui, lui, ne contient que des actions. C'est comme comparer une pomme et une orange. Ce sont deux fruits: c'est la seule caractéristique qui leur soit commune.
En fait, même s'il n'existe pas d'indice de référence idéal, puisque chaque investisseur a des besoins différents et un portefeuille personnalisé. Mais des firmes comme Morningstar cumulent certaines informations sur des portefeuilles-modèles en faisant varier le pourcentage du portefeuille en obligations, en actions canadiennes et étrangères et en liquidités.
Sur une longue période, dix ans par exemple, un portefeuille avec 37,5 % d'obligations canadiennes, 37,5 % d'actions canadiennes, 20 % d'actions étrangères et 5 % de liquidités aurait procuré un rendement annualisé de 8,3 % comparativement à 8,4 % pour l'indice. Sur trois ans, le même portefeuille a présenté un rendement annualisé de -2,3 contre -9 % pour l'indice.
De plus, l'indice de référence S&P/TSX pour une période de dix ans présente une volatilité équivalant au double du portefeuille-modèle de Morningstar. Une autre preuve que l'investisseur ne devrait jamais allouer 100 % de son portefeuille à des actions, et ce, malgré le fait qu'un portefeuille présent dans plusieurs classes d'actifs ne profite pas autant des marchés boursiers haussiers.
Finalement, avec un portefeuille mieux diversifié, mais moins excitant, j'en conviens, votre portefeuille comporte la moitié moins de risques que l'indice de la Bourse de Toronto, et le rendement sur dix ans est pratiquement le même que celui de l'indice. Moins de risque, même résultat. Que demander de mieux?
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L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
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