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Fonds d'investissement: Impopulaire, mais...

Michel Marcoux   14 octobre 2003  Finances personnelles
Quel paradoxe! En effet, quelle est la catégorie de fonds qui a été l'une des plus impopulaires au cours des années 90, mais dont la stabilité et le risque en font l'un des meilleurs produits financiers offerts sur le marché? Les fonds de dividendes.

Pour moi, cette catégorie représente, depuis de nombreuses années, le produit par excellence: tout en sécurisant mon capital, je profite de la croissance des titres sous-jacents détenus par le fonds. Ce sont généralement des titres de grande capitalisation offrant une grande stabilité, peu importe le contexte économique. De plus, l'investisseur a droit, et ce, régulièrement, à de généreux dividendes. Les fonds de dividendes ont quelque chose de parfait, sauf que plusieurs investisseurs les trouvent d'un ennui mortel...

L'objectif de tout investisseur, s'il veut s'astreindre à une certaine rigueur dans la gestion de son portefeuille, devrait être la détention d'au moins 40 % de fonds de dividendes. Cette catégorie, le coeur de votre portefeuille, vous permettra de bien dormir, indépendamment des fluctuations du cycle économique.

Il est clair que la probabilité de battre l'indice de référence du S&P/TSX composé sera faible en période de croissance, comme c'est actuellement le cas. Mais à long terme, l'investisseur ne se trompe pas. À titre de comparaison, sur 10 ans, soit une période un peu plus longue qu'un cycle économique, le rendement des fonds de dividendes se situe à 9,7 %, et celui de l'indice, à 8,1 %. Dans cette dernière comparaison, le risque associé à l'indice est deux fois plus élevé. Au-delà de ces considérations, voyons quatre fonds de dividendes que je recommande sans hésitation.

Quatre fonds à considérer

Banque Nationale dividendes. J'en ai déjà parlé: y revenir signifie que c'est un excellent fonds. Le risque, à presque la moitié de la moyenne de sa catégorie, est donc quatre fois moins élevé que celui de l'indice de référence du marché boursier canadien. De plus, il bat presque en tout temps le rendement de la moyenne de cette catégorie de un an à 10 ans. Son portefeuille contient généralement 50 % d'actions privilégiées, pour une efficacité fiscale maximale et une distribution équivalant à environ 4 %. Cependant, affreusement ennuyeux.

CI Signature dividendes, avec un risque plus faible que la moyenne de sa catégorie, n'a jamais eu de rendements négatifs sur 12 mois depuis que le gestionnaire vedette Éric B. Bushell en a pris la gestion en 1999. Avec un rendement annualisé de 9,3 % sur cinq ans, 50 % du fonds sont investis en actions privilégiées, et il se fait une distribution annuelle d'environ 4 %. Le fonds CI revenu de dividendes géré par le même gestionnaire est tout aussi intéressant, mais malheureusement n'accepte plus de nouvelles contributions pour l'instant. Dans ces deux derniers cas, toujours le même défaut: l'investisseur risque de s'ennuyer.

Mackenzie Maxxum dividendes est l'un de mes fonds-vedettes. Sa volatilité est supérieure à celle de sa catégorie, mais l'investisseur y trouve sa récompense grâce à un rendement annualisé de plus de 12,4 % sur cinq ans et de 10,9 % sur 10 ans. Ce fonds détient moins d'actions privilégiées que ce que je souhaiterais mais conserve en tout temps une grande quantité de titres de grandes entreprises bien capitalisées et représentant une excellente sécurité pour l'investisseur. C'est Bill Procter qui est à la barre depuis octobre 2001: il a une feuille de route intéressante. Ce fonds distribue un revenu moyen annuel d'environ 3,4 %.

Le fonds Standard Life dividendes croissance est celui qui représente le facteur risque le plus important de mes recommandations. Par contre, c'est quand même presque 50 % moins élevé que notre indice de référence de la Bourse canadienne. C'est ce que j'appelle un mauvais fonds de dividendes — il ne contient que très peu d'actions privilégiées — mais sa composition en titres de grandes capitalisations canadiennes rassure l'investisseur. Sa distribution est très faible; d'autre part, son rendement annualisé sur cinq ans est de 14,3 % alors que celui de l'indice S&P/TSX composé pour la même période est de 8 %. Le gestionnaire Neil Matheson, en poste depuis novembre 1994, fait un excellent travail. Ses frais de gestion sont seulement de 1,93 % par rapport à une moyenne de 2,5 % pour cette catégorie.

Une mise en garde

Évidemment, sauf peut-être pour celui de la Standard Life, ces fonds sont d'un ennui absolument mortel. L'investisseur qui possède ces types de fonds ne connaîtra pas l'insomnie, l'angoisse et le stress que «devraient» vous procurer vos placements. Vous serez même tenté de les liquider à certains moments, particulièrement lors de hausses du marché boursier, ou alors que celui-ci est prêt à éclater comme au début de l'année 2000. Finalement, ils sont tout le contraire du plaisir que rapportent certains titres sans valeur mais combien excitants. Par contre, les fonds de dividendes vous donneront assez de temps et de sous pour vous exciter avec un billet de loterie.
 
 
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