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Vos finances - Les Canadiens s’endettent plus, mais mieux

Equifax Canada disait cette semaine que les Canadiens continuaient à s’endetter, mais à un rythme moindre. Et que la qualité de l’encours du crédit émis s’était améliorée. Petit survol des bonnes et des mauvaises dettes.


Selon Equifax, l’endettement total des consommateurs canadiens, excluant les dettes hypothécaires, avait franchi la barre des 500 milliards de dollars en mars, en hausse de 3,9 % sur un an. L’agence de collecte de données observait, toutefois, que les retards de 90 jours ont baissé de 13,4 % par rapport à la même période en 2012, pour atteindre un taux modéré de 1,2 %, « un creux de tous les temps ». Quant aux faillites des consommateurs, elles sont sensiblement au même niveau qu’en 2012.


Ainsi, depuis le début de l’an dernier, Equifax Canada continue de voir une croissance plus lente dans le crédit en général et une vaste amélioration des sérieux retards. Elle estime que cela est représentatif d’un contrôle financier très positif de la part des consommateurs et des institutions prêteuses, pouvait-on lire dans un article de La Presse canadienne.


Dans la catégorie des mauvaises dettes, le solde impayé sur la carte de crédit arrive évidemment au sommet de la liste. Il s’agit du crédit le plus onéreux, et sa trop grande accessibilité en fait un outil pernicieux. Le syndic Jean Fortin et associés indique qu’un dossier type d’insolvabilité peut abriter un solde impayé de 21 000 $ sur cartes de crédit, et comprendre entre trois et six cartes.


Il reste que, selon l’Association des banquiers canadiens, 64 % des détenteurs de carte paient leur compte à la fin de la période de grâce. Mais pour la portion restante de 36 %… Il a déjà été calculé que, si le détenteur de la carte se contente de rembourser un minimum de 3 %, il en a pour 20 ans à payer. Avec un minimum de 2 %, ça prend 75 ans !


Suit la dette émise par les sociétés de prêt, qui peut commander des taux d’intérêt de 35 à 40 %.


Dans la catégorie des bonnes dettes, la marge de crédit l’emporte haut la main. Elle coûte quatre fois moins cher que la carte de crédit. Elle se veut l’une des formes de crédit les moins dispendieuses et les plus flexibles. Basé sur le taux préférentiel, le taux d’intérêt moyen d’une marge oscille autour de 6 ou 7 %, contre un taux variant entre 8 et 12 % sur un prêt personnel. Une fois autorisée, elle n’est généralement l’objet d’aucune enquête de crédit additionnelle. Elle offre, de plus, la sécurité et la flexibilité associée à l’absence de contrainte en matière de remboursement du capital. Une particularité qui peut toutefois avoir un effet pervers ou pernicieux en l’absence de discipline en matière de remboursement.

 

Prêt de consolidation, automobile…


Au chapitre des bonnes dettes, mentionnons également le prêt de consolidation, qui devient l’option la plus intéressante lorsqu’une personne se sent étouffée par ses dettes.


La liste s’allonge. Le prêt automobile, souvent qualifié de mal nécessaire, entre lui aussi dans la catégorie des bonnes dettes parce qu’il est accolé à un actif qui, même s’il se déprécie rapidement, rend le prêt auto plus avantageux, sur une période de huit ans, qu’une location renouvelée tous les quatre ans, par exemple.


Suit le prêt hypothécaire, dans la mesure où le coût mensuel en capital, intérêts, taxes (scolaires et municipales) et chauffage-électricité ne dépasse pas les 30 % du revenu brut. Pour la Société canadienne d’hypothèques et de logement, ce ratio est de 32 %.


Cette relation entre le crédit et l’actif permet d’aborder le prêt à l’investissement, dont l’intérêt est fiscalement déductible. Le prêt levier permet d’élaborer certaines stratégies d’investissement pertinentes. Il peut aussi composer le coeur de stratégies fiscales de fin d’année pour les personnes incorporées, ou lorsqu’il faut appliquer la technique de mise à part de l’argent pour les professionnels non incorporés. Il n’est toutefois pas sans risque et peut ne pas convenir à tous, dans la mesure où le levier peut jouer dans les deux sens et avoir un effet désastreux en cas de repli du cours de l’actif sous-jacent.


Le qualificatif de bonne dette s’étend aux dettes d’études, qui peuvent comporter un crédit de 35 % sur l’intérêt payé, et celles faisant partie d’une stratégie ciblée, comme un prêt REER bien pensé. On peut également faire appel au prêt levier dans le cadre de stratégies fiscales de fin d’année pour les personnes incorporées, ou lorsqu’il faut appliquer la technique de mise à part de l’argent pour les professionnels non incorporés.


Au final, la majorité des experts s’accordent pour dire que le plafond d’endettement total ne devrait pas dépasser 40 % du revenu brut. La contrainte budgétaire devient, ainsi, l’élément-clé. S’ajoutent un taux d’intérêt raisonnable par rapport au marché et la possibilité de déduire l’intérêt de son revenu imposable.


 

Cette chronique s’inspire d’un texte publié dans le magazine spécialisé Conseiller.

 
 
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