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Vos placements - Désigner sa maison de campagne comme résidence principale?

Nous arrivons (en fait, nous y sommes) à l’âge de la retraite (68 et 64 ans) et nous avons besoin d’un avis sur un sujet qui touche quand même beaucoup de monde.

Nous sommes propriétaires d’un duplex à Montréal et d’une maison et d’un immense terrain à la campagne (environ 120 acres), le tout entièrement payé.


Nous songeons sérieusement à vendre la propriété de campagne qui a, d’après un agent d’immeuble, une valeur de 600 000 $ à 800 000 $ selon que nous la vendions d’un seul tenant ou en lots.


Nous préférerions tout vendre d’un seul tenant, mais on nous affirme que nous aurions tort et que ce serait plus payant et moins imposable si nous vendions par lots.


J’en viens (enfin) aux questions.


Si nous désignons la maison de campagne comme résidence principale (en considérant que la maison vaut environ 175 000 $) et que nous vendons maison et terre ensemble, comment s’applique l’imposition ? Le total est-il exempt d’impôt puisque la maison est désignée comme résidence principale ou y a-t-il des taux d’imposition différents pour la maison et pour les terres ?


Et la valeur ajoutée ? Nous avons payé l’ensemble 50 000 $ il y a 30 ans. Est-ce que le calcul s’appliquerait à la maison ? À l’ensemble ? Et à quel taux ?


Nous travaillons encore tous les deux (salaire combiné d’environ 150 000 $). L’impôt sera donc élevé en cas de vente. Mais entretenir la propriété coûte environ 10 000 $ par année.


Éclairez-nous, s.v.p.


Merci d’avance.


M. A.


 

D’emblée, je dois vous dire que vous devrez consulter un fiscaliste pour vous orienter dans vos choix. Normalement, entre votre propriété en ville et celle à la campagne, vous désignerez comme résidence principale celle montrant le gain accumulé le plus élevé. La raison : le gain accumulé n’est pas imposable dans le cas de la résidence principale. En général, de deux résidences, la propriété située en ville est celle montrant la valeur accumulée la plus élevée.


Dans votre cas, il semble que votre propriété à la campagne soit celle montrant le gain accumulé le plus élevé. Une question se pose toutefois : est-ce que la propriété et la terre adjacente de 120 acres peuvent ensemble être désignées comme votre résidence principale ? C’est là toute la question. Et je doute que vous puissiez faire cela. Une petite recherche sur le site Web de Revenu Canada m’a permis de relever deux paragraphes concernant la désignation de résidence principale d’une propriété avec un fonds de terre, que voici :


« 2.32 Aux termes de l’alinéa e) de la définition de résidence principale de l’article 54, la résidence principale d’un contribuable pour une année d’imposition est réputée comprendre, sauf si le bien est une part du capital social d’une société coopérative d’habitation, le fonds de terre sous-jacent au logement ainsi que la partie du fonds de terre adjacent qu’il est raisonnable de considérer comme facilitant l’usage et l’agrément du logement comme résidence ;


« 2.33 Lorsque la superficie totale du fonds de terre sur lequel est situé un logement est supérieure à un demi-hectare, l’excédent est réputé par l’alinéa e) de la définition de résidence principale de l’article 54 de ne pas avoir facilité l’usage et l’agrément du logement comme résidence, et donc n’est pas admis comme faisant partie d’une résidence principale, sauf dans la mesure où le contribuable établit qu’il était nécessaire à cet usage et agrément. L’excédent doit être clairement nécessaire, et non seulement souhaitable, pour que le logement puisse remplir convenablement son rôle de résidence. En règle générale, l’utilisation d’un fonds de terre de plus d’un demi-hectare dans le but de s’adonner à un loisir ou de mener un mode de vie particulier (comme l’élevage d’animaux de compagnie ou la vie à la campagne) n’implique pas que l’excédent est nécessaire pour faciliter l’usage et l’agrément du logement comme résidence. »


En vertu de ces deux articles, il semble bien que vous ne puissiez pas inclure votre terre de 120 acres comme faisant partie de votre résidence principale. Dans un tel cas, désigner votre duplex en ville (dont la valeur est probablement autour de 400 000 $ ou plus) comme résidence principale serait le choix le plus judicieux à faire dans la mesure où le gain accumulé surpasse celui de votre maison de campagne, dont la valeur marchande est estimée à 175 000 $ (vous l’avez payée 50 000 $ il y a 30 ans).


Quant à savoir si vous devriez cadastrer votre terre afin de la subdiviser en terrains que vous pourriez ensuite vendre, les revenus qui en résulteront seront à mon avis considérés comme des revenus d’entreprise et donc taxés comme tels. Cela risque donc de devenir assez compliqué, surtout pour des personnes qui envisagent de prendre leur retraite.


Cela dit, vous devez consulter un bon fiscaliste. Lui seul pourra vous indiquer les meilleurs choix à faire selon les gains accumulés sur vos propriétés et le nombre d’années que vous en êtes propriétaires.


Enfin, si vous devez vendre votre maison de campagne, dites-vous que vous avez au moins un prix de consolation. En effet, seule la moitié du gain réalisé sera imposée à votre taux marginal d’impôt. Dans cette optique, peut-être aurez-vous avantage à attendre au moment de votre retraite pour vendre ladite propriété. La raison : à votre retraite, vos revenus pourraient être sensiblement inférieurs à vos revenus actuels.


20 ans et 13 000 $ à investir


J’ai 20 ans et suis aux études à temps plein (première année du premier cycle universitaire). Je possède des économies modestes d’environ 13 000 $, que je ne serai pas en mesure d’augmenter avec du nouveau capital dans les années qui viennent étant donné que mon faible revenu sert, notamment, à payer mes droits de scolarité (je demeure chez mes parents et y resterai jusqu’à la fin de mon bac). Je compte utiliser cet argent pour m’appuyer lorsque j’irai à l’étranger pour la maîtrise (ou le doctorat, si je ne trouve pas d’options me permettant de partir dès le deuxième cycle).


Il y a à peu près cinq ans, lorsque j’ai commencé à placer l’argent que je mettais de côté, j’ai investi dans un fonds de placement « équilibré », composé principalement d’actions canadiennes et américaines sécuritaires. Les journaux clamaient alors que la crise achevait et que la croissance revenait. Quatre ans plus tard, j’avais fait un très maigre gain. (Entre-temps, j’ai enregistré mes placements dans un CELI.)


En juin dernier, inquiet, j’ai changé mes placements pour un fonds supposément hypersécuritaire composé d’obligations de gouvernements (trois paliers) et de grandes entreprises. Depuis, j’ai perdu le peu que j’avais gagné au cours des quatre années précédentes, et la situation ne semble pas devoir s’améliorer.


De toute évidence, j’ai erré, et j’ai vendu mes actions justement quand la Bourse prenait du mieux. À la banque, on me conseille d’attendre à l’été et de voir à ce moment-là si je veux encore déplacer mes placements. On me parle aussi de l’option courtage direct (mon argent demeurerait enregistré au CELI). Seulement, il me semble que le courtage direct est bien risqué, coûteux (environ 28 $ par transaction, je crois ?), et me demanderait bien du temps et de l’énergie. Toutefois, je serais prêt à m’y mettre si cela devait rapporter.


Quelle stratégie devrais-je adopter, selon vous ? Y a-t-il des options que j’oublie ?


Merci d’avance pour vos conseils.


Un lecteur


 

Comme vous pouvez le constater, les obligations négociables, même de grande qualité, peuvent perdre de la valeur. En effet, leur valeur marchande fluctue inversement à l’évolution générale des taux d’intérêt. Si ces derniers baissent, leur valeur marchande grimpe, et vice-versa. Probablement que, depuis que vous avez acheté les unités du fonds d’obligation, les taux d’intérêt ont légèrement grimpé, annihilant du coup le maigre gain réalisé à la vente de vos unités du fonds d’actions.


Aujourd’hui, après avoir constaté la montée des indices boursiers, vous regrettez votre décision et estimez avoir manqué le train. Aussi êtes-vous tenté de refaire le chemin inverse, c’est-à-dire vendre vos unités du fonds d’obligations pour acheter à nouveau des unités d’un fonds d’actions.


Le hic : les indices boursiers sont à des sommets. Aussi risquez-vous d’acheter les unités d’un fonds d’actions à un prix très élevé, peut-être trop élevé advenant que les indices se corrigent sensiblement à la baisse au cours des prochains mois.


À tenter de jouer les marchés de la sorte, vous risquez d’y perdre gros au change. Surtout si vous vous laissez bercer selon l’humeur des boursicoteurs et des journaux. En matière de placement, il est important d’envisager un horizon à très long terme et de garder le cap sur la stratégie choisie.


À votre âge, votre épargne devrait être essentiellement canalisée vers les actions de grandes entreprises et non les obligations. Et lorsque survient une baisse importante des cours, vous devriez en profiter pour accumuler davantage de titres. Sur une période de 15 ans et plus, vous devriez profiter d’une telle stratégie surtout si vous concentrez vos placements dans les actions de grandes sociétés versant des dividendes élevés et croissants.


Cela dit, si vous estimez avoir besoin de vos liquidités dans deux ou trois ans, je vous recommanderais alors de laisser vos sous dans les produits d’épargne (certificats de dépôt et dépôts à terme) en choisissant les échéances convenant à vos besoins.


Quant à savoir si vous devriez opter pour l’achat direct d’actions de compagnies par l’entreprise d’un courtier escompteur plutôt que pour acheter des unités d’un fonds commun d’actions, je préfère pour ma part la première approche. Mais, pour ce faire, vous devez parfaire vos connaissances sur le fonctionnement de la Bourse. Et, surtout, vous devez bien vous familiariser avec les entreprises canadiennes et américaines susceptibles de faire partie de votre univers de placement. Un abonnement à une bonne lettre financière 100 % objective vous aidera à identifier les entreprises en question. Vu le faible montant à investir, vous devrez limiter vos placements aux titres de deux grandes entreprises oeuvrant dans deux secteurs distincts. Ce faisant, vous améliorerez vos connaissances, en particulier du marché boursier, ce qui vous sera, j’en suis sûr, très profitable à long terme.


Enfin, n’oubliez pas qu’avant de penser vous enrichir par le placement, il est important d’épargner beaucoup et systématiquement. Aussi, je vous invite à dresser un plan de manière à ce que vous puissiez vous dénicher un travail rémunérateur tout en poursuivant vos études, surtout après le deuxième cycle universitaire. Car, pour s’enrichir, il est important d’accumuler des liquidités le plus rapidement possible afin de saisir les occasions de placement le plus tôt possible dans votre vie active.

 

cchiasson@proplacement.qc.ca


Classe Internet : www.proplacement.qc.ca

 
 
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