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Vos finances - Une envolée boursière nourrie aux stéroïdes (bis)

Déjà le mois dernier, l’envolée boursière montrait des signes de surévaluation. Ce qui n’a pas empêché les indices de référence de la Bourse de New York d’établir de nouveaux sommets historiques, cette semaine. En l’absence de fondamentaux, mais aussi faute d’alternatives, le marché boursier continue à défier les scénarios avertissant d’une correction imminente.

Le Dow Jones, indice symbolique de Wall Street, a battu son record historique d’octobre 2007 au début de mars. La performance était imitée un mois plus tard par le S P 500, indice plus large et plus représentatif du parquet new-yorkais et de l’économie américaine. Déjà au début de mars, la question de la surévaluation était évoquée, tant l’envolée boursière ne trouve pas de justification dans l’économie réelle. Et ce marché a beau être soumis au jeu des anticipations, les révisions de croissance économique à la baisse observées un peu partout, même aux États-Unis, ne semblent pas décourager les investisseurs boursiers.


Après les trois premiers mois en 2013, l’indice torontois TSX/S P était en hausse de 3,3 %. La progression trimestrielle atteignait 13 % (en dollars canadiens) pour le S P 500 new-yorkais, 14 % pour le Dow Jones. Sur les marchés étrangers, la poussée moyenne oscille entre 7,5 et 9,2 %, selon l’indice mondial retenu. L’envolée des cours boursiers s’est poursuivie en avril, le Dow Jones continuant d’enfiler les sommets historiques. Il a été rejoint par le S P 500, qui a battu cette semaine, à deux reprises, son record de 2007.


Chez Gestion de placements Eterna, on résume le scepticisme ambiant en soulignant que « la performance des principales bourses est quand même impressionnante, et ce, malgré toutes les mises en garde d’une correction imminente des marchés ». Le gestionnaire estime cependant que malgré les récents vents contraires, la reprise économique américaine est bel et bien enclenchée, ce qui permettrait de conclure que la bourse américaine n’est pas surévaluée.


On peut lire dans la revue trimestrielle d’Eterna que « la vigueur du marché américain inquiète plusieurs mais [que] les évaluations sont raisonnables et, surtout, bien loin de leurs sommets. Le ratio cours-bénéfices prévisionnels est de 14,75 fois, soit 15 % inférieur au 17,5 fois atteint en 2007 alors que l’indice était au même niveau que maintenant. De plus, l’endettement des entreprises américaines est beaucoup plus faible qu’il y a cinq ans ».


Ailleurs, les plus pessimistes recommandaient plutôt la prudence. Le magazine Conseiller indiquait notamment que Chris Martenson, éditeur du site PeakProsperity.com, prévoit une chute de 40 à 60 % du S P 500 d’ici l’automne. M. Martenson est écouté depuis qu’il a prédit avec précision l’arrivée de la crise de 2008. De même, Marc Faber, éditeur du Gloom, Boom Doom Report, a souligné que les actions américaines étaient présentement surachetées. Qu’un krach est imminent. Autrement, à son niveau actuel, le S P aurait atteint la cible de 1600 prévue pour 2013.


En fait, les actions des banques américaines contribuent également à la poussée des marchés boursiers. Et avec les statistiques démontrant une accélération de la création des emplois aux États-Unis et une reprise, même modeste, de l’immobilier, les banques pourraient prendre le relais des grandes industrielles et hausser à leur tour leurs dividendes tout en procédant à des rachats d’actions.


Les analystes ont longtemps soutenu que la progression des bénéfices est là, bien réelle, et les dividendes sont au rendez-vous. Il reste que cette augmentation des profits traduit, pour l’essentiel, un effet de rattrapage après la forte chute de 2008-2009. Cette croissance des profits pourra difficilement se poursuivre en l’absence de croissance économique digne de ce nom.


Un autre élément favorable marché boursier est cet attrait des actions versant un dividende, compensant la faiblesse des rendements des titres à revenu fixe. Cet arbitrage s’en trouve accéléré par les prévisions portant sur une hausse des taux d’intérêt attendue cette année.


Argent facile


Il a été dit il y a un mois que cette envolée boursière est nourrie aux stéroïdes, avec cette politique monétaire particulièrement accommodante depuis la Grande Récession. L’Institut de la finance internationale (IIF) a soutenu que la reprise a jusqu’à maintenant reposé en grande partie sur l’argent facile soutenu par les banques centrales. « Leurs mesures ne peuvent pas durer éternellement, mais il y a un risque qu’elles fassent naître une addiction des marchés. » Les marchés à leur zénith traduisent davantage les effets de cet assouplissement des conditions monétaires internationales qu’une forte reprise de l’économie réelle, a écrit l’IIF.


On peut mieux comprendre la crainte du Fonds monétaire international avertissant les banques centrales que la stabilité financière pourrait être menacée par un retrait « désordonné » des mesures exceptionnelles prises pour lutter contre la crise. « Dans certains cas, les risques ne proviennent pas des politiques non conventionnelles elles-mêmes mais des difficultés à y mettre un terme », a écrit le Fonds, selon un article de l’Agence France-Presse.


Il appert que la Réserve fédérale américaine pourrait amorcer le mouvement cet été.

 
 
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