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Vos placements - Quand vendre des actions?

Une bonne partie de mes actifs est investie à la Bourse, où j’ai un portefeuille diversifié comprenant une dizaine de titres à dividende dans cinq secteurs différents.

Ils comprennent des titres comme Banque Scotia, Bell, Suncor, JNJ, CNR, Thomson/Reuters, TransCanada Pipeline… mais aussi deux titres, Shoppers Drug Mart et Talisman Energy, qui me causent des soucis car, même s’ils me payent un dividende, leur valeur a chuté et leur remontée tarde à venir. Ma question est la suivante : jusqu’où doit-on être patient avec un titre et quand faut-il se décider à le vendre ?


Que doit-on prendre en considération avant de vendre ?


J.M.D.

Joliette


 

D’emblée, je dois constater que toutes les compagnies que vous avez nommées dans votre lettre et qui composent votre portefeuille appartiennent au clan des grandes entreprises rentables et occupant une position dominante, ou du moins importante, dans leur secteur d’activité respectif. Voilà donc des entreprises sur lesquelles vous pouvez construire votre portefeuille dans une perspective à très long terme.


Bien sûr, toutes les entreprises - même les plus grandes d’entre elles - traverseront des périodes troubles, comme c’est le cas actuellement pour Talisman Energy. L’entreprise exploite des puits de gaz naturel et de liquides gazifières ainsi que des puits de pétrole. En équivalent de barils de pétrole brut, Talisman Energy produit plus de 400 000 barils par jour contre, par exemple, 570 000 barils par jour pour Suncor Energy, notre plus importante pétrolière intégrée au pays. Talisman est donc une firme importante dans son secteur. Mais elle est uniquement un producteur et non un producteur et raffineur comme Suncor. Talisman Energy sera davantage affectée par une baisse de prix des denrées produites. Suncor peut, quant à elle, compenser les baisses de prix de l’or noir par des marges plus élevées obtenues sur les produits raffinés tels que l’essence. Talisman Energy ne peut pas faire cela.


Par ailleurs, une grosse part de la production de Talisman vient de l’extraction du gaz naturel et de liquides gazifières. Or le prix du gaz naturel s’est littéralement effondré au cours des dernières années. Les nouvelles techniques de forage dites de fracturation des schistes ont permis de découvrir des réserves insoupçonnées de gaz naturel, au point de faire chuter sensiblement le prix de celui-ci. D’où les problèmes actuels de Talisman Energy. En dépit du contexte très difficile dans lequel elle évolue, Talisman Energy parvient tout de même à réaliser des flux de trésorerie importants, de 3 milliards de dollars environ en 2012. Outre ces liquidités importantes, la compagnie dispose d’un bilan relativement solide. Donc, je pense que vous pouvez faire preuve de patience et voir ce que son nouveau président fera pour redresser la compagnie.


Une situation similaire prévaut dans le cas de Shoppers Drug Mart, qui est touchée par la forte baisse des prix des médicaments génériques couverts par l’assurance-médicaments gouvernementale. Mais, encore une fois, nous avons là une entreprise dominant son secteur et générant d’importants flux de trésorerie même si ceux-ci sont à la baisse.


Cela dit, quels sont les facteurs pouvant à terme justifier la vente systématique des actions d’une grande entreprise ?


Le premier, et le plus important : le changement de mission. Par exemple, Shoppers Drug Mart qui délaisserait la vente de médicaments pour se lancer dans la vente de meubles. Lorsqu’une entreprise procède à un tel changement de mission, il y a tout lieu de retirer ses billes pour passer à autre chose.


L’autre facteur : une détérioration continue (donc sur plusieurs années) des ratios d’endettement et du poids relatif des flux de trésorerie par rapport à la dette totale. Que les flux de trésorerie reculent pendant quelques années, c’est une chose. Mais il y a une limite à un tel déclin. Cette limite est atteinte lorsque le déclin des flux de trésorerie se traduit par une hausse constante de la dette. Et que cette dette atteint une proportion élevée par rapport à la capitalisation financière de l’entreprise. En général, je dirais qu’une dette totale, dont la proportion dépasse 45 % de la capitalisation financière, hypothèque sérieusement l’avenir d’une entreprise (sauf dans le cas des services publics, dont les prix sont réglementés).


La dette totale divisée par les flux de trésorerie annuels vous donnera un autre indice du poids de la dette dans une entreprise. Ce ratio nous donne en fait le nombre d’années qu’il faudrait à l’entreprise pour rembourser la totalité de sa dette à même ses flux de trésorerie annuels. Normalement, une entreprise solide financièrement devrait être capable de le faire en trois ans et moins. S’il lui faut cinq ans et plus, c’est qu’elle est trop endettée. N’attendez pas qu’elle soit rendue là pour vendre vos titres.


Évidemment, il y a bien d’autres raisons pouvant justifier la vente d’actions. Le poids devenu trop élevé des actions d’une entreprise donnée dans votre portefeuille en est une. Une réduction appréhendée du dividende en est une autre. Une trop forte concentration dans un secteur donné peut faire en sorte que vous devez vendre des actions pour réinvestir dans un autre secteur par pur souci de diversification.


cchiasson@proplacement.qc.ca


Classe Internet : www.proplacement.qc.ca

 
 
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