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    Northwest and Ethical Investments - Bons placements et bonne gouvernance vont de pair

    16 mars 2013 |Claude Lafleur | Finances personnelles

    Selon Daniel Solomon, il est possible d’obtenir de bons rendements pour ses économies tout en contribuant à améliorer les pratiques écologiques, sociales et de gouvernance des entreprises. C’est d’ailleurs le but du Fonds éthique, qui a été créé il y a 25 ans et qui, selon lui, « a un impact réel ». À son lancement en 1986, le Fonds éthique était en effet le premier et le seul fonds d’investissement socialement responsable au Canada.


    Daniel Solomon est chef des placements chez Northwest and Ethical Investments (NEI), organisation créée il y a cinq ans par la mise en commun des actifs du Groupe financier Desjardins et du Groupe des coopératives de crédit provincial du Canada. « Le Groupe des coopératives détenait les Fonds éthiques et Desjardins était propriétaire des Fonds Northwest, précise-t-il. Il y a un peu plus de cinq ans, les deux sociétés se sont unies pour gérer de façon conjointe les deux fonds. »


    Ce faisant, NEI administre deux fonds, l’un qui préconise des critères d’investissement éthique et l’autre qui gère « normalement » des fonds, ce qui permet de comparer les rendements et l’efficacité des deux approches. « Nous gérons des actifs valant un peu plus de 5 milliards de dollars, regroupés sous deux bannières : la bannière Northwest et la bannière Éthique, précise Daniel Solomon. Au Canada, nous détenons plus de 50 % du marché des fonds éthiques, nous sommes le joueur majeur. »


    Rendement comparable


    Or, rapporte-t-il, le rendement des Fonds éthiques se compare à celui du Fonds Northwest. « Selon ce qu’on observe, il n’y a pas de différences significatives qu’on pourrait établir dans un sens ou dans l’autre et qui affectent le rendement. On ne voit, par exemple, aucun effet négatif découlant des contraintes éthiques appliquées à nos investissements. »


    Il souligne néanmoins que toute comparaison est difficile à établir, puisque chaque fonds est composé d’une quinzaine de véhicules d’investissement différents. « Vous savez, on peut toujours pointer un fonds éthique qui n’a pas donné de bons rendements pour dire que ça ne marche pas !, lance-t-il en riant. Mais, pour nous, il importe que nos investissements donnent de bons rendements aux actionnaires. »


    « Je ne vois vraiment pas de différence entre les rendements des Fonds Northwest et ceux des Fonds éthiques, insiste-t-il. Mes objectifs d’investissement - ce sur quoi je suis évalué - c’est d’apporter des solutions qui battent les indices, qui ajoutent de la valeur, que ce soit un fonds du côté Éthique ou du côté Northwest. Et, de notre point de vue, nous sommes convaincus qu’il est possible d’avoir un rendement tout aussi appréciable », indique le chef des placements chez NEI.

     

    Placements stratégiques


    Par contre, Daniel Solomon insiste sur l’importance d’avoir un impact réel en investissant de façon éthique dans les entreprises. C’est ainsi que NEI investit dans des secteurs et dans des entreprises qui n’ont pas nécessairement une « feuille de route parfaite », qui n’appliquent pas forcément à la lettre tous les critères écologiques, sociaux et de gouvernance (ESG). NEI n’exclut pas non plus des pans entiers de l’économie - dont le secteur des ressources naturelles ou celui de l’énergie - malgré l’impact parfois néfaste que ceux-ci peuvent avoir sur l’environnement ou sur les collectivités. « On n’investit pas non plus nécessairement dans l’entreprise la plus éthique de son secteur, ajoute Daniel Solomon, mais dans une entreprise qui est relativement acceptable, pour ensuite contribuer activement à améliorer son bilan ESG. »


    C’est ainsi que NEI se veut un investisseur proactif, qui se sert de son rôle d’actionnaire et de son expertise pour guider les entreprises vers de meilleures pratiques ESG. « Nous entretenons des discussions de fond avec les gestionnaires des entreprises dans lesquelles nous investissons, afin de les encourager à améliorer leur performance sur les plans écologique, social et de gouvernance, relate M. Solomon. Nous le faisons en collaboration avec eux. Nous sommes des actionnaires activistes et je pense que nous sommes pratiquement les seuls au Canada à être aussi proactifs. »


    Son équipe agit de la sorte non seulement par « activisme », mais tout autant par souci d’obtenir de bons rendements à long terme. « Pour nous, il ne fait aucun doute qu’une entreprise qui est, disons, un grand pollueur aura de gros problèmes financiers à un moment donné, dit-il. De même, si elle est en conflit avec ses syndicats ou dans ses pratiques sociales, elle finira par avoir de gros problèmes financiers. Et même chose en ce qui a trait à la mauvaise gouvernance… C’est pourquoi, comme investisseur, nous sommes très soucieux des enjeux ESG. C’est une question de bon placement ! »

     

    Comme de notre santé


    Si NEI est un pionnier dans le domaine de l’investissement éthique, Daniel Solomon constate que, de plus en plus dans le monde de la gestion de portefeuilles, les gestionnaires prennent en compte des facteurs ESG. « À peu près tous les gestionnaires à l’oeuvre considèrent désormais les facteurs écologiques, sociaux et de gouvernance dans la sélection de leurs titres… Question de rentabilité à long terme », observe-t-il.


    Toutefois, s’empresse-t-il d’ajouter, toutes les entreprises n’appliquent pas encore les critères éthiques. « J’aimerais penser qu’un jour toutes les entreprises fonctionneront de cette façon… Mais je pense que c’est un travail de longue haleine. Un comportement non éthique peut, à court terme, être plus rentable, mais, à long terme, je pense que ça ne le sera pas. »


    « C’est un peu comme pour notre santé personnelle, poursuit-il. On peut bien abuser de notre santé et ne pas trop éprouver de conséquences à court terme, mais, à la longue, éventuellement, ça nous rattrape. J’observe donc que la majorité des investisseurs sont de plus en plus très sensibles aux facteurs ESG. »



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