Planification - «Nous devrions passer autant de temps à la retraite que durant notre vie active»
Le revenu du retraité doit correspondre à 60 ou 70% de celui du revenu de travail
Le cycle de vie du REER ne peut être dissocié des besoins et des priorités du moment. Pas étonnant, donc, que les Canadiens commencent à y contribuer, en moyenne, à l’âge de 43 ans.
Fernand Loiselle, directeur général pour le bureau de Québec du Groupe Investors, souligne que la strate des 25-40 ans porte généralement son attention sur les dépenses, moins sur l’épargne. Chez les 40-60 ans, l’endettement demeure élevé, alors que dans le segment des 60 ans et plus, il faut penser décaissement. Ce faisant, l’on rate généralement beaucoup d’économies d’impôt et la roue du rendement composé commence à tourner sur le tard. Cette distinction étant, « il n’est jamais trop tard pour commencer à cotiser, quitte à emprunter intelligemment pour le faire. D’autant que les entreprises se retirent de plus en plus du système de régimes complémentaires de retraite ».
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« Il faut avoir un plan pour le faire. C’est comme aller voir le médecin et se faire rappeler les conséquences potentielles de mauvaises habitudes de vie. Un plan peut servir d’électrochoc », a ajouté le planificateur financier. « L’épargne-étude ou une année sabbatique, ça se planifie. Le décaissement se planifie également. Mentionnons les stratégies de fractionnement de revenu à 65 ans. Ou encore la possibilité de cotiser maintenant et de déduire plus tard. Que penser des arbitrages entre le REER et le régime d’épargne-étude, qui comporte sa subvention ? Ou entre le REER et le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) ? », énumère-t-il.
« Nous devrions passer autant de temps à la retraite que durant notre vie active. Ainsi, croire que l’État va pourvoir à nos besoins une fois la retraite venue relève de la pensée magique. Et je n’ai jamais vu quelqu’un me dire qu’il avait trop d’argent à sa retraite. »
À ses yeux, le REER demeure l’abri fiscal le plus démocratique et les excuses pour ne pas y cotiser tiennent difficilement la route. « Certes, on ne peut échapper au cas par cas. Mais se dire que l’on est trop jeune pour cotiser à un REER, qu’on a d’autres priorités, que le cumul des contributions non versées permettra un rattrapage ou qu’on ne connaît rien à la finance, tout cela relève du mythe. On peut alors faire appel à l’épargne systématique ou encore à un REER collectif en milieu de travail. Pourquoi ne pas prendre de bonnes habitudes tôt dans la vie ? »
Fernand Loiselle met également un bémol au recours au régime d’accession à la propriété (RAP) ou au régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP). « C’est de l’argent que l’on retire et qui ne fructifie plus au sein du REER. Mais, ici, tout est question de besoins. Si la mise de fonds à l’achat d’une propriété est autrement insuffisante ou si l’on décide de cotiser à son REER au prix d’un endettement trop lourd, le RAP peut être une solution pertinente. »
Onéreuse retraite
Le planificateur financier observe toutefois, sur le terrain, que la procrastination a la vie dure. Et qu’ils sont nombreux à croire qu’il n’en coûte presque rien à la retraite. « À la retraite, on dispose de temps, qu’il faut bien occuper. Or, cela prend de l’argent. » Viser un revenu à la retraite correspondant à 60 ou 70 % de celui gagné lors des dernières années de vie active demeure un bon paramètre, ajoute-t-il, en soulignant que la donne peut changer avec tous ces gens de plus en plus nombreux à prendre une retraite hâtive ou une préretraite à partir de 60 ans. Avec, également, cette dette toujours plus présente et persistante dans le temps.
Et aux personnes tentées de miser uniquement sur un éventuel héritage ou autre transfert intergénérationnel, l’expérience de Fernand Loiselle en planification successorale lui fait dire que les retraités veulent d’abord et avant tout profiter de leur patrimoine. « Il y a 30 ans, il n’était pas rare d’observer une valeur nette de 500 000 $, sans dette. Aujourd’hui, le patrimoine peut atteindre un million de dollars d’actif, mais renfermer également 500 000 $ de dette. S’ajoutent l’impôt à payer lors du transfert et d’autres considérants. Au final, ne rien faire et attendre un héritage constitue également de la pensée magique », illustre le directeur régional du Groupe Investors.









