Rendements - Place au risque et à la témérité
«Les marchés boursiers nord-américains devraient profiter d’une meilleure conjoncture en mi-2013 et en 2014»
« Depuis que Franklin Templeton a commencé à étudier le profil des investisseurs en 2009, jamais les investisseurs canadiens ne se sont montrés aussi confiants et disposés à prendre des risques », a résumé Don Reed, président et chef de la direction de la Société de placements Franklin Templeton.
Selon le sondage mené en janvier 2013, réalisé au moyen du Forum Angus Reid, 82 % des répondants s’associent à un profil d’investisseur donné. Du lot, « le pourcentage des investisseurs qui se décrivent comme “téméraires” a augmenté et est passé à 14 %, alors qu’il avait été relativement stable, à 8 %, pour les quatre dernières années ». En toile de fond, 46 % des répondants affirment craindre de manquer d’argent à la retraite.
D’où la recherche de rendements plus élevés, après plusieurs années de disette. « Depuis 2008, beaucoup de personnes ont transféré les fonds qu’ils épargnent en vue de la retraite dans des obligations et des titres liquides à faible rendement, ce qui fait que l’inflation a raison du peu de croissance générée par ces placements », a souligné M. Reed. « Afin d’aider leur régime d’épargne-retraite à prendre de la valeur, les Canadiens doivent investir dans les marchés boursiers à long terme. »
L’attitude face au risque diffère selon les régions. Ainsi, à l’échelle canadienne, les Albertains apparaissent comme les plus téméraires. À l’opposé, les Ontariens et les Québécois sont ceux qui se déclarent les plus réfractaires ou frileux face aux risques. En revanche, les Québécois sont ceux qui manifestent le moins de préoccupations d’ordre financier quant à la retraite.
Cette ouverture accrue face au risque s’inscrit dans un contexte où on s’attend que 2013 soit une année favorable à l’investissement boursier. Du moins, les actions ordinaires attirent toujours plus les regards malgré l’embellie de 2012, et les capitaux quittent de plus en plus les placements à revenu fixe en ce début d’année. Une grande inconnue demeure : l’amorce d’une hausse des taux d’intérêt attendue au Canada, dont l’ampleur est fonction d’une accélération de l’activité économique qui pourrait surprendre aux États-Unis, ce pourrait assurément brouiller les cartes.
La Bourse, avec prudence
L’année 2012 a été plutôt intéressante dans l’univers des placements. Et deux marchés ont retenu particulièrement l’attention : celui des actions aux États-Unis et en Europe. En dollars canadiens, l’indice EAEO, pour Europe, Australasie et Extrême-Orient, a terminé 2012 avec un bond de 14,8 %. Suit l’indice SP 500 de la Bourse de New York, qui a progressé de 13,5 % l’an dernier une fois converti en dollars canadiens.
La Bourse de Toronto, avec sa surreprésentation du segment des ressources naturelles, a été rattrapée par le ralentissement économique mondial. Le S P/TSX a tout de même affiché un gain de 7,2 % en 2012. L’indice Univers des obligations canadiennes ferme la marche avec une progression de seulement 3,6 % l’an dernier. Le gain oscille entre 2 et 5,2 % selon que l’obligation est à court ou à long terme, et entre 3,6 et 6,2 % selon que l’émetteur est le gouvernement canadien ou une entreprise.
Pour 2013, le scénario dominant table sur un environnement économique difficile mais stable dans la zone euro, sur un atterrissage en douceur de l’économie chinoise et sur une accélération de l’activité économique aux États-Unis. L’économie canadienne, avec le poids de ses ressources naturelles, est donc appelée à bénéficier de cet élan.
Ce faisant, le marché des actions demeure privilégié par rapport à celui des obligations et, au sens plus large, des titres à revenu fixe (comprenant les fonds immobiliers et de dividendes, dont les cours sont très élevés). On retient que, même si l’indice symbolique Dow Jones se situe désormais à son sommet en cinq ans, le ratio cours/bénéfices moyen des Bourses américaine et canadienne se situe à 13 fois, un niveau qualifié de raisonnable. Et que 2013 pourrait surprendre en étant une année d’amorce d’une remontée du loyer de l’argent et d’un déplacement vers le haut de la courbe de rendement, ce qui nuirait aux titres obligataires et immobiliers.
Voir à long terme
Cela étant, il faudra être plus sélectif et retenir les perspectives de long terme cette année, compte tenu de l’évaluation actuelle des marchés. À la Financière Banque Nationale, on maintient une répartition 55-40 entre les actions et les obligations. Mais on suggère de sous-pondérer les actions canadiennes. Les analystes de l’institution croient que les attentes et les anticipations sont trop élevées. Ils estiment que le potentiel de hausse du S P/TSX demeure très limité. On se montre un peu plus enthousiaste au Mouvement Desjardins. « Les marchés boursiers nord-américains devraient profiter d’une meilleure conjoncture en mi-2013 et en 2014. Les bénéfices des entreprises poursuivront leur croissance, aidant le S P 500 à augmenter de 5 % en 2013 et de 7 % en 2014. Les prix des matières premières devraient commencer à remonter en seconde moitié de 2013, poussant le S P/TSX vers une croissance de 7 % en 2013 et de 10 % en 2014. Ces rendements sont nettement supérieurs à ceux attendus sur le marché obligataire, dont les possibilités d’appréciation sont plutôt limitées. »







