Vos placements - Faut-il s’inquiéter de l’endettement des ménages?
L’endettement immobilier et autre des Canadiens est à son sommet historique (153 % des revenus) et cela pourrait mettre nos banques à risque éventuellement, surtout lors d’une hausse éventuelle des taux. Cette hausse n’est sans doute pas pour demain, vu le marasme persistant en Europe qui, par ricochet, fait souffrir aussi les autres pays en général et ceux qui sont fortement exportateurs en particulier, dont la Chine qui, depuis le début de la crise, avait pu servir de locomotive pour l’économie mondiale mais qui commence à peiner. Mais hausse il y aura (fin 2012 ou 2013 ?) et il faudra voir la capacité qu’auront les ménages canadiens à l’absorber. Sur de grosses dettes comme les hypothèques, cela aura un impact certain.
Annie
Comme le dit Annie, l’endettement des ménages canadiens est important. La dette totale des ménages équivaudrait à 153 % de leurs revenus disponibles et, dois-je ajouter, 163 % selon les nouvelles statistiques corrigées. Il s’agit du plus haut taux d’endettement jamais atteint par les ménages canadiens. Faut-il s’en inquiéter ? Dans une certaine mesure oui, mais pas parce que nos banques sont directement exposées au risque accru de défaut que sous-entend un taux d’endettement plus élevé des ménages. Pourquoi ? Parce que le gros de la hausse du taux d’endettement provient de l’augmentation sensible des prix des maisons et, donc, du montant des hypothèques ayant dû être contractées. Or les hypothèques émises par les banques sont majoritairement garanties par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). La SCHL est un organisme du gouvernement canadien et, de ce fait, il jouit de la plus haute cote de crédit au pays. Advenant un défaut de paiement sur ces hypothèques, ce ne sont pas les banques qui écoperont, mais le gouvernement canadien. C’est ce dernier qui est à risque et non nos grandes banques. D’ailleurs, à ce propos, Jim Flaherty, notre ministre fédéral des Finances, constate qu’il a peut-être une patate chaude entre les mains, patate qu’il aimerait bien refiler au secteur privé d’ici cinq à dix ans. Avec un encours des prêts hypothécaires assurés correspondant à plus de 35 % du PIB canadien, on peut comprendre pourquoi M. Flaherty aimerait bien partager les risques de défaut avec le secteur privé.
Cela dit, nos banques peuvent éventuellement être affectées par un niveau d’endettement trop élevé des ménages, mais indirectement. Un tel endettement peut en effet, à terme, provoquer un fort ralentissement de l’activité économique, ralentissement qui pourrait être déclenché par une activité économique mondiale passablement affaiblie ou, et surtout, par un ralentissement de celle des États-Unis. Une hausse toujours possible des taux d’intérêt pourrait également faire basculer une économie dont les ménages sont trop endettés.
Mais, pour l’instant, nos grandes banques sont en bonne forme. L’économie au sud de notre frontière s’anime, surtout du côté de la construction, chose qui lui a fait grandement défaut depuis cinq ans. Les grandes banques canadiennes, étant de plus en plus présentes au sud de notre frontière, sont en mesure de profiter de cet élan. En particulier la Banque de Montréal qui, avec l’acquisition de Marshall Ilsely, exploite près de 700 succursales en terre américaine.
Les récents résultats des grandes banques américaines confirment qu’il y a amélioration des revenus tirés des activités d’intermédiation traditionnelles et des prêts octroyés aux entreprises, qu’il y a une baisse constante des provisions pour mauvaises créances et, surtout, qu’il y a une nette amélioration des revenus tirés de l’octroi de prêts hypothécaires. Ce dernier point est très important, car il est le reflet d’une nette reprise du secteur immobilier aux États-Unis.
Comme en font foi par ailleurs les statistiques sur les mises en chantier pour le mois de septembre aux États-Unis, celles-ci ont fait un bond magistral, passant de 770 000 à 872 000 unités sur une base annuelle. Il s’agit d’une progression de 15 % sur les données du mois d’août. Mieux, le nombre de permis accordés pour les nouvelles constructions a également avancé de 803 000 en août à 894 000 en septembre sur une base annuelle. Cela laisse présager qu’un vent favorable continuera de souffler sur l’industrie de la construction aux États-Unis au cours des prochains mois.
C’est là tout un redressement lorsqu’on sait qu’il y a un an et demi à peine, les mises en chantier aux États-Unis se trouvaient dans les bas-fonds à près de 500 000 unités sur une base annuelle.
Nous ne sommes pas éternels
M. Chiasson,
Dans votre chronique du 15 septembre dernier, vous affirmez « qu’un couple dont les conjoints sont présentement âgés de 55 ans doit posséder, en 2012, un avoir net après impôt de 802 000 $ s’il désire prendre sa retraite dès maintenant [et] être en mesure de soutenir un niveau de vie correspondant à 2,5 fois son seuil de pauvreté, la retraite durant ». Étant donné que ma compagne et moi avons respectivement 74 et 71 ans, nous nous demandons si notre situation actuelle est similaire, meilleure ou moindre.
Nos avoirs sont les suivants : condo de 400 000 $ (sans hypothèque, bien situé au centre-ville de Québec ; nous n’avons pas d’auto) ; FERR autogéré (solde) : 132 000 $ ; CELI : 25 000 $ ; autres épargnes ou placements : 35 000 $ ; total : 592 000 $ (dont 85 000 $ d’actions réparties entre huit entreprises canadiennes versant des dividendes dans le FERR et le CELI).
Nos revenus annuels sont : rentes gouvernementales garanties et partiellement indexées : 30 600 $ ; FERR : 11 600 $ à décaisser en 2013 ; RRQ : 14 100 $ ; SV : 12 800 $ ; intérêts et dividendes : 800 $ ; total : 69 900 $.
Nos frais de résidence sont : taxes municipales et scolaires : 4900 $ ; frais communs (incluant le chauffage et l’eau chaude) : 5300 $ ; total : 10 200 $.
Que penser de tout ça pour les 15 ou 20 prochaines années, sachant que nous sommes très actifs et en excellente santé ?
Deux admirateurs de Québec
Je ne veux pas être rabat-joie, mais vous questionner sur votre situation financière pour les 15 à 20 prochaines années alors que vous êtes âgés de 74 ans, c’est faire preuve d’un grand optimisme. Cela dit, en tenant compte de la valeur actuelle de près de 189 000 $ après impôt de vos rentes versées par votre ancien employeur, votre avoir net totalise près de 736 000 $ après impôt. C’est plus que suffisant alors qu’il faut environ un avoir net après impôt de près de 370 000 $ pour un couple âgé de 71 ans pour prétendre vivre adéquatement à la retraite. Cela, si je base mes calculs sur une espérance de vie de 80 ans. Mais, même si on suppose une espérance de vie de 90 ans, votre avoir requis s’élèverait alors à moins de 560 000 $ après impôt. Votre avoir actuel est déjà supérieur à ce montant. Donc, vous pouvez dormir tranquilles. En passant, mes félicitations pour avoir pris soin de construire un portefeuille composé d’actions de huit compagnies canadiennes versant de bons dividendes.
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