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Vos placements - De REER à FERR

Je lis toujours avec beaucoup d’intérêt votre chronique. J’apprécie vos conseils hautement professionnels, ce qui m’incite à vous soumettre mon dilemme.

J’ai 71 ans, en excellente santé, vis seule. Je suis retraitée du secteur public. Je reçois une rente de 2000 $ par mois de la CARRA, 560 $ par mois de la Sécurité de la vieillesse du fédéral et 695 $ par mois de la Régie des rentes du Québec. Je possède un REER de 350 000 $ majoritairement en actions que je devrai convertir en FERR avant le 31 décembre. J’ai un portefeuille personnel de plus ou moins 175 000 $ que je gère moi-même. Je possède une maison d’environ 300 000 $ libre d’hypothèque.


Voici mon dilemme : devrais-je retirer mon REER en totalité avant 2013 et payer de 35 à 40 % en impôt ou recevoir chaque année le montant exigé, ce qui me priverait probablement de la rente de la Sécurité de la vieillesse chaque année ?


Pour le meilleur de mes intérêts, que dois-je faire ? Un grand merci.


Simonne

 

Pour le meilleur de votre intérêt, vous n’encaisserez surtout pas votre REER d’un seul coup. Imaginez ! Sa valeur totalise 350 000 $. Ce montant s’ajouterait à vos autres revenus imposables de 2012 pour être taxé en bonne partie au taux marginal d’impôt de 48,2 % (taux combinés fédéral et provincial). La facture serait très salée, de près de 170 000 $. Ouf ! N’allez surtout pas commettre une telle erreur.


Ce que vous devez faire, c’est convertir votre REER en FERR avant la fin de l’année. Puis vous verrez à effectuer les retraits minimums exigés par la loi. Dans votre cas, pour la première année, ce retrait correspondra à.0738 de la valeur de votre REER au 1er janvier 2013. Si cette valeur est encore de 350 000 $, vous devrez donc retirer de votre régime un montant de 25 830 $. Ce montant s’ajoutera à vos autres revenus, qui totalisent près de 39 000 $ par année. Vos revenus totaux s’élèveront donc à près de 65 000 $, soit en deçà du seuil de 69 562 $ (de revenus nets) à partir duquel le gouvernement canadien commence à réduire votre pension de la Sécurité de la vieillesse.


Votre questionnement erroné vient de votre incompréhension quant au calcul qu’effectue le gouvernement pour réduire ladite rente. Ce dernier ne l’abolit pas totalement dès que votre revenu net franchi la barre de 69 562 $. Il ne fait que réduire votre rente annuelle de 0,15 $ pour chaque dollar gagné au-dessus de ce seuil. Cela signifie que, pour perdre totalement votre rente fédérale, il faudrait que votre revenu imposable annuel atteigne 112 772 $, ce qui ne sera pas le cas, loin de là. En fait, selon les retraits annuels exigés du FERR, votre rente fédérale ne sera pas réduite avant huit ou neuf ans.


Voici un lien au site du Centre québécois de formation en fiscalité sur le tableau des pourcentages des retraits minimums devant être effectués à partir de 60 ans : http://www.cqff.com/tableaux_utiles/tab_retraitferr.pdf.


Enfin, vous pouvez demander à votre institution qu’elle vous verse ledit retrait annuel sur une base mensuelle.

 

Les fonds des travailleurs


J’ai quitté mon emploi et j’ai un fonds de pension à placer. Eux me suggèrent une rente collective ; moi, je pensais placer ça dans le Fonds de solidarité de la FTQ. Est-ce possible ? Est-ce un bon choix ?


D’autre part, je n’ai pas de conseiller financier. Comment en trouver un de confiance ? J’ai déjà eu une mauvaise expérience avec mon ancien conseiller et je ne veux pas revivre ça une autre fois !


Merci à l’avance de vos réponses.


S. H.

 

Il existe deux situations particulières où les fonds des travailleurs s’avèrent très intéressants : pour les personnes approchant de leur retraite et pour les familles dont le revenu ne sera jamais suffisant pour construire l’avoir requis à la retraite.


Dans le premier cas, la pertinence d’un fonds de travailleur s’explique par le fait que le poids du crédit d’impôt (30 % combiné fédéral/provincial du montant investi pour le Fonds FTQ ; 40 % pour le Fondaction de la CSN) dans le rendement global pour ce type de placement est important lors des premières années de détention. C’est facile à comprendre. La valeur actuelle du crédit d’impôt est très élevée au cours des premières années de vie du placement. Si vous pouviez acheter les unités d’un de ces fonds, recevoir le crédit d’impôt pour ensuite vendre lesdites unités un an après leur achat, le rendement annuel de votre capital investi serait de 30 % dans le cas du Fonds FTQ (plus l’appréciation annuelle de l’unité s’il y a lieu) et de 40 % dans le cas du Fondaction.


Le rendement sera alors presque entièrement constitué du crédit d’impôt. Le hic : on ne peut pas vendre les unités d’un tel fonds comme on le veut. Essentiellement, il faut être à la retraite pour le faire. Ceux qui approchent de la date de leur retraite (dix ans et moins) ont donc tout intérêt à acheter les unités de ces fonds, alors qu’ils pourront encaisser leur placement dans un laps de temps suffisamment court pour profiter de la valeur actuelle encore élevée du crédit d’impôt.


Sur une très longue période, 20 ans et plus, la valeur actuelle dudit crédit devient insignifiante et ne compte plus tellement dans le rendement global du placement. Ledit rendement à très long terme ne sera alors constitué en très grande partie que de l’appréciation de l’unité. Or, l’appréciation composée annuelle de ces unités n’a pas été très élevée sur une très longue période. C’est pourquoi, pour les personnes beaucoup plus jeunes qui sont à 20 ans et plus de la date de leur retraite, investir leur argent dans d’autres formes de placement au rendement potentiel supérieur (comme les actions de grandes sociétés) est préférable, tout en cotisant bien entendu au REER.


Il y a cependant une exception ici. Elle concerne les familles dont la situation budgétaire est très restreinte. Il existe en effet des familles dont les revenus ne sont et ne seront probablement jamais très élevés, à tel point que les parents pourront difficilement épargner leur vie active durant. Pour ces familles, je recommande alors de canaliser l’épargne qu’elles pourront réaliser à l’achat de ces unités pour les montants maximums permis chaque année, dans la mesure où leur niveau d’imposition leur permet de réclamer la totalité des crédits d’impôt accordés. Elles verront évidemment à verser ces unités à titre de cotisation annuelle au REER. Grâce aux économies et reports d’impôt réalisés, ces familles pourront à long terme construire un portefeuille REER qui les aidera grandement à vivre convenablement à la retraite.

***

 

cchiasson@proplacement.qc.ca


Classe Internet : www.proplacement.qc.ca

 
 
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