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Vos placements - Une stratégie de placement adaptée

29 septembre 2012 | Claude Chiasson | Finances personnelles

Quelle est la meilleure stratégie de placement à adopter pour se protéger des risques provenant du fait que nos économies puissent s’enliser dans une trappe de liquidité ?


F. R.



Alors que la situation économique est mauvaise en Europe, moins bonne que prévu en Chine, et qu’elle demeure difficile aux États-Unis, les banques centrales injectent des sommes colossales dans l’économie (achats illimités d’obligations souveraines en Europe, travaux d’infrastructures et baisse des réserves bancaires en Chine, rachats massifs de titres hypothécaires aux États-Unis).


La question que je me pose est la suivante : ces injections massives de dollars et d’euros ne vont-elles pas se retrouver, au moins en partie, à la Bourse. Si oui, malgré la récession qui s’annonce en Europe et les menaces qui planent sur l’économie américaine, se pourrait-il que les actions, notamment celles des grands groupes financiers américains (dans les coffres desquels aboutiront une bonne partie des injections de monnaies), gagnent en valeur, malgré la mauvaise situation économique ? Ou bien faut-il penser que des sommes colossales demeureront sur les lignes de côté, en attendant des jours meilleurs ? Ce second scénario est également plausible puisque, malgré les injections massives de monnaies, l’inflation demeure modérée, ce qui supposerait que la vitesse de circulation de la monnaie aurait beaucoup diminué.


Je suis porté à penser que, pour anticiper l’évolution des grands indices boursiers, une prévision de la croissance économique ne suffit plus et qu’il est devenu impératif d’accorder beaucoup plus d’importance aux politiques monétaires, à cause des interventions majeures des banques centrales.


Bien sûr, l’or et les producteurs aurifères profiteront de la situation, tôt ou tard.


Qu’en pensez-vous ?


R. M.

 

Dans un premier temps, pour le bénéfice des lecteurs, voyons ce qu’est une trappe de liquidité. Un pays se trouve dans une trappe de liquidité lorsque sa politique monétaire atteint un stade où toute baisse ultérieure des taux d’intérêt à court terme n’a plus véritablement d’impacts positifs sur l’activité économique. Avec des taux directeurs à 1 % et moins selon le cas, on peut dire que les banques centrales occidentales en sont rendues à ce stade. Leur outil monétaire est pratiquement neutralisé. C’eût été le cas si les banques centrales n’avaient pas accouché d’une nouvelle mesure qu’on appelle assouplissement monétaire quantitatif.


Selon cette nouvelle arme, les banques centrales se permettent d’acheter directement les titres de créance des gouvernements, des organismes paragouvernementaux, des États, des municipalités, voire des entreprises, en imprimant simplement de nouveaux billets. Ce recours tous azimuts à la planche à billets (recours illimité s’il le faut) aura permis de sauver les meubles pour le moment, surtout au niveau des marchés boursiers et obligataires.


Dans la mesure où une telle trappe de liquidité nous assure des taux d’intérêt très faibles pendant encore plusieurs années, tous les actifs générant des revenus réguliers et croissants sont au menu.


Les dirigeants européens et américains ont su de toute évidence s’inspirer des déboires du Japon dans les années 90. Ce pays plongeait en effet, à ce moment-là, dans une trappe de liquidité dont il tente encore de s’extirper sans trop de succès. Le Japon a été lent à constater ladite situation et, donc, lent à réagir. Aussi, autant les valeurs de son marché immobilier que celles de la Bourse ont subi toute une dégelée. D’ailleurs, le marché boursier nippon ne s’en est jamais remis, alors que l’indice se trouve toujours à moins de 10 000, lui qui virevoltait à plus de 36 000 avant la récession 1990-1991.


L’Europe et les États-Unis tentent aujourd’hui de ne pas commettre la même erreur en recourant à l’assouplissement monétaire quantitatif.


L’Europe, à cause des divergences politiques subsistant entre les nombreux pays membres de l’Union, a hésité longtemps avant de recourir à l’assouplissement monétaire quantitatif. C’est maintenant chose faite depuis un peu plus de deux semaines. Aux États-Unis, la banque centrale a récemment annoncé son troisième plan d’assouplissement monétaire quantitatif depuis 2008.


Dans un tel contexte d’injection de liquidités presque sans limite, il est sûr qu’il y aura de plus en plus d’argent pour courir après les mêmes actifs. Car, de toute évidence, la croissance de la masse monétaire sera de loin plus rapide que la capacité de nos économies à accoucher de nouveaux actifs porteurs de revenus. Les actions des grandes entreprises bien établies, générant des flux de trésorerie élevés et montrant un solide historique de versements de dividende, continueront d’être très recherchées.


Les métaux précieux profiteront de ces politiques d’assouplissement monétaire quantitatif, dont l’effet ultime est la dépréciation des grandes devises que sont l’euro, le dollar américain et le yen.


Par contre, comme semble le comprendre notre second interlocuteur, le recours tous azimuts à la planche à billets ne garantit pas pour autant que les économies occidentales s’engageront dans un cycle de solide croissance.


En effet, les gouvernements trop endettés et aux prises avec des déficits budgétaires très élevés seront tôt ou tard forcés de prendre des mesures fiscales austères qui feront contrepoids aux politiques monétaires très stimulantes. Des mesures fiscales trop austères pourraient même faire basculer nos économies en récession en dépit des taux d’intérêt très faibles et de la mer de liquidités injectées dans le système financier par nos banques centrales.


Dans un tel cas, un recul sensible des indices boursiers est possible. C’est pourquoi j’estime qu’il est justifié dans le contexte actuel de maintenir une répartition prudente de son portefeuille global, c’est-à-dire 50 % en actions et 50 % en titres à revenus fixes de qualité.


cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet : www.proplacement.qc.ca

 
 
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