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    Vos finances - Un fonds de couverture résilient

    Reconnu pour son fonds Améthyste, destiné aux institutionnels, Gestion Cristallin s'inspire des leçons tirées de la crise de 2008 pour offrir depuis peu Topaze, un fonds de couverture multistratégies. Petite histoire d'un gestionnaire québécois de fonds de couverture résilient aux cycles, qui a eu peur durant la crise de 2008.

    Le spécialiste québécois des opérations d'arbitrage chasse les déséquilibres de marché et peut traquer les écarts, aussi minces que 15 ¢ ou 25 ¢, provenant d'événements de marché ou d'inefficacités apparaissant, entre autres, lors de fusions et d'acquisitions de sociétés inscrites en Bourse. En 14 ans, il n'aura affiché qu'un seul rendement annuel négatif. On le devine, c'était en 2008, l'histoire d'un trimestre fatidique. Améthyste n'a pu éviter l'onde de choc de l'effondrement des cours boursiers dans le sillage de la faillite de Lehman Brothers, affichant un plongeon de 32 % au cours des trois derniers mois de 2008. Marc Amirault, président et gestionnaire principal de Cristallin, parle d'un climat de crise, de vraie crise, ayant prévalu alors. «Nous étions dans un marché de panique, d'irrationalité. Le monde a eu peur. Il a à ce point paniqué que l'on s'est retrouvé à un moment donné avec des titres de bons du Trésor américain se négociant au-dessus de 100, ce qui implique un rendement négatif. Les gens étaient prêts à payer pour obtenir la sécurité du Trésor américain. Les arbitrages rationnels ne tenaient plus.»

    Cristallin n'a pas vendu. L'année 2008 s'est terminée avec un rendement négatif de 28,8 %. Mais Améthyste a rebondi pour faire du 55,5 % en 2009, puis du 14,9 % en 2010. En 2011, «on a senti, dès le début, que l'année s'annonçait difficile. Nous nous sommes arrangés pour ne pas retourner en enfer. Nous avions peur.» En 2011, le rendement a été de 5,24 %, soit 424 points de pourcentage de plus que le rendement des bons du Trésor canadien.

    Cristallin fait de l'arbitrage sans la distorsion provoquée par le jeu des anticipations. «En règle générale, nous gérons de façon neutre, selon un modèle mathématique. Mais, en 2011, nous avons peut-être été "surcouverts" d'un point de vue mathématique.» Cristallin est quelque peu sorti de son modèle, notamment à cette part du modèle consistant à racheter lorsque le marché tombe. De plus, «nous avons misé sur d'autres instruments».

    Marc Amirault retient que, lors de la crise de 2008, les fonds de couverture du type «global macro» et «long/short» quantitatif ont bien fait. Tirant aussi les leçons de ses ratés de 2008, Gestion Cristallin a développé un produit dit plus robuste, pour un public un peu plus large. Le fonds multistratégies Topaze et sa version offshore, optimisés sur le plan fiscal, reposent sur une souscription minimale de 25 000 $ pour les investisseurs accrédités et de 150 000 $ pour ceux ne répondant pas à cette définition. L'offre comprend trois unités distinctes, différenciées selon la structure de frais et le statut de l'investisseur, offertes en continu au prix initial de 10 $.

    «Nous avons appris de 2008. Et tout va bien pour nous tant que l'univers est rationnel. Tant que les bons du Trésor américain ne vont pas à plus de 100, nous sommes capables de fonctionner, répète Marc Amirault. Pour nous, l'environnement actuel recèle des aubaines. Des gens ont peur, on peut rechercher les soldes.»

    Par son approche, Cristallin est sensible aux taux d'intérêt, à la volatilité des marchés, «qui nous aide», et aux écarts de crédit sur les obligations — «plus l'écart augmente, plus cela nous fait mal». Mais, en définitive, tout finit par s'équilibrer et par dégager des rendements positifs.

    Si Améthyste entre dans la catégorie spéculative par son statut de fonds de couverture, son écart type est inférieur à celui affiché par un portefeuille d'obligations sous des conditions de fonctionnement normal des marchés financiers. Au 31 décembre 2011, la volatilité annualisée d'Améthyste atteignait 8,9 %, mais 4,8 % avant la crise de 2008 ainsi que depuis la mi-2010, et le fonds d'arbitrage présentait une absence quasi totale de corrélation avec les autres catégories d'actif.

    Pour Topaze, Cristallin vise un rendement annuel de 10 à 12 % au-dessus du taux LIBOR américain de 90 jours, avec une volatilité annuelle de 6 à 8 %. Le gestionnaire cible également une corrélation avec les indices boursier et obligataire canadiens et américains inférieure à 0,40 en ayant recours à plusieurs stratégies de couverture visant à identifier les inefficacités ou anomalies par le jeu d'arbitrages, d'évaluation relative et de techniques de sélection ou de «market timing», essentiellement sur le marché nord-américain. Quant aux frais de gestion annuels, ils oscillent entre 1,5 % et 2,5 %, selon l'unité, auxquels s'ajoute une prime à la performance de 20 % sur la croissance de l'actif net du fonds.

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    Cette chronique s'inspire d'un texte publié dans le magazine spécialisé Conseiller.
     
     
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