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    «Je ne dis jamais non à un petit contrat de peinture»

    Pierre Reneault, 68 ans, a pris sa retraite il y a un an. «J'ai cessé de travailler en avril 2011. C'était devenu un emploi à temps partiel, à raison de deux jours par semaine. Mais plus le temps passait, moins j'étais motivé à me rendre au travail», souligne-t-il.

    Il y a quelques mois, pour célébrer sa retraite définitive, il a acquis une roulotte à sellette (communément appelé un cinq-essieux) qui campe dans le parc de maisons mobiles de Clearwater, sur la côte ouest de la Floride, où il passe une partie de ses hivers, à l'image des quelque 200 000 «snowbirds» québécois qui migrent vers le sud dès le moment où les feuilles des arbres se mettent à tomber en rafales. Tout comme lui, ses voisins québécois, mais aussi ontariens, vivent de leurs rentes et surveillent, parfois avec anxiété, l'évolution des marchés financiers et boursiers.

    Il a toutefois du mal à se faire à l'idée qu'il a raccroché pour de bon. «Si j'ai la chance de remplir des petits contrats de peinture, je ne dis jamais non, tient-il à préciser. J'aime encore travailler pour me rendre utile, et c'est tant mieux si ça me rapporte de l'argent.» Pierre Reneault ne se perçoit pas comme un riche retraité, mais sa vie à l'écart du travail lui procure de beaux moments. Les ennuis financiers, il ne connaît pas. Mais il ne prend pas de risques inutiles pour aller chercher des rendements hors de portée. Dans son cas, pas question de décaisser l'argent du REER (Régime enregistré d'épargne retraite) de façon intensive. «Je ne veux pas toucher au capital investi», dit-il. Il prend régulièrement le pouls du marché auprès de son planificateur financier, qui s'empresse de le rassurer. «Je ne vous cacherai pas que l'instabilité boursière m'inquiète plus qu'auparavant», ajoute-t-il.

    Assumer sa décision


    Ce n'est toutefois pas un coup du hasard s'il a réussi à se constituer un assez bon pactole pour assurer ses vieux jours. Et il se félicite d'avoir fait preuve de discipline sur le plan de la gestion de ses finances personnelles. Pierre Reneault reconnaît qu'il a dû s'y prendre par deux fois avant d'assumer sa décision de prendre une retraite définitive. La première fois, il avait 55 ans. Il était alors dans la distribution alimentaire. «J'étais à mon compte et il me fallait remplacer mon camion, une dépense de 65 000 $. J'ai plutôt décidé de tout abandonner, croyant que le temps était venu de profiter de la vie. L'effet bénéfique a duré un mois! Je me suis mis à me morfondre. Puis, un ancien client m'a dit qu'il cherchait une tête grise pour travailler dans son commerce. J'ai tout de suite accepté. J'aurai été à son emploi pendant 12 ans», raconte-t-il, amusé.

    Pierre Reneault rentrera au Québec — il habite la Rive-Sud de Montréal — quand la neige aura fondu, du moins l'espère-t-il. Il s'estime chanceux de vivre avec assez d'argent dans les poches — et dans son compte de banque — pour aller au soleil quatre mois par année. «Mais je vois des retraités qui n'ont pas de fonds de retraite et qui vivent au jour le jour, qui ne peuvent s'offrir des petits luxes. Moi, je ne fais pas de folies, ni d'extravagances, et je dois admettre que même quand je fais des dépenses au resto ou dans un commerce de détail, j'ai toujours la calculatrice dans la tête. Je me demande si j'ai vraiment besoin d'acheter un bien ou de me payer un repas au resto», reconnaît-il.

    Comme quoi la retraite, même confortable, comporte son lot d'interrogations.

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