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    Vos finances - Prendre sa retraite en travaillant

    Si la retraite hâtive est de plus en plus découragée, l'hésitation demeure entre demander sa rente à 65 ans, prolonger sa présence sur le marché du travail ou combiner rente et travail. Les dernières modifications apportées au RRQ ne permettent pas de clarifier la réponse.

    Les Québécois prennent leur retraite plus tôt. Selon les statistiques de la Régie des rentes du Québec, au cours de la décennie 2000-2010, l'âge moyen des nouveaux bénéficiaires était de 61,7 ans. Dix ans plus tôt, soit en 1990, il était de 63,9 ans. En 2010, 96 % des gens concernés ont demandé leur rente du RRQ à 65 ans ou moins, dont 62 % à l'âge de 60 ans. En 1990, cette proportion de gens demandant leur rente à 60 ans était de 34 %. Avec les pressions qu'exerce le vieillissement de la population sur les régimes publics, on comprend mieux les modifications apportées par le gouvernement québécois, avec ces incitatifs défavorisant la retraite hâtive et favorisant la retraite tardive. «Déjà, si nous pouvons gagner deux ans, ce serait bien. Cela ferait une grande différence», a souligné Georges Langis, actuaire en chef de la Régie des rentes du Québec.

    Les modifications apportées dans le budget de 2011-2012, qui font écho à celles appliquées au Régime de pension du Canada, ne visent pas à pénaliser, mais plutôt à inciter, tout en protégeant les rentes de l'échelon inférieur. «Nous voulions lancer le message qu'il faudrait travailler un peu plus», résume Georges Langis. Mais le message envoyé est contradictoire. Actuellement, la rente anticipée doit répondre à l'une ou l'autre des conditions suivantes: soit un revenu de travail ne dépassant pas 12 525 $ en 2012 ou une entente avec l'employeur se traduisant par une réduction de la rémunération totale d'au moins 20 %. En 2014, cette rente de retraite anticipée sera inconditionnelle. «Il n'y aura plus de condition. Mais nous disons: pensez-y bien!»

    Dans le jargon spécialisé, on va passer du -5+5 à du -6+7. L'écart s'agrandit, atténuant d'autant l'attrait de la rente de retraite anticipée. Ces paramètres viennent de la pénalité mensuelle diminuant la rente du Régime des rentes du Québec si le départ à la retraite se fait entre 60 et 65 ans, qui passe de 0,5 à 0,6 % (en trois ans, après 2014). Et de la majoration mensuelle des rentes demandées après 65 ans, qui passe de 0,5 % à 0,7 % à compter du 1er janvier 2013.

    Dit autrement, l'incitation pour une retraite tardive fait en sorte qu'une rente demandée à 70 ans sera bonifiée d'au maximum de 42 % avec les nouveaux paramètres, contre 30 % auparavant. «Un travailleur qui décidera de repousser l'âge de sa retraite bénéficiera d'une rente qui pourrait atteindre presque une fois et demie la rente qu'il aurait touchée en quittant le marché du travail à 65 ans», peut-on lire dans la documentation de la RRQ. À l'inverse, le taux de réduction de la rente demandée à 60 ans, présentement de 30 %, atteindra graduellement les 36 % en 2016.

    Ce jeu d'équilibre vient modifier les calculs de point mort, de point d'inflexion en fonction de l'espérance de vie. Auparavant, on retenait que l'âge optimal était de 76 ans. En d'autres mots, les fiscalistes estimaient qu'avec le jeu des rentes correspondantes, il fallait à un bénéficiaire de 65 ans un peu plus de 11 ans pour rattraper un bénéficiaire de 60 ans. «Ce chiffre est une moyenne. Et il vaut ce qu'il vaut.» Georges Langis souligne que chaque situation est unique. On ne peut échapper au cas par cas. Il faut tenir compte de l'espérance de vie, mais également de l'état de santé de la personne, des antécédents familiaux, de sa planification financière, de la présence ou non de régimes complémentaires de retraite, etc. Une personne dont le père, la mère et le frère sont décédés jeunes d'une crise cardiaque aurait peut-être avantage à demander sa rente à 60 ans. Une autre présentant toutes les caractéristiques d'une vie potentiellement centenaire pourrait plutôt être tentée par la rente à 70 ans. Après tout, une rente demeure une gageure sur l'âge du décès, soulignent les fiscalistes.

    Quant à la décision de demander sa rente à 65 ans, la réponse est la même. C'est le choix entre une rente pleine et une rente coupée de 30 % (de 36 % en 2016). C'est aussi le choix entre une rente pleine et une rente pleine bonifiée de 42 %, a résumé Georges Langis.

    Ici, les paramètres du régime fédéral devront alors être pris en compte dans le calcul. On peut penser au supplément de revenu garanti (SRG), offert aux personnes retraitées à faible revenu. Le revenu d'emploi entre dans le calcul du SRG. Et s'il n'est pas imposable, il doit être inclus dans la déclaration de revenus. À l'heure actuelle, la prestation mensuelle maximum du SRG pour une personne célibataire est de 665 $, pour un revenu annuel maximum de 15 960 $. Les fiscalistes estiment que, grosso modo, pour chaque dollar de plus, on perd 50 ¢.

    Et il y a la sécurité de la vieillesse (SV), qui peut également pâtir de la présence d'un revenu de travail dans l'équation. Cette pension est versée à partir de 65 ans. Si une demande est présentée après cet âge, le demandeur a droit à un paiement rétroactif couvrant jusqu'à

    11 mois en plus du mois pendant lequel il fait sa demande. Cette pension de base est imposable. Et les pensionnés dont le revenu personnel net est de 66 335 $ ou plus (incluant la SV) doivent rembourser une partie de leur SV. Le remboursement devient total à partir d'un revenu de 107 000 $. En deçà, la prestation mensuelle maximum est de 526,85 $. Selon les fiscalistes, pour chaque dollar au-delà des 66 335 $, on perd 15 ¢.
     
     
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