Stratégie financière - Pourquoi attendre d'approcher la cinquantaine?
«On n'a pas nécessairement le temps de se refaire, en cas de revers de marché»
Le REER et le temps sont intimement liés. Dit autrement, le jeu du rendement composé, amplifié lorsqu'il s'accumule à l'abri de l'impôt, met l'accent sur l'importance d'investir tôt dans la vie. Mais la portée de l'effet composé, pourtant substantielle, peut être sous-estimée dans ce jeu d'arbitrage entre la consommation et l'épargne, et ce, davantage lorsque les perspectives de retraite sont lointaines.
Un Canadien va commencer à contribuer à son REER vers l'âge de 43 ans. «Il s'agit d'une moyenne. En réalité, les cotisations vont débuter soit très tôt, soit très tard», a résumé Gaétan Ruest, vice-président adjoint, Planification stratégique de portefeuille au Groupe Investors. Selon l'âge, et dans un contexte de rareté de l'é-pargne, les strates des 30 et 40 ans sont dominées par les préoccupations ou impératifs liés à la famille, à l'hypothèque, au régime d'épargne-études. Dans la cinquantaine, on se retrouve généralement au sommet de l'échelle salariale, avec une hypothèque idéalement payée. C'est le moment du rattrapage en matière d'épargne-retraite.
Mais alors, selon le temps restant avant la retraite, le choix des placements se limite, très souvent, aux titres à revenu fixe et au capital garanti. «On n'a pas nécessairement le temps de se refaire, en cas de revers de marché», rappelle Gaétan Ruest. Et on est dépendant de la conjoncture du moment. Le contexte actuel, avec peu ou pas de rendement au cours des cinq dernières années et une perspective de faibles taux d'intérêt pour l'avenir immédiat, en est une bonne illustration.
Avoir 20 ans
Reste la strate de la vingtaine, une période optimale pour la contribution au REER. Le jeune n'a pas d'hypothèque, pas d'enfant. Il a peu ou pas d'obligations, mais il a des désirs. Et pour lui, la retraite, c'est lointain, très lointain. «Il ne voit pas nécessairement la valeur temporelle de l'argent. Dans l'arbitrage entre la consommation et l'épargne,
il peut être difficile de le convaincre de mettre 5 ou 10 % de son revenu dans un REER.» Pourtant, l'effet composé est substantiel, insiste le spécialiste du Groupe Investors. «On n'a pas idée de ce que 1000 $, investis tôt dans la vie, peuvent devenir avec le temps.» En fait, 1000 $ investis au taux de 5 % par année deviennent 1628 $ après 10 ans, 2653 $ après 20 ans, 3386 $ après 25 ans, 8985 $ après 45 ans.
Cela dit, une contribution au REER demeure une contribution au REER, avec sa déduction fiscale et son revenu de placement s'accumulant à l'abri de l'impôt, une contribution répartie entre les deux grandes périodes de pointe que sont la vingtaine et la cinquantaine. «Le REER est un véhicule dédié à la retraite, proposant ainsi l'horizon de temps le plus long dans le domaine de l'investissement», souligne Gaétan Ruest. Un horizon pouvant aisément déborder l'âge de la retraite.
Un REER doit cependant être liquidé au plus tard à la fin de l'année au cours de laquelle le titulaire atteint l'âge de 71 ans. Même après, il est possible de reporter une partie de l'impôt à payer, en cotisant notamment au REER du conjoint s'il est âgé de moins de 71 ans, pourvu toutefois de détenir des droits de cotisation reportés d'années antérieures ou d'avoir dégagé un revenu gagné l'année précédente. Ou encore en transformant le REER en rente ou en Fonds enregistré de revenu de retraite.
Investir à tout âge
Le REER ne pouvant être dissocié du temps, cet horizon temporel viendra également influencer le choix des placements à l'intérieur des régimes. «Sur ce, je m'inscris en faux contre cette règle du pouce créant une association entre l'âge et la proportion de revenu fixe dans le portefeuille.»
Le vice-président d'Investors fait référence à cette règle proposant qu'une personne âgée de 30 ans devrait consacrer 30 % de son portefeuille aux titres à revenu fixe, une personne âgée de 40 ans, 40 %, et ainsi de suite. «Ce n'est pas vrai. Il faut s'en remettre à son propre degré de tolérance au risque. C'est le sentiment à l'égard du risque qui viendra définir les proportions fixe et variable.»
Quant au cycle du marché, «certes, il aura une influence. Mais, à n'importe quel moment dans le passé, rarement nous sommes-nous retrouvés dans une situation qu'on peut qualifier de normale. Or plus longtemps on conserve le titre, plus le rendement anticipé devient normal. L'échelle de temps a tendance à normaliser le rendement.» Gaétan Ruest conseille d'éviter le market timing. Rarement parvient-on à acheter au creux et à vendre au sommet. «Si on recherche de la croissance, on choisit les actions et on les conserve.»
Le REER, c'est pour la retraite!
Le REER étant un régime dédié à la retraite et, donc, tributaire du temps, le spécialiste du Groupe Investors se montre, au passage, plutôt réticent envers les retraits partiels en cours de route, même dans le cas d'un régime d'accession à la propriété. «Surtout si on éprouve de la difficulté à rembourser le REER ensuite. Le REER n'est pas un outil à tout faire. Il est conçu pour l'épargne-retraite. Les ponctions en cours de route viennent amputer la croissance de l'épargne au sein du régime, ce qui, en bout de piste, se traduit par moins d'argent pour la retraite ou par un prolongement de la période de travail.»
Et, dans cet arbitrage REER-compte d'épargne libre d'impôt (CELI), tout sera fonction de la discipline. «Le CELI offre une flexibilité que le REER n'a pas. Puisqu'on peut retirer des sommes du CELI comme on veut, cette facilité d'accès peut devenir trop tentante.»
REER ou CELI
L'épargne fiscale est immédiate avec le REER, elle vient plus tard avec le CELI. Ainsi, on retient généralement que, si le taux d'imposition est égal à l'entrée et à la sortie, on choisira indifféremment une cotisation au REER ou une contribution au CELI. Si, au moment du retrait, le taux d'imposition est moins élevé, le REER, qui est un régime d'étalement du revenu imposable, aura un avantage. À l'inverse, si le taux lors du retrait est plus élevé, le CELI l'emporte. «La projection de ce que sera le futur devient complexe. Si on est indifférent entre le CELI et le REER, on aura à choisir entre la flexibilité du premier et la structure plus contraignante du REER. On en revient à la question de la discipline d'épargne et de placement», résume Gaétan Ruest.
Un Canadien va commencer à contribuer à son REER vers l'âge de 43 ans. «Il s'agit d'une moyenne. En réalité, les cotisations vont débuter soit très tôt, soit très tard», a résumé Gaétan Ruest, vice-président adjoint, Planification stratégique de portefeuille au Groupe Investors. Selon l'âge, et dans un contexte de rareté de l'é-pargne, les strates des 30 et 40 ans sont dominées par les préoccupations ou impératifs liés à la famille, à l'hypothèque, au régime d'épargne-études. Dans la cinquantaine, on se retrouve généralement au sommet de l'échelle salariale, avec une hypothèque idéalement payée. C'est le moment du rattrapage en matière d'épargne-retraite.
Mais alors, selon le temps restant avant la retraite, le choix des placements se limite, très souvent, aux titres à revenu fixe et au capital garanti. «On n'a pas nécessairement le temps de se refaire, en cas de revers de marché», rappelle Gaétan Ruest. Et on est dépendant de la conjoncture du moment. Le contexte actuel, avec peu ou pas de rendement au cours des cinq dernières années et une perspective de faibles taux d'intérêt pour l'avenir immédiat, en est une bonne illustration.
Avoir 20 ans
Reste la strate de la vingtaine, une période optimale pour la contribution au REER. Le jeune n'a pas d'hypothèque, pas d'enfant. Il a peu ou pas d'obligations, mais il a des désirs. Et pour lui, la retraite, c'est lointain, très lointain. «Il ne voit pas nécessairement la valeur temporelle de l'argent. Dans l'arbitrage entre la consommation et l'épargne,
il peut être difficile de le convaincre de mettre 5 ou 10 % de son revenu dans un REER.» Pourtant, l'effet composé est substantiel, insiste le spécialiste du Groupe Investors. «On n'a pas idée de ce que 1000 $, investis tôt dans la vie, peuvent devenir avec le temps.» En fait, 1000 $ investis au taux de 5 % par année deviennent 1628 $ après 10 ans, 2653 $ après 20 ans, 3386 $ après 25 ans, 8985 $ après 45 ans.
Cela dit, une contribution au REER demeure une contribution au REER, avec sa déduction fiscale et son revenu de placement s'accumulant à l'abri de l'impôt, une contribution répartie entre les deux grandes périodes de pointe que sont la vingtaine et la cinquantaine. «Le REER est un véhicule dédié à la retraite, proposant ainsi l'horizon de temps le plus long dans le domaine de l'investissement», souligne Gaétan Ruest. Un horizon pouvant aisément déborder l'âge de la retraite.
Un REER doit cependant être liquidé au plus tard à la fin de l'année au cours de laquelle le titulaire atteint l'âge de 71 ans. Même après, il est possible de reporter une partie de l'impôt à payer, en cotisant notamment au REER du conjoint s'il est âgé de moins de 71 ans, pourvu toutefois de détenir des droits de cotisation reportés d'années antérieures ou d'avoir dégagé un revenu gagné l'année précédente. Ou encore en transformant le REER en rente ou en Fonds enregistré de revenu de retraite.
Investir à tout âge
Le REER ne pouvant être dissocié du temps, cet horizon temporel viendra également influencer le choix des placements à l'intérieur des régimes. «Sur ce, je m'inscris en faux contre cette règle du pouce créant une association entre l'âge et la proportion de revenu fixe dans le portefeuille.»
Le vice-président d'Investors fait référence à cette règle proposant qu'une personne âgée de 30 ans devrait consacrer 30 % de son portefeuille aux titres à revenu fixe, une personne âgée de 40 ans, 40 %, et ainsi de suite. «Ce n'est pas vrai. Il faut s'en remettre à son propre degré de tolérance au risque. C'est le sentiment à l'égard du risque qui viendra définir les proportions fixe et variable.»
Quant au cycle du marché, «certes, il aura une influence. Mais, à n'importe quel moment dans le passé, rarement nous sommes-nous retrouvés dans une situation qu'on peut qualifier de normale. Or plus longtemps on conserve le titre, plus le rendement anticipé devient normal. L'échelle de temps a tendance à normaliser le rendement.» Gaétan Ruest conseille d'éviter le market timing. Rarement parvient-on à acheter au creux et à vendre au sommet. «Si on recherche de la croissance, on choisit les actions et on les conserve.»
Le REER, c'est pour la retraite!
Le REER étant un régime dédié à la retraite et, donc, tributaire du temps, le spécialiste du Groupe Investors se montre, au passage, plutôt réticent envers les retraits partiels en cours de route, même dans le cas d'un régime d'accession à la propriété. «Surtout si on éprouve de la difficulté à rembourser le REER ensuite. Le REER n'est pas un outil à tout faire. Il est conçu pour l'épargne-retraite. Les ponctions en cours de route viennent amputer la croissance de l'épargne au sein du régime, ce qui, en bout de piste, se traduit par moins d'argent pour la retraite ou par un prolongement de la période de travail.»
Et, dans cet arbitrage REER-compte d'épargne libre d'impôt (CELI), tout sera fonction de la discipline. «Le CELI offre une flexibilité que le REER n'a pas. Puisqu'on peut retirer des sommes du CELI comme on veut, cette facilité d'accès peut devenir trop tentante.»
REER ou CELI
L'épargne fiscale est immédiate avec le REER, elle vient plus tard avec le CELI. Ainsi, on retient généralement que, si le taux d'imposition est égal à l'entrée et à la sortie, on choisira indifféremment une cotisation au REER ou une contribution au CELI. Si, au moment du retrait, le taux d'imposition est moins élevé, le REER, qui est un régime d'étalement du revenu imposable, aura un avantage. À l'inverse, si le taux lors du retrait est plus élevé, le CELI l'emporte. «La projection de ce que sera le futur devient complexe. Si on est indifférent entre le CELI et le REER, on aura à choisir entre la flexibilité du premier et la structure plus contraignante du REER. On en revient à la question de la discipline d'épargne et de placement», résume Gaétan Ruest.









