À propos du REER - De quelques mythes et autres réalités
Le premier avantage est de mettre les rendements à l'abri de l'impôt
Le REER est l'objet de plusieurs mythes, pièges ou incompréhensions. Comme cette règle du pouce voulant qu'il faut cibler un taux de remplacement du revenu de 70 % à la retraite. Ou encore celle voulant que les REER ne conviennent pas aux personnes dégageant un faible revenu.
Voici un petit survol du REER, sous forme de «mythes et réalités».
Le REER est un abri fiscal
Il est souvent dit que le REER est un régime d'étalement du revenu imposable. C'est incomplet, voire carrément faux. Il est également dit que le REER comporte deux avantages: l'économie d'impôt et l'impôt différé sur les rendements. C'est également faux. Un REER est un abri fiscal pur. À taux d'impôt marginal égal, il permet d'obtenir un rendement après impôt égal au rendement avant impôt. Le jeu de la réduction d'impôt lors de la cotisation et du paiement de l'impôt lors du retrait a pour effet net de rendre les rendements non imposables. Il n'y a pas deux avantages au REER. Il n'y en a qu'un: mettre les rendements à l'abri de l'impôt.
Pour le remboursement d'impôt
Le REER est un abri fiscal. Le jeu du flux monétaire au début (réduction de l'impôt) et à la fin (paiement de l'impôt) a simplement pour effet que le rendement est net d'impôt. Il n'y a pas d'économie d'impôt sur la cotisation en soi. Quant au réflexe consistant à voir un avantage dans le fait qu'on cotise généralement à un taux d'impôt plus élevé, pour amorcer les retraits lorsque le taux d'imposition est moindre (généralement à la retraite), ce jeu des écarts est d'autant plus faible, sinon nul, que le retrait est lointain.
Enfin, pour plusieurs, le remboursement d'impôt va plutôt consister à éviter de payer de l'impôt.
Le REER peut convenir aux faibles revenus
C'est le taux marginal qui importe. Or une famille monoparentale avec enfants qui dispose d'un revenu de 30 000 $ va voir son taux marginal bondir lorsque tous les crédits et toutes les prestations sont ajoutés. Crédit pour emploi, prestation fiscale pour enfant, crédit de solidarité, crédit pour TVQ... Quand il est question du taux marginal d'impôt lors de la cotisation, il faut tenir compte de tous les éléments pertinents et pas seulement de l'impôt sur le revenu. Il faut évaluer l'effet sur tous les crédits sociaux fiscaux (prestation fiscale pour enfants, régime enregistré d'é-pargne-études, crédit de TPS, etc.). Le taux marginal devient parfois très élevé.
Le même raisonnement s'applique au retrait, notamment en regard d'une perte du supplément de revenu garanti (SRG) ou de la pension de la sécurité de la vieillesse du Canada (SV). Un bas revenu donne accès à ces suppléments. En ce qui concerne le SRG, chaque dollar de revenu additionnel peut coûter 50 ¢. La perte de la pension de la SV, qui commence à partir d'un revenu imposable de 66 700 $ jusqu'à 107 000 $, fait aussi augmenter le taux marginal de 8 à 9 % au retrait. Pour éviter cette ponction, le CELI pourrait être plus avantageux ou préférable au REER.
Le revenu fixe dans le REER
Il existe trois moments-clés.
La cotisation: il faut chercher à déduire la cotisation au taux marginal d'impôt le plus élevé possible. Si le taux d'impôt est maximal au début (cotisation), il y a une meilleure chance de réaliser une éco-nomie d'impôt ou, à tout le moins, d'éviter une perte.
En cours de route: il faut planifier en fonction du paiement de l'impôt lors du retrait futur. Dans un portefeuille global donné, il devient avantageux de mettre la portion la plus conservatrice dans le REER afin de réduire l'impôt futur. Ainsi, il vaut mieux placer les titres à revenu fixe dans le REER et les actions hors REER, en supposant que le portefeuille comprenne un compte hors REER. Dans le cas contraire, où tous les placements doivent être dans le REER, il ne faut surtout pas renoncer aux actions pour cette raison.
Quel que soit le contexte, toutefois, il faut veiller à placer la portion la plus audacieuse du portefeuille dans le CELI, qui constitue un régime plus simple où tout est exempté sans nuances.
Le retrait: il faut chercher à effectuer les retraits au taux marginal d'impôt le plus bas possible.
Cotisation n'égale pas déduction
Il est permis d'effectuer des cotisations au REER sans les déduire la même année. Il est ainsi possible de retarder la déduction pour l'appliquer lors d'une année plus favorable, tout en bénéficiant de l'accumulation du rendement à l'abri de l'impôt.
Règle des 70 %
Il faut faire fi de cette règle du pouce fixant à 70 % le revenu de remplacement avant impôt une fois la retraite venue. Cette règle ne tient pas compte des particularités de chacun, qu'il s'agisse d'un célibataire gagnant 100 000 $ ou d'une personne avec conjoint et quatre enfants gagnant également 100 000 $.
Sans compter que les besoins varient avec l'âge, étant différents à 65 ans ou à 90 ans. Il faut davantage faire appel aux notions de flux monétaires et de train de vie.
***
Ce texte repose sur l'information fournie par Éric Brassard, CA, Pl. Fin., conseiller en placements auprès de Valeurs mobilières DWM inc., et de Brassard Goulet Yargeau Services Financiers Intégrés. Valeurs mobilières DWM inc., membre du Fonds canadien de protection des épargnants, est une société de Patrimoine Dundee inc.
Voici un petit survol du REER, sous forme de «mythes et réalités».
Le REER est un abri fiscal
Il est souvent dit que le REER est un régime d'étalement du revenu imposable. C'est incomplet, voire carrément faux. Il est également dit que le REER comporte deux avantages: l'économie d'impôt et l'impôt différé sur les rendements. C'est également faux. Un REER est un abri fiscal pur. À taux d'impôt marginal égal, il permet d'obtenir un rendement après impôt égal au rendement avant impôt. Le jeu de la réduction d'impôt lors de la cotisation et du paiement de l'impôt lors du retrait a pour effet net de rendre les rendements non imposables. Il n'y a pas deux avantages au REER. Il n'y en a qu'un: mettre les rendements à l'abri de l'impôt.
Pour le remboursement d'impôt
Le REER est un abri fiscal. Le jeu du flux monétaire au début (réduction de l'impôt) et à la fin (paiement de l'impôt) a simplement pour effet que le rendement est net d'impôt. Il n'y a pas d'économie d'impôt sur la cotisation en soi. Quant au réflexe consistant à voir un avantage dans le fait qu'on cotise généralement à un taux d'impôt plus élevé, pour amorcer les retraits lorsque le taux d'imposition est moindre (généralement à la retraite), ce jeu des écarts est d'autant plus faible, sinon nul, que le retrait est lointain.
Enfin, pour plusieurs, le remboursement d'impôt va plutôt consister à éviter de payer de l'impôt.
Le REER peut convenir aux faibles revenus
C'est le taux marginal qui importe. Or une famille monoparentale avec enfants qui dispose d'un revenu de 30 000 $ va voir son taux marginal bondir lorsque tous les crédits et toutes les prestations sont ajoutés. Crédit pour emploi, prestation fiscale pour enfant, crédit de solidarité, crédit pour TVQ... Quand il est question du taux marginal d'impôt lors de la cotisation, il faut tenir compte de tous les éléments pertinents et pas seulement de l'impôt sur le revenu. Il faut évaluer l'effet sur tous les crédits sociaux fiscaux (prestation fiscale pour enfants, régime enregistré d'é-pargne-études, crédit de TPS, etc.). Le taux marginal devient parfois très élevé.
Le même raisonnement s'applique au retrait, notamment en regard d'une perte du supplément de revenu garanti (SRG) ou de la pension de la sécurité de la vieillesse du Canada (SV). Un bas revenu donne accès à ces suppléments. En ce qui concerne le SRG, chaque dollar de revenu additionnel peut coûter 50 ¢. La perte de la pension de la SV, qui commence à partir d'un revenu imposable de 66 700 $ jusqu'à 107 000 $, fait aussi augmenter le taux marginal de 8 à 9 % au retrait. Pour éviter cette ponction, le CELI pourrait être plus avantageux ou préférable au REER.
Le revenu fixe dans le REER
Il existe trois moments-clés.
La cotisation: il faut chercher à déduire la cotisation au taux marginal d'impôt le plus élevé possible. Si le taux d'impôt est maximal au début (cotisation), il y a une meilleure chance de réaliser une éco-nomie d'impôt ou, à tout le moins, d'éviter une perte.
En cours de route: il faut planifier en fonction du paiement de l'impôt lors du retrait futur. Dans un portefeuille global donné, il devient avantageux de mettre la portion la plus conservatrice dans le REER afin de réduire l'impôt futur. Ainsi, il vaut mieux placer les titres à revenu fixe dans le REER et les actions hors REER, en supposant que le portefeuille comprenne un compte hors REER. Dans le cas contraire, où tous les placements doivent être dans le REER, il ne faut surtout pas renoncer aux actions pour cette raison.
Quel que soit le contexte, toutefois, il faut veiller à placer la portion la plus audacieuse du portefeuille dans le CELI, qui constitue un régime plus simple où tout est exempté sans nuances.
Le retrait: il faut chercher à effectuer les retraits au taux marginal d'impôt le plus bas possible.
Cotisation n'égale pas déduction
Il est permis d'effectuer des cotisations au REER sans les déduire la même année. Il est ainsi possible de retarder la déduction pour l'appliquer lors d'une année plus favorable, tout en bénéficiant de l'accumulation du rendement à l'abri de l'impôt.
Règle des 70 %
Il faut faire fi de cette règle du pouce fixant à 70 % le revenu de remplacement avant impôt une fois la retraite venue. Cette règle ne tient pas compte des particularités de chacun, qu'il s'agisse d'un célibataire gagnant 100 000 $ ou d'une personne avec conjoint et quatre enfants gagnant également 100 000 $.
Sans compter que les besoins varient avec l'âge, étant différents à 65 ans ou à 90 ans. Il faut davantage faire appel aux notions de flux monétaires et de train de vie.
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Ce texte repose sur l'information fournie par Éric Brassard, CA, Pl. Fin., conseiller en placements auprès de Valeurs mobilières DWM inc., et de Brassard Goulet Yargeau Services Financiers Intégrés. Valeurs mobilières DWM inc., membre du Fonds canadien de protection des épargnants, est une société de Patrimoine Dundee inc.







