Fonds d'investissement: La mémoire courte
Après plusieurs années de pratique en conseil financier, je suis toujours surpris de constater comme la perception du marché varie d'un investisseur à l'autre. Tout récemment, un client me confiait son insatisfaction par rapport à son portefeuille, au marché du placement en général, à la bourse et au rendement obligataire. Pourtant, lorsque je consulte son portefeuille, il dépasse largement les différents indices de référence.
Ce qui m'amène à dire que lorsque le marché est positif, plusieurs investisseurs s'attendent à ce que leur portefeuille batte nécessairement les indices. Par contre, lors d'une baisse de marché, le rendement global du portefeuille doit absolument demeurer positif, même si les indices de référence sont négatifs et que nous connaissons un marché presque catastrophique, comme celui que nous vivons depuis maintenant plus de trois ans. Voilà une attente utopique.
Coïncidence, la même journée, un autre client me disait sa grande satisfaction par rapport aux rendements obtenus de son portefeuille et de sa faible volatilité par rapport au marché boursier en général. Les deux portefeuilles en question contiennent des fonds différents, mais en fait semblables en termes de répartition et de rendement. Qui a raison, qui a tort?
Évidemment, la perception du verre d'eau qui est à moitié vide pour l'un et à moitié plein pour l'autre est un phénomène connu. Personne n'a tort, mais personne n'a également raison.
Qu'en est-il de votre portefeuille depuis le haut du marché boursier du 5 septembre 2000 jusqu'au plancher du 10 octobre 2002? Où en sommes-nous aujourd'hui? Pour la partie quantitative du marché, le TSX composé, du 5 septembre 2000 au 10 octobre 2002, a connu une baisse de 50,2 %, de 11 423 à 5 678,28 points.
Donc, pendant cette période, si votre portefeuille a subi une baisse de 50 %, le rendement réalisé reste très correct, comparé à l'indice boursier canadien.
Entre le creux du 10 octobre 2002 et le 31 juillet dernier, le marché haussier a permis à l'indice de reprendre plus de 27 %. Malgré cette augmentation, si votre portefeuille est à 100 % en actions canadiennes, votre perte est quand même de 36 % par rapport à son sommet de septembre 2000.
Si votre portefeuille est constitué à 100 % en actions et que vous êtes déçu du rendement en baisse de 36 % sur trois ans, votre rendement est identique à celui de l'indice de référence. Vous êtes donc dans la moyenne car l'indice est le reflet d'un certain nombre de titres inscrits sur le marché canadien. Maigre consolation n'est-ce pas? Mais c'est quand même la réalité.
Si votre objectif est de faire au moins aussi bien que les indices de référence, il faut savoir profiter des hausses du marché, mais aussi subir les baisses draconiennes du marché. Avec un rendement de -10 % sur 3 ans, vous battez le marché par plus de 26 %. Simplement extraordinaire.
Est-ce nécessaire de rappeler que pendant cette même période, les fonds équilibrés canadiens ont obtenu un rendement moyen cumulatif de seulement -2,9 %, les fonds d'actions canadiennes de -13,1 % (trois fois mieux que notre indice de référence) et les fonds de revenu de dividendes un rendement cumulatif positif de 18,7%. Ces pourcentages ont été calculés après les frais de gestion, alors que l'achat des indices directement dans le cadre d'achat de titres entraîne des frais de courtage, à l'occasion assez importants.
Actuellement, et la réaction est compréhensible, plusieurs investisseurs dotent leur portefeuille de nombreux produits obligataires ou de fiducie de revenu. Ce sont là des produits qui sont généralement très sensibles aux hausses de taux d'intérêt. D'autres laissent simplement dormir des sommes importantes dans des comptes bancaires ordinaires et ont délaissé massivement le marché des actions. Dans tous les cas, en investissement les extrémistes ont souvent tort.
Une trop grande pondération en actions, nous l'avons bien vu, c'est dangereux. Une trop grande pondération en obligations peut être tout aussi néfaste en période de hausse des taux d'intérêt. Il n'y a pas de situation parfaite : seulement un marché boursier qui bouge, d'un extrême à l'autre, sans jamais prévenir et personne ne peut prévoir de quoi sera fait demain. Les gourous réputés ont souvent tort, ou ils finissent tous par se tromper un jour ou l'autre.
Voyez par vous-même les rendements réels obtenus de votre portefeuille et soyez indulgent envers vous ou votre conseiller. Souvent, nos perceptions déforment grandement la réalité. Je persiste à encourager les investisseurs à appliquer des principes reconnus et à faire preuve de patience.
questions@avantages.com
L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et de gestion privée.
Ce qui m'amène à dire que lorsque le marché est positif, plusieurs investisseurs s'attendent à ce que leur portefeuille batte nécessairement les indices. Par contre, lors d'une baisse de marché, le rendement global du portefeuille doit absolument demeurer positif, même si les indices de référence sont négatifs et que nous connaissons un marché presque catastrophique, comme celui que nous vivons depuis maintenant plus de trois ans. Voilà une attente utopique.
Coïncidence, la même journée, un autre client me disait sa grande satisfaction par rapport aux rendements obtenus de son portefeuille et de sa faible volatilité par rapport au marché boursier en général. Les deux portefeuilles en question contiennent des fonds différents, mais en fait semblables en termes de répartition et de rendement. Qui a raison, qui a tort?
Évidemment, la perception du verre d'eau qui est à moitié vide pour l'un et à moitié plein pour l'autre est un phénomène connu. Personne n'a tort, mais personne n'a également raison.
Qu'en est-il de votre portefeuille depuis le haut du marché boursier du 5 septembre 2000 jusqu'au plancher du 10 octobre 2002? Où en sommes-nous aujourd'hui? Pour la partie quantitative du marché, le TSX composé, du 5 septembre 2000 au 10 octobre 2002, a connu une baisse de 50,2 %, de 11 423 à 5 678,28 points.
Donc, pendant cette période, si votre portefeuille a subi une baisse de 50 %, le rendement réalisé reste très correct, comparé à l'indice boursier canadien.
Entre le creux du 10 octobre 2002 et le 31 juillet dernier, le marché haussier a permis à l'indice de reprendre plus de 27 %. Malgré cette augmentation, si votre portefeuille est à 100 % en actions canadiennes, votre perte est quand même de 36 % par rapport à son sommet de septembre 2000.
Si votre portefeuille est constitué à 100 % en actions et que vous êtes déçu du rendement en baisse de 36 % sur trois ans, votre rendement est identique à celui de l'indice de référence. Vous êtes donc dans la moyenne car l'indice est le reflet d'un certain nombre de titres inscrits sur le marché canadien. Maigre consolation n'est-ce pas? Mais c'est quand même la réalité.
Si votre objectif est de faire au moins aussi bien que les indices de référence, il faut savoir profiter des hausses du marché, mais aussi subir les baisses draconiennes du marché. Avec un rendement de -10 % sur 3 ans, vous battez le marché par plus de 26 %. Simplement extraordinaire.
Est-ce nécessaire de rappeler que pendant cette même période, les fonds équilibrés canadiens ont obtenu un rendement moyen cumulatif de seulement -2,9 %, les fonds d'actions canadiennes de -13,1 % (trois fois mieux que notre indice de référence) et les fonds de revenu de dividendes un rendement cumulatif positif de 18,7%. Ces pourcentages ont été calculés après les frais de gestion, alors que l'achat des indices directement dans le cadre d'achat de titres entraîne des frais de courtage, à l'occasion assez importants.
Actuellement, et la réaction est compréhensible, plusieurs investisseurs dotent leur portefeuille de nombreux produits obligataires ou de fiducie de revenu. Ce sont là des produits qui sont généralement très sensibles aux hausses de taux d'intérêt. D'autres laissent simplement dormir des sommes importantes dans des comptes bancaires ordinaires et ont délaissé massivement le marché des actions. Dans tous les cas, en investissement les extrémistes ont souvent tort.
Une trop grande pondération en actions, nous l'avons bien vu, c'est dangereux. Une trop grande pondération en obligations peut être tout aussi néfaste en période de hausse des taux d'intérêt. Il n'y a pas de situation parfaite : seulement un marché boursier qui bouge, d'un extrême à l'autre, sans jamais prévenir et personne ne peut prévoir de quoi sera fait demain. Les gourous réputés ont souvent tort, ou ils finissent tous par se tromper un jour ou l'autre.
Voyez par vous-même les rendements réels obtenus de votre portefeuille et soyez indulgent envers vous ou votre conseiller. Souvent, nos perceptions déforment grandement la réalité. Je persiste à encourager les investisseurs à appliquer des principes reconnus et à faire preuve de patience.
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L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et de gestion privée.
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