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Avoir 61 ans, le bel âge?

Les Québécois dérogent à la norme qui fixe l'âge de la retraite à 65 ans

Photo : Newscom
La retraite, un droit sacré? On pourrait le croire quand on constate que, en France, le simple fait de décaler de quelques années l'âge légal de la retraite a immobilisé le pays pendant des jours et des jours, grèves publiques et contestations dénonçant le projet gouvernemental et faisant rage. Pourtant, ici, un sondage souligne que les Québécois établissent à 61 ans, devançant ainsi d'un an l'ancienne norme française, le moment où ils partiront en retraite. Si nul ne conteste ici un tel choix, pourront-ils toutefois se payer ce «luxe»?

Un sondage conduit par la banque TD établit que 17 % des baby-boomers, eux qui sont nés dans l'immédiat après-guerre, eux qui mettraient aussi à mal la richesse des générations à venir, ces Québécois prévoient travailler aussi longtemps que leur santé le leur permettra: pas de retraite en vue pour eux, soit faute de revenus suffisants, soit à cause d'un état d'endettement nécessitant des remboursements, soit, ce qui serait spectaculaire, que le plaisir de travailler est trop grand.

En fait, toutes générations confondues, ce sont 13 % des Québécois qui prévoient être actifs jusqu'au dernier souffle.

Mais pourquoi travailler encore? Les raisons sont en fait multiples pour poursuivre une vie hors des sentiers de l'ancienne «liberté 55». Ainsi, pour une raison ou l'autre, 40 % de ceux qui travailleront toujours le feront parce qu'ils n'auront pas «épargné suffisamment pour maintenir le style de vie qu'ils souhaiteraient», 29 % pour ne «pas avoir épargné suffisamment pour prendre leur retraite ou pour avoir toujours des dettes à rembourser», 26 % parce qu'ils ne peuvent pas «imaginer ne pas travailler du tout» et, qui pourrait le croire, 24 % qui se déclarent d'heureux travailleurs parce qu'ils «adorent leur travail ou leur carrière» et qu'ils «auraient encore des objectifs à atteindre».

Petite richesse

Pour les autres, toutefois, vive la retraite à 61 ans. Pourtant, ils ne sont pas riches, ceux-là. Loin de là, en fait. Car, jetant un regard sur d'autres données, celles qu'établit Statistique Canada, on constate encore en 2010, soit sans changement par rapport à l'année précédente, à partir des déclarations de revenus, que si 93 % des déclarants avaient le droit de cotiser à un REER, seulement 26 % d'entre eux l'ont fait.

Comment feront alors ces gens-là pour vivre, d'autant plus que ce n'est qu'une minorité des travailleurs qui ont accès à un régime de retraite établi par l'employeur?

Et, ce qui n'arrange rien, devant cette future retraite envisagée, la banque TD intitule un chapitre de ce rapport par une phrase lapidaire: «De nombreux Canadiens n'ont pas suffisamment épargné pour se permettre une retraite anticipée.»

Et, pour preuve, décrivant la valeur globale des avoirs financiers et placements combinés du ménage du futur retraité, elle établit que, hors de la pension de l'employeur, des polices d'assurance et de la valeur nette des éventuelles propriétés, seulement 30 % des sondés ont plus de 100 000 $ en avoirs financiers, quand 43 % d'autres ont moins de 100 000 $ et, ce qui fait craindre le pire, 16 % n'ont absolument aucun avoir financier.

Aussi, on pourrait dire qu'il y a de la «pensée magique» qui s'affiche, à moins que tous les Québécois et Québécoises ne considèrent que les sommes espérées touchées provenant du Régime des rentes du Québec et de la Sécurité de la vieillesse fédérale soient un pactole: un peu plus de 20 000 $ annuellement, soit la somme maximale en revenus anticipés, assurent-ils que la retraite sera dorée?

Oser se confronter à la réalité


Que banques, caisses, fonds des travailleurs et gouvernements fassent des campagnes publicitaires pour les divers programmes d'épargne-retraite, on comprendra donc que cela s'explique. Qu'on demande à tous et chacun et chacune d'avoir au moins le courage de faire une simple opération comptable pour connaître quels seront plus tard leurs revenus disponibles, cela aussi se comprend si on ne veut pas vivre plus tard avec des générations à venir qui, année après année, n'auront de la vie que mal de vivre, avec en prime beaucoup de temps pour se plaindre qu'on «ne s'occupe pas» d'eux.

Aussi, soyez courageux et visitez le site Internet www.jeplanifie.gouv.qc.ca, car il y a là un programme intitulé SimulR: outil simplifié de simulation des revenus à la retraite. Et là, en quelques clics, en laissant à l'ordinateur le soin de faire tous les calculs, vous pourrez établir ce que vous pouvez espérer toucher au temps de la retraite venu, tenant compte des sommes à venir des programmes gouvernementaux et de vos économies accumulées. De plus, si la norme veut que l'objectif à atteindre soit l'équivalent de 70 % de votre actuel revenu annuel brut, une autre ligne déterminera à quel montant se chiffre l'épargne hebdomadaire additionnelle nécessaire pour atteindre cet objectif.

La réponse alors donnée vous dira si vous pouvez toujours vous inscrire dans la liste de ces enthousiastes qui établissent que 61 ans est un âge «normal» pour dire «Adieu patron!» et «À moi, pour les 20 ou 30 prochaines années, ces jours heureux où chaque matin me voit libre de toute contrainte».

Sinon, allez voir un conseiller financier pour faire en sorte que ce rêve devienne réalité. Et acceptez par la suite les efforts financiers qu'impose le nouveau régime.

Bon travail, d'ici là.
 
 
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