Mario Draghi prend la tête de la BCE dans un contexte difficile
Photo : Agence France-Presse Éric Piermont
Mario Draghi arrive à la tête de la Banque centrale européenne, succédant à Jean-Claude Trichet, au moment où l’euro traverse une crise, que l’inflation reste élevée et que le taux de chômage atteint un sommet. Les défis ne manqueront pas pour l’Italien qui dirigeait la banque centrale de son pays d’origine.
Francfort — Mario Draghi aurait sans doute rêvé de meilleures conditions pour accéder aujourd'hui à la présidence de la Banque centrale européenne, au vu des difficultés économiques, politiques et diplomatiques qui l'attendent.
La réussite de sa présidence, après les huit années passées à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) par le Français Jean-Claude Trichet, dépendra notamment de son pays natal, l'Italie, auquel la banque centrale pourrait être contrainte de venir en aide, si le gouvernement Berlusconi ne parvient pas à mettre en oeuvre des réformes structurelles jugées indispensables et urgentes.
La zone euro a déjà renfloué l'Irlande, le Portugal et deux fois la Grèce. Mais un renflouement de l'Italie, sa troisième économie, pourrait assécher ses ressources financières. Dans ce contexte, l'attitude de la BCE pourrait faire la différence.
La semaine dernière, Mario Draghi a semblé laisser entendre que la BCE était prête à poursuivre ses achats d'obligations émises par des pays en difficulté. Mais Jean-Claude Trichet a mis en garde hier, dans un entretien accordé à Reuters, contre une surinterprétation de ces propos.
Le débat sur ces rachats de dettes, entamés en mai 2010, a déjà conduit à la démission de deux membres allemands des instances dirigeantes de la BCE. Et nombre d'observateurs, en Allemagne notamment, jugent toujours que ces opérations font sortir l'institution du champ de la politique monétaire stricto sensu pour la précipiter dans l'arène budgétaire.
Mario Draghi pourrait donc se heurter à une forte opposition allemande s'il envisageait d'augmenter ces achats d'obligations d'État dans le but de faire baisser les coûts de financement des États en difficulté.
«Si l'Italie vacillait, même les milliards qui doivent désormais être injectés dans le fonds de sauvetage n'y suffiraient pas», estime un proche du président de la Bundesbank allemande, Jens Weidmann, en requérant l'anonymat. Les rendements des obligations italiennes ont atteint en fin de semaine dernière leur plus haut niveau depuis la création de l'euro, un signe de tension et de défiance à l'égard du gouvernement de Silvio Berlusconi malgré ses promesses réitérées de réformes.
Les propos de Draghi sur les rachats d'obligations ont semé la confusion sur sa position quant au rôle de la BCE dans la gestion de la crise avant même qu'il en prenne la présidence. Et l'épisode sonne comme un rappel de l'importance extrême de la communication dans son nouveau rôle.
Ses talents en la matière seront mis à l'épreuve dès jeudi, lors de la conférence de presse mensuelle qui suit la réunion du Conseil des gouverneurs sur les taux d'intérêt. Les marchés financiers, qui avaient pris l'habitude de décoder le vocabulaire et les silences de Jean-Claude Trichet depuis huit ans seront à l'affût de la moindre nuance en la matière.
L'autre «test» auquel sera soumis Mario Draghi portera bien évidemment sur son attitude en matière de taux d'intérêt.
Face à l'aversion pour l'inflation des membres allemands de la BCE, il pourrait avoir du mal à entamer son mandat par une baisse de taux visant à soutenir la croissance, même s'il a souligné la semaine dernière qu'elle risquait fortement de ralentir. L'OCDE a abaissé lundi sa prévision de croissance pour la zone euro en 2012, à 0,3 % seulement. L'inflation, elle, est restée inchangée en octobre à 3 % en rythme annuel, un niveau supérieur d'un point à l'objectif de la banque centrale.
S'il poussait jeudi pour une baisse des taux d'intérêt dès sa première réunion dans le siège de président, Mario Draghi prendrait le risque de donner raison à tous ceux qui, en Allemagne, voient en lui une ''colombe'' et donc un risque de résurgence durable de l'inflation. À l'inverse, laisser les taux inchangés alors qu'ils sont nettement supérieurs à ceux en vigueur aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Japon notamment, pourrait contribuer à affaiblir encore la croissance déjà anémique des 17.
La réussite de sa présidence, après les huit années passées à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) par le Français Jean-Claude Trichet, dépendra notamment de son pays natal, l'Italie, auquel la banque centrale pourrait être contrainte de venir en aide, si le gouvernement Berlusconi ne parvient pas à mettre en oeuvre des réformes structurelles jugées indispensables et urgentes.
La zone euro a déjà renfloué l'Irlande, le Portugal et deux fois la Grèce. Mais un renflouement de l'Italie, sa troisième économie, pourrait assécher ses ressources financières. Dans ce contexte, l'attitude de la BCE pourrait faire la différence.
La semaine dernière, Mario Draghi a semblé laisser entendre que la BCE était prête à poursuivre ses achats d'obligations émises par des pays en difficulté. Mais Jean-Claude Trichet a mis en garde hier, dans un entretien accordé à Reuters, contre une surinterprétation de ces propos.
Le débat sur ces rachats de dettes, entamés en mai 2010, a déjà conduit à la démission de deux membres allemands des instances dirigeantes de la BCE. Et nombre d'observateurs, en Allemagne notamment, jugent toujours que ces opérations font sortir l'institution du champ de la politique monétaire stricto sensu pour la précipiter dans l'arène budgétaire.
Mario Draghi pourrait donc se heurter à une forte opposition allemande s'il envisageait d'augmenter ces achats d'obligations d'État dans le but de faire baisser les coûts de financement des États en difficulté.
«Si l'Italie vacillait, même les milliards qui doivent désormais être injectés dans le fonds de sauvetage n'y suffiraient pas», estime un proche du président de la Bundesbank allemande, Jens Weidmann, en requérant l'anonymat. Les rendements des obligations italiennes ont atteint en fin de semaine dernière leur plus haut niveau depuis la création de l'euro, un signe de tension et de défiance à l'égard du gouvernement de Silvio Berlusconi malgré ses promesses réitérées de réformes.
Les propos de Draghi sur les rachats d'obligations ont semé la confusion sur sa position quant au rôle de la BCE dans la gestion de la crise avant même qu'il en prenne la présidence. Et l'épisode sonne comme un rappel de l'importance extrême de la communication dans son nouveau rôle.
Ses talents en la matière seront mis à l'épreuve dès jeudi, lors de la conférence de presse mensuelle qui suit la réunion du Conseil des gouverneurs sur les taux d'intérêt. Les marchés financiers, qui avaient pris l'habitude de décoder le vocabulaire et les silences de Jean-Claude Trichet depuis huit ans seront à l'affût de la moindre nuance en la matière.
L'autre «test» auquel sera soumis Mario Draghi portera bien évidemment sur son attitude en matière de taux d'intérêt.
Face à l'aversion pour l'inflation des membres allemands de la BCE, il pourrait avoir du mal à entamer son mandat par une baisse de taux visant à soutenir la croissance, même s'il a souligné la semaine dernière qu'elle risquait fortement de ralentir. L'OCDE a abaissé lundi sa prévision de croissance pour la zone euro en 2012, à 0,3 % seulement. L'inflation, elle, est restée inchangée en octobre à 3 % en rythme annuel, un niveau supérieur d'un point à l'objectif de la banque centrale.
S'il poussait jeudi pour une baisse des taux d'intérêt dès sa première réunion dans le siège de président, Mario Draghi prendrait le risque de donner raison à tous ceux qui, en Allemagne, voient en lui une ''colombe'' et donc un risque de résurgence durable de l'inflation. À l'inverse, laisser les taux inchangés alors qu'ils sont nettement supérieurs à ceux en vigueur aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Japon notamment, pourrait contribuer à affaiblir encore la croissance déjà anémique des 17.
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