Vos placements: Les façades américaines
Le couperet du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) est tombé. Il y a deux semaines environ. L'organisme fédéral a décidé de reconduire son régime de plafonnement des prix (cap prices) pour quatre autres années. Régime qui limite considérablement les hausses de prix que pourront imposer nos firmes de télécommunication aux clients, et ce, alors que les Canadiens jouissent déjà des tarifs de base parmi les plus faibles au monde.
Contraintes du régime qui ne s'arrêtent pas là. Le CRTC a de plus imposé aux compagnies de téléphone une réduction des tarifs exigés aux concurrents qui empruntent leurs réseaux de fils pour servir leurs clients.
Une réduction qui fait mal. Qui fait dire à Michael Sabia, le nouveau président de BCE, que le CRTC y va un peu fort. Aussi, sa réplique ne s'est pas fait attendre: réduction de 300 millions des dépenses en immobilisation de BCE en 2002. Pourquoi? Parce que la décision du CRTC aura un impact néfaste non négligeable: 250 millions par année de moins au niveau du bénéfice brut de BCE. Pour les quatre années que durera le régime, l'impact se traduira donc par un manque à gagner d'un milliard de dollars environ. Ce n'est pas une mince affaire.
Impact relativement tout aussi important du côté de Telus, la seconde compagnie de téléphone en importance au Canada. La compagnie dirigée par Darren Entwistle verra son profit brut amputé de 45 millions environ cette année et, ensuite, de 75 millions par année pour les trois autres années du régime. Pour compenser cet effet, Telus entend présenter des offres de pré-retraite à 11 000 de ses employés syndiqués. Et, je présume, elle devra également amputer ses dépenses en immobilisation.
Une décision du CRTC qui avantage somme toute les nouveaux concurrents du secteur que sont Call-Net, AT&T Canada et Group Telecom puisqu'ils paieront moins pour emprunter le réseau de fils de nos entreprises de téléphone. Heureusement, les réductions accordées par le CRTC auront été beaucoup moindres que celles demandées par ces nouveaux concurrents. Je dis heureusement car, voyez-vous, parmi ces nouveaux concurrents se trouvent ce que j'appelle des façades américaines. C'est-à-dire des entreprises soutenues entièrement par des alliés américains. C'est le cas notamment de Call-Net qui compte le géant américain Sprint comme important actionnaire et AT&T Canada qui est l'émule du géant américain AT&T. Or, pourquoi avantager des firmes américaines au détriment de nos firmes de télécommunication? Surtout que les géants américains ont aussi leurs pions placés dans les joueurs de longue date du secteur. Verizon détient une participation importante dans Telus et n'hésite pas à l'aider directement comme par exemple en acceptant de réinvestir les dividendes reçus de Telus en actions de celle-ci (Telus peut ainsi disposer de plus de liquidités pour concurrencer BCE) alors qu'AT&T jouit du même statut avec Rogers Communications.
Pourquoi avantager ces firmes américaines et leurs façades au détriment des nôtres? Quelle sera en retour la part du gâteau qu'auront nos grandes firmes de télécommunication du marché américain? La réponse est claire: niet. Parce qu'aucune de nos entreprises n'est suffisamment grosse pour seulement penser s'attaquer au marché américain. Au mieux peuvent-elles envisager de forger des alliances avec quelques-uns des géants américains. Ce qu'a fait BCE en vendant une participation de 20 % de sa filiale Bell Canada au géant américain SBC Communications mais en vain. Comme l'a fait valoir Michael Sabia en ces termes lors du dévoilement des résultats du premier trimestre de BCE: «Sur le plan opérationnel, ça va. Mais, côté synergie, il y en a peu», a-t-il dit en commentant son alliance avec SBC Communications. Tellement peu de synergie que cette alliance n'aura même pas empêché Téléglobe de faire faillite.
Et il y a AOL Canada, une autre façade américaine (elle appartient à 80 % au géant américain AOL Time Warner) qui voudrait de toute évidence faire de même pour offrir le service Internet haute vitesse à ses quelque 450 000 clients canadiens. Elle veut ainsi rivaliser avec nos compagnies de téléphone sans devoir comme elles investir des milliards de dollars dans la construction d'un réseau.
Surprenant que le CRTC, un organisme de réglementation canadien, veuille seulement tendre l'oreille à ces imposteurs. Qu'il aille même jusqu'à prendre des mesures pour les enrichir alors que nos firmes, qui n'ont rien à cirer du marché américain, se doivent maintenant de procéder à des compressions pour maintenir leur rentabilité. Compressions qui ajoutent aux malheurs de notre équipementier Nortel. Compressions qui, inéluctablement, se traduiront chez nous par des mises à pied ou leur équivalent.
C'est à croire que nous, les Canadiens, sommes des imbéciles. Surtout que, lorsqu'il s'agit de protéger leur marché interne, les Américains n'hésitent pas à lever les barrières comme ils l'ont fait avec le bois d'oeuvre.
Contraintes du régime qui ne s'arrêtent pas là. Le CRTC a de plus imposé aux compagnies de téléphone une réduction des tarifs exigés aux concurrents qui empruntent leurs réseaux de fils pour servir leurs clients.
Une réduction qui fait mal. Qui fait dire à Michael Sabia, le nouveau président de BCE, que le CRTC y va un peu fort. Aussi, sa réplique ne s'est pas fait attendre: réduction de 300 millions des dépenses en immobilisation de BCE en 2002. Pourquoi? Parce que la décision du CRTC aura un impact néfaste non négligeable: 250 millions par année de moins au niveau du bénéfice brut de BCE. Pour les quatre années que durera le régime, l'impact se traduira donc par un manque à gagner d'un milliard de dollars environ. Ce n'est pas une mince affaire.
Impact relativement tout aussi important du côté de Telus, la seconde compagnie de téléphone en importance au Canada. La compagnie dirigée par Darren Entwistle verra son profit brut amputé de 45 millions environ cette année et, ensuite, de 75 millions par année pour les trois autres années du régime. Pour compenser cet effet, Telus entend présenter des offres de pré-retraite à 11 000 de ses employés syndiqués. Et, je présume, elle devra également amputer ses dépenses en immobilisation.
Une décision du CRTC qui avantage somme toute les nouveaux concurrents du secteur que sont Call-Net, AT&T Canada et Group Telecom puisqu'ils paieront moins pour emprunter le réseau de fils de nos entreprises de téléphone. Heureusement, les réductions accordées par le CRTC auront été beaucoup moindres que celles demandées par ces nouveaux concurrents. Je dis heureusement car, voyez-vous, parmi ces nouveaux concurrents se trouvent ce que j'appelle des façades américaines. C'est-à-dire des entreprises soutenues entièrement par des alliés américains. C'est le cas notamment de Call-Net qui compte le géant américain Sprint comme important actionnaire et AT&T Canada qui est l'émule du géant américain AT&T. Or, pourquoi avantager des firmes américaines au détriment de nos firmes de télécommunication? Surtout que les géants américains ont aussi leurs pions placés dans les joueurs de longue date du secteur. Verizon détient une participation importante dans Telus et n'hésite pas à l'aider directement comme par exemple en acceptant de réinvestir les dividendes reçus de Telus en actions de celle-ci (Telus peut ainsi disposer de plus de liquidités pour concurrencer BCE) alors qu'AT&T jouit du même statut avec Rogers Communications.
Pourquoi avantager ces firmes américaines et leurs façades au détriment des nôtres? Quelle sera en retour la part du gâteau qu'auront nos grandes firmes de télécommunication du marché américain? La réponse est claire: niet. Parce qu'aucune de nos entreprises n'est suffisamment grosse pour seulement penser s'attaquer au marché américain. Au mieux peuvent-elles envisager de forger des alliances avec quelques-uns des géants américains. Ce qu'a fait BCE en vendant une participation de 20 % de sa filiale Bell Canada au géant américain SBC Communications mais en vain. Comme l'a fait valoir Michael Sabia en ces termes lors du dévoilement des résultats du premier trimestre de BCE: «Sur le plan opérationnel, ça va. Mais, côté synergie, il y en a peu», a-t-il dit en commentant son alliance avec SBC Communications. Tellement peu de synergie que cette alliance n'aura même pas empêché Téléglobe de faire faillite.
Et il y a AOL Canada, une autre façade américaine (elle appartient à 80 % au géant américain AOL Time Warner) qui voudrait de toute évidence faire de même pour offrir le service Internet haute vitesse à ses quelque 450 000 clients canadiens. Elle veut ainsi rivaliser avec nos compagnies de téléphone sans devoir comme elles investir des milliards de dollars dans la construction d'un réseau.
Surprenant que le CRTC, un organisme de réglementation canadien, veuille seulement tendre l'oreille à ces imposteurs. Qu'il aille même jusqu'à prendre des mesures pour les enrichir alors que nos firmes, qui n'ont rien à cirer du marché américain, se doivent maintenant de procéder à des compressions pour maintenir leur rentabilité. Compressions qui ajoutent aux malheurs de notre équipementier Nortel. Compressions qui, inéluctablement, se traduiront chez nous par des mises à pied ou leur équivalent.
C'est à croire que nous, les Canadiens, sommes des imbéciles. Surtout que, lorsqu'il s'agit de protéger leur marché interne, les Américains n'hésitent pas à lever les barrières comme ils l'ont fait avec le bois d'oeuvre.
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