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Une pénalité hypothécaire juteuse

J'apprécierais votre avis concernant une pénalité hypothécaire.

J'ai une hypothèque dont le solde actuel est 319 000 $. Cette hypothèque est détenue par la Caisse Desjardins, le taux actuel de mon contrat est 4,0 %, pour une durée originale de cinq ans et il reste 36 mois à courir avant l'échéance.


J'ai besoin de faire un refinancement et je pourrais avoir un taux beaucoup plus intéressant que ce que me propose actuellement Desjardins. Il y a un «pépin» toutefois, car Desjardins, mis au courant que je voulais annuler mon contrat me demande une pénalité de 11 300 $. Lorsque j'ai demandé qu'on m'explique ce calcul de pénalité, ils m'ont dit que malgré que mon contrat stipule un taux de 4,0 %, j'aurais signé un autre document nommé «convention de réduction de taux» qui mentionne que si je quitte leur institution avant échéance, le montant de la pénalité tiendra compte que le taux offert était de 5,526 % au moment où j'ai signé mon contrat et que c'est avec ce taux qu'ils calculent la pénalité. Le taux original étant donc de 5,526 %, le taux actuel pour la durée restante (donc pour une hypothèque de trois ans fermée) étant de 4,35 %, ils «perdent» 1,176 % pour 36 mois. La pénalité est donc de 11 300 $.

Si la pénalité était calculée avec le taux réel de mon contrat (4,0 %), la pénalité serait de 3 200 $ (ce qui correspond à une pénalité de trois mois d'intérêt).

La différence représente tout de même 8100 $. Comment une institution peut-elle me dire qu'elle perdra 1,176% % (5,526 % moins 4 %) si je m'en vais, alors que, clairement si je reste ce n'est pas 5,526 % qu'ils encaisseront, mais bien le taux réel de 4, %.

Tout cela me semble assez «tordu» comme raisonnement, suis-je dans l'erreur? J'estime que ce document «convention de réduction de taux» m'a été mal expliqué (s'il me l'a été).

Je suis chez Desjardins depuis que j'ai fait l'acquisition de ma propriété (9 ans). Et je trouve frustrante l'approche de l'institution. Pourrais-je faire appel à la cour des petites créances, espérant gagner au moins 7000 $.

J'ai pris la décision de quitter (j'ai obtenu de meilleures conditions ailleurs) car ce qu'ils m'offrent actuellement comme conditions pour mon refinancement n'est pas avantageux. Même s'ils m'offraient des conditions identiques à ce que j'ai obtenu ailleurs, je ne pourrais me résoudre à continuer avec une institution qui me traite de cette façon.

Merci de m'éclairer!

Une lectrice


Rien ne sert à mon avis de partir en guerre contre votre institution financière. Il est de pratique assez courante qu'une institution utilise le taux officiel prévalant à la signature du contrat hypothécaire pour déterminer la pénalité. La différence entre ce taux et celui affiché pour le terme correspondant à la durée de vie restante de votre hypothèque (trois ans dans votre cas) donne le manque à gagner de l'institution en cassant votre contrat hypothécaire. Ce manque à gagner annuel multiplié par la durée restante de trois ans et par le solde de l'hypothèque (319 000 $) donne la pénalité de 11 300 $.

Selon les règles, l'institution facturera le plus élevé d'entre le manque à gagner calculé précédemment ou trois mois d'intérêt (ce qui correspond à 3200 $).

Oui, la facture est souvent très salée lorsqu'il s'agit de casser son contrat hypothécaire. La principale raison est que les institutions financières ne peuvent pas se permettre de casser à qui mieux mieux les hypothèques des clients désirant profiter des taux d'intérêt aujourd'hui plus faibles que ceux d'il y a deux ans. Les coûts en résultant seraient beaucoup trop élevés pour elles.

Et, l'avantage de casser votre hypothèque dans les conditions actuelles est loin d'être évident. En supposant que vous puissiez renégocier une hypothèque de cinq ans à un taux de 3 %, vous économiserez des intérêts de 1 % l'an, soit 3190 $, pour une économie globale de 15 950 $ pour les cinq prochaines années. Mais, pour réaliser cette économie future, il vous faut verser 11 300 $ immédiatement. Or, il y a un coût sur ces liquidités à verser. Ce coût correspond au rendement que vous pourriez obtenir en investissant ladite somme pendant les cinq prochaines années. Ce rendement peut s'avérer plus élevé que vous ne le croyez si cette somme devait vous permettre de cotiser pleinement à votre REER ou encore d'acheter des unités d'un fonds des travailleurs, lesquelles unités peuvent ensuite être versées dans un REER à titre de cotisation annuelle au REER.

Et, à cela s'ajoutent les ristournes annuelles que les caisses Desjardins versent assez régulièrement à leurs clients et dont vous vous priverez si vous cassez votre hypothèque pour emprunter chez une institution concurrente.

Conclusion: pensez-y deux fois avant de casser votre hypothèque actuelle.

***

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca
 
 
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  • Roland Berger - Abonné
    1 octobre 2011 16 h 12
    Les pauvres caisses
    Bien oui, si la pénalité était calculée à partir du taux du contrat, les pauvres caisses perdraient 8 000 $. Juste à y penser, les larmes m'assaillent. Monsieur Chiasson a raison de les défendre pour leur éviter une faillite certaine. Faites-moi rire.
    Roland Berger
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  • Sylvie Bourgon - Abonnée
    2 octobre 2011 20 h 35
    Petit peuple
    Monsieur Berger votre commentaire fait vraiment petit peuple! Comme si nos institutions devaient perdre de l'argent... On ne veut pas voir grand au Québec. Cette tendance des dernières années à toujours déresponsabiliser le consommateur. Un engagement ou un contrat ne veut plus rien dire et la méchante entreprise devrait toujours elle payer. C'est désolant!
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  • Arthur Laroche - Inscrit
    4 octobre 2011 22 h 34
    un contrat est un contrat apres tout
    en accord avec Sylvie, de nos jours, le pövre consommateur doit être surprotégé contre toutes les méchantes institutions. Il devrait avoir le droit de changer d'idée et ce sans pénalité.
    Personne n'a forcé le bon monsieur à signer pour 5 ans, il n'avait qu'à signer pour un temps plus court s'il voulait continuer à magasiner. Et si les taux d'intérêts étaient montés en flèche et que la banque cherchait alors à casser le contrat, le même consommateur crierais au meutre, on ne brise pas un contrat!

    Avant de signer on y pense, nous ne sommes plus à la maternelle.
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  • Robert Giasson - Inscrit
    8 novembre 2011 17 h 29
    Les raisons des contrats d'hypothèque
    Chère lectrice,

    Il est normal pour une banque, une caisse ou toute autre institution financière de charger des pénalités aux clients qui brisent un contrat d'hypothèque. En dehors du fait contractuel, il faut comprendre qu'à chaque fois qu'une hypothèque est consentie à un consommateur, un montant égal est offert sur les marchés boursiers. Ce que l'on appelle un fonds d'hypothèque.

    Ainsi, l'institution financière va vendre des fonds sur le marché, afin d'obtenir les liquidités nécessaires pour vous prêter l'argent. Le profit des banques se situe dans la différence des taux d'intérêts chargés aux clients versus les taux d'intérêts payés aux actionnaires.

    La pénalité permet à la banque de verser ces rendements, même si l'hypothèque est brisée par le client.

    Sans ce mécanisme, nos banques pourraient se surendetter, et rien n'est plus dangeureux pour une économie que des banques qui font faillite.

    Après tout, c'est leur rôle de faire de l'argent, afin que touts leurs clients puissent en faire!!

    Bonne journée!
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  • Isabelle Gendron - Inscrite
    6 décembre 2011 23 h 20
    Truc de pénalité hypothécaire
    La pénalité est un sujet très sensible. Il est vraie que de consentir à un prêt hypothécaire veut dire s’y engager en y acceptant les conditions du prêteur. Par contre, il existe des façons de s’assurer de vos droits et que les points suivants ont été couvert.
    1. La plupart des institutions financières offrent le privilège de remboursement par anticipation (en moyenne de 15%/an). Cette clause permet aux clients de rembourser 15 % du montant initial de leurs hypothèques, ce qui en conséquence réduit la pénalité.
    2. L’article 10 sur la loi fédérale de l’intérêt dit que pour rompre un contrat hypothécaire supérieur à une durée de cinq ans, la pénalité ne peut dépasser l'équivalent de trois mois d'intérêts. Le différentiel des taux ne s’applique pas.
    3. Le taux chargé pour calculer le différentiel des taux ne doit pas y comprendre l’assurance hypothécaire. Certains prêteurs transforment le cout de leurs assurances sous forme de taux.
    4. Il vous faut toujours demander une copie de la convention de réduction de taux que vous aviez signée au moment ou vous avez octroyé le prêt. Sans quoi, il n’y a aucune preuve que vous avez été avisé de la façon de calculer la pénalité selon votre contrat.
    5. Assurez vous de demander la pénalité par écrit ainsi que le calcule qui permet d’arriver à ce montant. C’est votre droit.

    Lors de la signature de votre prochaine hypothèque, magazinez non seulement les taux, mais les conditions du contrat.
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