Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Vivement la retraite!

    Je lis vos chroniques avec l'angoisse de ne jamais pouvoir accéder à une retraite précoce et celle plus grande encore de devoir travailler jusqu'à mon souffle ultime. Mais je n'ai jamais aimé travailler; je suis pris dans un système économique et social d'où s'échapper semble impossible à moins d'un gros lot ou d'un héritage soudainement tombé du ciel. Mais bosser, toujours bosser, pour finalement arriver à une retraite à moitié épuisé me semble un non-sens... Je trime malgré tout depuis que j'ai vingt-six ans, donc depuis vingt-huit ans déjà, sans interruption, et j'ai aujourd'hui une chance d'encaisser un pactole de 800 000 $ en vendant ma propriété et mon commerce à qui s'y intéresse. Les deux me rapportent environ 60 000 $ par an avant impôts; l'un me fournit un boulot stable et l'autre, un toit dont je n'ai qu'à payer les assurances et les taxes, soit un total de 8000 $ annuellement.

    Ma question est de savoir s'il vous semble: a) totalement utopique; b) presque inconscient; c) possible mais téméraire; d) désirable; e) à faire sans faute, de considérer ne plus avoir à travailler avec une somme semblable disponible sans pour autant manger du gruau chaque jour ni devoir me désabonner de votre quotidien par manque de fonds. Je peux vivre assez humblement, je ne souffre pas d'impulsions ostentatoires qui me poussent aux dépenses irréfléchies afin d'avoir l'air de «quelqu'un» et si j'ai des griffes, ce sont celles qui lacèrent plutôt que celles qui paradent... Je n'ai pas d'enfant connu, pas d'héritier vorace et pas envie de donner ce qui restera pour l'achat de joujoux de guerre à des politiciens capricieux; autant le dépenser et en profiter moi-même. La longévité de mes ascendants me laisse espérer vivre deux autres décennies et demie de pur bonheur enchanté avant de m'éteindre sans heurt ni amertume... Je sais bien qu'on ne sait jamais et je suis prêt à prendre quelques risques statistiques... Si vous avez répondu à ma question par c) ou d) ou e), sauriez-vous me donner quelques pistes qui me permettraient d'étirer la sauce sans la gâter?

    Merci de respecter mon anonymat...

    Le pressé d'en finir


    Ouf! Au ton de votre lettre, on constate que vous êtes fatigué de travailler. Posséder un commerce est exigeant. Aussi, après 26 ans de dur labeur (souvent six, parfois sept jours sur sept), il est bien normal de vouloir tirer sa révérence. Surtout qu'à la sortie se trouve un joli pactole de 800 000 $.

    La grande question ici est la suivante: s'agit-il d'un montant après ou avant impôt? Pour prétendre à une retraite confortable à 55 ans, j'estime qu'il faut posséder un avoir net après impôt de 780 000 $ pour un couple et de 640 000 $ pour une personne seule. À vous donc, dans un premier temps, de déterminer la valeur marchande après impôt de votre entreprise et propriété. Sur ce point, je vous conseille de retenir les services d'un bon fiscaliste (il pourra aider votre comptable) afin de mettre en place la structure requise pour maximiser le produit de la vente de votre commerce après impôt.

    Là où vous en êtes, à 54 ans, je pense que de vendre votre entreprise est une option à considérer sérieusement. Même si le produit de la vente doit s'avérer quelque peu inférieur aux cibles de richesse susmentionnées, vous aurez toujours le loisir de combler l'écart en trouvant un travail moins exigeant et probablement à temps partiel. Cela vaut certainement mieux qu'une éventuelle dépression.

    Par ailleurs, la vente de votre entreprise vous donnera l'occasion de mieux diversifier votre avoir. Pour le moment, tous vos oeufs sont dans le même panier, ce qui représente un risque additionnel avec lequel les entrepreneurs doivent souvent composer. Or, à l'approche de la retraite, il est sage de diversifier son avoir, question de consolider les assises de son portefeuille.

    En contrepartie, se retrouver soudainement avec des liquidités de plusieurs centaines de milliers de dollars, sans grande connaissance du monde du placement, vous rend très vulnérable aux «vendeux» de produits financiers de tout acabit. Aussi, une fois le produit de la vente de votre entreprise encaissé, vous verrez dans un premier temps à l'investir dans les titres à revenus fixes de grande qualité que sont les obligations négociables des divers gouvernements (Canada, les provinces et leurs organismes paragouvernementaux, ainsi que les municipalités). Vous pouvez également considérer les obligations à terme à taux progressifs de Placements Québec. Un point important: il ne faut dépasser en aucun temps l'échéance de cinq ans pour quelque placement que ce soit. Puis, du produit net de la vente de votre entreprise, vous devrez investir près de 200 000 $ dans les titres à revenus de très courtes échéances (moins d'un an; au menu: les bons du Trésor et les dépôts à terme des institutions financières). Ce seront là les liquidités qui vous serviront à construire graduellement (il faudra échelonner votre plan d'achat sur au moins un an et demi) votre portefeuille d'actions. Celui-ci devra strictement se composer d'actions de grandes entreprises canadiennes dominant leur marché et ayant pour politique de verser des dividendes attrayants (généralement un taux de dividende annuel de 3 % et plus) et croissants. Vous choisirez huit entreprises vous permettant de participer à quatre ou cinq secteurs-clés de notre économie. Vous verrez à n'accumuler ces actions que très graduellement, sur faiblesse des cours seulement.

    En contrepartie, se retrouver soudainement avec des liquidités de plusieurs centaines de milliers de dollars, sans grande connaissance du monde du placement, vous rend très vulnérable aux «vendeux» de produits financiers de tout acabit. Aussi, une fois le produit de la vente de votre entreprise encaissé, vous verrez dans un premier temps à l'investir dans les titres à revenus fixes de grande qualité que sont les obligations négociables des divers gouvernements (Canada, les provinces et leurs organismes paragouvernementaux, ainsi que les municipalités). Vous pouvez également considérer les obligations à terme à taux progressifs de Placements Québec. Un point important: il ne faut dépasser en aucun temps l'échéance de cinq ans pour quelque placement que ce soit. Puis, du produit net de la vente de votre entreprise, vous devrez investir près de 200 000 $ dans les titres à revenus de très courtes échéances (moins d'un an; au menu: les bons du Trésor et les dépôts à terme des institutions financières). Ce seront là les liquidités qui vous serviront à construire graduellement (il faudra échelonner votre plan d'achat sur au moins un an et demi) votre portefeuille d'actions. Celui-ci devra strictement se composer d'actions de grandes entreprises canadiennes dominant leur marché et ayant pour politique de verser des dividendes attrayants (généralement un taux de dividende annuel de 3 % et plus) et croissants. Vous choisirez huit entreprises vous permettant de participer à quatre ou cinq secteurs-clés de notre économie. Vous verrez à n'accumuler ces actions que très graduellement, sur faiblesse des cours seulement.

    Avant d'entreprendre la construction dudit portefeuille, abonnez-vous à une bonne lettre financière parfaitement objective qui a pour mission de suivre le développement des grandes entreprises canadiennes.

    Une fois votre portefeuille d'actions construit (dans un an et demi environ), donnez-vous une autre période d'un an et demi pour en mesurer l'efficacité. Si, au terme de cette période, vous êtes satisfait de vos choix et des revenus de placement obtenus, alors vous verrez à investir davantage dans les compagnies déjà choisies de manière à ce que le poids des actions représente près de 50 % de votre portefeuille global. Le reste de celui-ci sera composé essentiellement d'obligations négociables de qualité.

    Parallèlement à la construction de votre portefeuille, il vous faudra trouver une autre propriété, unifamiliale. Essayez de limiter son coût d'achat à tout au plus 170 000 $. Il est ici primordial que vous puissiez acheter ladite propriété comptant. À la retraite, je juge important de posséder un bilan libre de toute dette.

    ***

    cchiasson@proplacement.qc.ca
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel