Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Retraite - L'État doit forcer les travailleurs à épargner, selon Claude Castonguay

    Claude Castonguay: «C’est une question d’équité. Ceux qui n’épargnent pas en comptant sur l’aide de l’État ne sont pas équitables à l’égard des autres membres de la collectivité.»<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Claude Castonguay: «C’est une question d’équité. Ceux qui n’épargnent pas en comptant sur l’aide de l’État ne sont pas équitables à l’égard des autres membres de la collectivité.»
    Les travailleurs qui ne sont pas couverts par un régime complémentaire de retraite chez leur employeur devraient être forcés de participer à un régime REER obligatoire, estime Claude Castonguay.

    Auteur d'une étude de 40 pages dévoilée hier et visant à faire «Le point sur les pensions», l'ancien ministre du gouvernement Bourassa et fellow invité au Centre de recherche en analyse des organisations (CIRANO) se dit alarmé par la proportion de travailleurs québécois qui, à l'exception des plus pauvres et des plus riches, arrivent à la retraite sans avoir les ressources financières suffisantes pour conserver un certain confort. «En l'absence d'un changement fondamental dans notre système de sécurité du revenu, plus de 60 % des travailleurs vont devoir subir des réductions de revenu qui ne leur permettront pas de maintenir leur niveau de vie», y conclut-il.

    Mis à part les personnes seules au revenu moyen de carrière inférieur à 30 000 $ par année et les couples gagnant ensemble moins de 50 000 $ par année, les régimes publics des pensions fédérales de vieillesses, de supplément du revenu garanti et de la Régie des rentes du Québec (RRQ) ne suffisent pas pour atteindre à la retraite un taux de remplacement de revenu minimal de 60 %, rapporte Claude Castonguay. En théorie, la différence devrait être comblée par les régimes de retraite d'employeurs et les Régimes enregistrés d'épargne retraite (REER).

    Or, la proportion de travailleurs bénéficiant d'un régime de retraite d'employeurs ne cesse de baisser depuis le début des années 80 et ne représente plus qu'environ le tiers de la main-d'oeuvre, essentiellement concentrée dans le secteur public (52 %), ainsi que dans les grandes entreprises privées. En plus d'être moins répandus, ces régimes se font de moins en moins généreux, passant l'un après l'autre d'un système à prestation déterminé, à un système à cotisation déterminée, et les cotisations des employeurs ayant fondu d'un total d'environ 9 milliards par année à 5 milliards en l'espace d'une quinzaine d'années.

    En ce qui concerne les REER, à peine le quart des travailleurs québécois y cotisent chaque année, de façon inversement proportionnelle au revenu, et pour une contribution médiane de 2500 $. L'expérience au Québec «montre que la majorité des épargnants cotisent de façon irrégulière et retirent leurs épargnes avant leur retraite», écrit Claude Castonguay sur ce régime volontaire qui ne représente même pas 2 % des revenus totaux des personnes âgées de 65 ans.

    REER obligatoire

    Selon lui, la meilleure solution serait d'obliger les travailleurs de 35 ans et plus à cotiser 5 % de leurs revenus à un régime REER obligatoire dont les fonds seraient gérés par un organisme public indépendant. Les revenus couverts se situeraient entre environ 30 000 $ et 70 000 $ par année. Le gouvernement y garantirait un rendement minimum équivalant au rythme de la croissance économique. Déductibles d'impôt, les cotisations seraient strictement réservées à la retraite, ou alors à l'acquisition d'une maison.

    Cette solution aurait l'avantage de répondre à un problème qui se concentre dans la classe moyenne à moindres coûts que, par exemple, un relèvement généralisé des cotisations et des prestations de la RRQ, a expliqué en entretien téléphonique au Devoir Claude Castonguay. Elle épargnerait aussi les entreprises qui n'ont pas besoin, selon lui, de nouvelles charges sociales en ces temps de concurrence féroce des pays émergents comme la Chine.

    «C'est une question d'équité. Ceux qui n'épargnent pas en comptant sur l'aide de l'État ne sont pas équitables à l'égard des autres membres de la collectivité, a-t-il dit de ce régime REER à caractère obligatoire. Cela n'a d'ailleurs rien de tellement innovateur. D'autres pays appliquent ce principe». Il cite comme exemple l'Australie, le Chili, le Danemark, Hong Kong, le Mexique, la République tchèque et la Suède.

    Pendant ce temps à Ottawa

    Conscient que le gouvernement fédéral est aussi en pleine réflexion sur les solutions à apporter à ce problème des retraites, il presse les Québécois et leur gouvernement de se faire rapidement une tête sur cette question afin de pouvoir bâtir des alliances et défendre leur point de vue durant les prochains mois. «Ce sera sûrement un enjeu lors des prochaines élections fédérales».

    Auteur d'une autre étude, à pareille date l'an dernier, sur le travail des aînés, Claude Castonguay s'est dit «très encouragé» hier de voir les Québécois de plus en plus ouverts à la perspective de retarder le début de leur retraite. «C'est l'autre partie de l'équation, a-t-il rappelé hier. L'attitude des gens change rapidement à ce sujet. Remarquez, on n'a pas vraiment le choix.»
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel