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Fonds d'investissement: Des fonds négligés

Que diriez-vous d'un produit financier dont le rendement à long terme, 15 ans, est de 20 % supérieur à l'indice de référence du marché canadien et dont la volatilité est de 85 % moins élevée que ce même indice? Je vous arrache un oui spontané? Pourtant, peu d'investisseurs possèdent ce produit dans leur portefeuille. Ils le trouvent peu excitant: il connaît rarement des hausses subites. D'autre part, il subit rarement des baisses draconiennes. Reprenons la question: avez-vous envie d'un produit «moche», à risque faible et à rendement intéressant?

Ce produit, les fonds de dividendes, les investisseurs et les conseillers ont intérêt à le considérer. Cette catégorie de fonds permet d'accéder et de participer à la croissance du marché boursier tout en prenant un risque assez faible face à l'indice de référence du marché canadien. L'investisseur, pas toujours un animal raisonnable, trouve le produit sous-performant pendant les périodes de forte croissance sur le marché boursier. Et, très souvent, c'est à cette occasion bien précise qu'il se départira de son fonds de dividendes qu'il juge inefficace et peu performant. Pourtant, ce même investisseur oublie les bons rendements des fonds de dividendes en période de déprime boursière.


Prenons l'exemple des deux dernières années. Alors que notre indice de référence a récompensé l'investisseur d'un rendement annualisé* de -8,2 % par année, le rendement annualisé des fonds de dividendes pour la même période est de 11,5 % par année. Et ce, pour un risque d'environ du simple au double. Sur une plus longue période, 10 et 15 ans, le rendement moyen des fonds de dividendes est passablement supérieur à nos indices de référence.


Si vous avez décidé que votre portefeuille ne serait pas composé de produits extrêmes et qu'il ne devait pas nécessairement suivre les modes et analyses rigoureuses de votre beau-frère ou de votre collègue de travail, mais qu'il devait vous assurer une retraite confortable et sans tracas, les fonds de dividendes doivent faire partie de votre portefeuille.


Quelques recommandations pour cette catégorie de fonds. Une première: C. I. Signature revenu de dividendes sous la supervision d'Eric Bushell depuis 1994. Ce fonds, malheureusement fermé pour l'instant, a un écart-type (risque) moins élevé qu'un indice stable tel que l'indice Scotia Capitaux obligations à long terme. Son rendement annualisé sur 10 ans est de 11,4 %! Compte tenu qu'il est impossible, pour l'instant, d'investir de nouveaux capitaux dans ce fonds, sachons que M. Bushell gère aussi le fonds C. I. Signature dividendes depuis 1999. Les deux fonds sont assez semblables en termes de contenu et de risque.


Le fonds Bissett revenu de dividendes, géré par Julliette John, est aussi l'un des fonds les plus intéressants de sa catégorie. Son rendement annualisé sur deux ans est de 14,7 % et de 12,1 % sur 10 ans. Son écart-type est de 50 % moins élevé que l'indice de référence du marché canadien S&P/TSX. Depuis sa création en 1988, le fonds n'a connu que deux années avec des rendements négatifs.


Le fonds Standard Life Dividendes canadiens est différent des autres fonds mentionnés. Son rendement annualisé est de loin supérieur aux autres recommandations: 17,1 % par année depuis cinq ans! Depuis 1996, date de sa création, aucune année n'a été négative. Par contre, il est tout à fait normal de constater que sa volatilité est de loin supérieure à sa catégorie et à celle de nos autres recommandations. Son gestionnaire, Neil Matheson, est à la barre depuis sa création. Sa volatilité est un peu plus faible que notre indice de référence du marché canadien, mais assez semblable à la moyenne des fonds d'actions canadiennes. Malgré son appellation, c'est un fonds de croissance, mais fort intéressant pour les plus audacieux.


Deux mises en garde s'imposent: les fluctuations boursières à court terme ne doivent pas vous faire perdre de vue vos objectifs à long terme, mais si votre qualité de vie s'en trouve compromise, demandez à votre conseiller financier de faire les modifications nécessaires, tout en étant conscient que vous devez assumer la responsabilité de la décision. De plus, les fonds de dividendes sont des produits intéressants à moyen et à long terme, mais souvent «ennuyeux» pendant certaines périodes du cycle boursier. Mais, quand on sait que le long terme est la seule façon d'investir dans le marché boursier...





* Le calcul du rendement annualisé diffère de celui du rendement moyen. En effet, contrairement au taux de rendement moyen, le taux de rendement annualisé comprend l'effet multiplicateur de l'intérêt sur l'intérêt.





Michel Marcoux est président d'Avantages Services financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement.
 
 
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