Le CELI pour les gros gains? Certainement!
Je suis restée perplexe à la lecture de votre chronique sur l'or. Va pour l'or dans le porte-feuille hors REER, mais comment justifier votre position sur ce titre hautement volatil et de nature cyclique dans le CELI? Soit, les gains ne sont pas imposables, mais les pertes sont non déductibles.
Par ailleurs, Superior Plus a été un bon allié. Maintenant, je dois faire l'exercice d'un autre choix.
M. D.
Tout n'est effectivement pas parfait. En acceptant de placer les titres à gain en capital potentiel élevé dans le CELI (Compte d'épargne libre d'impôt), on fait en contrepartie abstraction de la déduction des pertes en capital. Le même raisonnement vaut pour les dividendes perçus à l'intérieur du CELI. Dans ce cas, l'investisseur ne peut réclamer les crédits d'impôt leur étant associés.
En revanche, en inscrivant ces titres dans son compte hors REER mais non dans le CELI, l'investisseur est assuré de payer tout de même des impôts sur les dividendes et il risque de devoir en faire autant pour les gains en capital réalisés s'il investit avec succès.
Lorsqu'on inscrit ces types de placement dans le CELI, tout gain réalisé, tout dividende encaissé est totalement affranchi d'impôt. Mieux. Ces liquidités jouissent d'une parfaite fluidité, alors qu'elles peuvent être sorties ou remises dans le CELI sans aucun impact fiscal. Ce n'est pas le cas du REER, alors que tout retrait devient imposable au taux marginal du contribuable. C'est pourquoi, dans ce dernier cas, j'estime préférable de donner préséance aux titres à revenus fixes qui sont, en dehors du régime, pleinement taxables. À l'intérieur du REER, ils se composent affranchis de tout impôt. Et l'impôt dû peut être ainsi reporté très tard dans sa vie, en fait, bien après l'âge de 71 ans dans l'année duquel on doit convertir son REER en FERR ou acheter une rente viagère.
Évidemment, il ne s'agit pas ici d'accroître indûment le risque de son portefeuille. Une bonne gestion du risque passe de prime abord par une juste répartition de celui-ci entre deux classes d'actifs: les titres à revenus fixes de qualité et les actions. Une fois la proportion déterminée, on donne alors préséance au REER pour les titres à revenus fixes. Les actions iront garnir essentiellement le portefeuille hors REER. Ici, il est bien important de construire son portefeuille sur des bases solides en achetant graduellement, sur faiblesse des cours, des actions de grandes sociétés versant de bons dividendes. Les titres de ces entreprises devraient meubler au moins 70 % de votre portefeuille d'actions.
Quant aux titres d'entreprises plus petites, généralement dites firmes de croissance, ils appartiennent à la périphérie de votre portefeuille d'actions et leur poids ne devrait pas excéder 30 % de celui-ci.
Comme vous pouvez le constater, la gestion du risque se fait bien avant de tenir compte de ce qui doit être inscrit ou non dans le CELI. Vu l'abstention complète d'impôt dont jouit ce régime, alors pourquoi ne pas y inscrire les placements susceptibles de dégager les rendements les plus élevés à long terme? Pour les plus jeunes, comme ils sont en mesure de courir des risques plus élevés, ils peuvent même considérer y inscrire les titres parfois à quelques sous ou quelques dollars susceptibles de s'apprécier sensiblement, advenant que l'entreprise livre de solides résultats financiers. Le sacrifice de la déduction des pertes possibles en vaut, en mon sens, la chandelle, lorsqu'on sait qu'un placement dans de telles sociétés peut décupler, voire plus, en dix ans. Il ne faut pas oublier ici que la personne acceptant d'investir dans ce type de société verse dans l'art d'investir. C'est-à-dire qu'elle doit être en mesure de compenser le risque intrinsèque très élevé du placement par un haut degré de connaissance de ladite entreprise concernée et par un suivi très serré de celle-ci.
À propos des unités
de fonds indiciels (iUnits)
Vos commentaires dans Le Devoir sont toujours pertinents et fort intéressants. Que pensez-vous de l'achat de fonds indiciels (iShares)? Cela me semble permettre de suivre de près les rendements de l'indice boursier et à moindre coût qu'un courtier en valeurs mobilières. Les performances de ceux-ci sont souvent moins bonnes que l'indice lui-même.
Merci pour vos précieux commentaires,
L. H.
Québec
Les unités de fonds indiciels se révèlent certainement être un substitut valable aux unités de fonds communs d'investissement, dont plus de 50 % des gestionnaires ne parviennent pas à battre les indices boursiers à long terme. Les unités de fonds indiciels vous permettent donc de participer aux marchés boursier et obligataire sans devoir payer ces gestionnaires. Conséquence: les fonds indiciels commandent des frais administratifs de loin inférieurs à ceux des fonds communs d'investissement d'actions.
Mais, et j'insiste là-dessus, le véritable placement demeure l'achat direct de titres par l'investisseur, surtout lorsqu'il s'agit d'actions. C'est la seule véritable voie à suivre, soit celle d'accumuler (idéalement via un courtier à escompte) graduellement, sur faiblesse des cours, les actions de quelques solides entreprises. Le petit investisseur verra à suivre de près leur évolution (une bonne lettre financière lui permettra de le faire) tout en récoltant de bons dividendes. Les quelques entreprises choisies feront partie de son portefeuille pendant de très nombreuses années, à moins d'un changement de mission ou d'une contre-performance majeurs de celles-ci. C'est grâce au suivi de ces quelques entreprises et à une bonne connaissance de leurs activités et de leurs dirigeants que le petit investisseur gardera le cap en période difficile comme celle connue en 2008. Même qu'il y verra là une occasion d'accumuler davantage de titres de ces grandes entreprises s'il dispose des liquidités pour ce faire.
Dans le cas des iUnits, je suis convaincu que les investisseurs tendent davantage à jouer le marché et à multiplier inutilement les transactions. À ce jeu, la plupart d'entre eux seront à long terme de grands perdants. Ils contribueront surtout à enrichir les courtiers et autres intermédiaires financiers.
Par ailleurs, Superior Plus a été un bon allié. Maintenant, je dois faire l'exercice d'un autre choix.
M. D.
Tout n'est effectivement pas parfait. En acceptant de placer les titres à gain en capital potentiel élevé dans le CELI (Compte d'épargne libre d'impôt), on fait en contrepartie abstraction de la déduction des pertes en capital. Le même raisonnement vaut pour les dividendes perçus à l'intérieur du CELI. Dans ce cas, l'investisseur ne peut réclamer les crédits d'impôt leur étant associés.
En revanche, en inscrivant ces titres dans son compte hors REER mais non dans le CELI, l'investisseur est assuré de payer tout de même des impôts sur les dividendes et il risque de devoir en faire autant pour les gains en capital réalisés s'il investit avec succès.
Lorsqu'on inscrit ces types de placement dans le CELI, tout gain réalisé, tout dividende encaissé est totalement affranchi d'impôt. Mieux. Ces liquidités jouissent d'une parfaite fluidité, alors qu'elles peuvent être sorties ou remises dans le CELI sans aucun impact fiscal. Ce n'est pas le cas du REER, alors que tout retrait devient imposable au taux marginal du contribuable. C'est pourquoi, dans ce dernier cas, j'estime préférable de donner préséance aux titres à revenus fixes qui sont, en dehors du régime, pleinement taxables. À l'intérieur du REER, ils se composent affranchis de tout impôt. Et l'impôt dû peut être ainsi reporté très tard dans sa vie, en fait, bien après l'âge de 71 ans dans l'année duquel on doit convertir son REER en FERR ou acheter une rente viagère.
Évidemment, il ne s'agit pas ici d'accroître indûment le risque de son portefeuille. Une bonne gestion du risque passe de prime abord par une juste répartition de celui-ci entre deux classes d'actifs: les titres à revenus fixes de qualité et les actions. Une fois la proportion déterminée, on donne alors préséance au REER pour les titres à revenus fixes. Les actions iront garnir essentiellement le portefeuille hors REER. Ici, il est bien important de construire son portefeuille sur des bases solides en achetant graduellement, sur faiblesse des cours, des actions de grandes sociétés versant de bons dividendes. Les titres de ces entreprises devraient meubler au moins 70 % de votre portefeuille d'actions.
Quant aux titres d'entreprises plus petites, généralement dites firmes de croissance, ils appartiennent à la périphérie de votre portefeuille d'actions et leur poids ne devrait pas excéder 30 % de celui-ci.
Comme vous pouvez le constater, la gestion du risque se fait bien avant de tenir compte de ce qui doit être inscrit ou non dans le CELI. Vu l'abstention complète d'impôt dont jouit ce régime, alors pourquoi ne pas y inscrire les placements susceptibles de dégager les rendements les plus élevés à long terme? Pour les plus jeunes, comme ils sont en mesure de courir des risques plus élevés, ils peuvent même considérer y inscrire les titres parfois à quelques sous ou quelques dollars susceptibles de s'apprécier sensiblement, advenant que l'entreprise livre de solides résultats financiers. Le sacrifice de la déduction des pertes possibles en vaut, en mon sens, la chandelle, lorsqu'on sait qu'un placement dans de telles sociétés peut décupler, voire plus, en dix ans. Il ne faut pas oublier ici que la personne acceptant d'investir dans ce type de société verse dans l'art d'investir. C'est-à-dire qu'elle doit être en mesure de compenser le risque intrinsèque très élevé du placement par un haut degré de connaissance de ladite entreprise concernée et par un suivi très serré de celle-ci.
À propos des unités
de fonds indiciels (iUnits)
Vos commentaires dans Le Devoir sont toujours pertinents et fort intéressants. Que pensez-vous de l'achat de fonds indiciels (iShares)? Cela me semble permettre de suivre de près les rendements de l'indice boursier et à moindre coût qu'un courtier en valeurs mobilières. Les performances de ceux-ci sont souvent moins bonnes que l'indice lui-même.
Merci pour vos précieux commentaires,
L. H.
Québec
Les unités de fonds indiciels se révèlent certainement être un substitut valable aux unités de fonds communs d'investissement, dont plus de 50 % des gestionnaires ne parviennent pas à battre les indices boursiers à long terme. Les unités de fonds indiciels vous permettent donc de participer aux marchés boursier et obligataire sans devoir payer ces gestionnaires. Conséquence: les fonds indiciels commandent des frais administratifs de loin inférieurs à ceux des fonds communs d'investissement d'actions.
Mais, et j'insiste là-dessus, le véritable placement demeure l'achat direct de titres par l'investisseur, surtout lorsqu'il s'agit d'actions. C'est la seule véritable voie à suivre, soit celle d'accumuler (idéalement via un courtier à escompte) graduellement, sur faiblesse des cours, les actions de quelques solides entreprises. Le petit investisseur verra à suivre de près leur évolution (une bonne lettre financière lui permettra de le faire) tout en récoltant de bons dividendes. Les quelques entreprises choisies feront partie de son portefeuille pendant de très nombreuses années, à moins d'un changement de mission ou d'une contre-performance majeurs de celles-ci. C'est grâce au suivi de ces quelques entreprises et à une bonne connaissance de leurs activités et de leurs dirigeants que le petit investisseur gardera le cap en période difficile comme celle connue en 2008. Même qu'il y verra là une occasion d'accumuler davantage de titres de ces grandes entreprises s'il dispose des liquidités pour ce faire.
Dans le cas des iUnits, je suis convaincu que les investisseurs tendent davantage à jouer le marché et à multiplier inutilement les transactions. À ce jeu, la plupart d'entre eux seront à long terme de grands perdants. Ils contribueront surtout à enrichir les courtiers et autres intermédiaires financiers.
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