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L'or à plus de 1000 $US l'once?

En ce début d'automne, je regarde les hauts et les bas de mes placements depuis deux ans. Tout va mieux depuis six mois, mais je ne peux pas dire que mes performances soient renversantes, en particulier quand je regarde ce que j'ai fait dans l'or.

Barrick Gold a fluctué beaucoup depuis deux ans, mais ne progresse pas au bout du compte et — le pire à mes yeux — il ne verse aucun dividende. Pourquoi? Depuis quand? (Pardon, j'ai perdu l'intérêt avec les récents déboires de la Bourse.)

À cette étape, pouvez-vous refaire le point sur le secteur de l'or tout en tenant compte des choix REER, hors REER et CELI? Étant donné cette complexité, devrions-nous oublier les particularités du secteur de l'or et nous contenter ailleurs et sur les obligations à taux progressifs?

Merci de vos conseils.

J. R.

L'or mérite toujours une place dans votre portefeuille à titre d'assurance contre l'inflation ou contre une catastrophe financière locale (faillite de votre pays) ou planétaire (faillite du système financier, qui sait?).

Advenant la faillite ou la quasi-faillite de votre pays, la valeur de votre devise s'écroulera sur le marché des changes. L'inflation fera alors son entrée par la grande porte. Les prix des biens exportés exploseront littéralement, ce qui provoquera l'appauvrissement systématique des habitants. Le prix de l'or, étant exprimé en dollars US ou, au besoin (advenant la quasi-faillite des États-Unis), en une nouvelle devise universelle plus forte (panier de monnaies fortes par exemple), la valeur de vos placements dans les titres aurifères se maintiendra relativement bien (cela ne signifie pas nécessairement qu'elle augmentera) par rapport à celle des autres types de placements.

L'actuelle crise financière illustre très bien cette capacité de l'or à préserver sa valeur et celle de vos placements. Depuis le début de la présente crise, soit août 2007, les indices boursiers ont fléchi de près de 50 %. Ils ont atteint leur creux en mars dernier. Durant cette période, le prix de l'once d'or s'est relativement bien maintenu, entre 900 et 1000 $US l'once. Quant à l'action de Barrick Gold, elle s'est maintenue dans un large corridor de 30 à 45 $, amorçant même une lancée de 30 $ à presque 50 $ en novembre et décembre dernier, soit bien avant que les titres boursiers atteignent leur creux cyclique en mars 2009. Notez cependant que les titres aurifères comportent un haut degré de volatilité propre aux titres des compagnies minières. On peut cependant dire que le titre de Barrick Gold vous a permis d'esquiver le gros de la descente aux enfers effectuée par les marchés boursiers. Les titres d'autres producteurs d'or ont encore mieux résisté à la débandade boursière. Ce fut le cas des actions de Kinross Gold et de Franco Nevada.

Cela dit, il ne faut pas accorder une trop forte probabilité au scénario de catastrophe mondiale. Nous vivons depuis plusieurs décennies un fort courant de mondialisation des marchés. Cette mondialisation est rendue possible grâce à la circulation rapide des biens et services et des capitaux. Ce dernier point est crucial. La grande fluidité des capitaux et les politiques monétaires bien harmonisées entre pays feront que ce courant de mondialisation pourra se poursuivre.

L'actuelle crise financière a réellement poussé dans ses derniers retranchements notre système financier. Or, les autorités des pays émergents et développés sont parvenues assez prestement à une concertation pour faire contrepoids au fort ralentissement de l'activité économique qui a suivi. La crise nous a également démontré que les gouvernements et banques centrales peuvent recourir aux mesures les plus inédites pour sauver le système financier. Enfin, la crise financière aura eu pour effet de souder davantage les pays entre eux alors que, désormais, ce sera le club du G20 qui prévaudra sur celui du G8 pour statuer sur les grandes orientations et politiques économiques du monde.

L'actuelle crise financière marque probablement un tournant dans la mondialisation des marchés. Jusqu'à présent, les pays émergents comptaient surtout sur leurs exportations vers les grands pays consommateurs pour se développer. Il est d'ores et déjà évident qu'ils devront compter davantage sur le développement de leur marché interne pour se développer. Or, leur marché interne constitue une réserve de croissance immense pour l'économie mondiale. Imaginez! La Chine et l'Inde comptent ensemble près de deux milliards d'individus en quête d'un meilleur niveau de vie. Voilà de quoi alimenter la croissance économique mondiale pour encore de nombreuses décennies.

Évidemment, un tel contexte se pose comme un grand défi pour les pays développés tels que le Canada, les États-Unis et ceux d'Europe. L'élévation du niveau de vie des habitants des pays émergents se traduira par une course effrénée aux ressources naturelles (métaux et énergies) sans précédent. Ces pays rivaliseront aussi pour attirer chez eux les capitaux nécessaires à leur développement. Les pays développés risquent donc de s'appauvrir, devant payer de plus en plus cher pour les ressources et les capitaux. En contrepartie, le développement des marchés internes des pays émergents leur ouvrira de nouvelles avenues à la croissance. C'est ainsi qu'au Canada, nos banques et nos compagnies d'assurance vie pourront multiplier leurs succursales en terres étrangères. Nos compagnies minières et pétrolières seront en mesure de récolter d'excellents prix pour leurs produits. Nos compagnies industrielles seront également en mesure de profiter de ces nouveaux marchés. Comme Bombardier, notre géant de l'aéronautique et du transport ferroviaire, qui vient de décrocher un contrat de quatre milliards de dollars pour la construction d'un train à haute vitesse en Chine. Cette dernière a sur ses planches à dessin la construction de près de 15 centrales nucléaires, d'une vingtaine d'aéroports. Ce sont là autant de projets capables de garnir le carnet de commandes de grandes firmes d'ingénierie telles que SNC-Lavalin.

Certes, il y a toujours des risques de dérapage. L'actuelle crise financière en est un très sérieux. C'est pourquoi l'or continuera d'être une valeur refuge. Mais, dans l'optique où la mondialisation des marchés se poursuivra, l'or n'est qu'un actif à détenir parmi d'autres. Ces autres actifs à détenir à long terme sont les actions des grandes entreprises, ainsi que les actifs tangibles tels que les immeubles et terrains bien situés. Évidemment, il s'agit ici d'accumuler ces actifs à des prix convenables.

Pour terminer, à propos de Barrick Gold, contrairement à ce que vous mentionnez dans votre lettre, l'entreprise verse toujours un dividende annuel de 40 ¢ l'action (versé semi annuellement et non trimestriellement), ce qui donne un taux de dividende annuel de 1 % (au cours actuel de l'action). Par ailleurs, la performance de l'action a été entachée par l'important portefeuille de couverture que la firme traîne comme un boulet depuis de nombreuses années. Ce portefeuille portait sur 9,5 millions d'onces d'or, onces que la compagnie s'était engagée à livrer aux détenteurs de contrats à terme à un prix moyen bien en deçà de 500 $US l'once (alors que le prix actuel de l'once est près de 1000 $US). La compagnie a donc décidé de se libérer en bonne partie de ses engagements en procédant il y a quelques semaines à l'émission de quatre milliards de dollars d'actions (la plus importante émission jamais faite au pays). Le produit de l'émission servira à éliminer une bonne partie du portefeuille de couverture. Ce faisant, la compagnie pourra désormais vendre son or à sa valeur marchande plutôt qu'en dessous de 500 $US. À court terme, cette gymnastique n'apporte pas beaucoup d'eau au moulin à la compagnie. À plus long terme, Barrick Gold sera en mesure de profiter de plein fouet de toute nouvelle hausse du prix de l'or, surtout qu'elle dispose d'importants gisements qu'elle mettra en valeur au cours des prochaines années. Idéalement, les actions de Barrick Gold devraient être inscrites dans votre portefeuille hors REER dont, en priorité, dans le CELI (selon les limites permises).

Pour terminer, à propos de Barrick Gold, contrairement à ce que vous mentionnez dans votre lettre, l'entreprise verse toujours un dividende annuel de 40 ¢ l'action (versé semi annuellement et non trimestriellement), ce qui donne un taux de dividende annuel de 1 % (au cours actuel de l'action). Par ailleurs, la performance de l'action a été entachée par l'important portefeuille de couverture que la firme traîne comme un boulet depuis de nombreuses années. Ce portefeuille portait sur 9,5 millions d'onces d'or, onces que la compagnie s'était engagée à livrer aux détenteurs de contrats à terme à un prix moyen bien en deçà de 500 $US l'once (alors que le prix actuel de l'once est près de 1000 $US). La compagnie a donc décidé de se libérer en bonne partie de ses engagements en procédant il y a quelques semaines à l'émission de quatre milliards de dollars d'actions (la plus importante émission jamais faite au pays). Le produit de l'émission servira à éliminer une bonne partie du portefeuille de couverture. Ce faisant, la compagnie pourra désormais vendre son or à sa valeur marchande plutôt qu'en dessous de 500 $US. À court terme, cette gymnastique n'apporte pas beaucoup d'eau au moulin à la compagnie. À plus long terme, Barrick Gold sera en mesure de profiter de plein fouet de toute nouvelle hausse du prix de l'or, surtout qu'elle dispose d'importants gisements qu'elle mettra en valeur au cours des prochaines années. Idéalement, les actions de Barrick Gold devraient être inscrites dans votre portefeuille hors REER dont, en priorité, dans le CELI (selon les limites permises).

cchiasson@proplacement.qc.ca
 
 
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  • Lapirog
    Abonné
    samedi 3 octobre 2009 04h51
    Barrick Gold et les autres?
    Agnico Eagle et plusieurs autres intermédiaires ou géantes, ont mieux fait que Barrick en terme de valeur à la bourse.Depuis 10 ans les cies aurifères ont acquis une plus value qui dépassent celles des autres secteurs d'activité sur les marchés boursiers et je ne parle pas des dividendes,simplement de la valeur ajoutée. Je rigole un peu quand je lis des chroniques qui mettent les investisseurs en garde contre la détention de titres aurifères alors que ces titres sont ceux qui ont le plus rapportés ces dernières années.Ça vaut plusieurs Nortel et autres chevaux boiteux qui ont sombrés dans la mer des faillites ou quasi faillites de la dernière décennie.

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