Fonds d'investissement: Insatisfait de votre conseiller?
Récemment, une journaliste d'une émission de télévision bien connue, vouée à la défense des consommateurs, m'a contacté pour solliciter mon opinion au sujet d'un investisseur mécontent de la perte subie par son portefeuille chez son courtier. Ce genre de situation malheureuse est particulièrement fréquent en période de baisse du marché boursier.
Le cas est typique. Un client confie une partie de son épargne à un conseiller financier et, à la suite d'une baisse de la valeur de son investissement, il dépose une plainte auprès des autorités compétentes et à la journaliste. Qu'est-ce qui a bien pu se passer? Souvent, une telle démarche résulte d'une mauvaise communication et d'incompréhension entre un investisseur et son conseiller. Trop souvent aussi, les notions de risque, d'horizon de placement et d'objectifs de placement sont mal définies et mal comprises. Enfin, certaines plaintes sont fondées: le conseiller a mal agi ou a fait preuve de négligence professionnelle. Dans ce denier cas, la loi est claire, et les autorités responsables de l'application de la réglementation vont agir et condamner le conseiller fautif.
Uno zone grise
Par contre, là où on entre dans une zone grise, c'est quand le client comprend mal le mandat qu'il confie à son conseiller. Exemple: l'investisseur qui, après avoir défini son horizon de placement à long terme, disons 15 ans, a cherché un portefeuille avec un objectif de croissance avec un risque moyen. Or, à la suite d'une baisse de ses actifs six mois plus tard, il liquide son portefeuille.
Situation déplorable, si le conseiller financier a préalablement choisi des produits financiers qui auraient permis à l'investisseur de profiter d'une croissance modérée, en rapport avec les indices de référence, sur une période de 15 ans. Le client aurait dû être en mesure d'accepter des baisses normales qui peuvent, selon le contexte économique, durer quelques mois et même quelques années. Cependant, une telle baisse ne signifie point que le conseiller a mal fait son travail.
Votre zone de confort
La tolérance au risque, ici en cause, constitue l'une des plus grandes difficultés à laquelle l'investisseur doit faire face. Le conseiller financier rigoureux y accordera autant d'importance qu'à la recherche de produits financiers, bien que les deux aspects soient concurrents. En effet, la volatilité des produits financiers vient jouer sur la tolérance au risque.
Cette notion vient interférer dans le désir, bien humain, de gagner le plus d'argent possible. Mais le problème n'est souvent pas de trouver ou de conseiller le produit répondant à ce désir, mais bien de trouver le produit financier qui tiendra compte des deux pôles du paradoxe: les états d'âme de l'investisseur et son désir de rendement. En général, sachons que les investisseurs ont tendance à surévaluer leur tolérance au risque.
Et, comment savons-nous que nous dépassons notre taux de tolérance devant les risques ou fluctuations de nos investissements? Quand notre qualité de vie est touchée. Dès qu'un investisseur s'inquiète trop souvent de son portefeuille, il devrait apporter des corrections immédiates à ses investissements. Votre conseiller, si vous en avez un, demeure une ressource importante, mais c'est toujours le client qui prend la décision finale et c'est lui qui doit transmettre ses commentaires, ses craintes par rapport à son portefeuille.
Attitude conséquente
Insistons: l'investisseur doit garder en permanence une attitude conséquente et fidèle à ses critères d'investissement originaux. À cet effet l'ouverture de votre compte devrait toujours décrire vos objectifs financiers, même si la Loi des valeurs mobilières du Québec ne le prévoit pas. Exigez-le.
Le cas de l'investisseur qui se donne un horizon de placement de 15 ans et qui décide de tout liquider après six mois ou un an doit constituer l'exception à la règle. Et, malheureusement, si le travail préliminaire a été bien fait, il devra assumer les pertes assumées.
La morale, s'il en est une, consiste à faire preuve d'honnêteté avec soi et avec son conseiller, et surtout à bien surveiller ses émotions. Dans notre prochaine chronique, nous ferons quelques recommandations de fonds qui permettront de profiter de la croissance du marché boursier tout en limitant la volatilité de notre portefeuille.
Michel Marcoux est économiste et président de Avantages, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds commun de placement.
Le cas est typique. Un client confie une partie de son épargne à un conseiller financier et, à la suite d'une baisse de la valeur de son investissement, il dépose une plainte auprès des autorités compétentes et à la journaliste. Qu'est-ce qui a bien pu se passer? Souvent, une telle démarche résulte d'une mauvaise communication et d'incompréhension entre un investisseur et son conseiller. Trop souvent aussi, les notions de risque, d'horizon de placement et d'objectifs de placement sont mal définies et mal comprises. Enfin, certaines plaintes sont fondées: le conseiller a mal agi ou a fait preuve de négligence professionnelle. Dans ce denier cas, la loi est claire, et les autorités responsables de l'application de la réglementation vont agir et condamner le conseiller fautif.
Uno zone grise
Par contre, là où on entre dans une zone grise, c'est quand le client comprend mal le mandat qu'il confie à son conseiller. Exemple: l'investisseur qui, après avoir défini son horizon de placement à long terme, disons 15 ans, a cherché un portefeuille avec un objectif de croissance avec un risque moyen. Or, à la suite d'une baisse de ses actifs six mois plus tard, il liquide son portefeuille.
Situation déplorable, si le conseiller financier a préalablement choisi des produits financiers qui auraient permis à l'investisseur de profiter d'une croissance modérée, en rapport avec les indices de référence, sur une période de 15 ans. Le client aurait dû être en mesure d'accepter des baisses normales qui peuvent, selon le contexte économique, durer quelques mois et même quelques années. Cependant, une telle baisse ne signifie point que le conseiller a mal fait son travail.
Votre zone de confort
La tolérance au risque, ici en cause, constitue l'une des plus grandes difficultés à laquelle l'investisseur doit faire face. Le conseiller financier rigoureux y accordera autant d'importance qu'à la recherche de produits financiers, bien que les deux aspects soient concurrents. En effet, la volatilité des produits financiers vient jouer sur la tolérance au risque.
Cette notion vient interférer dans le désir, bien humain, de gagner le plus d'argent possible. Mais le problème n'est souvent pas de trouver ou de conseiller le produit répondant à ce désir, mais bien de trouver le produit financier qui tiendra compte des deux pôles du paradoxe: les états d'âme de l'investisseur et son désir de rendement. En général, sachons que les investisseurs ont tendance à surévaluer leur tolérance au risque.
Et, comment savons-nous que nous dépassons notre taux de tolérance devant les risques ou fluctuations de nos investissements? Quand notre qualité de vie est touchée. Dès qu'un investisseur s'inquiète trop souvent de son portefeuille, il devrait apporter des corrections immédiates à ses investissements. Votre conseiller, si vous en avez un, demeure une ressource importante, mais c'est toujours le client qui prend la décision finale et c'est lui qui doit transmettre ses commentaires, ses craintes par rapport à son portefeuille.
Attitude conséquente
Insistons: l'investisseur doit garder en permanence une attitude conséquente et fidèle à ses critères d'investissement originaux. À cet effet l'ouverture de votre compte devrait toujours décrire vos objectifs financiers, même si la Loi des valeurs mobilières du Québec ne le prévoit pas. Exigez-le.
Le cas de l'investisseur qui se donne un horizon de placement de 15 ans et qui décide de tout liquider après six mois ou un an doit constituer l'exception à la règle. Et, malheureusement, si le travail préliminaire a été bien fait, il devra assumer les pertes assumées.
La morale, s'il en est une, consiste à faire preuve d'honnêteté avec soi et avec son conseiller, et surtout à bien surveiller ses émotions. Dans notre prochaine chronique, nous ferons quelques recommandations de fonds qui permettront de profiter de la croissance du marché boursier tout en limitant la volatilité de notre portefeuille.
Michel Marcoux est économiste et président de Avantages, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds commun de placement.
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