Ce n'est surtout pas le temps de paniquer
Il me semble que le mot d'ordre généralisé est de surveiller les actions sans les vendre. Mais si nous entrons dans un tourbillon totalement déraisonnable, comme certaines analyses que j'ai lues dernièrement nous l'indiquent, ne devrions-nous pas sortir partiellement et temporairement du marché boursier?
Personnellement, je commence à être sérieusement tenté, étant donné qu'il ne me reste plus suffisamment de liquidités pour faire des coûts moyens. Qui aurait pensé que ça descendrait aussi bas?
Ne serait-ce pas sage de vendre certaines actions graduellement, un peu sur le même principe des acquisitions sur faiblesse de cours? D'autant que les réactions générales du marché sont devenues relativement prévisibles, puisque depuis un moment ils se suivent tous. Maintenant que le baril est à 65 $, nous ne nous distinguons plus tellement des autres marchés.
J. D.
La chose la plus déraisonnable à faire en ce moment serait bien de liquider en tout ou en partie vos actions. Comme investisseur canadien, si vous vous en êtes tenu aux actions des grandes sociétés montrant un solide historique de versements de dividendes, votre portefeuille ne contient probablement pas de placements à problèmes. Par exemple, les actions de grands constructeurs d'automobile américains telles que celles de GM, qui sont passées de plus de 60 $ à 5 $ au cours des cinq dernières années. Ni les actions des banques américaines, dont, dans certains cas, le cours est passé de 90 $ à quelques dollars en moins d'un an. Pas plus que votre portefeuille ne doit contenir des actions de firmes ayant réduit leurs dividendes.
La plupart des grandes sociétés canadiennes continuent de livrer de bons profits, certaines d'entre elles ayant même majoré leurs dividendes au cours des derniers mois. Je pense ici à Fortis, un producteur d'hydroélectricité, dont les flux de trésorerie sont fortement à la hausse. Idem pour TransCanada Corporation, le premier exploitant de pipelines transportant le gaz naturel au Canada. Ou encore à Power Corporation, qui possède des placements dans de superbes grandes entreprises européennes, qui est un acteur dominant de l'industrie de l'assurance-vie au Canada et qui vient de majorer son dividende de plus de 20 %. Ou à Manitoba Telecom, dont l'action s'échange sur la base d'un taux de dividende annuel de 6,5 %.
Du côté américain, si vous avez limité vos placements aux grandes sociétés dont les activités sont peu cycliques (produits de consommation et de santé), vous continuez d'encaisser de généreux dividendes. Des dividendes de surcroît fortement à la hausse alors que ces entreprises disposent d'une encaisse gargantuesque de plusieurs milliards de dollars américains.
Et, soit dit en passant, les cours des titres de plusieurs de ces sociétés américaines grimpent depuis quelques semaines lorsque ceux-ci sont transposés en dollars canadiens. La raison: la récente dégringolade de notre huard par rapport à la devise américaine.
N'allez pas vendre vos actions de grandes entreprises alors que la France vient de créer son propre fonds souverain pour défendre et acquérir les actions maintenant dépréciées de ses plus grandes sociétés, qui risquent d'être gobées à tout moment par des investisseurs étrangers.
Ici, une belle pétrolière intégrée comme Petro-Canada s'échange à peine à 40 % de son chiffre d'affaires et à même pas deux fois ses fonds autogénérés annuels. Au cours actuel du baril de 65 $US environ, l'entreprise obtient plus de 82 $CAN pour chaque baril produit. Un tel prix était considéré comme inespéré il y a à peine deux ans de cela.
Aucune de nos grandes entreprises canadiennes n'a besoin de l'aide gouvernementale sauf les banques, et encore. Quant à vos placements liquides, si ce sont des dépôts à terme, des certificats de placement à taux progressifs de Placement Québec encaissables sans aucun problème une fois l'an à leur date d'anniversaire ou des bons du Trésor (provinciaux ou fédéraux), vous ne courez aucun risque. On ne peut pas en dire autant des papiers commerciaux adossés à des actifs non bancaires, sans aucune valeur marchande, ni même des fonds communs monétaires, pour lesquels la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, vient de consacrer un soutien de quelque 50 milliards $US afin de les sortir du pétrin.
Non, ce n'est certainement pas le temps de vendre les titres des grandes compagnies. Au contraire, c'est présentement l'occasion d'accumuler graduellement des actions de grandes sociétés à des prix d'aubaine. Vous devez réaliser qu'une débandade des cours boursiers de l'amplitude de celle que nous traversons (correction de près de 40 % des indices) ne survient pas souvent. Tout au plus une fois dans notre vie. Et chaque fois, que ce soit en 1974, en 1987 ou même en 1929-33, une telle débandade a toujours été suivie d'un redressement explosif des cours boursiers.
Si vous tirez votre révérence en ce moment, vous risquez de manquer le retour de l'ascenseur, lequel ne manquera pas de se produire, probablement même avant que la présente récession ne soit terminée.
Une question sur le CELI
Une question sur le CELI. Supposons que vous y mettez 5000 $ au début de 2009. Quelques mois plus tard, coup de chance, vous avez un gain en capital de 2000 $; total: 7000 $. Vous faites un retrait de 1000 $ du compte. Avez-vous alors le droit de remettre dans le compte 1000 $ plus tard en 2009?
Autrement dit, est-ce que ce retrait s'ajoute automatiquement aux droits de cotisation accumulés, comme si vous n'aviez mis que 4000 $ dans le compte?
Merci pour vos lumières.
Juste à titre de rappel, le compte d'épargne libre d'impôt (CELI) est un nouveau régime annoncé par le gouvernement fédéral en février 2007. Il entre en vigueur le 1er janvier prochain. Le grand avantage de ce compte: ni les revenus de placements (que ce soit des dividendes, des intérêts ou des distributions de sociétés de fiducie) obtenus sur les sommes investies dans ce compte ni les retraits ne sont imposables. Dans le cas du REER, les retraits s'ajoutent à vos autres revenus et sont imposables à votre taux marginal d'impôt. Par contre, les cotisations annuelles faites à ce dernier sont déductibles. Ce n'est pas le cas des cotisations annuelles faites au CELI. De fait, en supposant un taux d'imposition constant, les deux régimes s'équivalent sur le plan fiscal.
Maintenant, à propos des cotisations. La cotisation annuelle maximale permise est de 5000 $ par contribuable. Comme les règles d'attribution (elles stipulent que les revenus de placement tirés de sommes données à un conjoint doivent être imposés au nom du conjoint donateur) ne s'appliquent pas dans le cas du CELI, un conjoint peut aider l'autre financièrement afin qu'il puisse cotiser pleinement à son CELI sans aucune conséquence fiscale néfaste.
Comme pour le REER, les droits annuels de cotisation s'accumulent dans le cas du CELI. De surcroît, et c'est sur ce point que repose votre question, tout retrait du régime s'ajoute à vos droits de cotisation accumulés, non pas pour l'année courante mais pour l'année suivante. Prenons votre exemple où vous cotisez en 2009 le plein montant permis de 5000 $ au CELI. Puis, quelques mois plus tard (donc toujours en 2009) vous retirez 1000 $ du compte. Ce retrait ne vient pas modifier la cotisation permise pour l'année courante. Par contre, il s'ajoutera à la cotisation maximale permise de l'année suivante, de sorte qu'en 2010 vous aurez le droit de cotiser 6000 $ au régime, soit votre cotisation annuelle maximale permise de 5000 $ majorée du retrait de 1000 $ effectué en 2009.
Personnellement, je commence à être sérieusement tenté, étant donné qu'il ne me reste plus suffisamment de liquidités pour faire des coûts moyens. Qui aurait pensé que ça descendrait aussi bas?
Ne serait-ce pas sage de vendre certaines actions graduellement, un peu sur le même principe des acquisitions sur faiblesse de cours? D'autant que les réactions générales du marché sont devenues relativement prévisibles, puisque depuis un moment ils se suivent tous. Maintenant que le baril est à 65 $, nous ne nous distinguons plus tellement des autres marchés.
J. D.
La chose la plus déraisonnable à faire en ce moment serait bien de liquider en tout ou en partie vos actions. Comme investisseur canadien, si vous vous en êtes tenu aux actions des grandes sociétés montrant un solide historique de versements de dividendes, votre portefeuille ne contient probablement pas de placements à problèmes. Par exemple, les actions de grands constructeurs d'automobile américains telles que celles de GM, qui sont passées de plus de 60 $ à 5 $ au cours des cinq dernières années. Ni les actions des banques américaines, dont, dans certains cas, le cours est passé de 90 $ à quelques dollars en moins d'un an. Pas plus que votre portefeuille ne doit contenir des actions de firmes ayant réduit leurs dividendes.
La plupart des grandes sociétés canadiennes continuent de livrer de bons profits, certaines d'entre elles ayant même majoré leurs dividendes au cours des derniers mois. Je pense ici à Fortis, un producteur d'hydroélectricité, dont les flux de trésorerie sont fortement à la hausse. Idem pour TransCanada Corporation, le premier exploitant de pipelines transportant le gaz naturel au Canada. Ou encore à Power Corporation, qui possède des placements dans de superbes grandes entreprises européennes, qui est un acteur dominant de l'industrie de l'assurance-vie au Canada et qui vient de majorer son dividende de plus de 20 %. Ou à Manitoba Telecom, dont l'action s'échange sur la base d'un taux de dividende annuel de 6,5 %.
Du côté américain, si vous avez limité vos placements aux grandes sociétés dont les activités sont peu cycliques (produits de consommation et de santé), vous continuez d'encaisser de généreux dividendes. Des dividendes de surcroît fortement à la hausse alors que ces entreprises disposent d'une encaisse gargantuesque de plusieurs milliards de dollars américains.
Et, soit dit en passant, les cours des titres de plusieurs de ces sociétés américaines grimpent depuis quelques semaines lorsque ceux-ci sont transposés en dollars canadiens. La raison: la récente dégringolade de notre huard par rapport à la devise américaine.
N'allez pas vendre vos actions de grandes entreprises alors que la France vient de créer son propre fonds souverain pour défendre et acquérir les actions maintenant dépréciées de ses plus grandes sociétés, qui risquent d'être gobées à tout moment par des investisseurs étrangers.
Ici, une belle pétrolière intégrée comme Petro-Canada s'échange à peine à 40 % de son chiffre d'affaires et à même pas deux fois ses fonds autogénérés annuels. Au cours actuel du baril de 65 $US environ, l'entreprise obtient plus de 82 $CAN pour chaque baril produit. Un tel prix était considéré comme inespéré il y a à peine deux ans de cela.
Aucune de nos grandes entreprises canadiennes n'a besoin de l'aide gouvernementale sauf les banques, et encore. Quant à vos placements liquides, si ce sont des dépôts à terme, des certificats de placement à taux progressifs de Placement Québec encaissables sans aucun problème une fois l'an à leur date d'anniversaire ou des bons du Trésor (provinciaux ou fédéraux), vous ne courez aucun risque. On ne peut pas en dire autant des papiers commerciaux adossés à des actifs non bancaires, sans aucune valeur marchande, ni même des fonds communs monétaires, pour lesquels la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, vient de consacrer un soutien de quelque 50 milliards $US afin de les sortir du pétrin.
Non, ce n'est certainement pas le temps de vendre les titres des grandes compagnies. Au contraire, c'est présentement l'occasion d'accumuler graduellement des actions de grandes sociétés à des prix d'aubaine. Vous devez réaliser qu'une débandade des cours boursiers de l'amplitude de celle que nous traversons (correction de près de 40 % des indices) ne survient pas souvent. Tout au plus une fois dans notre vie. Et chaque fois, que ce soit en 1974, en 1987 ou même en 1929-33, une telle débandade a toujours été suivie d'un redressement explosif des cours boursiers.
Si vous tirez votre révérence en ce moment, vous risquez de manquer le retour de l'ascenseur, lequel ne manquera pas de se produire, probablement même avant que la présente récession ne soit terminée.
Une question sur le CELI
Une question sur le CELI. Supposons que vous y mettez 5000 $ au début de 2009. Quelques mois plus tard, coup de chance, vous avez un gain en capital de 2000 $; total: 7000 $. Vous faites un retrait de 1000 $ du compte. Avez-vous alors le droit de remettre dans le compte 1000 $ plus tard en 2009?
Autrement dit, est-ce que ce retrait s'ajoute automatiquement aux droits de cotisation accumulés, comme si vous n'aviez mis que 4000 $ dans le compte?
Merci pour vos lumières.
Juste à titre de rappel, le compte d'épargne libre d'impôt (CELI) est un nouveau régime annoncé par le gouvernement fédéral en février 2007. Il entre en vigueur le 1er janvier prochain. Le grand avantage de ce compte: ni les revenus de placements (que ce soit des dividendes, des intérêts ou des distributions de sociétés de fiducie) obtenus sur les sommes investies dans ce compte ni les retraits ne sont imposables. Dans le cas du REER, les retraits s'ajoutent à vos autres revenus et sont imposables à votre taux marginal d'impôt. Par contre, les cotisations annuelles faites à ce dernier sont déductibles. Ce n'est pas le cas des cotisations annuelles faites au CELI. De fait, en supposant un taux d'imposition constant, les deux régimes s'équivalent sur le plan fiscal.
Maintenant, à propos des cotisations. La cotisation annuelle maximale permise est de 5000 $ par contribuable. Comme les règles d'attribution (elles stipulent que les revenus de placement tirés de sommes données à un conjoint doivent être imposés au nom du conjoint donateur) ne s'appliquent pas dans le cas du CELI, un conjoint peut aider l'autre financièrement afin qu'il puisse cotiser pleinement à son CELI sans aucune conséquence fiscale néfaste.
Comme pour le REER, les droits annuels de cotisation s'accumulent dans le cas du CELI. De surcroît, et c'est sur ce point que repose votre question, tout retrait du régime s'ajoute à vos droits de cotisation accumulés, non pas pour l'année courante mais pour l'année suivante. Prenons votre exemple où vous cotisez en 2009 le plein montant permis de 5000 $ au CELI. Puis, quelques mois plus tard (donc toujours en 2009) vous retirez 1000 $ du compte. Ce retrait ne vient pas modifier la cotisation permise pour l'année courante. Par contre, il s'ajoutera à la cotisation maximale permise de l'année suivante, de sorte qu'en 2010 vous aurez le droit de cotiser 6000 $ au régime, soit votre cotisation annuelle maximale permise de 5000 $ majorée du retrait de 1000 $ effectué en 2009.
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